VITALITÉ ET MORTALITÉ DES RACES
D’après Burdach (1), la race exerce une influence incontestable sur la mor talité. Virey attribue à la race caucasique une plus longue durée de vie qu’au' races mongole et malaise. En Asie, les Hindous, les Arabes, les Perses et le Turcs paraissent être ceux qui poussent le plus loin leur carrière. En Afrique les Égyptiens, les Maures, les Marocains, atteignent un âge plus avancé que le habitants de la Guinée, du Congo et de Mozambique. Les ÎMexicains devien nent, dit-on, fort vieux, etc.; mais il faudrait déterminer jusqu’à quel point f climat, la nourriture, la civilisation et d’autres circonstances analogues inter viennent dans ces résultats. Si l’on en fait abstraction, on trouvera ^)cut-êtr que la durée moyenne de la vie est à peu près la même chez les différente races d’hommes, et qu’elle ne varie que parce que les causes extéi ieures qn amènent des catastrophes accidentelles et prématurées, ou celles qui nuisen à la santé et allèrent l’organisation sont plus communes et plus puissantes dan un climat que dans l’autre: telle est l’opinion de Prichard.'La durée ordinair de la vie chez l’homme paraît être de soixante-dix à quatre-vingts ans ; c'a ce qui ressort de l’histoire de tous les peuples et de tous les temps, et les table de mortalité démontrent que l’époque normale de la mort coïncide avec ce
(1) Burdach, Traité de physiologie, traduit de l’allemand par A. J. L. Jourdan. Parii 1839, t. V, p. 386,
pUbliqce.] vitalité et MORTALITÉ DES RACES. .^07
3(to. BulToii a été conduit à évaluer la durée ordinaire de la vie comme égale à la durée de l’accroissement multiplié par 7 ou 8. Flourens, en adoptant celte base d’évaluation, croit l’avoir déterminée avec plus de précision ; il a fixé le terme de l’accroissemênt à l’époque où s’opère la réunion des épiphyses aux os, et il multiplie par 5 la durée de la période d’accroissement. Un certain nombre de faits viennent corroborer la doctrine de Flourens:
Époque de la réunion dos os Époque
aux épiphyses. de la mort.
Hommes 20 ans. 90 à 100 ans.
Chameau. 8 40
Cheval 3 25
Bœuf Il 15 à 20
Lion 4 20
Chien 2 10 à 12
Chat 18 mois. 9 à 10
Il est certain que beaucoup d’individus atteignent les années comprises entre 80 et 100 ; mais les cas de longévité qui outrepassent cette limite sont exceptionnels. En France, d’après des calculs récents, on a trouvé sur 32 h\h 993 décès, Ù39 personnes réputées centenaires = 1 sur 5ù00 décès environ. La Statistique de la France pour 1851 signale
Pour 17 794964 hommes. Pour 17 988206 femmes.
De l’âge de 99 ans 101 hommes. 223 femmes.
— de 100 ans 62 — 180 —
Au-dessus de 100 ans 40 — 102 —
Notons que la plupart des centenaires signalés par les auteurs (1) ont transmis à leurs enfants le même privilège de longévité. Raston a rassemblé de nombreux exemples de longévité parmi les Européens, J. G. Prichard parmi les nègres, et l’on trouve dans un ouvrage de ce médecin (2) la preuve que les cas de longévité ne sont ni moins fréquents, ni moins remarquables chez les autres races d’hommes, tant de l’ancien que du nouveau continent; il cite un recensement officiel de l’État de New-Jersey où l’on a constaté 1 centenaire nègre sur 1000 individus, tandis qu’il n’existait que 1 centenaire sur 150 000 blancs. De Humboldt cite un Péruvien qui vécut cent quarante-trois ans. Relativement à la durée de la vie, toutes les nations, toutes les races auraient donc à subir les mêmes lois, sauf l’intervention des influences superposées, dont la plus efficace réside dans le climat. L’appropriation de la race au climat gouverne, non-seulement la mortalité, mais encore la prédominance relative des maladies. Le tableau suivant (3) indique le rapport de fréquence et de létlialilé
(1) Voy. lîurdach, toc. cit., t. V, p. 339.
1 (2) .t. C. Pricliard, liesearclæs inlo lhe physient Ilislory of Man, third édition. Lon-
don, 1836-1844. — P. Lucas, Traité phitosophique cl physiotogiquc de t' hérédité. Paris, 1847, t. I, p. 254 et suiv.
' (3) fjiichtungcn in der mcdiciniichen Géographie von Ilcusinger, dans Jnhreshericlif
hber die Fortuchriltc der gesammlen Medicin, herausgogeben von Df Canslatt und Eisenmann, t. Il, 1848.
