‹ Traité d'hygiène publique et privéeChapitre 58 sur 196 · II · texte numérisé non relu

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274 DES MODIFICATEURS. — GESTA. [uygiéke

2“ Périodicité extérieure. — Los ÜiicUialions de l’acüvité fonctioimellc durant la période nychlliémèrc (t. I, page 365) indiquent claiiement que la nuit doit être dévolue au .sommeil. Dormir le jour et veiller la nuit, c’est dé- terminer une inversion violente dans la marche naturelle des phénomènes organiques; c’es't les exalter au moment où ils tendent à leur minimum d’intensité, et les déprimera l’époque ordinaire de leur ascension; c’est remplacer les stimulations légitimes du jour par les excitations factices de la nuit. Il n’est point d’agression plus directe, plus hostile contre les lois conservatrices i de l’organisme, que la subversion de l’ordre fixé pour le repos et pour l’acti- | vité; la décoloration, l’étiolement, l’affaiblissement ou les troubles de la nutrition, l’exagération morbide de la sensibilité nerveuse, telles en sont les conséquences. La saison des chaleurs et les climats ardents autorisent seuls quelques infractions à cette règle; la sieste on sommeil diurne est parfois une nécessité, là où l’élévation excessive de la température épuise rapidement la force de réaction et rend tout travail impossible, tandis que la fraîcheur et la sérénité des nuits font des veilles une jouissance et restaurent la vitalité de tous les organes. Néanmoins, même en ces circonstances, le sommeil diurne laisse^ après lui des symptômes de réfection incomplète qui persistent jusqu’à la fin: du jour : tels qu’un peu de pesanteur de la tête, la paresse des sens, l’amertume ou l’empàternent de la bouche, etc.; et l’on n’accomplit point pendant» la nuit les travaux qu’on aurait faits pendant le jour, par la raison même que le sommeil diurne a moins réparé l’organisme. Au mois de juin 1833, le bataillon du 2A® de ligne, auquel j’étais attaché, se rendit d’Ajaccio à Cortc.

A cause des chaleurs, déjà trop vives, le commandant fit commencer les étapesà minuit, et reposer la troupe durant le jour. On ne tarda point à reconnaître qu’il y avait plus de fatigue, et moins de vitesse et de régularité dans la marche. « Ce relâchement, qui suit l’effort, ce repos nécessaire après la fatigue, ce sommeil, en un mot, qui, dans les plans de la Providence, succédé à l’état de veille, ce n’est pas seulement le sommeil de l’homme, le sommeil même des animaux, c’est le sommeil de toute la nature; et tous ces repos, tou*' ces sommeils sont solidaires l’un de l’autre, sont nécessaires l’un à l’autre,» coexistants, simultanés l’un à l’autre (1). »

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