yo« — -- -I
U*s opticiens savent que le premier chiffre après l'angle appartient au verre cjlindriqut" cl le second au verre sphérique. .NutiN n'avons pas à indiquer les cond)inaison9 qui iR^tivcut être faitcsi par
19? DES MODinCÀTEURS. — PERCEPTl. [iTCiÉSE
les oplicicns pour employer eicluâf ement an syslème coocaTe oa cooreie, ou combiner les \ erres à angle droîl saÎTant le procédé de ChamblanL Les verres cylindriques sont ordinairement plans d'un côté, el TooTrier leur donne la courbure sphérique écrite sur rordonnance.
r Quand après une délicate et attentive analyse, rophthalmologiste a ^u
• déterminer exacteinenl la différence de réfraction de deux méridiens priu- 9 cipaux, quand par la combinaison précise, annoncée à 1 avance, de dcui
• verres cylindriques, il a rendu à la vue on plutôt créé à nouveau un œil jus- » qu*à ce jour presque inutile, la satisfoction qa*il éprouve n*a d'équivalent ■s que dans Tbonncur qu'en reçoit la science (1). ••
7« D^'s lunettes en général. — La cause prochaine de la presbytie et de rh^-pcrmétropie est la réfraction trop faible des milieux pellucidesdu globe de rœil, ou la brièveté du diamètre antéro-postérieur. Dans ces deux cas, le> ravons lancés par des objets peu distants se réunissent, à cause de leur divergence, en arrière de la rétine. Pour les concentrer en un foyer normal sur la membrane qui transmet leur impression au cerveau, il faut des verri's collectifs, c'est-à-dire convexes, d'une courbure proportionnelle au défaut de puisséance réfringente. Dans la myopie, excès de pouvoir réfringent ou trop grande Ifingueur du diamètre antéro-postérieur, l'image se Ibrme au-devant de la rétine. On oppose à la convergence prématurée des rayons le pouvoir dispersif des verres concaves. On emploie en général des verres biconcaves et bicou- %exes, dont les deux surfaces ont la même courbure : ce sont des verres dont le pouvoir est le plus fort, la fabrication la plus simple et la distance focale la plus fecile à calculer, puisqu'elle est égale an rayon; chacune des deux surlaces de ces verres est une portion de sphère d'un diamètre déterminé ; plus die est courte, plus la convexité ou la concavité augmente. Le rajon de leur eooriMire« qni offre en même temps le point on se forme l'image, sert à indiquer leur poQVoir de réfraction et à fixer les rapports des différents verres de gnCflie espèce, afin d'en graduer l'empioL Le rayon s'évalue en pouces d'ancienne mesure : la taille des verres serait mieux graduée si elle s'opérait sur lies formes divisées d'après leur distance focale en centimètres; mais celle félonne, tentée par Tingénieur Chevalier, a été abandonnée k cause du reiioutellement coûteux d'un matériel considérable. Étant donné un verre convexe dn n* 48, chacune de ses surfaces représente un segment d'une sphère dont le rayoo a M pouces d'étendue; il en est de même des verres concaves du même oaméro; mais il faut supposer les deux segments creusés sur Tune do lears uces et adossés par leur convexité, de manière à présenter une conca^iiô vers 1 œil cl Tautre vers l'objet. I-a courbure d'une sphi-re étant on raisui inverse du rayon, il ^'ensuit que, plus le numéro des lunettos compte par Ic'* rayons diminue, plus leur puissance augmenie. La perfoction do la cnurburo Bit le mérite des verres; aussi ne doit-on les deoModer qu'à dos opticio^^
(«)C«ra^d.Te«|oo,û,rtfi/,^«L
privée] de la vue. i93
vraiment experts, car l'acheteur ne peut vérifier l'exactitude de la taille. S'adresser à Taventure aux marchands de rencontre ou sans notoriété justement acquise, c'est risquer sa vue, et le danger est d'autant plus grand qu'on doit faire un usage plus assidu des lunettes. Toutes les combinaisons de taille des verres se résolvent en deux catégories suivant la prédominance de la courbure concave sur la convexe, ou réciproquement : l"" verres plan-concaves, biconcaves et concavo-convexes avec prédominance de la concavité, ce sont les verres de divergence; 2* verres plan-convexes, biconvexes et convexoconcaves avec prédominance de la convexité, ce sont les verres de conver-* gence.
Les verres ronds sont les meilleurs ; plus ils sont larges, plus ils agrandis** sent le champ de la vision ; ils doivent être en même temps limpides, incolores, achromatiques, polis, sans inégalités, ni bulles, ni stries, ni filaments. On les fabrique en général avec le verre anglais ou crown-glass ; le fint-f;lass, employé par quelques opticiens, est trop tendre et rarement pur. Les meilleures lunettes se font avec le cristal de roche du Brésil ou de Bohême ; mais douée de la double réfraction, cette substance iournit deux images pour chaque objet, si on ne la taille perpendiculairement à son axe. Les verres périscopiques, inventés par Wollaston, présentent, dit-on, une plus grande étendue au parcours de la vision, parce qu'ils englobent mieux la cornée dans ses mouvements; mais ils ont aussi leurs inconvénients: ils exigent des courbures assez fortes comparativement aux lentilles bisphériques, de là un aspect souvent désagréable à celui qui les porte ; ils ne sont pas fabriqués mathématiquement comme les lentilles; leur taille est empirique; ils réfléchissent les images, sont lourds et d'un prix élevé. Pour la monture, i'écaille légère, mauvaise conductrice du calorique, convient le mieux; la monture doit encadrer solidement les verres et faire correspondre leurs centres aux axes optiques des yeux. Sans cette précaution, il n'y a qu'un ceil qui voie au travers des lunettes, l'autre se fatigue inutilement à s'adapter au point visuel, et de là souvent la céphalalgie que ressentent les porteurs de lunettes. Les branches latérales doivent s'accommoder à la courbure des régions temporales; elles sont à brisure ou à crochet ; l'essentiel est qu'elles ne soient ni trop courtes ni trop longues, afin que les lunettes restent immobiles.
