‹ Traité d'hygiène publique et privéeChapitre 54 sur 196 · I. — Précautions générales · texte numérisé non relu

I. — Précautions générales

L’exercice se doit prendre, autant que possible, à l’air libre, à l’ombre pen-i dant l’été, en hiver à l’abri des intempéries. Quelques exercices (escrime, danse) ont lieu dans des espaces clos ; il y faut réunir toutes les conditions dé 1 salubrité et prévenir l’encombrement : même recommandation pour les gym- ( nases. Les anciens procédaient à leurs exercices, le corps nu, et pour empê- ; cher les sueurs excessives, ils se frottaient d’huile ou se roulaient dans là pous- 1 sière; ces pratiques ne sont pas de notre temps ni de notre climat; deî »' vêtements légers, amples, extensibles, se prêtent à la variété des mouvements,' oi sans surcharger le corps d’un excès de calorique; point de liens, point de | compressions qui puissent gêner le jeu des muscles, le cours du sang, l’ex- >'J pansion des cavités splanchniques; une ceinture large et souple est le seii d contentifqui convienne; l’excrétion des fèces, des urines, du mucus nasal, etc., 19 précédera l’action musculaire. On ne fera point succéder sans transition ain , , exercices violents le repos absolu, et avant de le prendre, on se couvrira ni f peu plus chaudement, aün de ne pas supprimer brusquement la fluxion sudo- il

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raie qui s’opère vers la peau par l’éliinination d’un excédant de chaleur, et dont l’interruption donnerait lieu à une congestion ou à une phlegmasie interne. On ne mangera pas immédiatement après s’ètre livré à un exercice violent. Après le repas, point d’exercices; cette règle ne souffre d’exception qu’en faveur des personnes sédentaires ou adonnés aux travaux de l’esprit : chez celles-lh, un peu de mouvement facilite l’action des organes digestifs; on leur prescrira la promenade à pied ou en voiture ou à cheval au petit pas, une lecture récréative à haute voix, le jeu du volant, etc. Pris sans ménagement après le repas, l’exercice réduit l’estomac à l’impuissance, en rappelant la force sur d’autres organes, et par les secousses réitérées du diaphragme, il le provoque à se vider de son contenu : deux chiens ayant été gorgés d’aliments, on lit courir l’un, on laissa l’autre dans le repos; puis on les tua. L’autopsie fit voir, chez le premier, les aliments passés dans les intestins sans avoir subi une élaboration convenable, et chez l’autre la pâte chymeuse encore dans l’estomac et achevant de se perfectionner sous l’influence du suc gastrique (1).

(1) Le 23 janvier 1845, un garde municipal rentre, après plusieurs heures de marche, vers huit heures du soir au quartier ; sans se reposer, il mange ' gloutonnement de la viande de mouton, des pommes de terre, des haricots, des pruneaux; il arrose ce repas d’une forte quantité d’eau, et se remet incontinent en marche pour se rendre à pas accélérés du quai des Gélestins à la place de la Madeleine où il était de service (environ trois quarts de lieue); à peine arrivé à son poste, il est pris de coliques et de vomituritions; ramené au quartier, il passe la nuit dans des souffrances atroces ; le matin on le transporte au Val-de-Grâce, où je diagnostique chez lui l’existence d’une invagination ou d’un étranglement interne consécutif au brusque passage des aliments indigérés de l’estomac dans l’intestin grêle et aux ballottements imprimés à la masse des viscères abdominaux; les douleurs ne discontinuent point jusqu’à la mort, qui arrive le lendemain vers midi, sans agonie. 11 n’y avait pas eu de vomissements ; la constipation n’avait cédé à aucun moyen ; le ventre, ballonné, prononçait les reliefs des circonvolutions intestinales. A l’autopsie, l’estomac est vide, exsangue, sans aucune trace de lésion ; même état des deux tiers supérieurs de l’intestin grêle, dont les valvules conniventes sont presque effacées, si ce n’est qu’ils contiennent une quantité notable de liquide jaunâtre, dans lequel nagent en grand nombre des débris d’aliments non digérés et très-reconnaissables, tels que des morceaux de viande, des fragments de pommes de terre, des haricots entiers, des pellicules de pruneaux. Au-devant et sur le côté droit de la quatrième vertèbre lombaire, existe un étranglement produit par un diverticulum intestinal qui naît du bord libre de l’iléon, à 1 mètre environ de la valvule iléo-cœcale ; ce diverticulum, ou prolongement intestinal, constitué par les trois tuniques de l’inleslin, forme un nœud embrassant en manière de huit de chiffre une double anse qui, développée, présente 2 mètres de long et est constituée par toute l’extrémité inférieure de l’iléon, moins les 12 derniers centimètres qui tiennent à la valvule iléo-cæcale (voy. Gazette médicale, mars 1845). Deux litres d’un liquide poisseux et brunâtre (sérosité et sang non réuni en caillots) dans la cavité péritonéale ; tous les autres organes sains.

