TYPE PATHOLOGIQUE DES RACES
dblioi'e]
:bauclie de pathologie ethnique aurait besoin d’ôtre conlinnée par des recher- ;hes plus étendues et de plus longue haleine: comment se comporte le type iiif, le type germanique, le type slave, juxtaposés en Pologne, sous un climat i opposé ù celui d’origine du premier? Les aptitudes et les immunités jouent, laiis les groupes divers de population, le même rôle que les prédispositions et l’autres éléments d’hérédité dans l’individu ; mais les observations manquent le précision, et, les statistiques, de discernement. Pourquoi s’évertuer, dans me sorte de mysticisme anthropologique, quand les causes naturelles suffisent lUX explications cherchées? S’il y a parmi les Juifs moins de mort-nés, c’est ipparemment que les grossesses sont conduites avec plus de sollicitude jusqu’à eur terme; si, malgré une moindre proportion de mariages et de naissances, eur population s’accroît plus rapidement, c’est que leur mortalité est moindre; ;’ils s’acclimatent en Algérie et sous les tropiques, c’est qu’ils sont originaires l’un climat chaud ; s’ils se multiplient jusque dans la Pologne, la Russie, etc. , :’est que la migration du sud au nord est moins chanceuse et réussit plus aisénentaux méridionaux. Si, à Francfort, dans les cinq premières années de la âe, sur 100 enfants il meurt 2à,l chrétiens et seulement 12,9 juifs, c’est que :es derniers reçoivent des soins plus complets ou plus éclairés. Au reste, les Maladies et les mortalités qui ont frappé la race juive dans les temps antérieurs ions sont inconnues ; nous ignorons les frais physiologiques que leurs accliiiatements aujourd’hui consommés ont coûtés à leurs ancêtres.
Les documents anglais sur la mortalité des troupes indigènes (Cipayes) et les troupes européennes dans les Indes (1) offrent de l’intérêt, et prononcent 'influence de la race, malgré la part à faire à celle du climat, de l’état miliaire et des différences de régime; nous choisissons quelques données slatisiques qui concernent les résidences du littoral :
•1® Maladies des poumons |
2® Dysentérie et diarrhée |
3° Maladies du foie |
û® Maladies mentales, épilepsie, apo- (
plexie )
5® Fièvres éphémères, intermittentes j rémittentes et continues \
6® Anasarque, ascite, béribéri j
Malades siu' 1000.
Décès sm‘ 1000
Européens.
Indigènes .
Européens .
Indigènes .
Européens.
Indigènes .
Européens.
Indigènes .
Européens.
Indigènes .
Européens.
Indigènes .
L’égalité du tribut payé par les deux races aux fièvres endémiques est un ésultat imprévu, mais bien constaté. C’est dans les stations de Masulipatam t de Chicacola qu’elles ont sévi avec le plus d’intensité sur les Cipayes comme
(1) Lckhlunrjen in der medicinüchen Géographie von lleusinger ; dans Jahresberic/it her die Fortschriite der gesammten Medicin, herausgegeben, von Df Canstalt und Eisenmann, t. 11, 1848.
DES RACES
[hygiène ^ i:
sur les Anglais ; la première est cernée de foyers d’eflluves paludiques. Re- ! marquons que ces derniers comptent, sous le ciel des Indes, trois fois plusi'i d’affections cérébrales qu’en Angleterre. Enfin, le béribéri, hydropisie aiguëà o début brusque et sans fièvre, à marche rapide, se compliquant en vingt-quatre r heures de dyspnée suffocante et de vomissements, pour finir, à moins d’unei marche régressive, dans une syncope, dans un accès convulsif ou dans une^ sorte de coma, cette maladie dont l’aspect symptomatique rappelle les effets: de l’urémie, et sur laquelle nous n’avons pas le dernier mot, malgré les recherches de Fonssagrives, Le Roy de Méricourt et Rochard (1), est une des plus > originales manifestations de la race indienne et de la race nègre, en mêmei i temps que pour les Européens l’exemple d’une franche immunité; elle atteint • les Indiens en grand non)bre et cause chez eux une forte proportion de décès, ' i: li6 sur 399 cas.
