HYGIÈNE DE LA BOUCHE
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aussi est-elle sécrétée avec plus d’aboudance pendant les repas, et même sous la seule incitation de l’appétit que provoque la vue des aliments. Nick évalue à 500 grammes la quantité de salive qui se forme ordinairement en vingtquatre heures; mais rien de üxe à cet égard: elle augmente en raison de la dureté et de la sécheresse des aliments; elle est toujours en proportion de l’altération préliminaire que les aliments exigent pour être chymiûés dans l’estomac. Chez quelques personnes qui appartiennent au tempérament lymphatique et nerveux, la sécrétion salivaire est habituellement assez abondante pour qu’elles soient forcées d’en rejeter utie partie par expuition ; mais le plus souvent la salivation est provoquée par certaines pratiques, telles que l’habitude de fumer, de mâcher du tabac, etc.; elle peut donner lieu à des pertes qui affaiblissent la constitution et entraînent l’amaigrissement général ; même alors que la sécrétion n’est point exagérée, une déperdition trop abondante de salive entraîne de mauvaises digestions et finit par compromettre la nutrition : c’est ce que l’on observe dans la paralysie des muscles buccinateurs, où la salive s’écoule continuellement au dehors, tandis que dans l’état normal elle est avalée à mesure qu’elle afflue dans la bouche.
La surface buccale est douée d’une grande puissance d’absorption : le vin, gardé dans la bouche, restaure et peut même enivrer; le mercure, l’huile de tabac, d’autres poisons y sont rapidement absorbés ; il en est de même des virus contagieux : aussi Cullerier remarque qu’un verre, une pipe, une cuiller, peuvent servir de véhicule à la syphilis: Londe a vu un enfant de trois mois infecté par un baiser donné sur la bouche. Lors d’une petite épidémie de stomatite scorbutique qui régna en 1832, dans le 24® régiment de ligne, à Aix, nous vîmes la maladie se propager rapidement à trente hommes d’une même compagnie, qui buvaient au même vase; la séquestration des malades et l’adoption des verres à boire contribuèrent à arrêter le mal. Les indications de prophylaxie qui découlent de ces faits s’appliquent aussi aux surfaces oculopalpébrale et nasale ; la transmissibilité des coryzas et de certaines opluhalmies ne peut être l’objet d’aucun doute.
L hygiène de la bouche se rapporte aux excrétions dont elle est le siège ou le passage, cesl donc ici le lieu de parler de la conservation des dents; aussi bien, le tartre qui contribue le plus souvent à leur altération est produit par la salive et par les humeurs que versent les membranes muqueuses de l'intérieur de la bouche.
Les caractères normaux des dents se déduisent de leur situation, de leur ariangcment, de leur forme, de leur texture et de leur couleur. Les dents, disposées symétriquement sur les bords alvéolaires des deux mâchoires, représentent les deux moitiés d’un ovoïde parfait dont l’arcade supérieure forme il giosse extrémité, et l’inférieure la petite; les deux arcades se correspondent exactement en arrière ; mais en avant la rangée supérieure dépasse un }ieu m éricuie en la croisant. Les incisives supérieures sont légèrement inclinées en avant, les inférieures ayant une direction perpendiculaire. Aucune dont
DES MODIFICATEURS, — EXCRETA.
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ne doit l’emporter sur les autres en longueur ni eu saillie latérale, excepté les canines, qui seules diffèrent souvent des incisives sous ce rapport. Les dents de bonne nature sont bien nourries, plutôt courtes que longues, d’un tissu dur, recouvertes d’un émail uni et épais à leurs bords libres; les mauvaises dents se reconnaissent à leur forme allongée, maigre, étroite, à leur texture tendre et facilement attaquable par la lime, à la ténuité de leur couche d’émail ; un tel appareil dentaire présente des incisives minces à leur extrémité tranchante, des canines effilées en pointe, de grosses molaires à couronne ovoïde: il est plus sensible à l’atteinte des agents chimiques et physiques. La couleur des dents est un sûr indice de leur solidité, et se lie d’une manière remarquable à l’ensemble de la constitution : elle promet des chances décroissantes de conservation, suivant qu’elle est d’un blanc tirant sur le jaune, d’un blanc mat, d’un blanc gris, d’un blanc azuré. Les dents à reflet jaunâtre ont pour base un ivoire dense, serré et pesant; on les observe chez les sujets robustes, bilieux ou sanguins. Les dents d’un blanc de lait ou bleuâtres ont moins de compacité et se détruisent vite; plus perméables, elles transmettent facilement à la pulpe dentaire l’impression des qualités froides, chaudes, acides, des corps soumis à la mastication. Simons, Camper et Blumenbach ont rencontré principalement chez les phthisiques les dents à teinte azurée, phénomène qui tient souvent à une altération déjà commencée de l’ivoire. D’après Oudet, les sels organiques abondent dans les dents jaunâtres et peu impressionnables, tandis que la matière animale domine dans les dents délicates et sensibles.
La conservation des dents comprend non-seulement leurs parties dures, ivoire, émail, cément, mais encore la pulpe ou germe dentaire et la membrane alvéo-dentaire. L’ivoire, ou plutôt la dentine (R. Owen), substance tubulaire (J. Müller), est la partie la plus considérable de Torgane dentaire; l’émail et le cément sont moulés sur elle et tapissent, l’un sa couronne, l’autre sa racine, de manière à la recouvrir en totalité; sa densité augmente avec, l’âge; sa couronne est réticulée par les dépressions concaves hexagonales où s’implante l’extrémité des prismes de l’émail; sa face interne répond à la cavité de. la pulpe, et présente les orifices innombrables des canalicules ouverts à la surface du germe. La substance fondamentale de l’ivoire, homogène et trèsfinemenl granuleuse 5 un fort gro.ssissement du microscope, constituée par des cellules calcifiées, abonde plus périphériquement sous l’émail et le cément que vers la cavité dentaire, où les canalicules sont très-serrées. Les canalicules dentaires (canaux calcifèros de R. Owen), découverts en 1678 par Leeuwenhoeck, sont cieuses dans 1 (*paisscur de l’ivoire, où ils représentent le.s intei\ ailes laissés cntie les cellules primitives, et ils ont un diamètre moyen de 0“”‘,0015 h ()"’‘",002 : ouverts dans la cavité dentaire par un orifice qui les met en contact immédiat avec la pulpe, ils rayonnent de ce point à la surface extérieure de la dent eu décrivant des sinuosités; une couche continue de granulations noires très-nombreuses, sous-jacente à l’émail et au cément,