‹ Traité d'hygiène publique et privée. v. 2 (volume 2)Chapitre 28 sur 107 · DÉSIGNATION DES PAS · texte numérisé non relu

DÉSIGNATION DES PAS

NOMBnE

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ESl'Ar.F.

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um* rainvli*.

KSPArK |»8rrourii

um* licuM'.

Pas ordinaires (de 66 centimètres) ....

Pas de route

Pas accéléré ^

Pas accéléré

Pas de charge

Pas maximum

Ainsi le soldat français, voyageant par étapes, parcourt, en moyenne, une lieue de poste par heure, y compris les petites haltes. Les distances parcoumes dans le même temps, en rampe et en terrain horizontal, sont dans le rapport de 2 à 5. Un piéton isolé qui fait une longue roule peut parcourir 6 kilomètres par heure, ou 100 mètres par minute; le pas de route étant de 8 décimètres, il fait donc 125 pas dans une minute et 7500 dans unejieure, et il peut soutenir celte marche pendant huit heures et demie par jour sans nuire à sa santé. Le fardeau du soldat s'élevant à 70 kilogrammes, sa dé|)ensc de fora* en voyage s'exprime par la iranslaiion de 70 kifogrammes à 51 kilomètres, ou de 3571 kilogramme» à i kilomètre.

PMftll DBS MOCVEMENTS EN PARTICULIER. 223

2? Saut, — Il résuke d'anc impulsion assez forte pour animer le corps d'un mouvement supérieur à son poids, et il met en action les membres et tout le corps, qul^ courbé sur lui-même, se redresse comme un ressort Dans la projection qui lot est imprimée par le saut, l'homme parcourt la diagonale d*unc série de parallélogrammes construits sur les diverses impulsions obliques et ascensionnelles que lui ont communiquées les diiïérentes fractions des membres et du corps (Gerdy). Quand la pesanteur fait équilibre à la force ascensionnelle affaiblie, il cesse de monter, et. quand cette force est épuisée, il tombe. Dans le saut oblique, il décrit une parabole ; dans le saut vertical, il s'élève et tombe suivant la verticale; dans le saut de côté, le membre pelvien opposé au eôté vers lequel on se dirige agit plus que l'autre, qui, lui, se porte dans l'abduction. Ce qui agrandit la base de sustentation dans le sens où le corpB s'incline, augmente l'obliquité de l'autre membre par rapport au trohc, et par conséquent sa force d'impulsion. Dans le saut sur un seul pied, il y a station sur un seul pied, puis mécanisme du saut ordinaire; mais le ressort moteur étant diminué de moitié, l'ascension aura moins d'étendue. Dans le saut sur les mains, les membres supérieurs agissent comme les inférieure dans le saut ordinaire, mais avec moins de force et contre un poids plus considérable, puisque le tronc reçoit l'impulsion à partir des aisselles, et non plus à partir des cavités cotyloTdes. En général, le saut exige la contraction de tous les muscles extenseurs du corps, le jeu de toutes les articulations ; mais les articulations des membres inférieurs et les muscles qui étendent la jambe sur le pied y concourent principalement, ceux-ci par une extension énergique et brusque, ceux-là par la rapidité et l'étendue de leur redressement : de ces conditions dépend l'intensité de l'impulsion communiquée au corps an moment oà s'arrête le redressement articulaire, et par conséquent l'amplitude du saut ; toutes choses égales, elle est d'autant plus grande que la flexion est plus complète, la contraction musculaire plus forte, les membres inférieurs plus longs. Chez les animaux, la force du saut est en raison du nombre et de la fongueur des aniculatioiis dont se compose le membre inférieur ou postérieur, de la vigueur et de la vitesse de contraction des muscles extenseure qui les déploient. Après l'exercice du saut, les muscles sterno-pubien et dorsosous-acromien sont les plus endoloris. Quetelet a déterminé par des expériences la hauteur et la longueur moyennes du saut de l'bomme considéré à divers Ages de la vie :

LoDguciir (la saut. lUutotir du saut.

17 ans 2»,04 0",8l

i8 ans 2»,1A 1",00

Dans les sauts que Londe appelle composés et compliqués, le corps ne reçoit des membres inférieure qu'une demi-impulsion, complétée par l'effort considé* raUe des menibres thoficîqiies qui saisissent avec les inaius un point d'appui,

