r^TSîxn
1 T"ïMieot .a nitiiï-'!
:i)iit
-,«11"»* » 'irniTi* i^ irt*vrn"n. ■ert«»Miiif w ^cRiauviio. T"ïri!il*
'.(*nr^ '.-.mift^T'ii 1^. i T.in^rne ■■ ta" tu a
nt'it r m .T.rKi mmnr» l'-r^-rcs e» •me 2 ^lume. .e «ui. jc-
■..n,;rm»r 1 .(iirJr Ih iri(«(— iiTramt ID '?OrT»ï ««. L; '[lm'3-
i(. -(■•- '^;i.— Yiiu»' a Ti^MiT" t *> jnn* i'-miiie ■»<.■"« .uiiêr*iiis -. I , ^nr -.-iri.iicinn a wii.iir»- ^ a ai;ie w a aMn«r. lumi l'irmii
iK.fi ■• tf ■-..iiritiM}. If ."«'!Jr^^l^'-!H inctinf ■•^ïiaiicv '|jii> •■ '.i»*! iif ■ -.l^ V )«i' -■ nnshif-iifr ^n in -ï-itnw muMioiir nii? *ir i fi ii( (iu^i.<ni^ t m 2r-<nfi riiiimiH Li'iir <un> ir> mmin'ii». v :-;fifi:i. r»rt^ iMnmiinn r-r* •t'.ibrinl briut:-i<ip jiir >ûii!- .« pomiMii»: *» thrfnmiiufii of 'lotnienn w •.-mtm.tvnt pmir 'ipnlMT >M Jir: iri4i» rmmlTXlran (tr !a :;lnRe. par uoe (.-untntiinn >rnin>i|a»'- :iriùiii- ''KdoriBB de en» oattrtaiv. lii- u^ili- ■nf." ime ^« ttniru. ■d« *taiDiiiuunK i|iii V iTxni'riDEiii •^:l-^■rlIIVIIn■o( rn It 4l^fvacmp fo kmc <i l'ur <it>^wrr i;tii Ir •itiaie liu iiMlan< ^ I ^M BK UHufiMIs ""»■>>■ Il j II gi iiiMW «uaubdw dv b
L» enaMMi * r An ml *MC b HVHin ■«»»« « fa briv iiruwu» dt flir tMU* h» fMi» 4» omM» El* nmakifito *i >
mytE] DES MOUVEMENTS EN GÉNÉRAL. 213
des gaz contenus dans les voies aériennes étant équilibrée par la contraction des muscles expirateurs (1); ses conséquences sont la compression des gros troncs vasculaires situés dans la poitrine entre les parois thoraciqucs et Tair qui distend les poumons, le reflux du sang veineux dans les cavités droites du cœur, dans les veines caves, et dans tout le système veineux, etc. L*occlusion de la glotte n*est pas toujours indispensable pour la production de TefTort; il est des cas où elle reste ouverte pour les besoins de la respiration et de la plio* nation, pendant que la poitrine se maintient dilatée et solide dans ses pièces osseuses par une violente contraction des muscles. Sans invoquer l'exemple si probant des individus qui ont subi h trachéotomie et qui conservent la faculté d'exécuter des efforts énergiques et prolongés, il est aisé de constater sur soimême, comnie l'a fait Yerneuil^ que l'on peut maintenir sa poitrine immobile et résistante, tout en continuant de respirer et même de parler; la respiration s'exécute alors exclusivement par le diaphragme et se dénote à peine par le soa« lèvement rhytbmique de la région épigastrique. Verneuil (2) admet trois va*^ riétés de l'effort : 1" Veffbrt général ou thoraco-abdominal, avec contraction des quatre sphincters qui livrent passage à l'air, aux aliments, aux fèces et à l'urine (glotte, cardia, anus, col de la vessie); cet effort pendant lequel les ex pirateurs sont surtout contractés avec force ne peut durer longtemps, il sert à lever un fardeau pesant, etc. 2*" Veffort abdominal^ ou expulsif ; le thorax et Tabdomen sont rétrécis par la contraction des muscles expirateurs, les sphincters en partie ouverts, en partie fermés ; c'est l'effort de l'accouchement. 3^ Veffort thoracique^ qui, sans suspendre la respiration, s'effectue par la contraction brusque et énergique des muscles dilatateurs externes du thorax, contraction soutenue jusqu'à ce qu'elle cesse par la fatigue des muscles ou par une pression de force supérieure à celle des puissances qui dilatent le thorax.