Ou réserve le nom de conset^ves aux verres employés pour garantir l'œil des corps étrangers et d'une lumière trop vive, le mot lunettes désignant ceux qui servent à corriger la direction vicieuse des rayons lumineux, ou à renforcer leur action sur la rétine : les premiers sont plans, colorés ou non. Les habitants du Nord, pour ise préserver des effets de la réverbération des neiges, se peignent le pourtour des yeux en noir, ou se servent de planchettes trouées qu'ils adaptent aux yeux : les conserves colorées remplissent pour nous le même but On a constaté, par des expériences d'ailleurs faciles à répéter, que l'impression des différentes couleurs exerce à diOéreois degrés l'activité vitale de la rétine. Si l'on regarde pendant quelques instants le soleil couchant, et
H. UvT» Hjiliiie» 5« ÉDiT. 11. — 13
9WU] DE U VUE. 115
mikble au pharmacieii, et quand il se charge en outre de les ajuster au degré visuel des acheteurs, il usurpe la ionction de l*oculiste, il expose ses crédules clients à un danger réel. L'abus ou l'emploi vicieux des lunettes entraine la dégradation rapide, souvent irrémédiable de la vue. Que d'amUyopies, que d'amauroses même ne reconnaissent point d'autre origine ? Sicbd n'a jamais vu employer assidûment les verres concaves des n** 9 à 7, sans conséquences fâcheuses qui obligeaient tôt ou tard à les remplacer par des numéros plus faibles ; et cependant la troisième série des verres concaves, depuis le n* tt jusqu'au n*^ &, est prodiguée par les opticiens. Pour les presbytes, les opticiens de Paris prenaient autrefois leur point de départ au n* A8, les malades étaient amenés promptement aux n^ 36 et 2A, et comme la nécessité des lunettes se prononce pour les presbytes vers la quarantième année, beaucoup d'entre eux étaient réduits, entre cinquante et soixante am ^ k se servir des numéros 12 et 8, sans éviter un déclin de plus en plus sensible de leur vue. Mackenaie, qui, comme d'autres oculistes, a étaUi des séries d'après l'âge des individus, indique le n* 37 pour l'âge de quarante ans, le n*" 30 pour celui de quarante-cinq ans, et le n* 2/i pour celui de cinquante ans. Quand Siebel prescrivit pour point de départ le n* 72, l'innovation parut presque ridicule ; aujourd'hui les presbytes au-dessous de quarante ans se contentent même du numéro 80. De pareils bits justiâent le vœu d'une régiementatkm de rindustrie des opticiens; cette mesure devra satnfaire à ces trois indicatioiis : i* vérification de l'aptitude de ces industriels ; 2* Identité et classification exacte des numéros dey verres qu'ib débitent ; S"" appropriation individuelle des verres laissée au jugement de l'homme de l'art, dont l'opticien doit se borner à exécuter la prescription.
8* Hèglêê générales d'hygiène oculaire» — L'école de Saleme les a brièvemeat rèsoniées en ces ven :
Baloea, tioA, veous, veotui, piper, allia^ Aimus, Pormin cuon cspis, foba, leni^ fletutque sinapis. Sol, coitaïque if ois, labor^ ictus, acumiaa, pulvis^ Istâ nocent oeulis, sed vigilare magis (1).
Un air pur est le meilleur topique des yeux ; mais trop chaud et trop des* sédié, il les irrite par l'éclat de h lumière, par l'évaporation des larmes ; sec
(1) Redoute la poutaière et les Yenta^ lea bons vint.
Les soucia et lea pleura, et Tamour et lea beina, Poirre^ ail, poireau, moutarde, oignon, fève et lentille. Soleil ardent, fumée et feu vif <tui pétille, Coup mauvais à la tète et travail trop ardu, Attxbenrea de k nuit, porabtant^ assidu : !»• ces danfers pottr,r«n enins la lente menace, ila veiUe avant tout qui te brûle et te laiae.
(Traduction par Ch. Xeaux Saint-Mare, Paris, 1861.)
i98 DIS MODinCàTIURS. ^ KRCEPTA. {hMlK
sa» analogoe «rec ceai de runif en mitiriei. LaiMMU k dneon sa tklie dans l'oMiTre collectif e de la scmce : au philosopbe Taiialyse des fidts d'iBtaitkm et deoonscieiice; aa moralisie la pédagogie; au médedn la recherche des causée qui détermlneiitt régolarisent oo tronUent les fonctkMis de l'organime. Cette recherche conduit k des appUcatioDS prédeusea poor i'édncatioii et h règle sociale de rboaune; mais elles ne peuvent former k elhs seules un système de direetion morale et sodale. Nous nous bornerons k Toamen lommaire des conditions intrinsèques et eitrinsèquesqui modifient l'enc^ihale, et des réactions réciproques qui s'exercent entre lui et les autres oiganes de l'économie : de Ik des régies hvgiéniques pour la pondération de l'actiTiti physique et de l'ictiTité morale de l'homme.
I «. -« MMMetttomw teSHMèwea tie ransftpliaie.