Quel exemple saisissant des effets de l’exercice violent pris avant et après un repas, qui d ailleurs était fort indigeste ! L’estomac, dont le système musculaire en action avait détourné le sang, n’avait pu chymifier la masse énorme des aliments qu’il avait reçus;

Le régime sera proportionné à la quantité du mouvement; la ration de liquide, plus forte qu’aux jours de repos, ne doit pas cependant fournir trop |0 à la sueur; l’eau pure convient moins après l’exercice t|u’une boisson légèrement alcoolisée, et pendant l’action musculaire, on ne doit user que d’un n breuvage légèrement fortifiant.

IL — Conditions de l’individualité.

1® Tempérament, constitution. — Les exercices les plus actifs conviennent tt aux individus lymphatiques, pâles, faibles, bouffis, disposés aux scrofules; la I chasse, la lutte, la course, l’escrime, la gymnastique sous toutes les formes, produiront chez eux l’absorption des fluides blancs qui surabondent dans leurs f

tissus, prononceront les systèmes musculaire et sanguin, redonneront à leur t

teint la fraîcheur et la vivacité, à leur fibre la force et la résistance, corrige- *

ront l’inertie et la langueur habituelles de toutes leurs fonctions. Les per- *

sonnes chez qui l’hématose est très-énergique doivent s’abstenir des gestations \

plus ou moins passives, et des efforts violents qui leur font risque d’anévrysmes, ^

d’hémorrhagies, de congestions cérébrales ; mais les marches prolongées, la |

course modérée, la danse, les professiohs qui nécessitent l’activité de tous les j

muscles en plein air, les préserveront de là pléthore sanguine qui les menace, 'j

et Axeront sur les organes du mouvement l’exubérance des fluides plastiques, j

toujours prêts à se déverser en congestion sur les organes internes. Tous les j

exercices, sans exception, sont utiles aux sujets nerveux, et l’on peut assurer j

que ce tempérament, poussé même au degré pathologique, retire de la gym- !

nastique les plus précieux avantages de prophylaxie et de curation ; développer !

les muscles et les fortiûer, activer la circulation générale jusque dans les ca- '

pillaires les plus ténus, ampliûer le champ de la respiration, détruire les concentrations viscérales, l’excès d’irritabilité du système nerveux, telles sont les indications du tempérament nerveux et de la névropathie : la gymnastique les remplit à elle seule. Poür les hystériques, pour les névropathiques, pour les hypochondriaques, etc., elle est le meilleur calmant, l’antispasmodique le plus certain; pour les jeunes choréiques, un remède certain. Aux bilieux secs et maigres les gestations, la promenade à pied et en bateau, en un mot les exercices modérés qui n’ajoutent point au type accéléré de leurs fonctions; la

transmis à t’intestin sur lequel ils ont fait impression de corps étrangers, ils ont provoqué des mouvements péristaltiques que les succussions de la marche ont rendus tumultueux, désordonnés. Et quand, par le repos du lit, par l’ingestion des boissons théiformes, par les applications chaudes sur le ventre et surtout par la phlogose des anses comprimées, la circulation est devenue prépondérante vers l’intestin, le sang a trouvé un obstacle insurmontable à son cours dans le nœud de l’étranglement; il s’est accumulé au-dessus de l’obstacle dans la portion la plus déclive de l’intestin grêle, et il a transsudé par compression dans les deux sens à travers les parois vasculaires, pour se répandre dans la cavité de l’inleslin et dans celle du péritoine.