pbivêe] des mouvements EN PARTICULIER. 225

longueur des membres pehiens, considérés comme pendules. Les nègres suivent les pas rapides d*un cbe?al ; les indigènes de Formose et quelques autres peuplades sauvages prennent le gibier à la course. En Angleterre, des coureurs ont fait 25 milles par jours, à reculons, pendant six semaines : le coureur Toronsed a été, de la même manière, de Londres à Brigbton (72 milles) en huit heures. Ces hommes sont soumis à des préparations, dites entraînem^/(l),qui ont pour but de réduire le poids de leur corps et d'augmenter la puissance de leur respiration. A cet effet, on débarrasse leurs corps de la graisse et du superflu des liquides qui abreuvent le tissu cellulaire, à l'aide des purgatiiis^ de la diète et des sueurs provoquées le matin par des courses à jeun et entretenues ensuite par Tingestion de boissons théiformes. Après celte première opération, qui exprime du corps les sucs inutiles, on s'occupe à développer les muscles et à donner plus d'énergie aux fonctions nutritives par un exercice graduel et régulier, combiné avec un système convenable d'alimentation. Indépendamment des conditions d'organisation qui constituent le coureur par excellence, il est quelques règles dont l'expérience a montré l'utilité : ainsi il faut rejeter en arrière la tête et les épaules, tant pour empêcher le centre de gravité de s'incliner trop en avant, que pour convertir la portion cervicale du rachis, les os des épaules et les humérus en un système solide qui serve de point d'appui à l'action des muscles auxiliaires de la respiration. Le balancement des bras, inverse au mouvement des jambes, corrige les aberrations latérales de la progression ; mais il ne faut point détruire, par l'excès de leur agitation, la fixité du thorax sans laquelle le bassin lui-même n'offre qu'un point d'appui vacillant aux membres abdominaux. On ne multipliera pas les contractions musculaires en relevant les jambes sur les parties postérieures et supérieures des cuisses ; on appliquera chaque pied sur le sol par toute la plante à la fois, car on ue peut courir longtemps et avec force sur la pointe des pieds. Au reste, étant données la taille d'un homme, sa force musculaire et la longueur de ses membres, on prévoit que sa vitesse de locomotion sera d'autant plus grande que ses membres, véritables pendules, battront plus, ou, ce qui revient au même, que la longueur d'oscillation de ses pendules propres sera moindre. Plus donc le centre de masse du membre se trouvera rapproché de l'axe de suspension au bassin, plus la vitesse augmentera, toutes choses égides ailleurs. Malssiat, qui a émis des idées neuves et ingénieuses sur la station et la marche, précise ainsi les conditions nécessaires à une vitesse supérieure : pied petit et sec; jarret fin, mollet haut placé et de peu de masse, dune forte avec bras de forme analogue; en un mot, il faut des membres fommairement coniques, tels qu'on les goûte dans les beaux-arts (2). L'équilibre de l'attitude est pins difficile i conserver dans la course que dans la

(i) Jacpieiiiet, De F entraînement chez C homme au point de vue physiologique, pro" phy lactique H curatif, Piri», 1868, p. 40.

(2) MalMkt, Mémoires de physique animaiey 1843, p. 135.

M. UvT. Hjfièiie, 5* twT. n. — 15

226 DKS MODIFICATEimS. — GK8TÂ. [flYfiiÊNE

marche; les cbates sont fréquentes, le moindre achoppement les occasionne : les causes 8*en trouvent dans la vitesse croissante du mouvement qui entraîne le corps en avant, dans la projection continue et alternative de la ligne de gravité d*un membre sur Tautre, dans Tétroitesse de la base de sustentation représentée par la pointe ou la plante du pied.

La course est un exercice violent; elle accélère la respiration et la circulation, exalte la chaleur animale, Hait couler la sueur : Fessoufllement tient à ce que le coureur, impuissant à faire les inspirations profondes et prolongées dont il a besoin pour la succession des efforts, cherche à y suppléer par la fréquence des mouvements respiratoires, afin de fixer autant que possible sa poitrine et sa colonne vertébrale. Dès que ce phénomène commence, il ue respire plus que par les sommets des poumons dont les autres portions conserveiii Tair nécessaire à leur distension : ce mode de^respiration dure autant que le reste de la course, et ne cesse point aussitôt que Ton s'arrête. Les individus débiles ou à poitrine étroite s'essoufflent plus vite ; et ce serait faire violence à leur nature que de les astreindre à la course; il en est de même des personnes obèses, à ventre proéminent : Temphysème pulmonaire, des congestions vers la tête ou dans les poumons, les lésions du cœur ou des gros vaisseaux, seraient pour eux les suites de cet exercice souvent répété. Les coureurs ne tardent pas à ressentir dans Thypochondre gauche un sentiment de pesanteur et de gêne qui se change en douleur aiguë, et qui, rapporté à la rate, au diaphragme, est d'origine et de siège obscurs. La course peut devenir cause d'hémoptysie, de pleurésie, de gonflement splénique ; quand elle est trèsrapide et soutenue, la respiration a beau s'accélérer, elle finit par devenir insufiisante, et le coureur succombe à la suffocation ou à la fatigue. La course modérée développe les membres pelviens, procure à tous les organes des secousses utiles, influe sur la respiration, fortifie tout le corps; mais il faut y être habitué et comme dressé. La course cadencée ou pas gymnastique remplit ce but ; on s'y prépare |)ar des mouvements sur place accompagnés de la prononciation de monosyllabes à haute voix (un, deux; gauche, droite, cic ). Ces préliminaires assouplissent les articulations^ renforcent les muscles des pieds, des jambes et des cuisses, rendent la dilatation des poumons plus facile et d'accord avec les mouvements des organes locomoteurs; le rhythme favorise la répétition rapide et prolongée de ces divers actes par l'impulsion magique qu'il donne à la spontanéité organique. Le pas de course gymnastique ou cadencé est de 1 mètre de long, et le nombre de pas est de 200 par minute; le pied doit raser le sol, y poser légèrement |>ar les brisures phalangiennes, le haut du corps doit pencher légèrement en avant, et les avant-bras sont alternativement un peu lances dans le même sens pour donner le branle au coqis.