A côté des effets physiologiques de l'effort, il est utile de mentionner les quantités de travail utile que l'homme peut fournir en moyenne ; l'expérience a fixé à dix heures la durée ordinaire de son labeur quotidien. Toute espèce de travail peut être représenté, quant à la dépense de force, par un poids élevé à une certaine hauteur, et l'on nommera (juantilé daction le produit du poids ou de la force qui lui fait éffuilibre par le chemin que parcourt le mobile. Ceci posé, nous empruntons à Laisné (3) les données suivantes, eu rappelant qu'on a pris pour unité de la quantité d'action i kilogramme transporté à 1 mètre, et que l'on n'a tenu compte que des effets utiles. :
(1) Lonfet, Traité de physiologie, t. 1, 1852, p. 61.
/2) Verneuil, Société de chirurgie, séance du 21 mai 1856 {Gazette des hôpitaux).
(3) Laitue, Aide-mémoire de /officier du génie, V édition, 1849.
Ml wmmuTEniK.
t-l'BB 11 ni»v.»ii
.vi-M. tmr un» i*tr^. va î
hh., 1.1»,
l.ir>ilk*'<«*Un>lMBr M ni
l'MTibtlxrniM. .
>Ki»*nl •'•' IK b» il* 1* rn
I/iIm» de IVirrcirn n^lle de la tiolcnw d'un on de ploaienn eflbns; oii VMJl ahn lei tciiicR du frnnl et du cnn te gonfler, la Tace rougir ou >e c«uvrir (l'unn iWfltg %Mad-i'. I)'«h«r() la cimiktioii an^-riellr paraît aiigtnpniée. p-irn- (|IM In inirinun, M(iii[H-iiii^- jur l'air, envoie au coeur tout le Mng rouge qa'il ciiulieiil I inaia IMur peu ijoe l'elTort dore, le poolN devient |»etil ei irrégulier, le piMBiniUiiayenlpIiHileanifiarlériGl i exprimer dans Ira cavité gauchos du rti-iir : If (ireinin' de n-a deux efTets et le reflux du Mug teineux expliqtieiii IVnK<i>'K<iii''»i wiiiK<i>» (I<^ Kyi.ti^nie!i capillaires de tous k-, organes, leur coliitilimi Huh liilcitiie, et la fr^uencedes e<-chymoscH, des liéiiwrrh^ies pm-
privée] D£$ mouvements £N GÉNÉRAL. 215
duites par un effort violent ; on a même observé la rupture des cavités droites du cœur et des veines caves ; d'autre part, la tension de l'air emprisonné dans les voies respiratoires donne lieu à leur emphysème par rupture ou dilataiion. Le résultat le plus ordinaire des efforts excessifs est la sortie des viscères abdominaux par l'une des ouvertures naturelles de la paroi qui les protège ; d'où la synonymie vulgaire de la cause et de l'effet, et la multiplicité des hernies parmi les classes ouvrières qui exécutent de rudes travaux. La mort a quelquefois interrompu un effort extrême : due à des lésions diverses, telles que rupture des cavités gauches ou droites du cœur, d'artères, de l'estomac, do l'œsophage, etc. , elle n'avait été que bâtée, parce que ces organes étaient anévrys* matiques, amincis, ulcérés, etc.; mais il arrive aussi que la respiration restant trop longtemps suspendue, l'hématose s'arrête sans retour et l'asphyxie se réalise. Quant aux muscles eux-mêmes, leur contraction extraordinaire peut amener la rupture de leurs Gbres ou celle de l'apophyse osseuse à laquelle ils s'attachent : le tendon d'Achille, l'olécrâne, la rotule, le diaphragme, etc. , ont été ruptures de cette manière. Le plus ordinairement une sensation de fatigue et même de douleur, jointe au besoin de respirer, détermine la fin de l'effort, avant que des accident graves aient pu sunenir; cette sensation indique l'épuisement de l'influx nerveux qui provoque la contraction.