, pnivÉE] RÈGLES HYGIÉNIQUES.

gymnastique, employée avec inesufe, augmentera leur force de résistance, développera leurs muscles; l’équitalion facilitera chez eux la circulation abdominale et contribuera à les préserver des stases splanchniques si fréquentes I chez leurs pareils.

La combinaison du régime et des exercices peut amener un changement dans les formes de la constitution. Depuis longtemps la gymnastique est considérée comme le correctif de cet état de santé équivoque, caractérisé par la prépondérance viscérale et l’accumulation de la graisse : Galien fit disparaître l’énorme enbonpoint d’un client en lui prescrivant de courir tous les matins jusqu’à ce qu’il fût baigné de sueur : nous avons mentionné la méthode suivie en Angleterre pour façonner des coureurs. Les constitutions primitivement débiles acquièrent parla gymnastique une vigueur et une force remarquables : Thémistocle, Alcibiade, Socrate, Pélopidas, les deux Caton, César, Adrien, Marc-Aurèle, etc., lui durent leur puissance de résistance aux fatigues;

I Démosthène, frôle et maladif, se livra pendant son enfance à des exercices continuels qui préparèrent son corps aux luttes et aux travaux de l’homme d’État; Agésilas, né boiteux et si faible qu’on l’eût noyé sans la pitié de sa mère, devint, grâce à la gymnastique, l’un des plus vigoureux et des plus illustres capitaines de son siècle. « Cæteris vero omnibus, quœ ad irnpediendam humorum indigestionem et ad sanguinem idcirco corroborandum, ac firmitudinem parlibus conciliandam, faciunt, exercitium corporis facile . palmam prœripitiX). n Les boxeurs anglais de profession possèdent une force prodigieuse, une adresse rare, une insensibilité aux coups qui passe toute croyance, et en même temps une parfaite santé : dans une lutte célèbre de quatre heures (juarante-cinq minutes entre les boxeurs Maffez et Maccarthy, l’undesdeux tomba étourdi 196 fois. Ce n’est point l’habitude qui produit ces qualités, caries débutants valent les vétérans: mais on les a soumis à une éducation spéciale appelée condition ou entraînement (2), et qui a pour effet de renouveler les matériaux de l’organisation et d’en changer les caractères : le boxeur formé présente des membres plus volumineux, les muscles durs, saillants, élastiques au toucher, l’abdomen efl'acé, le thorax prononcé en avant, la respiration ample et profonde, la peau exempte de toute éruption, ferme, lisse et transparente, d’une coloration uniforme, ne tremblotant pas à la région axillaire et aux côtés de la poitrine pendant les mouvements du bras, mais parfaitement adhérente aux muscles sous-jacents. D’après sir John Sinclair, l’entraînemetit donne aux os plus de résistance; quoique la sensibilité soit diminuée par celte gymnastique athlétique, les boxeurs ont la vue plus nette, l’ouïe plus fine, l’esprit plus libre, un sentiment général de bien-être et de confiance en eux-mêmes : ce qui fait dire aux Anglais que l’entraînement mo-

(t) Sydenham, Traclatun de podfigra, op. cit., p. ù(j7.

(2) \oy. II. Royer-Collard, Mémoires de l'Académie de médecine, 1842, l. X; et Jaquemet, üe Cenlralnemeid. Paris, 1868, p. 31.

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difie le moral aussi bien que le physique (1). Voilà donc un type d’organisation que l’on crée à l’aide de moyens qui se résument dans un emploi spécial de ^ l’aliment et de l’exercice. Les coureurs, les jockeys, sont façonnés sur un autre -r|| type par une combinaison dilîérente de ces moyens; un système particulier >1 d’entraînement sert à former des plongeurs dont on développe la force respiratoire par un exercice préalable, et qui, pour des travaux de quelque durée )ii au fond de la mer, sont soumis à la diète végétale et à l’eau pour boisson, im d’après l’observation faite par l’ingénieur Spalding, qu’avec ce régime on consomme moins d’air dans la cloche à plongeur. De ces faits, auxquels s’ajoutent ^ les tentatives heureuses de Backwell, des deux frères Colling, du duc d’Argyle, || de Wells (voy. t. I, p. 113), et beaucoup de faits empruntés aux deux règnes I organiques, il est permis de conclure, avec H. Royer-Collard (2), qu’il est un I art, trop négligé des médecins, qui consiste à s’emparer du mouvement nutritif, à le diriger vers un but déterminé, à changer dans un sens ou dans un autre la structure intime des organes. Déjà les méthodistes ont pratiqué cet art de retrancher les mauvaises chairs et d’en faire de neuves, plus saines et plus fermes ; ils purgeaient et saignaient, puis ils prescrivaient une bonne nourriture et l’exercice. Cet art, qui n’ira jamais jusqu’à détruire l’essence propre de chaque constitution, sera puissant à relever certains états de santé