Le saut de la course est plus long que le pas de la marche, le premier dure moins que le second; c'est donc dans la course que l'homme acquiert le maximum de vitesse de déplacement Les frères 'Weber ont obtenu les résultats

FIIvtEl DES MOUVEMENTS EN PARTICULIER. 227

suivants de vitesse maximum dans les trois modes de loœmotion les plus usités :

Marche tor la pointe M arrbe inr le

du pied. talon. Course.

Longueur du pas ou du saut O^^TôSO 0",8656 1">,7270

Durée du pas ou du saut 0'',323 0'',332 0^^227

Vitesse de déplacement^ ou espace

parcouru en une seconde. ..... 2",347 2'°,608 7'»,600

Espace parcouru en une heure '. . . 8d50 9389 27360

On voit par là que si la course pouvait se soutenir au maximun de vitesse, l'homme parcourrait en une heure une distance de sept lieues de poste (28 kilomètres).

6' Dame. — Mêlée aux rites des religions primitives, aux exercices de la gymnastique militaire des anciens (danse pyrrhique), aux plaisirs des cours les plus policées, aux festins aiïreux des anthropophages, la danse u*est plus aujourd'hui que la frivole parade des salons ou l'indécente mimique des bals publics. L'exercice dont Socrate a loué l'utilité pour le développement de la force et de la grâce du^orps, que le roi psalmiste exécutait pieusement devant l'arche sainte, qui faisait partie des solennités de l'Église primitive, que Henri IV et Louis XIY aimaient avec prédilection^ cet exercice sert aujourd'hui d*accompagnement à l'orgie, ou se pratique dans le méphitisme de salons encombrés, avec des toilettes qui étranglent les formes organiques sans les protéger contre les vicissitudes de l'air, pendant les heures de la nuit où le corps affaissé réclame le bienfait du sommeil. Cependant la danse pourrait contribuer à l'éducation physique et seconder l'harmonie du développement; elle est un correctif de la vie sédentaire qui tient dans l'inaction les extrémités abdominales. Dans les figures variées qu'elle décrit, tantôt elle combine ensemble les phénomènes de la marche et du saut^ tantôt elle agite d'un mouvement accéléré et rhytbmique toutes les parties du corps en l'entratnant danâ les girons de la valse; elle force les danseurs à tenir la tête droite et les épaules effacées, et d'agrandir ainsi leur thorax ; ils répètent avec vivacité les extensions et les flexions, ils se trouvent à tout instant détachés du sol et flottants dans l'air par le redressement subit des articulations ; le choc qu'ils ressentent à chaque retombée se répercute dans tous les organes ; la circulation, la respiration, se précipitent, la chaleur s'accroît, la sueur coule, toute l'économie éproove une vive et agréable excitation. Les danseurs de profession nous oflbnit, dans leur structure, l'effet spécial de cet exercice journellement prafkpà : la nutrition exagérée des muscles du bassin et des membres pelviens, h proéminence de leurs fesses contrastent avec la gracilité de leurs membres thoraciqoes et la maigreur de leur cou; ces formes leur communiquent une apparence aemi-féminine. Le moral est souvent impressionné par la danse ; le capitaine Gook en a fait pour ses équipages un antidote contre la nostalgie. Klle est, peur te jeunesse des deux sexes, une sorte de conflit, autorisé où l'âme slnipivi de vagues instincts, où s'exaltent tous les penchants qui entrai-

228 DES MODIFICATEURS. — GESTA. [hygiène

Dent la nature de l'homme à la sociabilité; sous Taiguillon de Tamour-propre et de Témulation des sens, non moins que par la direction des actes musculaires, le corps se redresse avec plus de grâce, de ressort et d*agilité. L'influence physique et morale de la danse est une ressource thérapeutique pour provoquer la menstruation en retard, ou pour en combattre les irrégularités; mais elle est pleine de périls d*un autre genre : trop répétée, elle surexcite les organes de la circulation, si mobile, si irritable chez la jeune fîlle à peine pubère, et la crainte d'être sevrée d'une jouissance favorite fait taire la douleur, signal d'une lésion grave qui débute et qui s'installe sous le prestige d'une pâleur intéressante et sous les coquettes splendeurs de la mode. Quelques personnes ne supportent point le roulis de la valse; des symptômes très-analogues à ceux du mal de mer^ tels que maux de tête, vertiges^ nausées^ vomissements, syncopes même, les en éloignent irrésistiblement.