Magitot (2) établit qu’en général les races caucasiques sont plus disposées à la carie dentaire que les races arabe et nègre, douées d’une dentition belle '< et résistante, que les races raongoliques de l’extrême Orient et de l’Asie occu- j pent un rang intermédiaire, et que les métisses sont plus sujettes à la carie; !• les créoles y deviennent plus sujets à la suite de leurs transplantations hors t. de leur pays d’origine. Les anciennes populations autochtliones de l’Europeif paraissent en avoir souffert au moins autant que nos populations actuelles; de toutes les collections de crânes que Magitot a pu étudier, aucune ne lui a pré- ; senté autant d’exemples de carie et d’usure des dents que celle des 80 crânes i basques que possède la Société d’anthropologie, alors qu’il n’en a pas rencontré un seul parmi les crânes des indigènes du continent américain, Mexique, Pérou, Patagonie, etc., dans les collections du Muséum, ni parmi ceux qui provien- i lient de l’Australie, de Madagascar, de la Néo-Calédonie, etc. Dans l’Europe' ■ actuelle, il n’y a que les Islandais qui jouissent d’une immunité complète contre ce mal (3). Mais voici une confirmation du rapport entre les races et l’état dei la dentition : les recherches de Broca sur la taille (â), et celles de Magitot sur la répartition géographique des caries dentaires, nous montrent la populatioiv : de la France se divisant en deux groupes qui perpétuent sous nos yeux les caractères de leurs souches ethniques : d’une part, le groupe celtique à individus petits, trapus et à dentition robuste (Bretagne) ; d’autre part, la famille kimrique qui a envahi la Gaule vers le viF siècle de notre ère, à individus
(1) Fonsssagrives et Le Roy de Méricourt, Archives générales de médecine, septembre 1831, et Arc/i. de méd. navale. Paris, 186é, t. l. p. 562. — J. Rochard, Nouveau Dictionnaire de méd. et de chir. praf. Paris, 1866, t. IV. — Dutroulau, Traité des maladies des Européens dans les pays chauds, etc., 2' édit. Paris, 1868, p. 161. — Le Roy de Méricourt, Dictionnaire encyclopédique des sc. méd. Paris, 1868, art. Béribéri,
(2) Magitot, Traité de la carie dentaire. Paris, 1867, p. 60.
(3) Le Bret, Examen anthropologique des collections recueillies dans le voyage du Prince Napoléon {Archives générales de médecine. Paris, 1857).
(é) Broca, Mém. de la Société anthropoL, t. I, p. léé.
publique] type pathologique DES RACES.
grands, blonds, et à dentition défectueuse. N’est-il pas curieux de voir la statistique contemporaine des conseils de révision jalonner de scs chilTres révélateurs ritinéraire de l’invasion des Kimris, le centre territorial des Celtes, et nous montrer la carie dentaire dans les proportions suivantes pour 10 000 exa-
minés :
l Côtes du Nord
Bretagne . . . < Morbihan
(Finistère ....
Normandie.
(Orne
Calvados
Seine-Inférieure
V Eure
Dans l’île de Malte, la mortalité des troupes anglaises est à celle des troupes maltaises, toutes conditions égaies moins la race et l’appropriation primordiale au climat, comme 15,3 à 9,5, en chiffres ronds comme 3 à 2. Les maladies, causes de décès, ont offert (de 1837 h 1846) la moyenne annuelle suivante sur 1000 hommes de chaque groupe :
Anglais.
Maltais,
Fièvres
Maladies des organes respiratoires . . .
— du foie
— gastro-intestinales
— du système uréthro-spinal...
Hydropisie
Autres maladies
Mort violente, suicide
C’est la race nègre qui contraste le plus avec la nôtre. Dans l’ensemble des colonies anglaises placées sous le commandement des Antilles, la mortalité déterminée jiar les fièvres palustres a été de 1 pour les nègres et de 8 pour les Anglais; à Gibraltar, cette proportion se renverse pour les maladies do poitrine, les premiers comptant 8 décès et les autres 1. Dès que le nègre s’éloigne de son cantonnement originaire, soit à l’est, soit à l’ouest, sa prédisposition à la tuberculose se révèle et s’exalte; dans une période de 19 à 20 ans (1), elle a tué :
Anglais.
Nègres.
Cote occidentale d’Afrique
Honduras
Bahama
Jamaïque
Maurice
Antilles
Gibraltar
Rien de pareil chez les Hindous, chez les Hottentots, chez les Maltais; ceux-ci (troupes) perdent par phthisie 2,6 sur 1 000 habitants; les Anglais 4, 34; au cap de Bonne- Rspérancc, le soldat hottentot comme le soldat anglais 2,4. A Madras, sur le littoral, ce dernier 1,4 et le Cipaye 0,9; dans la idainc, l’Anglais 0,7, et le Cipaye 0,6 ; sur les plateaux 0,9 et 0,6.
(1) Boudin, Annn/es d'hi/f/. el de mid. I6g., 2° série, t. XVI, 1861, p, 22.
304 DES RACES. [HYGitsE.:
L’immunité des nègres n’est pas constante ni générale contre les fièvres d’impaludation ni même contre la lièvre jaune. S’ils sont moins souvent atteints de lièvre aux Antilles que la population flottante, ils le sont h peu près autant que les Européens créoles, et Dutroulau a eu à traiter bon nombre de fièvres pernicieuses chez les habitants de diverses races et de diverses couleurs (1). Sortis de leurs climats d’origine, les nègres comme les Indiens subissent les effets de l’impaludation ; les uns et les autres, importés de l’Inde et de la côte orientale d’Afrique à Mayotte, pour y être employés aux travaux d’installation, ont offert à Lebeau autant si ce n’est plus de fièvres pernicieuses de toutes formes que les Européens ; quelques années de séjour leur confèrent le privilège de l’assuétude, c’est-à-dire de résistance aux miasmes, privilège dont la race blanche n’est pas exclue (2). A la Guyane, J. Lane a fait les mêmes remarques. Au Gabon, Griflon du Bellay (3) constate l’extension de la fièvre parmi les noirs. Thévenot, au Sénégal, les y trouve aussi exposés' que les blancs. Sigaud, au Brésil, signale les nègres venant de la côte d’Afrique avec de grosses rates. Richaud, en Cochinchine, range les fièvres parmi les maladies les plus communes des indigènes. Nous reproduisons ici un document qui dispense de toute autre citation :
Histoire médicale de l'expédition du Niger p>endant l’année 1841-1842 i
{Londres, 1843).