(1) Voici les bases du régime auquel les boxeurs, c’est-à-dire des hommes destinés à un exercice violent et souvent répété, doivent leur force, une santé ferme et une grande longévité ; Soin incessant de la peau ; lotions et frictions avec l’eau savonneuse tiède, puis avec l’eau froide ; chaque soir, ablution générale de tout le corps ; par les temps froids et humides, frictions sèches plus ou moins rudes. Après chaque sudation, immersion de courte durée dans de l’eau de mer ou de l’eau salée très-froide. Si après quelques jours le sujet répugne encore à ces lavages, à ces immersions, on le saigne et on le purge. Linge toujours propre; celui de la nuit ne sert pas le jour. Sudations proportionnées à la force et à l’embonpoint des sujets, et provoquées par l’exercice ou au moyen d’édredons, de lits de plume, quelquefois par l’emploi de la poudre de Dower, ou i de l’émétique à la dose de 30 centigrammes. Exercice continu, repos de deux heures I seulement par jour en dehors du repas ; courses de plus en plus accélérées avec des vête- ' ments de laine ou de flanelle ; la soif allumée par la marche ou la course ne doit être apaisée que par l’eau froide en gargarisme, ou à l’aide de linges mouillés appliqués sur

la peau ; la fatigue localisée dans quelques parties du corps, aux articulations, est comhattue par des frictions sèches, le massage, les lotions d’eau froide. Repas réguliers, deux par jour et quelquefois un souper très-léger à huit heures du soir; régime de bœuf et de mouton bouillis ou rôtis ; à peine quelques pommes de terre ; prohibition des viandes blanches, du gibier, des salaisons, des épices, des graisses, du lard ; du pain bien cuit et rassis de deux jours, on lui préfère le biscuit sec ;"on y ajoute une pinte de porter par jour, un peu de thé ou de café froid; point de tabac, les Anglais prétendent qu’il tue les forces. On veille à la liberté du ventre; on n’a recours aux évacuants que chez les obèses et les essoufflés ; le jour où on les administre, pas d’applications d’eau froide ni d’exercices. L’air pur et vif de la campagne, un lit dur et sans rideaux, tel est le complément des règles d’entraînement pour les boxeurs.

(2) Royer-Collard, Mémoires de l' Académie de médecine, 1842, t. X.

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iiiconiplèie, à corriger bon nombre d’états morbides : reste à le fonder suides observations plus étendues, plus variées, sur des expériences moins spéciales et moins restreintes que les routines d’ailleurs ingénieuses de l’entraînement anglais; un régime spécial, les bains froids, certaines pratiques de saine liydrotbérapie, la gymnastique, voilà les instruments les plus sûrs, si on sait les manier, pour la transformation des tempéraments et des tendances vicieuses de l’organisme.