De quehitte manière que l'on intopréte les liaisote du sang avec le système nenreux^ la constitution de ce fluide univenel de l'économie lUItte néoessairement sur les tmctions cMhrales. H est faBpossihle de mécouMltre la correspondance intime qui existe entre le ssng, centre de la vie végétative, et la matière aervoQse, centre de la vie de relation; et c'est Ik ce qui donne de la vérité ans attributs monnx et intellectneis que l\» a rattachés k chaque espèce de tempénment. Rien de phis certain et de plus mystérieux k la fois que la QOlBddence de eertains phénomènes cérébraux avec la diminution «t l'augmentatlen du h masse du sang. L'aibiblissement on la perversion des actions sensoriales, le trouble des facultés inidlectudles porté Jusqu*an dflire ou k la stupeur, la prostration de la volonté, et dans les cas extrêmes ta perte des sens et Tabolition de la conscience : tels sont, avec une série parallèle de lésions musculaires, les résultats progressifs de l'anéjnie. Au contraire, que l'afflux du sang vers le cerveau augmente médiocrement, on observe un exdtement plus vif, un surcroît d'activité de rinie, une aptitude plus grande k passer d'une
idée k l'autre ou k combfaier les idées ensemble, une propensioii aux albctions énergiques. L'afflux devient-il plus considénble, les signes de dépressioo commencent : pesanteur de tête , malaise , diScullé de emvm le fil des idées et de rassembler ses souvenirs, disposition k ta tadtnmité, k l'agitation on k Fanxiétét brusquerie de paroles et des mouvementé, somnolence vigile; ft mesore que ta pléthore encéphalique augmente, lea idées deviennent conftises. les aene aont ta jouet d'hallucinations, ta faculté d'éqnilibKr les idées Mblit, l'imagination s'égare; k un plus haut degré, il y a perle de ta U- ^T^^ ^ •'«Pliqne de ta même manière l'accmimemiiiit êm u ^>éfhM\^ii^ ^ ^ .MAu^^ l'hoitentilité du corna. Ce qui se maniCBStn ctaimnent dam
«ciiAi^i^ -^ -cependant
* ** ** pwiwBW fl— pU iw» t wcoMé y'H <hlionit
MIfti] DE L'EMGÉPHÀLE. 499
britét ne t'expliqaertient-elles point par une nuance d'an état morbide qui a Até étudié feulement de noe joun, l'anémie cérébrale t II n*y a que le sang artériel ?ermeil qui puisse entretenir la ifie dans tous les organes. L*imperfec« iion de Thématose n*est donc pas sans influence sur l'actifité du cerveau ; or, elle est en rapport avec le fond de la constitution et le tempérament Est- il besoin de rappeler ici les modifications si remarquables qu'impriment à l'activité cérébrale l'hérédité, la sexualité <1), les habitudes physiologiques et morbides, les oscillations de la santé, etc. ? Nous les avons mentionnées en traitant de ces différentes formes de la vie individuelle (tome I), et nous avons insislé sur un lait essentiel à savoir, qu'ils supposent toujours la libre initia*' tive de la volonté, soit dans l'individu qui les présente, soit dans les parents dont il est issu.
§ t. — ll#^ic«le«ni exlria«èqae0 «e reneépliale.
1* L'influence du climat sur le développement intellectuel et moral de l'homme est une vérité qui a inspiré bien des pages brillantes. Hippocratc et^ à son exemple, Montesquieu l'ont exagérée (voy. 1 1, Intboduction). C'est le monde extérieur qui dirige les premières excitallous sur l'âme du nouveauné. D'abord il existe ; puis il connaît qu'il existe par les impressions qu'il reçoit du dehors, qu'il distingue et dont il se distingue ; puis, par la variété des impressions, Il arrive à connaître le mode de son existence. Les phénomènes, saisis d'abord dans leur isolement, puis dans leurs relations de simultanéité et de succession, servent de base première aux opérations de son entendement Or, tous ces matériaux sont recueillis par les sens ; ceux-ci sont donc les portes ouvertes par lesquelles la nature extérieure, c'est-à-dire les irradiations du climat, se propagent jusque dans le foyer intime de l'Otre humain. L'intelligence et l'âme se colorent de reflets de l'horizon natal. Mais le climat n'entraîne pas seulement la spécialité des premiers matériaux fournis par les sens à l'activité de l'âme, il réagit encore sur l'encéphale par la modalité qu'il imprime aux fonctions d'hématose, de nutrition, de génération, etc. Toutefois, et par la seule force de sa spontanéité, l'Ame arrive â se constituer en antagonisme avec sa propre activité sensoriale ; elle devient apte à se concevoir distincte de la vie matérielle, et une fois qu'elle a acquis la conscience de la part d'infini qui fait sa propre et véritable essence, elle possède la faculté de se déterminer par elle-même; elle a conquis toute sa liberté. Â ce point
(I) C. Sapp«y a trouvé des difTérences notables entre l'homme et la femme, quant au TOlame du crâne, & la capacité de cette cavité, au volume et au poids de l'encéphale. Cehd'd pèse en moyenne 102 grammes de plus chex l'un que chex Tautre, et cette dlflUrsooi poris presque oniquement sur le eerveaa, pour lequel elle s'élève à 9â fnunmes ; to «««slal, !■ pustabéraoes et le balte diiliwit à peina d'un seis k l'atlN. (CM. mltf.