*6° Une succession trop prolongée d'efforts ou de contractions ordinaires donne lieu à l'excès d'exercice. Los effets de l'exercice prolongé sont en rapport avec la force des constitutions et avec la quotité de la réparation. Les hommes robustes et bien nourris supportent beaucoup de fatigues; les athlètes consommaient une grande quantité d'aliments substantiels. Platon nous re^ présente les athlètes plongés pendant la plus grande partie de leur vie dans le sommeil des gloutons : avec ce régime d'aliments, de repos et d'exercice, ils parvenaient à un degré de vigueur qui parait presque fabuleux ; mais ces héros de la force musculaire jouissaient d'une réputation proverbiale de stupidité, l'activité cérébrale et sensitive languissait en eux. On n'en cite aucun qui ait atteint une grande vieillesse; la plupart mouraient jeunes, au rapport de Galien, de saint Jérôme et de Mercurialis. Ils faisaient de mauvais soldats, ne pouvant supporter aucune privation sans tomber dans l'épuisement C'est ainsi que des forts de la halle, après vingt-quatre et quarante-huit heures de fiqvre et de diète, donnaient sur le dynamomètre une force de pression une fois moindre que Laennec, affaibli par quelques jours de diète absolue (Foissac).
La limite de l'excès d'action musculaire n'a rien de stable; elle est marquée par la sensation de la fatigue, plus prompte chez les gens faibles et mal iK)urris que chez les |)ersonnes qui jouissent des conditions opposées. L'exer*cice exagéré détermine l'exagération de tous les phénomènes fonctionnels que nous avons rapportés au n"* 1 de ce paragraphe. Autant une mesure modérée d'exercice favorise l'accomplissement régulier de toutes les fonctions et procure de bien-être à l'économie, auuiit l'excès tend à l'épuiser et brise les liens de l'harmonie physiologique. La fatigue n'atteint pas seulement les or-.
)^w^ qu'où Lf««aiJ *zM^Jr uêvh «l jeu , <-bf- rejjûiiii «ter uAf ki- otcmm a U
ûd^^ dtt'L» pvkr <k ift MNilfrviur uiumuIutc-. d» wynôi iiieK. àff \9nA duttiourwM» d» lilins. df knr iidbiuiiyitiBB. de caoBe es »rti';.uluret. eic . npfiekMif qoe b difipmpurtjw da mndi iv«r Tj ie wMuuMrîl réMiuit |ieui-M?«, sm trott cmqiiîèakc» prèK. k |ii*^.'ia9iie <f h iijonïlit^ <k^ ckifMïb JufL-heiireK. L'«7DiM9&nii di fv^aôM: neiTcm cvréèi»n«liidk>ii. U déliiliutifwi d«« of^pno de rcLi&fia «s des «îscièreK. leikç «n aoai i*% preuiKT^b OMiM<]ueDceic C^oaiid celle éatmxym siêoènAe esùse, oa pm \ nM^iffr pw le rep(A H une omniuire itaMufortmie ; sî ces moyfss fmt défaut, i'iuufiiuefioe lOMiiide m; prcMMiace, et s«& conpk, déwnus iiiê\ iafaks, ftMit ^uidéf^ pir kr fcinpfnnirn, ks îdicMn'DcnEiek, lliérèdiiê, ks ooBdîtk«b d^ uii!ku «1 d'iabîtatîoo, de : tabercolisatJMi pntmoniîre on mèwflitnqiie, éurtlf:»* C'iirooîqtte, faUiksK et anémie, acddenu nerveux on fièvre typhoïde. viM\ys ce^ aSéctâMuqui peuplent kk bôpitaur s*échappeni da mn d'une mtee éiirib^, ou plutôt elks ne forment qn^ime senk mdadk, h miUdk de b mhtn, diiervifi^ Mfukuient d'aprns chacune des bmentables indhidualKâs ou <rlk b*irupkrite. Toules ces alkctioiis préludent obsdv^meni par un uifme C'ttsfrrribl<; de byriiptOiiM» : riialai&e général, brbement, oonlnsîon dans les membres, douknrv Murdes et obtuses dans les muscles, tnivihk léçer de la plupart deft fondions, faesoîo impérieux de repos, c*e&t là ce qu on désigne par le mot <le courbature ; étal lague et indécis qui lanlût se dissipe du jour au lendemain, f/nume lorsqu'il succède à un exercice immodéré de courte période, tantôt rointe d'un voile \Ans ou moins é|iàis des lésions kutemenl élabonées dans la pr^ifondeur df^ liscêre»; et alors la courbature représente en quelque sorte la ^tuitw de