2“ Ages. — A la naissance, les muscles sont pâles, minces et mous, les tendons rougeâtres et ternes, les os en grande partie cartilagineux; partant point de locomotion, mais déjà le besoin du mouvement existe et les oscillations du bercement y répondent. Vers 1a fin de la première année, l’enfant essaye de se tenir debout, et dès que ses muscles extenseurs lui permettent cette station avec les genoux demi-fléchis, il cherche à changer de place; sa première translation volontaire dans l’espace est une course précipitée, par disproportion de force d’impulsion initiale avec la distance du but qu’il veut atteindre. Au commencement de la troisième année, les rotules commencent à s’ossifier, les muscles extenseurs ont acquis plus de force : l’enfant réussit à marcher. Jusqu’à ce moment, on se contentera de le laisser s’agiter à l’aise sur une natte ou sur un tapis étendu à terre ; qu’il s’y roule, qu’il s’y tourne et retourne à son gré : les efforts qu’il fait pour se soulever et se redresser, exercent tous ses muscles ; qu’il lui soit permis de se traîner sur ses mains, sur ses pieds, tant que ce mode de progression est le seul possible pour lui. Pour la promenade, la mère ou la nourrice le tiendra à demi couché sur les deux bras, de manière à prêter un large dossier à sa colonne vertébrale, qui sur un seul avant-bras serait exposée à des déviations. Que l’on s’abstienne d’exciter à la marche les enfants encore inhabiles à la simple station verticale, la déviation latérale du genou ou de l’articulation tibio-tarsienne pourrait en être la conséquence; qu’on ne les suspende point par les bras à l’aide de lisières ou dans l’intérieur d’un chariot roulant, pour leur faire raboter le sol avec leurs pieds; ces appareils étreignent la poitrine, haussent les épaules, compriment les vaisseaux et les nerfs axillaires, diminuent le diamètre antéro-postérieur du thorax. L’enfant qui a appris spontanément à marcher, étudie mieux ses pas, les terrains; il sait tomber avec souplesse .sur les mains ou sur les fesses, tandis que l’enfant dressé à la locomotion se laisse choir lourdement comme une masse inerte, et compte ses chutes par autant de contusions. Une fois qu’ils marchent et courent, n’abusez pas de leurs faibles jambes : jamais nous ne voyons sans un serrement de cœur des mères, des bonnes, battre et traîner par les mains de pauvres petits enfants qui refusent avec des pleurs et des cris de continuer les marches prolongées auxquelles on a la sottise ou la barbarie de les obliger. A quel âge peut-on appliquer les enfants à la gymnastique? Dans l’établissement du colonel Amoros on voyait, il y a quelques aimées, une section composée d enfants de deux à huit ans et qui rivalisaient entre eux; mais nous pensons qu’il ne faut pas commencer ces exercices avant l’âge de cinq

DES MODIFlCATEims. — GESTA.

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ans, tant :i cause de la difficulté d’en proportionner la mesure et l’intensité, que pour ne pas fatiguer le cerveau de préceptes et de l’attention qu’on exige; = môme à cette époque on ne doit permettre qu’une gymnastique générale,- 1 propre à solliciter dans une égale mesure toutes les parties du squelette et tousles muscles : nous connaissons une jeune fille qui, soumise dans un âge tropi tendre aux exercices spéciaux des membres supérieurs, présente une difîorinité de l’épaule, quoiqu’elle soit née de parents sains et bien constitués.- 1 Dans l’adolescence, la gymnastique retarde heureusertient la puberté : chez la ; jeune fille elle préviendra les maladies que l’oisiveté du corps et l’activité de ■ l’imagination multiplient dans cette période de délicate transition. Il est très-1 important, pour le développement régulier et la santé ultérieure des jeunet i gens des deux sexes, de bien distribuer leurs exercices physiques et intellectuels. Le premier inconvénient des maisons d’éducation, c’est l’unité de règlement; les travaux qui conviennent aux constitutions fortes fatiguent beaucoupf des organisations frôles et impressionnables: l’intelligence ne peut fonctionnel! impunément dans un corps mal affermi; attendez qu’il soit en bonne voie del développement, et toujoui’s faites coïncider avec les exercices de l’esprit ceux du corps. Nous ne prétendons pas élever des Spartiates ; mais que peut espé-^ rer la patrie, l’humanilé, la science elle-même, de ces êtres étiolés et rabou-ii' gris que dévore une fièvre d’émulation, qui torturent leurs poumons dan.‘‘| les attitudes vicieuses de la méditation et du travail, qui surexcitent leur système nerveux par les veilles et l’ambition ? Quand l’accroissement s’opère avec une sorte d’acuité et s’accompagne de débilité, les exercices violents sont dt trop. Dans l’âge adulte, l’action musculaire prévient les concentrations viscérales. Il est difficile de préciser l’époque où les exercices gymnastiques ne soûl plus de saison. Chez les Grecs, jeunes et vieux allaient au gymnase. Pompée, au dire de Salluste, allait encore au champ de Mars à l’âge de cinquante-huit ans, et ne le cédait point dans les exercices au plus robuste soldat de son armée. Galien se luxa l’humérus à trente-cinq ans, en s’escrimant à la palestre. Des hommes plus âgés ont pratiqué au gymnase du colonel Amoros des exercices propres à combattre quelque infirmité, et s’en sont fort bien trouvés (Cas. Broussais). Ceux qui arrivent à la vieille.sse après une vie de labeur et de mouvement ne sauraient s’en départir sans danger ; la gymnastique professionnelle, continuée jusque-là, ne doit plus être interrompue, à moiusi qu’elle ne soit suppléée par une autre .série d’exercices, tels que la marche, l’équitation, le billard, les voyages, le jardinage : sinon, obésité, goutte, cou- 1 gestions splanchniques, apoplexie, etc. La plupart des exemples de longévité V surprenante appartiennent à la classe des hommes dont une gymnastique ac- t tive a entretenu la vigueur : tels sont les soldais, les matelots, les agricul- a tours.