200 DES MODIFICATEURS. ^ PERC£PTA« [iTCitiiB
culminant du développement moral, le climat perd ses droits ; mab les masses n'y atteignent point; leur perpétuelle enfance perpétue les dissemblances si caractéristiques entre les peuples du Nord, du Midi et des pays tempérés. Le tableau que les médecins et les administrateurs des contrées marécageuses ont tracé des populations qu'ils avaient sous les yeux semble réaliser au maximum l'empire que les eaux, les lieux et l'air exercent sur l'état moral des hommes (voy. L I, Des eaux stagnantes, p. 593). Un pouvoir spéciGque semble dévolu k la lumière : a-t-elle une aflBnilé matérielle et directe avec la sub* stance du cerveau? Un philosophe qui fut mon maître, Bautain, professe cette opinion. A l'éclat ou à l'absence de la lumière se lie l'exaltation ou la sédation de l'activité cérébrale. L'obscurité, en fermant les sources de h perception visuelle, permet à l'esprit de se replier avec plus d'énergie sur ksimprassions antérieurement reçues, sur les sujets de ses affections, de ses craintes, etc. L'obscurité est la mère des fantômes, des superstitions, des frayeurs vaines, etc., parce qu'elle supprime le contrôle exact de la vision.
2^ Les effets immédiats de la digestion sur le cerveau sont connus de tout le monde : tantôt une douce et pétulante gaieté, signe de stimulation générale ; tantôt la somnolence et l'affaissement produits par le labetur excessif et lent d'un estomac surchargé. Les philosophes et les législateurs des peuples ont mis à profit l'influence si différente que la diète végétale et la diète animale exercent sur l'animal. Pythagore, Zenon, Plotin, Porphyre, Moïse, Maho* met, etc. , ont fait concourir cet ordre de moyens à l'amélioration des hommes, à l'adoucissement des mœurs. La violence est la loi des peuples carnivores, tandis que les préceptes d'une morale plus pure ont pris naissance chez les nations vouées à l'abstinence des viandes, comme les placides Hindous, ou réglées sévèrement dans leur régime, comme les Spartiates. Galien a dit : « Animus sanguine et adipe suffocatus cœleste aliquid pervidere non potest, » Nous avons signalé (Boissons) l'énorme part qui revient à l'usage et à l'abus des alcooliques dans la production des maladies mentales.
3° Parlerons-nous de l'action morale du vêtement et des cosmétiques? Le costume joue un rôle immense dans la société : il est le symbole de la hiérarchie sociale. Les attributs extérieurs des chefs des États, les insignes du sacerdoce, les marques distinctives de la magistrature et de l'armée, etc., sont des éléments très-réels de puissance et de discipline. On gouverne les hommes par la vanité ; la dimension ou la forme d'un ornement extérieur soulève des orages. L'habit oblige : la soutane contient le prêtre libertin, l'humble paysan redresse le front sous le casque du cavalier. On a observé que le soldat, vêtu de l'habit de grande tenue, se respecte plus qu'en petite tenue de veste avec le bonnet de police. Le sauvage lui-même se pare d'un luxe grotesque de plumes, de verroteries. Le manteau de Diogène couvre la vanité crasseuse d*un philosophe dont l'espèce n'est pas éteinte. L'habit, c'est l'homme, dit un proverbe cynique. La femme l'a pris au sérieux, et elle puise dans l'arsenal de la toilette une grande partie des moyens qu'elle emploie poiu: susciter, pour
PftIVÉK] DE L'ENCËPHALE. 201
entrelenir^ pour irriter au besoin les passions sor lesquelles se fonde Tirrésis* tiUe empire de son sexe.
Ii9 Le balancement régulier des excrétions est une condition de bien-être moral qui se lie étroitement au sentiment de la santé. Nous avons noté les phénomènes moraux qui accompagnent Tapparition première des menstrues, leur gêne, leur suspension, leur suppression définitive; ceux qui, d'après Gall, précèdent et suivent des évacuations analogues chez Thomme ; les effets de la continence, des excès et des abus génitaux ; Thypochondrie des individus tourmentés par une constipation habituelle^ etc. (voy. 1. 1).
5** L'activité des sens aboutit au cerveau, réservoir des sensations, qu'il distribue ensuite dans l'organisme par un mouvement de renvoi. Les sensations, dît avec raison Georget (1) se confondent avec les opérations cérébrales; elles donnent naissance à des afiections morales, à des passions, à des combinaisons intellectuelles. La vue d'un péril imminent, l'annonce d'une nouvelle fâcheuse, causent tout à coup l'effiroi, du chagrin, etc. La musique n'est-elle pas le mobile sensorial le plus apte à déterminer les affections morales les plus vives, les plus énergiques, les plus opposées? — Il sera question, dans le cha« pitre suivant, des changements qu'éprouve l'action cérébrale par suite des exercices et de la gymnastique.Nous avons déjà insisté ailleurs sur l'efficacité des diversions musculaires contre certaines habitudes vicieuses de l'encéphale (tomel, page iW).
§ e. — iBflvesee 4hi aMna mue ïem f«Beil«iMi 4e l*ée«B«aUe.
1* Fonction de la reproduciiofu — La disposition à la gaieté favorise cette fonction ; les soucis, la crainte, la tristesse, la frayeur, la paralysent ; les travaux d'esprit, les émotions morales, éloignent du plaisir sexuel. La lubricité^ dit Burdach (2), tient souvent plus au vide de la tête qu'à la plénitude des testicules. L'imagination provoque l'érection, accroît la sécrétion du sperme, exalte l'activité plastique des ovaires; elle supprime ou augmente la formation du lait, elle appelle ce fluide dans les mamelles desséchées^ etc. D'ailleurs la volupté vénérienne est le produit d'une perception cérébrale; tous les phénomènes qui précèdent et suivent le coït se rapportent au cerveau : les femmes et les enfants, qui n'ont point de sperme, sont passibles des mêmes sensations que l'adulte. — 2* Fonctions plastiques. La digestion est à la merci des vicissitudes de l'état moral : une frayeur l'interrompt brusquement; la tristesse la rend lente et pesante; la gaieté l'aiguillonne; en un mot, la marche de la fonction et le degré d'élaboration des matières ingérées dépendent du mode d'irradiation cérébrale. Le docteur Beaumont a vu de ses propres yeux la muqueuse de l'estomac devenir rouge et sèche, ou pâle et terne, par l'effet d'une com-
(i) Georf«t, Physiologie du système nerveux^ 1. 1, p. 356. (2) Burdaeh» Tndté de pkynologiÊ^ X. Y^ p. 27.