308 DKS RACKS. [hygiène
(les maladies entre la population blanche et la population noire de New-Vork. Il n’est pas inutile de rappeler que l’esclavage n’existe pas dans cet État, circonstance qui permet au climat de mieux dessiner sou action sur les deux groupes humains.
Population blnnclie»
Maladies, Décès sur 1000 habitonts.
Population noire.
Décès sur iOOO habitants
Fièvres
Maladies épidémiques
Phthisie ou hémoptysie
Autres affections tuberculeuses.. . .
Maladies du cerveau et du système nerveux
— du cœur '
— des organes respiratoires (autres que les précitées) .
— du foie
— du tube digestif
Autres affections de l’abdomen. , . .
Maladies de l’appareil urinaire. . . .
— de l’appareil génital
— non classées
— inconnues
Morts violentes
Total des causes
Causes non indiquées
Mortalité totale
Une période de vingt-trois
années (
fourni au docteur Glatter
les éléments d’une' table mortuaire où
quatre races entrent en parallèle :
Ages.
Allemands.
lloug^rois.
Croates.
Juifs.
De 0 à
1 mois
6 mois
De 6 à
12 mois
De 1 à
5 ans
De 5 à
10 ans
20 ans
De 20 à
30 ans
De 30 à
40 ans
De 40 à
50 ans
De 50 à
60 ans
De 60 à
70 ans
De 70 à
80 ans
De 80 à
90 ans
De 90 à
100 ans
Au-dessus
Age inconnu
On eu déduit la vie moyenne et la vie probable à
1 la naissance,
comme il
suit :
puümque]
VITALITÉ ET MOUTALITÉ DES UAüES.
Allemaulls.
Hongrois.
('.roatea.
Jnifs.
Ans. Mois.
Vie moyenne. ... 28 5
Vie probable. ... 21 3
Ans. Mois.
Ans. Mois.
Ans.
Mois.
La supériorité vitale est aux Israélites du leurs conditions d’existence qui sont des plus
comité de Vieselburg, modestes et des moins
malgré
hygié-
niques : dans les premiers jours de la naissance elle est énorme et s’explicpie, dit Glalter lui-même, par l’alTection des parents qui va jusqu’à l’idolâtrie et par les soins minutieux dont ils les entourent. De 6 à 12 mois, la période est moins favorable aux enfants juifs, mais la récapitulation des décès de la naissance à 1 an constate encore à leur profit un notable avantage : ils le conservent de 1 à 5 ans vis-à-vis des Croates et des Hongrois. De 5 à 10 ans, ils le perdent : « C’est l’époque, dit le médecin du gouvernement autrichien, où le fils du paysan chrétien est occupé en plein air dans les champs, dans les bois, aux travaux agricoles, si favorables à la santé et au développement des forces physiques, tandis que l’enfant juif passe ses journées dans l’enceinte étroite et insalubre des écoles, à étudier les livres saints. » — De 10 à 20, les Hongrois seuls dépassent la mortalité des Juifs; mais ceux-ci conservent encore à cet âge plus de survivants que les trois autres races (520 contre 513, iù5,8 et 395,ù). — De 20 à 30 ans, ils ont moins de décès que les Allemands et les Hongrois. — Même résultat de 30 à 60 ans. A partir de cet âge la mortalité juive l’emporte, parce qu’elle est fournie par un plus grand nombre de survivants. On est frappé du grand nombre de Juifs arrivés aux âges extrêmes de la vie. Un recensement récent de Francfort-sur-le-Mein (1) donne la proportion des individus âgés de plus de 60 ans pour 100 habitants :
Catholiques.
Luthériens.
Réformés.
Catlioliqiies allemands.
.Inifs.
tiM
Allemands. Franoais.
Les documents statistiques font défaut pour l’appréciation de la mortalité et de la durée moyenne de la vie pour les races autres que celles de l’Europe; les observations des voyageurs nous les montrent, comme ces dernières, subordonnées aux influences du milieu. Si les nègres du Sénégal et de la Guinée atteignent rarement un âge avancé (Adanson, AVinterbottom), s’il en est de même de ceux qui vivent sur les rives marécageuses de la rivière Nunn, l’un desafiluenls du Niger (docteur Oldficid), les stations plus hautes sur le grand fleuve ont présenté un grand nombre de vieillards plus qu’octogénaires, et ce médecin a visité un vieux chef âgé, dit-on, de 115 ans (2). Les Lapons, au rapport des voyageurs qui les ont vus chez eux, arrivent à des âges avancés (70 à 90 ans).
(1) Beitrür/e zur Statishk der freien Sladt Frankfurt, 1 vol., III° livre, p. 21; et Legoyt, De la vitnlüé de ta race juive (Journ. de la Société de statist., 1865).
(2) De Quatrefages, Happort, etc., 1867, p. 348.
DES RACES
[hygiène
ARTICLE VI