loiiles celles qu<f fait naître chaque jour de labeur exorbitant, mais •pH; I ou\rier, on pn^sence des nécessités de la vie, fait avorter par Ténergique ti-nsion de sa volonté. Tout exercice trop prolongé kisse à sa suite une sensation de lassitude profonde et d'épuisement général ; dès qu'il est porté jus- (|u'à la sueur, le suc gastrique [lerd de son acidité (Beaumont), et Teflet de toute fati^iK' est de ralentir l'action digesti\e. On obsene en même temps un iiHiuvf'riii'nt fébrile qui tient peut-être autant à une altération commençante du suit; qu'à la surexcitation de l'appareil circulatoire; car on sait que chez riKiinrne, comme chez les animaux, l'emploi exagéré des forces musculaires l'tnii (Nir amener un état typlioîdc et rendre le sang incoagulabk. Ainsi, épuif^oiwfui des centres nerveux, prostration du système musculaire, trouble des «onclioiui digestives, altération du sang due probablement à l'accélération cx- ^'tsMire ef loutenuc de son cours, voilà les atteintes que le travail immodéré |MNle à l'oi^nisme, voilà les piiénoméncs fondamentaux des épizootics lyphiquen qui ravagent les liestianx surmenés, et des petites épidémies de forme MOêlogUis qui sévissent panni les agglomérations d'ouvriers mal vêtus, mal aourrin et oondimnés k une trop grande dépense de forces. Les marches for- «•»• ■«« grandes manoravres, les exercices militaiita trop prolongés, surtout
)mm
nu?te] DES MOUVEMENTS EN GÉNÉRAL. 217
ceux que les soldats font à jeuo, ont pour résultat une augmentation d'entrants •DX hôpitaux mililaires; l'excitation morale les soutient pendant les combats il lei expéditions; mais si les distributions de vivres ne sont abondantes et fiégjDlièroi, ils sèmeront la route de leurs malades après la victoire comme «prêt la défaite. Quand l'exagération de l'action musculaire n'est pas assez intense pour provoquer une telle acuité de symptômes, quand l'exercice journalier dépasse seulement d'une certaine quantité la mesure des forces et de la réparation organique, il agit d'une manière sourde et chronique, mais il ne conduit pas moins à un étai de détérioration et d'asthénie générale qui rend l'économie plus vulnérable aux causes morbifères, plus perméable aux agents miasmatiques. De même qu'une alimentation insuffisante réalise tôt ou tard les effets de l'inanition, ainsi l'exercice peu disproportionné, mais continu, aboutit, par une dégradation lente de l'organisme, à l'imminence morbide que l'exercice très-violent et de moindre durée fait surgir brusquement. La réaction morale tantôt retarde et tantôt précipite la marche des prodromes, etc. ; la maladie une fois réalisée, elle lui fait son masque de fièvre nerveuse, de turbulence ataxiqne ou de stupide adynamie. Les enfants se ressentent plus vite de l'excès d'activité musculaire ; presque tous maigrissent un peu dans les premiers temps de leur application à la gymnastique. Une jeune fille de sept ans, bien constituée, maigrissait sans cause connue et de manière à exciter ma sollicitude de médecin : à force de questions, je découvris que sa mère lui faisait faire journellement des promenades à des distances énormes pour son âge; je les défendis et l'embonpoint lui revint. L'excès d'exercice ne peut être indéfiniment compensé par la ration alimentaire et le repos; les secousses fréquemment imprimées aux fonctions de la circulation, de la calorification, de l'innervation, etc. , amènent l'usure générale du corps, quoi qu'on fasse pour la prévenir: les chevaux de poste, bien nourris et bien reposas, n'arrivent pas moins à un état d'émaciation proverbiale ; nous avons dit que les anciens athlètes mouraient jeunes, malgré l'ordonnance généreuse de leur régime.