L'Albert.
45 jours de séjour en rivière.
Le Wilberforce.
45 jours de séjour en rivière.
Nombre d’hommes blancs
Olficiers et marins. . .
.VUaqués de la fièvre ) dans le Niger. . . . (
Morts
Marins noirs recrutés en Angleterre. . . .
Attaqués de la fièvre. .
Noirs recrutés sur la côte d’Afrique. . . .
Attaqués de la fièvre. .
55 ou d/l 27
qo . , ) 1/2 69 d’effectif.
I 1/2 39 de malades.
6 ou 1/2 50
48 ou 1/1 66
1/8 d’effectif, j 1 /6 de malades.
3 ou 1/25
Le Samlan.
rO jours de séjour en rivière.
27 ou 1/1
1 0 ou 1/2 7 d’effectif.
2 ou 1/15
L’immunité, tant vantée, de la race noire contre la fièvre jaune, appartient plutôt h l’indigénat qu’à la race; indigènes européens, africains, asiatiqtie.s y sont rebelles à peu près dans une égale mesure, à moins qu’ils ne s’y exposent en dehors des limites de leurs climats. Dutroulau rapporte qu’en 1830, pendant la première épidémie du Sénégal, les noirs et leurs métis furent atteints, comme les Européens même acclimatés; mais dans les épidémies ultérieures, ils furent presque entièrement épargnés. En 1850, à la Guyane, la
(1) Dutroulau, Maladies des Européens daiis les pays chauds, 2® édit. Paris, 1868,' p. 147.
(2) F. G. Maillot, T’rozVdcfe^ /lèum'. Paris, 1836. — Daniell et Blair, cités par Laveran," art. Antagonisme, Dict. encyclop, des sc. méd., t. V. Paris, 1866.
(3) Griflon du Bellay, Arch. de méd. uav., 1864, t. 1, p. 13.
publique] TVPë pathologique DES RACES. 305
lièvre jaune, qui n’avait point paru depuis la fin du dernier siècle, sévit avec une égale intensité sur les classes de couleur et les Européens créoles. Cinq ins après, l’épidémie, se renouvelant, ne frappa que la population flottante ou non acclimatée. Au reste, l’Européen lui-même en est préservé par une première atteinte; mais le blanc, comme le noir, perdent le bénéfice de l’immunité par le retour ou le séjour prolongé dans un climat tempéré. Nott (cité par Laveran) raconte que dans le cours de cinq épidémies observées à Mobile, les nègres récemment arrivés de la côte d’Afrique sont restés indemnes de leurs atteintes, tandis que les noirs acclimatés de la Virginie, du Maryland, de üelaware, de Philadelphie, leur ont payé tribut. Pendant quatre ans de séjour i la Vera-Cruz et malgré un service pénible, pas un cas de fièvre jaune ne s’est montré dans le bataillon de A53 nègres du Darfour et de Kordofan que le viceroi d’Égypte a prêté à la France pour l’expédition du Mexique. Les compagnies de génie coloniales, recrutées à la Martinique et à la Guadeloupe parmi les créoles et parmi les hommes de couleur ayant du sang nègre, n’ont donné, pendant leur séjour au Mexique, aucun décès par fièvre jaune. Les Turcos, au contraire (tirailleurs indigènes de l’Algérie) lui ont payé un lourd Iribut(l). Compensation fatale! ceux que respectait la fièvre jaune ont livré force victimes à la phthisie, qui, d’après Fuzier, décime la population indigène de la Vera-Cruz.
Dans la zone tropicale, le choléra épidémique fait éclater sa terrible prédilection pour les races de couleur; dans les grandes villes de l’Inde comme en Cochinchine, aux Antilles comme à l’île de la Réunion, c’est sur les nègres, les mulâtres, sur les indigènes qu’il sévit plus que sur les Européens.
Un document tout récent (2), retraçant les épidémies du choléra et de fièvre jaune qui ont sévi parmi les troupes des États-Unis en 1867, fait ressortir la gravité et la fréquence plus grandes de la première maladie chez les nègres ît de la seconde chez les blancs. Ceux-ci ont perdu kli sur 100 cholériques, :eux-là /i9. Pour 1000 hommes d’effectif, les troupes blanches ont compté 256 décès par fièvre jaune, les troupes noires 73, soit 32 et 15 décès pour 100 cas de fièvre jaune. Le choléra n’a jamais pénétré au Sénégal, à la Guyane ni dans les îles de l’Océanie. Dans l’armée cipaye des Indes, entre cipayes et Anglais, la proportion est inverse :