3“ Sexe. — Avant la puberté, les mêmes modes d’activité musculaire con- M viennent aux deux sexes ; vers cette époque, la gymnastique doit être dirigée ir de manière à ne pas empêcher le molinicn dont l’utérus va devenir le siège, •)

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lUt en prévenant une concentration trop énergique sur ce viscère : les phéoniènes chloroli((ues et anémiques, les palpitations, les migraines, les épiaxis, les accès convulsifs, clioréiformes, etc., qui compliquent cette période i crise, se dissipent sous rinlluence d’un régime convenable et de la gymnas- [jue. Après l’établissement de la menstruation, la femme a-t-elle besoin de unnastique ? Espère-t-on dompter en elle, par l’exagitation du système musilaire, les incessantes suggestions de cet organe qu’Aristote appelle brutaleeiit un animal indocile?- Les exercices du Portique feront-ils taire en elles voix des passions naissantes ? Et nous (jui ne rechercherons pas des Lacéiinoniennes sans modestie, sans amour maternel, pourquoi voudrions-nous ouffer dans nos femmes la sensibilité ([ui fait de leurs personnes le centre trayant de la famille ? Leur organisation repousse les trop rudes travaux, la rce musculaire masque et dénature leur sexualité : la servante de ferme, qui rose de ses sueurs les sillons de son maître, doit-elle faire envie par le vome de ses muscles aux jeunes citadines dont la stature rappelle les plus îgants modèles de l’art antique ? Les viragos qui brillent dans l’escrime, ns rhippodrome, dans le pugilat, et qui usurpent jusqu’au cigare, s’isolent tre deux sexes, et jouent aux dépens de la nature une comédie de virilité.

1 gymnastique ne sera donc pour les femmes qu’une ressource de thérapeulue; mais à leurs habitudes sédentaires il faut opposer par intervalles frélents la promenade, la vectation, le billard, le cerceau, le volant, le chant, musique, la danse qu’elles aiment d’instinct, la natation, les occupations ; la campagne, etc.

Maladies et convalescence. — Il est inutile de revenir sur les effets éservatifs de l’exercice; ils se manifestent surtout contre l’imminence des vro.ses, de la phthisie, la glycosurie, etc. Puisque le repos prolongé annule i forces, il est toujours sage de prescrire l’exercice, à moins qu’il n’occa- )nne de la fatigue ou n’augmente celle qui existe : cette proposition résume régime musculaire de la convalescence et des maladies. L’exercice, pris à opos et dans la mesure convenable, contribue à ranimer l’appétit, les forces 3[estives : pris é contre-temps, il renouvelle la lièvre, exaspère les syinimcs : on voit alors la face rougir, le cœur battre avec violence, la peau se uvrir de sueur. Dans les affections nerveuses et spasmodiques, il délerne à la longue la sédation indirecte du système nerveux en rappelant sur i organes de locomotion l’excitabilité qui s’était concentrée en lui; chez les morrhoïdaires, et dans tous les cas où les organes supérieurs sont habituelnent menacés d’hypérémie, les succussions répétées qu’il produit ont pour et d’égaliser la réparation des fluides sanguins entre toutes les parties du l'ps. Les douleurs névralgiques, rhumatismales, arthritiques, disparaissent rfois par l’exercice des parties qui en sont le siège; les secous.ses réité- -8 du mouvement ont contribué à dissiper certains engorgements des visres; néanmoins le repos est indispensable dans les aflcctions de l’iitérus et ses annexes, dans la période aigue des phlegmasies, et en general tout or-