/i*^ Le repos est un élément de la périodicité qui régit les actes de la vie de relation; il a pour conditions organiques le relâchement des fibres musculaires et la demi-flexion des membres, pour attitudes la station assise et le décubitus plus ou moins horizontal : les sauvages, qui n'ont point de sièges, se reposent dans l'attitude accroupie, c'est-à-dire sur leurs talons. Le repos permet aux centres nerveux de réparer la dépense qu'ils font pour la stimulation initiale du mouvement, aux muscles de refaire leur contractilité aiïaiblie par des alternations trop répétées de raccourcissement et de relâchement, aux organes de la respiration d'apaiser le rhythme fébrile que leur communiquent les secousses de l'exercice et les décharges de l'innervation dans le système musculaire. La sensation de la fatigue est le signal que donne la nature pour le repos; le sentiment de la réfection en indique la mesure : ces deux limites sont mobiles comme les conditions d'organisation individuelle, variables comme le régime, l'habiuide, eta Tel sybarite de cabinet sue i grosses gouttes I hi pre-
218 DES MODIFICATEURS. ^ GESTA. [htgiènc
mière course qu'on lui fait faire, et succombe à mi-chemin : huit jours d'exercice doublent ses forces et son haleine. Nous avons déjà rappelé que dans la construction du chemin de fer de Paris à Rouen, les ouvriers anglais ayant déployé beaucoup plus d'énergie au travail que les ouvriers français, on mit ceux-ci an régime substantiel des premiers, et qu'ils accomplirent alors la môme tâche. La durée et le nombre des repos nécessaires sont subordonnés à toutes les conditions de l'individualité, ainsi qu'à celles de la saison, des lieux, du climat, etc., et au genre spécial de l'exercice. L'insuffisance du repos dé^ termine les phénomènes de la courbature, et si elle est habituelle, elle entraîne les mêmes conséquences que la privation absolue du repos. De même l'exercice insuffisant détermine avec une gradation plus lente, mais aussi sûrement, les mêmes effets que le défaut absolu d'exercice. Les parties inexercées ou non assez exercées reçoivent nu)ins d'influx nerveux, moins de fluides sanguins; leur nutrition se ralentit, leurs sécrétions cutanées et articulaires diminuent; la chaleur est moindre dans les membres paralysés, même alors que la circulation n'y est point affaiblie (1), et c^es membres maigrissent ordinairement; en outre, la matière glycogèuc qui dans les conditions ordinaires d'exercice est transformée, presque aussitôt qu'elle apparaît, pur la nutrition des éléments musculaires, s'accumule dans les muscles frappés d'inertio |)ar la si>ction des nerfs moteurs (2) : or, la paralysie est l'expression exagérée des phénomènes que le iHîpos prolongé développe à un moindre degré; l'engourdissement, le raccourcissement des fibres, quelquefois leur rétraction en sont les suites; la fonction des parties devient de plus en plus gênée et souvent demeure abolie. L'économie tout entièi*e se modifie sous Tinfluenc^Mle Tinertie prolongée. I^es fonctions plastiques se ralentissent; rapi)étit diminue, la digestion est moins prompte, moins facile, et s'accompagne fréquemment d'une |)roduclion do gaz dans les intestins; le pouls est moins dévelop|)é, moins fréquent; le sang est lancé avec nnoins de force et d'abondance dans les parties périphériques, dont la coloration diminue; l'air expulsé de la poitrine est inoins déponillé d'oxygène et moins chargé d'acide carbonique; les sécrétions, notamment celles de la peau, languissent. L'oisiveté engraisse, mais ne favorise pas la nutrition proprement dite. On sait qu'un des moyens employés en Alsace pour engraisser les oies est de les rendn; presque immobiles daas dos cages à compartiments; dans cette condition, gorgées de maïs, elles accumulent dans leurs tissus une quantité de graisse qui, suivant la rcmariiue de l'eraoz, déliasse souvent de moitié w\lv que l'analyse chimitjUi* constate dans la nourriture Gimsommée; en mî^mu tem|)s leur sang se cliar^';e de principes» Rras, et sou albumine dis|)aruil en partie ou se iransfornu'. Ia's sens |K>rdent do leur énergie, de leur précision et de leur siireté, |)arce que Texercii e n<ms tranK|K)rte dans lesiMce où ils reçoivent des impressions plus variées et plus
(1) BuriLich, Tniitè fft' i*hyxMlnf/if, Parii, 1841, i. IX, p. ti47. W UiiKei, rhyxiif^ijgie, i. I, 'inédit., p. 1044.
nvria] DES MOUVEMENTS EN PARTICULIEB. 219
nombreuses ; les facultés intellectueUes se coucentreut dans le silence des organes, mais elles ne se perfeclionuent que dans Tordre des idées abstraites et méditatives. Quant à la génération, la puberté est précoce chez les oisiDs et dans les professions sédentaires, tandis que Texercice appelle sur le système musculaire la force et les matériaux nutritifs que les organes génitaux détourne* raient promptementà leur profit. La salutaire fatigue d'une gymnastique opportune fait taire jusqu'aux désirs : les anciens avaient personnifié dans la même déesse la chasse et la chasteté; l'innocence prolongée des adolescents de la campagne tient simplement aux occupations plus rudes qui leur sont Imposées.