ntftÊ] DE L'EMGÉPHALB. 303
succède une doulear plas profonde, plus âpre, dont le résultat est d'irriter continuellement le oenreau : de là la perte du sommeil, l'augmentation de Tirriubllité physiologique; puis, au moral, la disposition à Temportement, k la méfiance, à la morosité, et si rien ne détruit ou n'eAce la cause, la méningite, les congestions cérébrales, l'apoplexie, les paralysies, les ramollissements du cerveau, l'aliénation mentale, etc. , en sont les suites plus ou moins immédiates. Mais où donc est la racine de tant de maux? Dans une idée, et cette idéç commande à toutes les autres (1). » Sous le coup des émotions ou par les impulsions de la Tolonté, l'action musculaire est paralysée, saccadée, tremblante, roidie, précipitée, etc. Le sommeil ne suspend les phénomènes de relation qu*avec le consentement de l*âme, et quoique la résistance au besoin do repos menace rintégrité des centres oerveuxi elle n'est pas moins un acte de prépondérance du moral sur le physique.
Ainsi, tontes les fonctions^ tous les organes subissent l'empire des vicissitudes de Tâme; l'influence morale conserve et déUruitt guérit et tue : Femel, Racine, Fourcroy, Fonunes, Dupuytren, Orfila, ont succombé à sa mortelle atteinte ; la maladie qui a terminé prématurément la grande vie de Napoléon rappelle ce mol do célèbre Ant. Dubois, que la cause du cancer est dans les neris. Les viscères les plus iréquenunent atteints par cet ordre de causes, sont : le cerveau, qui est leur siège et leur point de départ; l'estomac» sur qui elles retentissent presque instantanément; le cœur, qui, suivant le langage commun, à la fois pittoresque et vrai, bondit de joie, se serre ou se brise de douleur; enfin le foie, qui est affecté suru>ut par les souffrances morales chroniques, ce qui a lait dire que les longs chagrins jaunissent. Tous les fluides de l'économie peuvent être modifiés dans leur quantité et dans leur qualité par l'action des causes morales; leur altération parfois instantanée suppose nécessairement celle du sang. Borelli a£Brme que dans un paroxysme de colère, la température du sang s'élève autant que dans un accès de fièvre : i'échauffèr le iong n'est donc pas une méupbore. « La chaleur, dit Burdach (3), augmente par l'effet de l'espérance, de la joie, de la colère et 'i» toutes les passions excitantes. Au contraire, la crainte, b frayeur, le chagrin, la diminuent. Martin a vu la température monter de i5%S à ST'^.S, dans un violent accès de colère, et descendre à 33% 75 sous l'empire de la frayeur, mais se relever bientAt jusqu'à 36<»»25. » Il n'est pas jusqu'au travail de l'esprit qui, suivant la remarque de J. Davy (3}, et sans le concours d'aucune autre action, ne suffise pour élever la température, d'abord à la tète. Le hit et la bile sont les deux liquides oiganiques qui se ressentent le plus souvent des perturbations du rhythme encéphalique. Enfin, l'effet des causes morales ne se localise pas
(1) Revettlé-Plsrisef Mêêài d§ méitcmÊ mortUe, éans les ÉUêdêt de rkwmm, de. rari^ 1846, t U, p. Si.
(2) Bordaeb, Traii4 de jtkytiologie^ trtducUon ionrdan, t. IX, p. 645.
(3) J. Davy, Archives gélér^ies d» wiédmtinf. iM#t lawlisism.
204 DES MODIFICATEURS. -^ PERGEPTÀ. [miiNE
toujours dans ua viscère, ne se traduit point toujours par la lésion d*ttn liquide ; il arrive que tout Torganisme en est frappé par sidération ou d'une manière lente. Les exemples de mort subite par excès de colère ou de joie, quoique rares, ne manquent point : Sophocle en est le plus illustre. Les affections morales épuisent insensiblement les constitutions les plus robustes ; la jalousie fait tomber certains enfants dans le marasme; et puisque le scalpel ni le microscope ne peuvent vérifier sur le cadavre les résultats de ce tœiium vitœ, reste une sorte d*usure dynamique, une consomption nerveuse, triste mais irrécusable preuve de Texistence et de la puissance du principe immatériel dont notre corps est le réceptacle éphémère.