5^ Escrime. — L'exercice du pieu^ auquel s'appliquait l'infanterie romaine dans le champ de Mars, est l'origine de l'escrime dont le Vénitien Marozzo a le premier formulé les principes (Modène, 1536). La fureur des combats singuliers attira à Paris, vers le milieu du XYI* siècle, un essaim de maîtres d'armes. Henri III les érigea en corps de communauté; Louis XIV leur accorda la noblesse après vingt ans d'exercice à Paris. Quant à l'instrument de l'escrime, c'est l'épée avec les modifications que le temps lui a fait subir : courte, forte et tranchante sous les Francs et les rois des deux premières races, longue sous saint Louis (estocade), courte et large sous Henri IV (braquemart), ou large et grande au point d'exiger le maniement à deux mains (espadon), moyenne et plate sous Louis XIII ou à trois côtés formant triangle (carrelet). L'escrime nécessite une grande variété d'attitudes, la souplesse des articulations, de rapides alternatives dans les mouvements de flexion et d'extension, de pronation et de supination, dans tous les muscles des jambes, des cuisses, des bras, dans plusieurs muscles du torse et de la tête, etc. Gomme c'est la main qui porte et pare les coups, l'escrime perfectionne les mouvements partiels de la main (parades) et ceux de l'avant-bras (bottes); elle les combine, les mêle pour tromper l'adversaire par de fausses attaques (feintes) : Tassaut est l'image d'une lutte à outrance. Dans la défensive, les muscles de Tavant-bras et de la main sont les seuls qui agissent avec force. Dans la fenlc, le corps, supporté par les membres inférieurs fléchis, se projette brusquement en avant par l'extension de l'un des membres pelviens et l'abaissement simultané du membre thoracique du même côté. Pour la reprise de la position dite en garde, le tronc est vivement reporté à sa place par l'eiïort combiné d'un bras, des muscles postérieurs du tronc et des deux membres inférieurs. Il n'est pas d'exercice qui exige autant de force, de vivacité et de précision dans 'es actes musculaires; la rivalité prolonge la résistance à la fatigue; l'imprévu ^e Tattaque varie â l'infini les contractions musculaires et les poses du corps. L'excitation de la lutte tend tous les ressorts, supplée \ la force» fût taire la <^n::»ation de la fatigue ; aussi les anciens recommandaient l'escrime pour faire

privée] des mouvements en particulier. 229

maigrir. Cet exercice développe surtout les muscles des membres, moins les jambes que les cuisses, assouplit les ligaments articulaires, distend la poitrine et agrandit ses diamètres, donne à tous les mouvements plus de prestesse et de sûreté, aux attitudes plus d*aisance et de fierté^ imprime au tronc et aux viscères des commotions saccadées qui activent la circulation, applique les yeux à la juste mesure des distances et renforce leur faculté d'accommodation, réagit sur les facultés cérébrales en accélérant les déterminations et en procurant à tout homme le sentiment de ses forces. L'inconvénient de l'escrime, habituelle: ment pratiquée, est de produire un excès de nutrition dans la cuisse, l'avasl» bras et le bras droit ou gauche, suivant que le tireur est gaucher ou droitier ; le membre thoracique du côté opposé, servant seulement de balancier, n'exécute que des mouvements de totalité par l'articulation scapulo-humérale ou de légers eiïorts d'extension et de flexion ; même inégalité d'exercice et partant de nutrition entre les membres pelviens : celui qui est porté en avant supporte le poids du corps dans la fente et repousse le sol avec force pour le replacement en garde, tandis que le membre opposé ne joue que pour de faibles alternatives d'extension et de flexion. Les efliets partiels de l'escrime n'affectent toutefois que les tireurs de profession, et sont corrigibles par l'exercice à deux mains : en se faisant droitier et gaucher à tour de rôle, on recueille tous les avantages de l'escrime^ sans compromettre la symétrie de forme, de force et d'adresse des deux moitiés du corps.

ô*" Billard. — Il occupe sans fatigue l'esprit et le corps, perfectionne la faculté d'accommodation optique et l'adresse manuelle ; on marche, on se penche, on se redresse; tous les muscles participent alternativement à cet exercice, qui n'est pas assez violent pour troubler la digestion : la conversation qui l'accompagne y joint l'exercice des organes vocaux et l'expansion heureuse du moral : mais il doit être pris dans un local vaste, bien aéré, et que n'empoisonne point un mélange d'émanations animales et de vapeur de tabac

7° Chasse. ^ Elle constitue un ensemble d'exercices aussi variés que mal réglés ; elle oblige à marcher, à courir, à sauter, à se pencher, à se tenir debout ou sur les genoux, à crier, etc. ; elle aigui.se la vue et l'ouïe ; elle met en jeu l'adresse, la ruse, l'amour-propre. Portée souvent jusqu'à la passion, elle fait oublier le boire, le manger, les devoirs de la vie : voilà pour son action directe sur l'Iiomme. Ensuite elle l'expose et l'aguerrit aux vicissitudes de l'atmosphère; elle le conduit dans les marécages, dans les profondeurs humides des forêts, sur les crêtes balayées par les vents, etc. Certaines chasses exigent donc la force plutôt qu'elles ne la développent; les hommes faibles ne peuvent braver la violence, la diversité, l'imprévu des épreuves corporelles qu'elles multiplient, sans compter avec les intempéries du ciel, les difficultés du sol et les dangers du maniement irrégulier des armes à feu. Pris dans une mesure lestreiote et à de certains intervalles, cet exercice fait une utile diversion aux hahitiides de stagnation sociale qui enchaînent tant d'individus, et il dissipe raoMaat de matière organique qu'ils amassent Ceux qui s'y livreot

f%\Hs] DBS MOUVEMENTS EN PARTICULIER. 231

▼Met, et par la répétition fréquente de la posture qui produit ces phénomènes, des varices, des anévrysmes, etc. Les douleurs^ les accidents, les lésions qui résultent de ces gênes de la circulation, atteignent plus particulièrement les sujets débiles, cacochymes et valétudinaires.