Deux classes de nos populations semblent perpétuer le parallèle des résultats (le l'exercice et de l'inaction musculaire : l'une, vouée à l'oisiveté, à l'inertie corporelle des salons et des boutiques, aux professions sédentaires, présente on majorité les types organiques qui se résument dans le lymphatisme et la prédominance nerveuse : l'autre, livrée aux travaux des champs et aux métiers qui exigent un déploiement plus ou moins considérable des forces musculaires, paye un moindre tribut aux névroses et à la phtbisie pulmonaire. Cette dernière affection suit une progression décroissante de fréquence parmi les professions, suivant qu'elles nécessitent des mouvements assez prononcés ou des mouvements presque continuels qui mettent en jeu toutes les parties du corps (Lombard, de Genève] ; mais ces résultats dépendent de causes multiples, telles que les privations de toute espèce, le séjour dans un air confiné, etc. , et l'on n'en peut conclure rigoureusement que l'exercice musculaire soit le correctif de la phthisie, quoiqu'il concoure avec d'autres influences à en diminuer la fréquence, à en arrêter les progrès. Nous appliquons la même réserve i l'assertion d'un hygiéniste qui considère la scrofule et le tubercule comme les fléaux des populations casanières, et qui rattache l'extension de la constitution strumeuse à l'époque où les villes se sont multipliées davantage, où les habitations ont pris leur caractère actuel d'étroitesse et de spécialité, où la renais* sance des arts et la culture des sciences et des lettres ont créé plus d'habitudes sédentaires.
§ t. — 9^n wkvmvewÊitni» en partlcallrr.
L — Mouvements volontaïues avec locomotcon.
l'* Moi^che. — Klle est le mode de progression habituelle de l'homme et roxercicequi lui convient le mieux. La marche exige non-seulement l'action des mt^mbres inférieurs, mais encore colic du tronc et des membres supérieurs, fies premiers exécutent en marchant cinq ordres de mouvements : ils s'étendent, s'allongent et poussent le rentre de gravité en haut, en avant et de cSÀè\ lisse détachent du sol; ils se portent en avant ; ils se réappliquent sur le sol chacun à son tour; enfin, celui dos deux qui se porte en avant reçoit la plus graiule partie du poids du corps au moment même où il pose sur le sol.
220 DES MODIFICATEURS. — GESTA. [htgiéhc
Le tronc n'exécute pas moins de hnit mouvements, d'après Gerdy (1) : chassé par \v membre qui reste en arrière, le corps se porte alternativement à droite et à ganche sur le membre qui se trouve en avant ; le tronc s*élève et s'abaisse chaque fois que l'un des pieds se redresse sur sa pointe pour se détacher du sol et y retomber; le bassin suit par sa moitié correspondante le membre qui se porte en avarA et tourne horizontalement par l'autre sur la tète du fémur de la jambe qui reste fixée en arrière; la poitrine et les épaules font un mouvement de rotation inverse à celui du bassin, surtout quand on balance les bras; chacun des côtés du bassin s'élève et s'abaisse alternativement, en même temps que le corps se balance en sens inverse de manière à s'incliner à chaque pas du côté du bassin qui s'élève, et à infléchir alternativement des deux côtés les axes du tronc et du bassin Tnn vers l'autre; enfin, les muscles des gouttières vertébrales opèrent simullianément deux efforts : l'un fixe le bassin du côté dont le membre inférieur s'élève ; l'autre, moins énergique et correspondant au côté dont le pied est immobile, a pour but de maintenir le corps dans l'attitude verticale pendant la marche. Les mouvements des membres supérieurs, dus à la rotation du thorax sur le rachis, consistent dans un balancement d'arrière en avant et déterminent l'équilibre par leur inversion avec ceux des membres pelviens. Cette décomposition du phénomène complexe de la marche fait ressortir sa puissance d'exercitation musculaire ; elle intéresse tous les muscles de la vie de relation ; les viscères eux-mêmes reçoivent une secousse plus ou moins vive à l'instant où chaque pied rencontre le sol ; les arcs de cercle décrits par le bassin et le thorax, ainsi que les mouvements alternatifs de latéralité du bassin et du corps, impriment aux organes internes un balancement utile : la respiration et la circulation s'accélèrent en proportion de la vitesse de la marche. Voilà donc un exercice général que Ton gradue à volonté dans sa durée et son intensité, qui exige le concours de deux sens, la vue et Touîe, et que l'on peut combiner avec les influences de l'atmosphère et du sol, des saisons et des climats, de manière à modifier simultanément l'encéphale et l'état statique des autres organes. La jouissance que l'homme éprouve à s'emparer de l'espace, la succession des objets extérieurs qu'il fait passer plus ou moins rapidement sur l'horizon par le jeu volontaire de ses muscles, Icii impressions variées des sites, de la lumière et des ombres. Toutes les puissances de l'univers extérieur avec lesquelles il entre en conflit par les sens, par le mouvement et par la pensée, que faut-il de plus pour faire de la marche l'exercice par excellence |)our l'homme sain, convalescent ou malade? — Les effets varient suivant la forme et la nature du terrain. Sur un sol dur, résistant, parsemé de menus obstacles, chaque pas communique à la machine uo ébranlement plus fort; on l'atténue en appuyant d'abord sur le sol la pointe du pied dont les brisures décomposent le mouvement; sur un terrain uni et moa, la secousse résultant de la marche est à peine sentie ; sur un terrain
(^) Gerdy, Phytiologie, Par», 1832, t. !, l'« ptrtie.