Sans rattacher le penchant d'un sexe vers l'autre à l'influence immédiate
de la génération, rappelons que les 'phénomènes moreux qui font cortège à la
puberté (voy. tomel, chap. IIÎ) manquent totalement chez les castrats;
qu'avec l'affaiblissement de la faculté procréatrice par les excès coïncident
l'inertie de la pensée, l'inaptitude au travail, la diminution de la mémoire, une
sotte dlmbécillité; qu'une continence difficile agite le cerveau ou produit
l'embarras de la pensée, l'ennui, le dégoût ; qne la génération conduit à la
sociabilité, à la vie de famille, etc. Les organes de la vie plastique transmettent
an cervetu, par l'interroédiaire du grand sympathique, des impressions qui
modifient les mam'festations de l'intellect et dn moral, car on ne saurait mé-
oonnaitre dans le nerf trisplanchnique on foyer d'incitations, pas plus que la
iraosmisaion des indutions cérébrô-spinales à la fibre musculaire de la vie
organique. Tout œ qui a été dit au § i*' de cet artide s'applique à la démon-
smiion de l'influence qne les autres organes de l'économie exercent sur l'en-
^M^ale; elle pent aller jusqu'à troubler profondément ses fonctions, jusqu'à
ftwser les résoluts de l'activité sensoriale : le délire accompagne les inflam-
^BDÊtàKKis snnignês des principaux viscères; il est surtout produit fréipiem-
■«t par celles do tube digestif. « Mtns sana in corpore $am> », cet axiome
j^^wn^. non-seoJement les conditions de l'éducation, mab encore celles du
we arbitre. CasL Bronssais a raison de dire qne le libre arbitre na rien dab-
**■ f^ J- ^i^ ''«r^pleciiqîi^, le phrénétique, l'endormi, Fidiol, en sont privés;
2^ rhonime le plus libre est celui dont les organes et les iKultés ont acquis
^l^déreteppcmeo^ le plus complet Mab nous différons de hii dans Texpli-
i^^JJ^^^J« q«i existe entre la Ubefté morale eiU santé partote. Pour
^g^^^^^^^^^'^*^^ ^*^^ "n rapport de causalité, pour nous un rapport d'har-
^i>«s wT***"* ^'^'^ *^* ^*fg*«* «Jl approprié à sa fonction, ainsi la santé
•^oralT^nub^^S!^^ de Torganiane à lexpresrà pnrfùte de la .ie
<^i^-ei Q^ dépend pas virtncUement et priaordiaiemaK de
nifii] DE L'ENCÉPHALE. 205
Tétat des organes. L^apoplexie, la phrénésie, ridiotisme, ne sont pas d'ailleurs des états physiologiques, et, si Ton peut ainsi dire, légitimes. La santé a été la dot primitive de Thomme, et sa liberté n'a connu d'autre limite que la néces* saire limite des lois de l'organisation et du milieu ambiant : les causes qui ont amené l'idiotisme, la phrénésie, l'apoplexie, c'est-à-dire l'oppression de son libre arbitre, il peut les avoir volontairement mises en jeu, lui ou ses ascendants. Combien d'états organiques ou psychologiques qui entraînent l'abolition de la volonté sont les résultats d'un suicide qui frappe l'individu seul, on la famille avec l'individu ! Je vois dans l'idiot de naissance le spectre de l'intelligence dn père, de l'aïeul, ou le produit condamné d'un croisement iUégitime.
§ s. -*« CAttflé^aeBceii kygiéBlqaeii.
Déterminer le juste balancement des actions organiques et des influences morales, réaliser et faire durer le « mens sana in corpore sono », tel serait l'objet de l'hygiène encéphalique : tel est aussi le but que poursuivent à travers les siècles les philosophes et les moralistes. La phrénologie, en substituant à l'anthropologie religieuse, à la psychologie, une sorte de mécanique cérébrale, simplifie en apparence les termes du problème; mais en mettant la théorie des phénomènes moraux et intellectuels à b portée des plus médiocres esprits, elle n'ôte rien aux diflBcultés de la pratique, c'est-à-dire de l'éducation et de la direction des hommes. Sans agiter ici en phrases magistrales les problèmes dont personne ne cherche les solutions dans un livre d'hygiène élémentaire, contentons-nous d'avoir spécifié les réactions réciproques qui existent entre le physique et le moral, et qui projettent une lueur de plus sur le côté dynamique des actes de l'économie. C'est au médecin à combiner, pour le but qu'il se propose, les éléments de l'organisation et de la diététique, les mouvements spontanés de Tâme et les impulsions qu'elle est susceptible de recevoir par la voie des organes. Les moyens moraux composent une partie essentielle de la thérapeutique ; ils sont aussi un merveilleux levier pour l'hygiène; mais quant à la manière d'en user, chacun Tentend diversement. Si la vérité est dans un large milieu, il est permis de blâmer, d'une part, la culture outrée du corps et cette sollicitude infinie qui polit le fourreau sans songer à la lame; diantre part, les immolations qu'un zèle mystique impose à l'organisme, les exaltations malsaines d'un spiritualisme qui place une douleur partout où le Créateur a mis un besoin, et qui divinise le suicide sous le nom de pénitence. L'égoîsme obèse et rubicond dégoûte ; le moine consumé par les dévotions fébriles de la solitude excite h pitié du médecin. Inclinons-nous devant le sage dont la verte et lucide vieillesse atteste le sobre usage de tontes choses.
En parlant des tempéraments» des sexes, des âges, etc. , nous avons es- (juissé les modificatioos inteilectuelles et morales qui coïncident avec les phases
mm] MB MOUYEIIBITS EN GtNtlUL. Sê7
floannant ie moiiis poiublede force musculaire (1). » A chaque accroiaieineDt daoa les organes correspond on progrès dans la fonction. L*enfant n*a besoin d'aucun maître pour exercer ses muscles dans les éi>ats d*une salutaire pétu* lance : la préhension, la gesticulation, le redressemenl de la tête, dès que les muscles de la nuque et le ligament cervical ont acquis assez de fermeté, la progression sur le sol à Taide des bras étendus qui tirent en avant le basnn et ses appendices, plus tard la station alternative sur Tune et l'autre jambe, etc. , sont autant de résultats de la spontanéité organique. A mesura que l'activité sensoriale se renforce et permet de distinguer les distances, l'ombre et la lumière; à mesure que les contractions musculaires se subordonnent davantage à l'empire du cerveau, l'adresse, l'agilité, la grâce, la force et la sûrsté des mouvements se prononœnt ; l'adulle, dont une éducaifon vicieuse n*a point busse l'évolution, présente à l'art le modèle des mouvements, et n'a rien à demander à la gymnastique. Malheureusement l'état social oppose nulle entraves au développement et m jeu régulier des organes; la vie sédentaire devient trop t6t la conditioa de l'enfance et de la première jeunesse, soit dans les écoles, soit dans les ateliers : parmi les proilossions, les unes condamnent le système musculaire k l'inertie, les autres lui infligent une spécialité d'exercice; le plus petit nombre le sollicitent par une variété suffisante de contractions. De là l'utilité et la nécessité d'une gymnastique nouvelle, destinée moins à poursuivre l'idéal de la force et de l'harmonie des mouvements, qu'à suppléer au déliant d'exercice de certaines parties, à corriger les efiets de l'ae' tion exagérée d'autres parties, à contre-balancer l'influence funeste de la stagnation du corps ou de ses attitudes tourmentées dans beaucoup de profMsions.