i^ Station verticale, — La ligne de gravité aboutit à Tespace couvert et intercepté parles pieds ; si elle sort de ce polygone, Téquilibre est rompu, et la chute ne peut être empêchée que par un effort musculaire ou un secours étran» ger qui ramène le centre de gravité dans la base de sustentation ; celle*^ augmente par Técartement des pieds. L'attitude verticale, fort compleie, résilié de la station des différentes fractions du corps les unes sur les autres. Nous n'avons pas à la discuter : rappelons seulement que le pied, moulé sur le sol, sert de point d'appui à la jambe maintenue verticalement, et tout le reste de l'édifice humain repose sur le tibia de manière à représenter un système de leviers du premier genre, superposés et consolidés les uns sur les autres par des puissances faisant équilibre à des résistances placées en sens inverse. C'est aux muscles contractés que l'on attribue généralement le rôle principal dans l'assiette rigide et invariable de différentes parties du corps humain debout Maissiat nie que la contraction musculaire persiste aussi longtemps que nous pouvons conserver certaines poses de station : l'extension du bras devient intolérable après un temps fort court; il est d'ailleurs d'observation que l'homme en station paisible se tient sur un seul membre. Cette attitude, que les physiologistes ont considérée comme exceptionnelle, comme un artifice de soulagement, Maissiat a démontré qu'elle est naturelle et s'effectue par un mécanisme dont le ressort est une bande fibreuse appelée par lui ilio-trochantéro-tibiale, et limitant la distance maxima du tibia à la crête iliaque, ou du grand trochanter à la crête iliaque. Des recherches de Maissiat il résulte que la station en attitude non symétrique, sur un seul membre, l'autre restant souple, fléchi et pendant du tronc au sol, est celle qui procure à l'homme le plus grand repos musculaire. Déjà Léonard de Vinci avait averti les peintres que la pose sur un seul membre est le caractère de l'attitude naturelle de station. L'installation de l'appareil optique est liée au mécanisme de la station comme à celui de la locomotion, f^ vue fait la sécurité de l'homme en repos, comme elle précise la trace et le lieu où il se porte par locomotion ; la convergence des yeux lui vaut la perception exacte des distances ; leur divergence lui permet la surveillance latérale, ambiante; et portée jusqu'à l'opposition, elle lui donne la perspective simultanée de tout l'horizon. Quand la station bipède se prolonge, la fatigue se fait sentir particulièrement dans le cou, le dos et les lombes, qui soutiennent la tête et le thorax^ dans les muscles des fesses et des mollets, qui s'opposent à l'abaissement du ventre sur les cuisses, et à la flexion des cuisses sur les jambes, La durée de la station verticale dépend du rapport entre la puissance des organes érecteurs et le poids des parties à soo« tenir; elle Citigue vite les femmes enceintes^ les individus à ventre pro^nl* neoC 00 diargés d'un fardeau, les individus à pieds plats, c'est-à-dire laiis

mrtE] DES MOUVEMENTS EN PARTICULIER. 285

plut6t de voitares cellulaires, mais une suite de salons roalants avec terrasses et galeries extérietires, commuiiiquant à l'intérieiir dans toute l'étendue du train, permettait ainsi aux voyageurs de s'attabler, de s'étendre, de circuler au dedans comme au dehors, de jouir des beaux sites en été, de satisfaire libre* ment aux besoins d'alimentation et d'exonération, non aux heures fixes et durant les instants fugitib des arrêts de station, en même temps qu'aux agents du service d'exercer leur contrôle sans perte de temps, à l'abri des intempéries, et d'assurer la sécurité physique et morale de toute une population flot-* tante sous leur garde. La disposition des trains en Suisse et en Allemagne se rapproche de ces conditions, tandis qu'en France les voyageurs sont parqués, encellfilés, condamnés dans les trains express à une immobilité de longue durée, à une solidarité gênante. Que dire des voitures de deuxième classe, qui, confortables en Allemagne, en Suisse, n'offrent pas même en France un point d'appui aux bras des voyageurs et les ballottent sur le même siège; des voitures de troisième classe, qui n'ont pas toujours été couvertes et exposent encore aujourd'hui à de dangereux courants d'air, si ce n'est que le trafic a peu compté avec l'humanité en tous ces arrangements, et qu'à maints égards, le transport des hommes en chemin de fer a un caractère de violence et de brutalité?