PMfÉl] DES MOUVEMENTS EN PARTICULIER. 221
inégal, tous les muscles se contractent pour amortir les commotions que produirait un faux pas, c*cst-5-dirc une différence inaperçue du niveau du sol. En effet, une partie du poids du corps se porte sur le membre qui s'avance^ et la ligne de graTÎté sort de la base de sustentation du pied de derrière, au moment où le pied de devant va s'appliquer sur le sol ; aussi y retombe-t-il pesamment, et, dans le cas du faux pas, la commotion peut être assez forte pour déterminer une entorse, une luxation du pied avec ou sans fracture de jambe, etc. Dans la marche ascendante, le premier membre fléchit davantage ses articulations, et celui de derrière fait un plus grand effort pour se déta* cher du sol et ramener le corps en avant; pour incliner le tronc, les muscles fléchisseurs antérieurs de la tête et du rachis prennent leur point d*appui sur le thorax qu'une suspension momentanée de la respiration rend immobile et incompressible : de là Tessoufilement de la montée ; la fatigue se fait sentir surtout au genou de la jambe portée en avant et dans le mollet du membre rejeté en arrière. Une curieuse découverte des frères Weber explique mieux encore le genre particulier de lassitude que les voyageurs ressentent dans les ascensions aux hautes sommités du globe. Le relâchement des muscles ni le poids du membre inférieur n'éloignent point la tête du fémur de la surface de la cavité cotyloîde; la seule pression de l'air extérieur suffit à le maintenir dans ses rapports avec l'articulation dans tous les modes de rotation, et toutes les amphiarthroses paraissent se trouver dans la même condition. Dans les régions où l'air est très-raréûé, il faut que la force musculaire supplée à l'in* suffisance dans leurs cavités articulaires^ et c'est là que les articulations deviennent lâches et mal assurées (1). Dans la descente, les muscles vertébraux luttent contre la tendance du corps à tomber en avant, tandis que les jambes et les cuisses demi-fléchies semblent agrandir en avant la base de la sustentation. Le nombre des pas dans un temps donné, est^réglé : 1° par la longueur de la jambe qui se porte en avant; 2° par la durée des oscillations qu'elle exécute. Or, cette durée, comme celle des oscillations du pendule, est proportionnelle à la racine carrée de la longueur de la jambe, abstraction faite de l'accélération que leur communique l'effort musculaire. En négligeant cette dernière influence, on constate qu'il est pour chaque homme une mesure de pas qu'il ne peut excéder sans gêne. Pour une marche commode et aussi prolongée que possible, il faut que la jambe oscillante s<> pose après avoir effectué la moitié seulement de son oscillation (E. et G. "Weber).
Par la marche accélérée, un homme de moyenne stature peut acquérir un maximum de vitesse dont les frères Weber ont calculé les éléments :
Longueur du paft ©"jSGoC
Durée du pas 0» ,332
Vitesse de déplacement, ou espace parcouru en une seconde 2™, 608
Chemin parcouru en une heure OSSQ*"
(1) E. et G. Weber, Mécanique de la locomotion chez V homme {Encyclopédie anato* mtqne)^ traduit par Â. J. L. Jourdan. Paris, 18A3, ia-8etaUas.