§ s. ** SMn wswchmismi mi sseaMMri*
1* Le mouvement produit des eflbts immédiats et secondaires locaux et généraux. L'incitation cérébro-spinale est ici h cause déterminante de h contrKtfon musoilahrei le stimulant physiologique des musdes eonriste donc dans tons les besoins, dans toutes les impressions qui donnent lieu à des actions cérébrales. Tout mouvement suppose trois temps : innervation, contraction etrellchemeiit. Le nomi>re et le volume des nerls qoe reçoit chaque muscle sont en général proportionnels à sa masse ; les nerls pénètrent le plus souvent dans les muscles par leur partie moyenne et fournissent à leurs deux extrémités des branches qui marchent entre leurs faisceaux et parallèlement à eux. Leurs ramifications les plus déliées se dirigent ensuite perpendiculairement aux fibres musculaires, et ne tardent point à s'anastomoser avec les filets voisins; ce qui avait folt penser aux premiers observateurs que les nerb «mh
(1) G. et S. Wslwr, Mécgmqite dm or$mm éâ h keomaHom {Mnq^chf^ééiÊ amaio^ mique, t. II. Paris, 1943» p« 234)4
20S DBS VOBinaTEimS. ^ «KTA. ^HÉi«R
teurt 86 termlneiit par det anses jaxtaposées toi fiJaceam conlffMlikB. €eue terminaison en anses, d*abord décrite par Yalentin et Emmeit, pois tdmise par Prévost et Damas, fat longtemps considéiée comme h senle possible ; mais nne observation plus attentive a démontré Tinexactitode d*ane pareille interprétation. Déjà Lantb et Dugès avaient remarqué que les filets nerveox ne présentent point partout cette dispositiont Wagner avait même constaté qu'ils se terminent en se confondant avec le tissu musculaire. KOhne, le premier, fit voir que dutque fibre d'un muscle est pourvue d'une fibre nerveuse dont le eylinder axù pénètre le sarcolemme, opuiion que les recherches de Doyère, de Quatrefitges, de Leydig, de Metaner, ont pleinement confirmée. Enfin, reprenant la question dans ces derniers temps, Rouget est arrivé à cette conclusion que le cylinier axi$ du tube nerveux moteur se subdivise à son extrémité, et que ses divisimis terminales constituent, en s'anastoroosant et se fusionnant, en quelque sorte, une expanrion de substance finement granuleuse, identique avec celle des fihments terminaux des oorposculeB de Padni, des corpuscules ganglionnaires, etc. , et en contact Immédiat avec h substance contractile du faisceau musculaire primitif.
D'autre part, il est démontré, depuis Haller, que l'Irritabilité est une force inhérente aux muscles vivants et indépendante àts nerfr moteurs, quoiqu'elle rédsme pour son entretien le concours de nerfs sensitifs ou organiques, et du sang artériel, c'es(-k-direles conditionsde la nutrition de tous les tissus vivants. •Le stimulus spécial transmis par les nerfs moteurs n'est donc que l'une des causes propres à mettre en jeu l'irritabilité musculaire (!)• La contraction s'opère par le raccourcissement du muscle avec endurcissement momentané de son tissu, sans augmentation de l'afflux sanguin, sans changement de couleur; pendant la contraction, les fibres sont agitées par un mouvement continuel (agiution fibriliaire) et qui produit un bruissement particulier, percevable à Faide du stéthoscope ou par l'application du doigt sur le conduit auriculaire. Chaque fibre musculaire devient alors le siège d'une ondulation qui la traverse avec une grande vitesse, et qui détermine sur son passage un gon- Bernent de la fibre aux dépens de sa longueur. Malgré h rapidité et la petitesse de ces mouvements, d'iiahiles expérimentateurs sont parvenus k les enrelistrer graphiquement, et, grâce aux belles recherches d' Aeby et de Marey , nous poQfons nous (aire une idée exacte de la durée, de l'ampiitude, de h forme ntaie des secousses musculaires.
On a établi, par des expériences directes, qu'une fibre contractée se rac- ^Mrcit d'un quart de sa longueur; la rapidité de la contrKtion peut être très- V^i^, comme dans le saut, dans la parole, etc. ; quant à sa force, elle peut *U^ jusqu'à la rupture des os, des ^pments, des tendons. Rameaux (2) Ta Anloée d'une manière ingénieuse : comme toute force peut être représentée P*** «me certaine masse multipliée par la vitesse, la force d'un muscle ei>t
0) Lengal, ÀnaÊomk dm i^ème mtmiw. tais, 1818, U I, p. 81, 89. ('} Hantau, ComMémtùms sur iet muteêew. Paris, 1884» fai4.