Les mécaniciens, les chauffeurs et les conducteurs sont exposés à des courants d'air qui sont d'un effet glacial en hiver, ils cherchent ï s'en préserver à l'aide de cache-nez, de casquettes de fourrure, de vêtements, etc. ; les con* dncteurs ont aujourd'hui des guérites ouvertes du côté opposé à la traction ; mais ni les uns ni les autres n'échappent à cette influence rhumatisante. D'après Uuchesnc (i), les mécaniciens et les chauffeurs éprouvent, au début, et après un long trajet, une courbature générale, une fatigue extrême dans les jambes et souvent un lumbaga Après dix ans de services continus, ils éprouvent, par suite de leur position sur les locomotives, des douleurs dans les membres inférieurs, avec un froid considérable au genou ; ces douleurs s'étendent ensuite au bras droit; il en survient d'autres, sourdes, continues, persis» tantes, avec Kentiment de faiblesse et d'engourdissement dans la continuité des os, dans les articulations fémoro-tibiales et tibio-tarsiennes, rendant très-pénibles la marche et la station debout Ces douleurs traduisent probablement une altération de la moelle, due à la trépidation des locomotives et à la station debout trop prolongée avec efforts d'équilibres incessants. C'est ce que Duchesne a nommé h maladie des mécaniciens, presque tous réduits à abandonner après vingt ans au plus, le service des locomotives. Les médecins attachés aux chemins de fer (2) se sont élevés unanimement contre les observations de Duchesne ; loin de nous de mettre en doute l'exactitude des leurs; mais, s'ils

(i) Duchesne, />?.♦ cfiemins d^ fer et de leur influenee, etc, Ptith, 1857.

(3) C DerilUen, Bacherch&t sur Us maladies des diverses professions des chemins de fer, Pirii, 1857. — Cahen, Union médicale. 6 arril 1857. — Bisson, Guide méd^ cal des emphfféâ des chemins de fer. Piria, 1858. — - Pietra-Siuita, Chemins de fèret santé publique. Paria; 1861.

236 DES MODIFICATEURS. — GESTA. [iTGiÈifE

nient la maladie des mécaniciens, ils en reconnaissent quelques éléments : Oevilliers admet la fatigue des extrémités inférieures et en accuse la trépidation ; Gahen a vu que les mécaniciens ne con8er?ent Téquilibre qu*au prix d'eiïorts musculaires incessants, etc. Quel est le mécanicien qui ne se plaigne des effets de la trépidation? Quel voyageur ne les a ressentis dans les trajets à grande vitesse et d'une certaine durée? Pour nous, que des missions annuelles forcent tous les ans à parcourir de grandes distances sur les rails et soumettent quelquefois pendant plusieurs semaines sans interruption à Taction de ce mode de transport, nous avons éprouvé, sous une forme plus on moins passagère, la plupart des symptômes qui constituent, suivant Dnchesne, le mal permanent des mécaniciens émérites : les longs trajets en chemins de fer ébranlent le système nerveux, détermine des douleurs rachidiennes, le lumbago, etc., et ce qui nous étonne, c*est que chauffeurs et mécaniciens résistent vingt ans au régime quotidien de la trépidation.

Quant anx accidents dus au fonctionnement des chemins de fer, ils ont été moins fréquents en France qu*en Angleterre, et surtout qu'aux États-Unis. Les calculs auxquels s'est livré Pietra-Santa {loc, ctï.) établissent que les chances d'accidents sont treize fois plus considérables en diligence qu'en chemin de fer. Voilà de quoi rassurer déjà les timorés, en attendant l'atténuation des mauvaises chances des chemins de fer par les perfectionnements que la science apportera tôt ou tard anx systèmes de signaux, de freins, de moyens d'arrêt, etc.

3"* Navigation, — Elle s'accompagne, comme la vectation, de mouvements volontaires dont l'énergie et la multiplicité varient suivant l'état de la mer, la marche du navire et le degré de participation anx manœuvres qui s'y «xécntent. L'influence de la navigation se compose d'ailleurs de tous les éléments hygiéniques des cités flottantes où s'entassent les hommes pour un temps plus ou moins long (voy. Professions, Marins). Nous ne parlerons ici que d'un effet spécial de la navigation, quoique d'autres modes de progression le développent également chez quelques personnes.

Le mal de mer ne respecte aucune constitution, aucun âge; cependant les très-jeunes enfants, les nourrissons, n'en sont point sensiblement incommodés ; quelques personnes en sont complètement exemptes. L'habitude l'amortit par degrés et en prévient le retour; quelques individus ne recueillent point le i>éiiéfice du temps et ne s'amarinent jamais; d'autres ne sont malades que par les très-gros temps ; il en est qui échappent au mal pendant leurs premières nat^gitions et qui en sont atteints plus tard. Nous avons fait de nombreuses traversées, les deux premières à la distance de i!i50 lieues marines, avec rafales et grains : le mal de mer ne nous à pris qu'à la sixième. Il débute par le vertige, par le trouble visuel ; survient ensuite un malaise épigastriqne, et quelques voyageurs privilégiés n'éprouvent que ce degré; l'état nauséeux est un degré plas avancé du mal. Le plus souvent, les nausées sont suivies de vomissements ^^^es pour les uns, convnlsifs et navrants pour les autres : entre deux éjec-

