‹ Traité d'hygiène publique et privéeChapitre 6 sur 196 · I. — Excrétions ogülo-palpébrales · texte numérisé non relu

I. — Excrétions ogülo-palpébrales

Leurs usages sont bien connus; elles consistent d’une part dans un liquide sécrété par la conjonctive, d’autre part dans les larmes, produit d’une sécrétion glandulaire. Nous renvoyons au chapitre des Percepta les détails relatifs à l’hygiène de l’œil sous le double rapport de la vision et des excrétions dont il est le siège; les moyens qui se rapportent à ces dernières agissant toujours plus ou moins directement sur la fonction de la vue, et réciproquement.

IL — Excrétion nasale.

Le liquide nasal se môle avec le suc muqueux des yeux et l’humeur lacrymale; il contient, d’après Berzelius, de l’eau, du mucus, de l’osmazome, des chlorures potassique et sodique, etc. Dans l’état ordinaire, il n’est fourni que dans la mesure nécessaire pour lubrifier la membrane olfactive; par une disposition particulière, il manque chez quelques personnes qui n’éprouvent jamais le besoin dose moucher; son exubérance est toujours le résultat, ou d’une habitude catarrhale, ou d’une irritation fréquemment répétée sur les voies nasales, comme chez les priseurs immodérés. L’impression du froid sur la tête ou sur les pieds, parfois l’insuffisance de l’activité cutanée, sont les causes du flux nasal; les coryzas atteignent .surtout les enfants et les lymphatiques. Une nourriture surabondante peut exagérer habituellement la sécrétion du nez comme toute autre sécrétion; la stimulation trop intense de l’odorat, par les exhalaisons des mets, peut aussi y contribuer. L’état de la sécrétion nasale influe chez beaucoup de personnes sur celui de la vue et môme du cerveau : dans les coryzas avec céphalalgie, le soulagement de la tôte coïncide avec l’apparition du flux; il .semble qu’il opère une sorte de déplétion cérébrale, d’où sans doute le nom qu’il a reçu du vulgaire (rhume du cerveau). On peut s expliquer ainsi l’effet heureux que beaucoup de priseurs attribuent au tabac

(1) I.obstpin, Anatomie putholngique, l. I, p. 157.

DES MODIFICATEURS.— EXCRETA,

[hïgikne

sur l’aisance des facultés intellectuelles : il satisfait une habitude impérieuse, première condition du bien-être; puis il dégage l’encéphale par la stimulation continue de la membrane pituitaire ; mais en raison de la part qui revient au cerveau dans la question du tabac, nous la traiterons dans le chapitre des 'Percepta. Une pièce d’étoffe, qui fait en quelque sorte partie du vêtement, est destinée à recueillir les produits de l’excrétion nasale ; les mouchoirs de coton échauffent, déterminent des rougeurs; ceux de soie (foulards) ont, comme les précédents, l’inconvénient de ne point s’imbiber; il faut leur préférer les mouchoirs de fil et de chanvre. Chez quelques personnes, l’étroitesse naturelle des ouvertures antérieures du nez gêne l’expulsion des mucosités; celles-ci s’amassent, se décomposent et communiquent à l’air expiré une putridité telle qu’on a fait de ce cas une variété d’ozène; les personnes affectées de cette conformation doivent s’astreindre à plusieurs lotions par jour, en faisant remonter de l’eau tiède dans les voies nasales à l’aide de fortes inspirations : Mérat et Lagneau ont prescrit avec succès ces lotions journalières que l’on pratique en Immant de l’eau dont on peut varier, suivant les cas, la température et la composition.

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