III. — PÉRIODICITÉ EXTÉRIEURE
Évitez les exercices très-violents dans les deux saisons extrêmes : ils épuisent rapidement l’organisme déjà énervé par les chaleurs de l’été ; la transpiration qu’ils provoquent en hiver expose à des accidents de rétrocession subite. Dans les localités infestées par des foyers miasmatiques, l’inertie et l’excès de mouvements sont également nuisibles : le repos livre l’organisme désarmé à l’atteinte des effluves; la fatigue, comme toutes les causes débilitantes, dispose à l’infection : c’est pourquoi les grands travaux de déblaiement, de terrassement et de défrichement ont souvent donné lieu à des mortalités effrayantes, alors qu’on n’avait pas pris assez de précautions hygiéniques. Dans les climats humides, une gymnastique rationnelle peut rendre de grands services en fortifiant la fibre pâle et llasque, et en développant la puissance de réaction. Les régions méridionales ne permettent point à leurs habitants des efforts prolongés, des exercices d’une grande énergie; néanmoins une gymnastique modérée, et à laquelle ils se livreraient soir et matin dans des lieux frais, précédée ou suivie d’affusions froides, corrigerait peut-être l’énervation de leur corps et la mollesse de leurs organes de locomotion. La saison d’hiver de ces contrées a cela de précieux, qu’elle permet l’exercice presque journalier à l’air libre, grâce à la tiédeur de l’atmosphère, à la sécheresse du sol, à la pureté du ciel et à la fugacité des météores qui en troublent l’aspect : c’est peutêtre là la meilleure raison que l’on a de prescrire aux personnes suspectes de tuberculisation l’émigration hivernale vers ces pays privilégiés. Puisqu’il est constant que l’exercice général à l’air libre est l’un des meilleurs préservatifs de la phthisie, et qu’il est impossible dans nos climats pendant la plus grande partie de l’hiver, comment hésiter, pourquoi controverser l’action des climats chauds? Aux doux rayons d’un soleil d’Italie (1), de Corse, de Grèce ou d’Afrique, la promenade, la vectatiou, l’équitation, sont possibles en hiver; dans
(1) Voy. E. Carrière, fj; climat de Vllalie. Paris, 18è9, in-S”; et Pietra-Santa, Corse et la station d'Ajaccio, Paris, 18G/i, in-8.
DES MOniEICATEDRS.
GESTA
[htcièr f
nos froides et brumeuses cités du Nord et de l’Est, l’iiiver, c’est la réclusion 4 c’est la déambulation monotone dans un espace clos de toutes parts etd ■ quelques pieds d’étendue, sans horizon, sans sérénité, sans les impressioiii'l variées et charmantes d’une nature inconnue, souvent sans autre clarté qui' cette lueur blafarde qui tombe des nuages à travers le gi\re, la neige et 1 pluie.
ARTICLE II