fMfiE] DES MOUVEMENTS EN GÉNÉRAL. 209
^ale au poids qu'il supporte, c*est-à-dirc à sa puissance, niuliiplîée par sa vitesse de contraction; il résulte de là que la force d*un muscle augmente avec la vitesse de sa contraction : en effet, les ruptures des os, des tendons, etc. , surviennent dans des circonstances on la contraction musculaire a plus de vitesse que d'énergie, comme celles où il faut éviter un choc, une chute, etc. / Dans le relâchement qui succède à la contraction, le muscle revient à ses dimensions et à sa consistance antérieures. Mais d'autres phénomènes accom- |)agnen( et suivent les trois temps élémentaires du mouvement : chaque stimu* lation nerveuse dirigée sur les fibres musculaires détermine une accélération de la marche du sang et une élévation de la température locale; chaque contraction, en condensant le tissu musculaire, active la désoxygénation du sang artériel dans les capillaires, exprime le sang veineux et le fait refluer dans les veines superficielles, qu'il dilate; les artères, protégées par des dispositions particulières contre les effets de celte compression, continuent de recevoir leur part de Fondée systolique. Les muscles, prenant leurs points d'attache sur les pièces du squelette, exercent sur elles une traction en se contractant. Ces pièces étant presque toutes mobiles les unes sur les autres et toute contraction nécessitant un point d'appui solide, il s'ensuit que le mouvement le pins simple fait entrer en jeu l'antagonisme d'un nombre plus ou moins grand de muscles. Tek sont les phénomènes primitifs et locaux de l'exercice. Par sa répétition fréquente il favorise la nutrition des muscles, l'accroissement de leur volume, la coloration de leur tissu ; les leviers osseux, tiraillés^ sollicités par l'action musculaire, se développent et leurs saillies se prononcent davantage, les surfaces articulaires se déterminent et s'adaptent mieux, leurs moyens d'union se fortifient, les mouvements s'étendent et se perfectionnent; la circulation, d'abord augmentée dans les muscles qui se contractent, s'accélère bientôt d'une manière générale; la fréquence et les autres qualités du pouls sont en rapport avec le genre d'exercice, les efforts qu'il nécessite, la vigueur de la constitution et le degré d'habitude : la natation agite extraordinairemenl le cceur chez les novices, qui n'en supportent que de très-courtes épreuves ; les sujets aguerris y résistent une demi-heure et plus sans trouble excessif de la circulation. Les évaluations numériques que Nick a faites du mouvement circulatoire produit par chaque mode d'exercice n'ont aucune importance en pratique. La respiration et la calorification suivent le rhythmc du cœur. La première de ces fonctions s'exécute avec plus de vitesse, et l'air expiré est plus altéré ; la seconde manifeste son augmentation par la chaleur générale et les sueurs. Les muscles vivants respirent, c'est-à-dire absorbent de l'oxygène et exhalent de l'acide carbonique et de l'azote; ces phénomènes se continuent encore dans les muscles de grenouille récemment préparés et à l'état de repos; ffuand on en provoque la contraction, l'échange de gaz est plus que doublé, et il se développe en même temps de la chaleur et de l'électricité (1). La seule con-
(1) Matleueci» Hecherches sur ies pftéMiuènes p/tysiques et rhwtiques de la contrac" fion mutculairt (Comptes rendus de VAcad, de< sciniccs^ 1856, 1. XLII, p. 619j. M. UvT. Hygiène, 5* ÉoiT. n. ^ 14
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DES NOliVKNEiNTS EK GÉNÉRAL.
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D*où Ton voit qae Texercice modiGe la coostituUon chiroiqae des muscles en augmentant la proportion des matières extractives, et cette modification |)orte principalement sur les matières azotées du muscle; car Uelmboltz, ayant dosé les proportions de graisse contenues dans les tissus, les a trouvées égales dans les deux membres de la grenouille. Quant au sucre (inosite) il diminue d*unc manière très-sensible pendant les contractions musculaires et se trouve remplacé par une quantité à peti près équivalente d'acide lactique.
Un exercice soutenu, par la perte matérielle et dynamique qu'il occasionne, préparc une digestion et une absorption plus énergique, mais il trouble les fonaions s'il oolocide violemment avec leur activité. Le docteur Beaumont a vu qu'un exercice modéré élève la température de l'estomac d'environ ou degré, et fait marcher la digestion avec plus de vivacité. Les sécrétions périphériques sont activées par la locomotion aux dépens des sécrétions internes ; la transpiration cutanée, la synovie, sont versées avec plus d'abondance; Turinc et le mucus diminuent en proportion. Quant à la nutrition, elle dépend, d'une part, des forces radicales et de la réparation alinientaire et, d'autre part, de la durée et de l'intensité de l'exercice; il faut réaliser une équation physiologique entre ces deux ternies. L'exercice détermine une perte représentée |nr la somme des excédants de matière transpiréc |>ar la peau, de substance brûlée par la respiration, de chaleur et d'innervation ; si la nourriture est proportionueile \ cette déperdition, il en résultera une accélération dans les phénomènes de rasMmilation et de la décomposition interbtitielles, sans atteinte à rintégrilé de masse et de |ioids. L'exercice combiné avec le régime deviendra dans ces limites l'un des plus sûrs moyens de réfection ou de renouvellement des matériaux de l'organisation. Le mode d'activité du cerveau qui met en jeu les instnniients de la locomotion diffère essentiellement de celui qui adapte cet orgMie \ l'expreasion des phénomènes |)syctiiques; il semble même qu'il existe uu antagonisme primordial entre ces deux formes de l'activité encéphalique; de là, poar les hygiénistes, la fiossibilité de coml>attrc les prédominance» variées du système nerveux |»ar rcxercice et la direction spixiale du système nrascvlaire. Les |»hréiiokigistes traduisent ces oppositions de la vie
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