privée] des mouvements EN PARTICULIER. 237

lions par en haut, la prostration est extrême; plus elles se répètent, plus augmentent la faiblesse générale, le brisement des membres. Le pouls est lent, petit, concentré, ou large et mou, suivant que les spasmes redoublent ou s*apaisent par intervalles ; le malade éprouve des alternatives de chaleur et de frisson ; sa peau est décolorée et couverte d'une sueur froide ; les traits sont tirés, la voix faible; Taspect des mets^ les boissons même provoquent son dégoût et un surcroit de nausées, souvent il y a de la salivation. Après un ou plusieurs vomissements, un peu de réaction se manifeste; le pouls se ranime, la face est moins pâle, la peau devient halitueuse et moite ; des bâillements et des soupirs soulagent, Tanxiété respiratoire diminue, mais cette amélioration ne dure point Une nouvelle secousse du navire; la vue d'un compagnon de voyage en proie aux mêmes souffrances, l'odeur désagréable des cabines, il n'en faut pas plus pour renouveler le malaise nauséeux avec toutes ses suites; à la un, le patient tombe dans un état de somnolence et d'anéantissement tels qu'il se laisserait fouler, tuer sans aucun effort de résistance : combien de fois ai-je vu des femmes, dans les angoisses de ce mal, oublier jusqu'au sentiment de pudeur qui est Vultimum moriens de leur nature ! Quand les passagers sont nombreux, le spectacle des malades qui gisent épais et gémissants est fait pour troubler les bien portants, et, sans des soins vigtlants de propreté, l'accumulation des déjections peut devenir une cause d'infection. Nous avons pu apprécier les inconvénients d'un pareil encombrement à bord de la frégate la Victoire^ où nous avons été embarqué en 1831 avec un bataillon du 2k^ de ligne, et surtout en 185i!i, dans notre voyage en Orient. Il est rare que le mal de mer entraîne des dangers ; néanmoins Allard cite un cas d'encéphalite, et Mesnard (de Rochefort), un cas de gastro-entérite, dus au mal de mer et suivis de mort; l'hématémèse est souvent produite par les convulsions de l'estomac ï vide.

Le mal de mer a, dit-on, servi de moyen thérapeutique contre l'hypochondrie, certaines nx)nomanies; il est probable que les guérisons, si elles sont réelles, ont été opérées par le concours de toutes les influences physiques et morales qui se lient à la navigation ; nul doute qu'elles ne constituent une ressource précieuse de perturbation morale : les spectacles imposants ou terribles qu'elle déroule, les tableaux mobiles de la vie du bord, les manœuvres hardiesde l'art nautique, les succussions que le tangage et le roulis impriment au corps, la spécialité de l'atmosphère, du régime et de l'exercice, l'émotion sans un qui domine les hôtes passagers de ces frêles édifices que la vapeur ou lèvent pousse sur les abîmes, etc., voilà de quoi remuer l'âme, de quoi changer la direction des actes cérébraux et même celle des autres fonctions. On a attribué aux secousses de la navigation une influence favorable sur les maladies du foie et des canaux biliaires, sur les coliques hépatiques et rénales (1), etc. Celle qu'elle exerce sur les diarrbies chroniques et les dysen-

(1) Voy. FonisagrÎTef, Traité cTkyg, nav. Paris, 1856^ p. 184. — Ch. Lévdque, De ia navi^ion amsidiréi comme mcyen de thérapeutique (thèse). MoutpeUler^ 1853.

mvtil DES MOUVEMeNTS EN PARTICULIER. 2dd

1^ que le vertige, cause première du mal de mer, est dû à Tiguorance du mouvement auquel on est livré; 2^ que le vertige ne paraît pas lorsqu'on se rend compte du mouvement par la comparaison du corps oscillant avec la ligne fixe de rborizon ; S® que cette connaissance permet de se maintenir dans la verticale, et, par conséquent, de soustraire le tronc à roscillation : résultat plus facile à obtenir dans la station debout que dans la position assise. Qu'on observe les marins : le navire s*abaisse-l-il devant eux, ils ont Tair de descendre une montagne; se relève-t-il, de la gravir (tangage); s'incline-l-il alternativement sur ses côtés (roulis), de monter ou de descendre laiéralumenL Si Ton compare la position de leur corps avec rborizon^ on voit qu'ils restent toujours dans la verticale, et leur base de sustentation suit seul le mouvement oscillatoire. Pour résister au roulis, ils flécbisseut alternativement Tune ou l'autre jambe; contre l'oscillation dans le sens autéro-poslérieur du corps, celui-ci se porte en avant ou en arrière, de sorte que la verticale forme un angle plus ou moins aigu ou obtus avec la plante du pied; les mouvements angulaires de l'articulation tibio-tarsienne étant limités , force leur est de s'appuyer aux objets environnants par les très-gros temps où l'osciUilMia du navire dépasse les limites de la flexion ou de l'extension du pied; c'est œ qui s'appelle avoir le pied marin : artifice de station qni consiste simplement à maintenir ie tronc dans la verticale, qoeb que soient les mouvements du navire. Pour l'acquérir, il faut pouvoir apprécier le sens de chaque osciilalion, au moyen d'une ligne fixe de comparaison, et cette ligne, c'est l'horizon; dès qu'on le' perd de vue pour regarder les vagues ou le navire, le vertige survient, on n'a plus la perception nette du mouvement auquel on est livré, et les jambes ne s'y accommodent plus par des flexions convenables. Dans la station assise, où le bassin est fixe, il est plus difficile de maintenir le thorax et la téie dans la verticale en fléchissant sur la colonne lombaire qu'en fléchissant sur les membres inférieurs.

