‹ Traité d'hygiène publique et privéeChapitre 89 sur 196 · RAPPORT DE LA MORTALITÉ · texte numérisé non relu

RAPPORT DE LA MORTALITÉ

dans

les villes.

1 SUl’

dans les campagnes.

1 sur

dans

les villes.

dans les campagnes.

1 sur

France, 1853-54

Hollande, 1850-54

Belgique, 1851-55

Suède, 1851-55

Danemark, 1850-54

Sleswig, 1845-54

Holstein, 1845-54

Wurtemberg, 1843-52

Saxe, 1846-49

Hanovre, 1854-55

Prusse, 1849

Angleterre, 1850-59 (mort-nés, non

comptés)

France, 1858

Remarquons qu’il y a plus d’enfants et de vieillards dans les districls ruraux, plus d’adultes d’un âge moyen dans les villes; ce qui augmente la valeur des chiffres comparés de la mortalité. D’après la statistique anglaise, les maladies qui frappent l’enfance sont deux fois plus funestes dans les districts de ville que dans ceux de campagne. La plupart de celles qui terminent la vie des vieillards arrivent aux mêmes chiffres dans les deux conditions, à l’exception de l’asthme qui est deux fois plus fréquent dans les villes. Les maladies suivantes, qui attaquent ordinairement les hommes entre 15 et 60 ans, font 25 à 50 pour 100 plus de victimes dans les villes que dans les campagnes :

Typhus

Morts

dans les districls rurau.';.

Morts

dans les villes.

Consomption (phthisie)

Hépatite et maladies du foie.

Maladies puerpérales

Rhumatisme

Ménorrhagie

D’après Lebcrt (1), un sixième des morts qui surviennent dans les grandes villes sont dues aux affections tuberculeuses, et les scrofules sont à peu près endémiques dans la plupart des pays de nos climats tempérés.

(1) Lebert, Traité pratique des maladies scrofuleuses et tuberculeuses. Paris, 1869, p. 19.

publique] des localités. A05

Au total, dit Burdach (1), la durée de la vie est plus considérable dans les campagnes ijue dans les villes, et dans les petites villes que dans les grandes, où l’air est moins pur, où sui tout il y a moins de moralité, plus de misère, plus de soucis et meme plus de superflu et de dissipation. Mais les listes de la Compagnie écossaise d’assurances mutuelles (2) ne s’accordent pas tout à fait avec les résultats précités du Registaire général relativement à la vieillesse ; elles indiquent pour cet âge une fréquence et une durée plus grandes des maladies à la campagne que dans les villes. D’un autre côté, Sussmilch a constaté pour les dix premières années une mortalité plus grande dans les campagnes : d’où il suivrait que l’âge mûr est plus exposé dans les grandes villes, tandis qu’une civilisation moins défectueuse y met plus en sûreté l’enfance et la vieillesse. Par les progrès de cette civilisation, la mortalité a d’ailleurs diminué et la vie moyenne s’est allongée dans beaucoup de villes (Londres, Paris, Genève, etc.).

Les localités se caractérisent, sous le rapport pathologique, par les endémies qu’elles engendrent (voy. plus haut) ; celles-ci exercent, sur le mouvement des populations locales, l’influence qui est ailleurs dévolue en détail aux maladies sporadiques ou en gros aux constitutions médicales. Les endémies et les épidémies annuelles, qui sont propres à certaines contrées, tendent à envahir tout le domaine pathologicjue. Pendant une période de huit ans, Tourdes père (3) a vu à Strasbourg les maladies continues diminuer en raison de l’augmentation des fièvres intermittentes : c’est le même fait, mal interprété, qui a fait dire au docteur James Sims que les localités à maladies endémiques sont exemptes d’affections graves. Si l’on arrive à démontrer que la phthisie et la fièvre typhoïde sont plus rares dans les pays de marais, nous n’en aurons nul étonnement : quelle population subsisterait sous les coups de tant de fléaux réunis et sévissant avec une égale intensité? Déjà la seule influence des marais abrège la vie moyenne et augmente la mortalité jusqu’à compromettre la stabilité du chiffre des populations qui y sont soumises. Les théories d’antagonisme morbide ne sont que la traduction de ce grand fait, savoir, que les maladies sont diversement distribuées sur le globe comme les causes qui leur donnent naissance: que là où l’une de ces causes prédomine, on observe, sur le premier plan de la pathologie locale, les effets qui correspondent à cette cause; et que l’absence ou la rareté des effets d’une autre espèce prouve simplement l’absence ou la rareté de la cause qui les produit.

Voici, d’après des documents officiels, la mortalité par phthisie dans les colonies anglaises (/i).

(1) Durdach, Traité de phxjsiologie, traduction de .lourdan, t. V, p. 39G.

(2) Archives générales, l. VI, p. 312.

(3) Tourdes (père), Jourtialde la Société des scietices, arts et agriculture du llaslihin, t. V, 1828.

(A) Jahreshericht ühcr die Fortschritte der gesammten Medicin im Jahre 18A7 heraus{fegeben von !)■■ Canstalt uiid I)'' Eisenmann, t. II, p. 119. Erlangen, 18A8 (Medicinische Géographie).

406 DES MODIFICATEURS. — CIRCUMFDSA. [hygiéne

Morts par

EfTectif.

Phthisiques.

Morts.

Phtliîsimies sur lOÔO.

phthisie sur 4000.

lies Britanniques

Gibraltar

Malte

Iles Ioniennes

Bermudes

Nouvelle-Écosse

Canada

Cap

Indes ( Blancs

orientales. \ Troupes nègres. .

J .. (Européens

^ ( Troupes negres . .

Maurice

Ceylan

Madras : Européens, littoral.

— — ' plaine . .

— — montagne.

— Indigènes, littoral.

— — plaine . .

— — montagne.

On voit combien est restreint le nombre des phthisiques, à Madras, parmi les troupes européennes et parmi les troupes indigènes; ce résultat prouve que l’immunité contre la phthisie dans l’Inde occidentale dépend du climat, non de la race. Dira-t-on qu’elle est due à l’influence préservatrice des émanations marécageuses? Mais alors, ajoute Heusinger, auquel nous empruntons ces données, que l’on nous explique la fréquence de la phthisie dans les Indes orientales, si richement pourvues de marais et par conséquent du précieux antidote ; que l’on nous explique le petit nombre des décès par phthisie au cap de Bonne-Espérance, entièrement exempt de toute source de miasmes palustres.

L’étude des épizooties et des épiphytozies est de nature à éclairer l’origine et le développement des maladies propres à chaque localité, soit qu’elles procèdent de causes analogues, soit qu’elles réagissent sur la santé des populations par les usages multipliés auxquels sont appliqués les produits des règnes animal et végétal.

ARTICLE III

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