‹ Traité d'hygiène publique et privéeChapitre 59 sur 196 · II. — Conditions individuelles · texte numérisé non relu

II. — Conditions individuelles

Les gens faibles, de constitution molle et maladive, dorment plus que le: sujets robustes; les personnes pléthoriques, obèses, à cou court, à tête volu I mineuse, à épaules larges, ont une grande propension au sommeil et doivon i s’en défendre comme d’une cause prédisposante aux congestions cérébrales aux apoplexies. Les femmes dorment, en général, plus que les hommes la quant à l’ûge, voici pour renseignement, plutôt qu’à titre de règle, le tableai

(1) Lélut, Physiologie de la pensée. Paris, 18G2, t. II, p. 440.

privée] nu SOMMKIL. 275

où Eriodlander a calculé, suivant les différents âges, la propor de sommeil, d’exercice, d’occupation et de repos :

tion convenable

Ages.

Sommeil.

Exercice.

Ucuupalitnis.

Kupos.

7 ans.

9 à 10 heures.

8 heures.

2 heures.

4 heures.

to

En général, rüomine mûr dort moins que l’adulte, le vieillard moins que l’im et l’autre. L’enfant nouveau-né ne fait que dormir et teter ; à mesure qu’il se développe et multiplie ses rapports avec le monde extérieur, il exige moins de sommeil. Il est indispensable de coucher les enfants de bonne heure, car ils font pendant le jour une énorme dépense de forces ; que l’on se garde de les agiter avant le coucher, soit par des jeux excessifs, soit par une prolongation de veille au milieu d’une réunion bruyante; c’est une habitude nuisible que de les endormir sur les genoux ou dans les bras de leur nourrice, de leur mère : la chaleur du contact les échauffe; l’attitude vicieuse qu’ils reçoivent peut gêner leur développement régulier, et dès qu’ils se sentent placés au berceau, ils s’éveillent avec des cris. Jusque vers l’âge de dix-huit mois à deux ans, les enfants dorment quelques heures le jour ; beaucoup conservent cette habitude au delà de ce terme; et comme ils la satisfont au milieu du jour, ils sont privés des heures les plus bénignes de promenade et d’exposition à l’air libre, au soleil : de là vient qu’ils s’étiolent, s’amollissent, restent chétifs, passent de mauvaises nuits, ou deviennent sujets, dans lèur vie de réclusion, à des incommodités qu’un régime mieux ordonné éloignerait d’eux. Le, berce- 1 ment est nuisible, si les secousses sont violentes, rapides et longtemps conti- : nuées ; dans le cas contraire, il agit par le rhyihme des oscillations : mieux ■ vaut n’y point accoutumer les enfants, et l’on y renonce généralement. Le t sommeil dure plus dans la convalescence que dans l’état de santé; mais il est j léger et s’interrompt aisément; les sujets qui ne reçoivent point une alimentation suffisante dorment moins; les convalescents ne commencent à goûter le ' délice d’un sommeil durable et profond que lorsqu’ils prennent de l’exercice ;

• jnsfiue-là le défaut de mouvement et le séjour au lit font qu’ils n’éprouvent pas un grand besoin de dormir, et leur sommeil est court, agité ; s’ils abusent de l’exercice, de la lecture ou de la conversation, leur pouls s’accélère et la fièvre chasse le sommeil. Le sommeil restaure le malade et lui vaut mieux que soins et drogues ; l’apaisement qu’il détermine dans toutes les fonctions commence la guérison de toutes les souffrances qui ont pour fond un état d’irritation, de phlcgrnasie ou d’hypersthénie ; la réparation (|u’il proctire au système nerveux permet à celui-ci de réagir avec une nouvelle puissance; mais

011 n’ondorL pas les malades, el l’on ne peut qu’éloigner de leur sphère tout ce ce qui pourrait les empêcher de s’endormir.

L’habitude règle la durée et l’époque du sommeil ; un ancien a dit: Septem ■ haras dormisse sat est pueroque senique. Il faut consulter pour celte (ixalion l’àge, la constitution, etc. En général, le besoin du sommeil est en rapport avec le degré d’exaltation du système nerveux. Il y a des personnes, surtout parmi les professions savantes, qui s’appliquent à réduire leur sommeil à la plus stricte mesure qu’exige leur santé. Lacépède ne dormait qu’environ quatre heures : d’abord de neuf à onze heures du .soir, puis de trois à cinq i du matin; mais après cette agitation des centres nerveux, peut-on attendre un i sommeil calme? Il est préférable, pour l’intégrité de la vue comme pour la i santé générale, de travailler trois heures le soir et trois heures le matin, que | six heures de suite pendant la nuit. On a calculé qu’en se levant deux heures | plus tôt, 011 se trouve au bout de quarante ans avoir vécu vingt mille deux j cenls heures de plus, = 3 ans 121 jours 16 heures : 8 heures de plus par jour j pour dix ans. L’habitude étend son empire sur les époques du retour du sommeil; on ne peut prendre pour guide le lever et le coucher du soleil : la meilleure distribution de la journée est celle qui fixe le lever et le coucher à des heures également distantes de minuit; on ne doit pas s’endormir plus tard eu été qu'eu hiver. Les actions rhythiniques créent des habitudes qui influent , sur l’invasion et la durée du sommeil : tel le bercement, tels encore le bruit d’une chute d’eau, d’un moulin, un chant monotone.

Quant aux moyens projaros à amener le sommeil, ceux qui n’émanent pas de l’hygiène sont dénués de toute efficacité, mais non de péril : suivant la dose de leur emploi ou l’état de l’organisme, l’opium et le tabac tantôt excitent, tantôt enivrent et font dormir; la jusquiame, la belladone, etc., peuvent être I administrées de manière à produire une détente, un calme plus ou moins du- B rable, ou l’insomnie et l’ivresse furieuse ; l’usage modéré des liqueurs alcoo- pi liques augmente la tension ; ce n’est qu’à dose élevée qu’elles plongent : it l’homme dans le sommeil en accumulant le sang dans son cerveau. Les vrais • «j moyens de maintenir et de rappeler le sommeil, c’est la régularité des heures qu’on lui consacre, c’est la tempérance, la proportion entre l’exercice el l’ali- i(| mentation, l’abstention de travaux intellectuels, de lectures ou d’entretiens • k émouvants quelque temps avant de se mettre au lit, l’éloignement des slimu- n lanis sensoriaux, l’habitude de se lever malin.

La position dans le lit dépend encore de l’habitude; la meilleure est celle que jj chacun se fait à son insu après quelques mouvcmenls instinctifs qui ont pour ifi but de procurer au corps la plus grande somme de repos : c’est dans la situa- ;c lion horizontale qu’il la trouve; elle n’exige aucun elTorl pour le maintien de > l’équilibre et elle permet au corps de toucher par le plus grand nombre possiblede points la surface sur laquelle il est étendu; moins celle double condi- n lion est remplie, plus le sommeil est difficile. Les personnes à épaules effacées ’■ et à clavicules longues se couchent plus commodément sur le dos, attitude o

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