Les passagers novices, qui ne raisonnent pas leurs allures d'après ces données, se comportent comme s'ils étaient sur la terre ferme, le sol étant trop haut ou trop bas pour le mouvement qu'ils font avec leurs jambes; ils ont Pair, montant ou descendant un escalier, de rencontrer une marche de plus Ott de moins qu'ib n'ont compté ; de là leur marche désordonnée, leur trouble qui les fait se cramponner à tout objet, à tout individu qui se trouve à leur portée. Celte méprise cruelle et incessamment répétée des mouvements qu'il Ciat faire pour progresser, Aronssobn l'ajoute aux causes qui concourent à provoquer le mai de mer ; mais il en voit la cause essentielle et première dans le vertige, dans le trouble cérébral résultant de la confusion des images que prodoisent dans rceil les objets livrés à un mouvement dont nous ne nous rendons pas compte : le vertige du nouvel embarqué» comme le vertige du dansear, provient du manque d'un point fixe de comparaiton.

On a dit que dans le mouvement d'ascension du tangage la nausée commence, et que dans celui d'abaissement le malaise s'exaspère et atteint son

2)0 DLS MODIPICATECRS. ^ GESTA. [irGiE.m

luaiinium d'intensité (i) ; qoc le roolis prépare la crise et que le tanc:azr la décide ensoitc. £Dtre ces deox genres d'oscillations, il n'y a d'antre diiïérenco que celle de l'étendue. Un tangage fiolent produit une sensation désagréable, distincte du mal de mer, dans la région de l'estomac, et que rappelle, dans une nuance très-alténoée, la succession de U balançoire, au moment où l'un des deux occupants toacbe du pied U terre pour remonter. C'est à ce phénomène qu'il faut^ avec Aronssobn, rapporter le tiraillement du plexus solaire et la succussion des viscères dont parle Keraudren.

« Avec la connaissance du problème k résoudre, avec une volonté ferme et patiente et une somme de courage suffisante pour ne pas se laisser rebuter par une légère fatigue et pour surmonler quelques sensations désagréables, il est aisé d'éviter le mal de mer, c'est-à-dire d'acquérir le pied marin au bout d'un temps très-court; ne pas s'asseoir, ne pas se tenir aux objets fixes, ne pas perdre de vue rborizon, et rapportera cette ligne immuable tous les mouvements du na\ire; suivre par la flexion des jambes toutes les oscillations, de façon à laisser toujours le tronc dans la verticale. Quand le navire plonge, marcher comme si l'on descendait une côte; quand il s'élève, marcher comme si on la montait ; si Too descend dans l'entrepont, regarder un objet suspendu ; ne jamais perdre de Toe ce principe qu'il faut se rendre compte du mouvement pour ne pas en être troublé. • Ce travail, plus encore intellectuel que physique, n'étant pas à la portée de tous, J. Aronssohn conseille, pour donner le pied marin à ceux qui s'embarquent, de les exercer à marcher^ à accomplir tous les actes de la vie sur un plancher oscillant au moyen d'un mécanisme. Cette gymnastique préparatoire supprimera peut-être bien des souffrances en mer, et nous souhaitons qu'elle soit expérimentée par les régiments destinés à naviguer, par les élèves des écoles navales, etc

Se soustraire k la vue du navire oscillant et mobile, ce n'est point éviter le mal nautique, car, du temps de la traite, il atteignait les malheureux entassés dam la cale des bâtiments négriers. Dès les premiers prodromes du mal, il faut se placer au voisinage du grand mât, où les mouvements se font sentir avec moins d'intensité qu'aux extrémités du navire, et prendre des aliments en dépit de la répugnance qu'ils inspirent : le peu de chyle qu'ils fournissent dans l'intervalle des vomissements soutient l'organisme; le reste offre prise aux contractions convulsives de l'estomac, le vomissement étant beaucoup plus douloureux dans l'élat de vacuité que pendant la réplétion de ce viscère. Les sucs acidulés apaisent un peu les crampes de l'estomac et modèrent la sensa> lion de la soif qu'on ne peut souvent satisfaire pendant une longue traversée. On peut se dispenser en quelque sorte de l'acclimatement nautique en restant couché dans un cadre suspendu, sans frottement sensible aux points d'attache, et, dés les premières atteintes du mal, le moyen le plus efficace pour ceux qui n*ont point le courage de lutter énergiquenient contre la tendance à l'inertie,

(i) Ch^ l*cIUrin, Sur ie mal de mer (Annales d'hygiène et de viéd, léguie^ ». XlVilï, 4847, p, 313).

PtiïftE] DES MOUVEMENTS EN PARTICULIER. 2&1

c'est la position horizontale avec la tête un peu basse dans un cadre bien suspendu. Quant aux spéciû(|ues dont les inventions industrielles se succèdent, il n'en existe qu'un seul contre le mal de mer, c'est de mettre pied à terre. Le oollapsus, les angoisses qu'il occasionne, cessent comme par enchantement dès que l'on a touché le sol : on dirait une révivification.

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