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gane qui souffre réclame le premier bienfait de l’inaction. I.a station assise es s intermédiaire entre la verticale et le coucher; aussi les malades commencenti ils par cette posture le retour h l’exercice ; chez eux l’influence de la pesan’ ', teur sur la circulation est plus marquée; quand ils sont débilités ou dcpui | longtemps au lit, des défaillances accompagnent leurs premiers efforts de sta' tion verticale, et, pour peu qu’elle se prolonge, on la voit amener l’œdèin '> des membres inférieurs, des dilatations variqueuses, etc. Les gestations qu joignent aux effets de la station assise ceux du choc répété et l’effort muscu < laire de l’équilibration du corps, peuvent être utilement employées pour 1 i guérison de quelques états morbides, et ont toujours l’avantage, pour le ma i lade comme pour le convalescent, de le transporter dans un air pur au milie' ii de la campagne. L’équitation peut accroître les lésions du cœur et des gro § vaisseaux, l’hépatite chronique, les hernies irréductibles, les tumeurs hé morrhoïdales, les affections de vessie et des testicules, la spermatorrhé i diurne, etc. La promenade en hateau sur une eau tranquille est, de toute i les gestations, celle qui ressemble le plus au repos. L’exercice est souvera; • nement contre-indiqué dans toutes les maladies où l’on doit craindre d’accé i lérer les phénomènes de la respiration et de la circulation. La méthode au i glaise de l’entraînement, c’est-à-dire une combinaison raisonnée des exercice g et de l’alimentation, doit offrir de grandes ressources pour^ conjurer, pou'< enrayer, pour dissiper bien des états morbides qui procèdent d’une diathès-|| héréditaire ou acquise; il est à regretter qu’elle n’ait guère profité jusqu’ p présent qu’à l’amélioration des animaux domestiques et à l’éducation de cei f laines spécialités professionnelles, jockey, coureur, boxeur, plongeur, etc i En y ajoutant, suivant les indications, l’usage des frictions, des suées, dé ■ purgations et surtout des procédés hydrothérapiques, on possède un ensein s ble de moyens propres à retremper, à transformer les constitutions défec Ü tueuses, à détruire le germe de bien des maladies que les arcanes de la phar d macie la mieux maniée ne sauraient atteindre. Voici un homme lourd, faible li incapable d’exécuter quelques efforts sans avoir de l’oppression, des ver / tiges, etc. : deux ou trois mois suffisent pour en faire un sujet leste, vigoureu i infatigable, en état de courir avec la vitesse d’un lièvre pendant deux ou tro I heures de suite, ou de faire cent milles de chemin au pas, de lutter contre u s champion aussi robuste qu’agile, etc. Comment ne pas conclure, avec Joli l Sinclair (1), qu’un art qui réalise de tels prodiges, ne saurait être sans utilii i pour le traitement ou la prévention des maladies ? Quant aux applications d i la gymnastique à l’orthomorphie, leur but a été formulé comme il suit : coin i: biner l’influence physiologique du mouvement spontané avec l’action méca ■ nique d’une force prise hors du sujet, et destinée à rétablir les leviers solidt dans leurs rapports naturels. Il s’agit de faire fonctionner le système muscu laire dans les conditions ([ui rapprochent davantage le moteur et le mobile d

(1) Trad. d’Odier, p. 487. Voy. aussi De l’ entrainement , par F. Dcfrance^ thèse < Paris, 1859, n" 141, et celle de II. .latiuemet. Paris, 1867.

[.rivée] Règles hygiéniques.

leurs rapports normaux, et la guérison d’une diHormité n’esl définitive que si elle se maintient dans l’état de mouvement du corps comme dans l’état de repos. La gymnastique peut suffire pour le redressement des déviations légères du racliis dues au relâchement des ligaments, à la faiblesse et à la paralysie incomplète des muscles du côté opposé, à l’inclinaison et à la prédominance, au raccourcissement, à la rétraction des muscles antagonistes du côté de l’inclinaison, etc. .Tamais les machines et appareils ne suffisent. Indépendamment du secours spécial qu’elle fournit pour le traitement de la difformité, la gymnastique concourt à l’œuvre de la restauration organique en fortifiant tout le système musculaire, en augmentant l’énergie des viscères, en régularisant toutes les fonctions.

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