‹ Traité d'hygiène publique et privée. v. 2 (volume 2)Chapitre 29 sur 107 · IV. — Mouvements communiqués et volontaires · texte numérisé non relu

IV. — Mouvements communiqués et volontaires

i*^ Fquitaiion. — On a dit que l'homme reçoit, comme un corps privé de fie, la somme de mouvement que le cheval lui communique à chaque déplacement ; il n'en est rien, et l'art du cavalier consiste précisément à rompre les colonnes de mouvement transmis par le cheval, à neutraliser par les attitudes les effets du choc^ à se lier au cheval de manière à suivre les contractions et les ondulations de son corps, sans en recevoir trop d'ébranlement par réflexion et conflit II faut considérer dans l'équitation deux ordres de mouvements, ceux que le cheval exécute, et ceux que fait le cavalier pour se maintenir en équilibre sur une base mobile et pour gouverner sa monture; les premiers dépendent de la nature du cheval, de ses allures et de la qualité du sol. Chaque race équine a ses propriétés, déterminées par la conformation : les chevaux limousins, haut jambes et jointes, ont des allures très-douces; il en est de même des chevaux arabes, andalous, portugais, tandis que les chevaux anglais, normands, mecklembourgeois, hanovriens, etc., impriment à ceux qui les montent des secousses très-fortes. Quant aux allures du cheval, trois lui sont naturelles : le pas, le trop et le galop ordinaire. Dans le pas, les jambes du cheval se meuvent alternativement et en diagonale, et elles se posent de même, c'est-à-dire qu'à la droite de devant, qui se lève la première, succède la gauche postérieure, à celle-ci la gauche de devant, et enfin la dernière ou droite postérieure : cette marche, où le centre de gravité n'est point dérangé, est la plus douce et peut être accélérée à volonté. Dans le trot, les extrémités se meuvent aussi en diagonale, mais leur lever et leur poser sont simultanés; il n'en résulte qu'une seule battue quand le trop est franc ; cette allure occasionne des succussions, des sautillements continuels, et ne convient point aux malades ni aux valétudinaires. En Angleterre, où les chevaux ont le trot très-dur, on a adopté une méthode dite à l'anglaise, et qui consiste à briser chaque heurt du cheval par un mouvement alternatif de flexion et de redressement du tronc Le galop ordinaire est produit par l'enlevé de l'avant sur l'arrière-main, suivi ou accompagné du transport en avant de toute la masse, au moyen de l'ouverture des angles articulaires des extrémités postérieures précédemment fléchies et plus ou moins eng^iées sous le corps : c'est l'allure naturelle la plus élevée, la plus rapide, la plus propre à gêner la respiration. Les allures que le caprice ou la mode impose aux chevaux sont le petit galop, dit allure des dames; le galop de course ou ventre à terre, allure dangereuse et fatigante pour le cheval et pour rbomme; et Tamble, alhure très-alloDgée et très-peu détachée de terre V. Utn. Hygiène, &« éoit, lu — IS

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rer iDcessamment les efforts musculaires ToUigc à faire des inspirations plus profondes qui augmentent rbématose; l'appétit, rendu plus actif, invite à une alimentation plus abondante, qui, mieux élaborée, fournit avec luxe à l'assimi^ lation. Ainsi, réduction des pertes organiques, accroissement de la nutrition, tel est le résultat définitif de l'exercice équestre. Si Ton objecte la maigreur et la fin prématurée des postillons, des courriers, etc., que Ton se rappelle que ces individus abusent de Téquitation, qu'ils sont fréquemment privés de sommeil, adonnés aux excès alcooliques jour et nuit, en butte aux intempéries de Tair, etc. : ils sont surmenés. Tel n'est point le lot des officiers de cavalerie, et l'on trouve parmi eux des exemples de l'influence heureuse de Téquitation employée avec ordre et méthode; ils acquièrent généralement une constitution pléthorique et replète. C'est en développant celte forme de santé et en augmentant tous les actes de la vie nutritive, que l'exercice du cheval peut remédier à l'excitabilité morbide du système nerveux, à des affections spasmo* diques, etc. ; aussi l'a-t-on recommandé dans les cas d'hystérie, d'hypochondrie, de céphalalgie chronique, de toux et de palpitations nerveuses, de chorée, etc. C'est qu'il y a dans la plupart des névroses deux éléments tellement combinés, qu'en neutralisant l'un, oo guérit l'autre, savoir : éréthisme et faiblesse. En donnant de la tonicité à tous les systèmes vasculaires, en faisant pénétrer plus aisément le sang dans tous les tissus et jusque dans les derniers ramuscules capillaires, en sollicitant par la succussion des viscères abdominaux la sécrétion des fluides gastrique, biliaire et pancréatique, Téquitation relève les forces or* ganiqucs. £n même temps l'espèce de gymnastique qu'elle coumiande contribue au développement et à la vigueur des muscles, particulièrement de ceux du tronc et des extrémités tlioraciques : c'est ce que tous les voyageurs ont remarqué chez les Gauchos, ces Scythes du nouveau monde, qui passent leur vie à cheval. Le moral est modifié par l'éciuilation, d'abord en vertu de la réaction que l'état matériel des organes exerce sur lui, ensuite en raison des excitations directes qu'il reçoit. L'émotion timide du noviciat dans les manèges, l'étude inquiète des mouvements du cheval, l'espèce de lutte qui s'établit entre lui et le cavalier, les élans et les prouesses de l'émulation, l'attachement même que lui inspire l'animal qu'il monte habituellement, les impressions plus rapides et plus variées que procure cet exercice, la fierté qu'on éprouve involontairement à dominer l'espace de plus haut et avec une plus grande puissance de locomotion : voilà autant de sensations inconnues du piéton, pour qui la promenade n'est souvent, comme l'a dit Voltaire, que le premier des plaisirs insipides. L'équitation entraine-t-elle l'affaiblissement de l'activité génitale, rimpuissance? Ceux qui ont attribué cette opinion à Hippocrate ne l'ont pas lu ; en parlant des Scythes, il signale leur constitution lymphatique, froide et tuolle, pca propre 4 la génération : « De plus, harassés par une perpétuelle équiuiion, ils perdent de leur puissance virile (1). » Plus loin, il revient sur

(i) Hippocfito, (Bwrts compièles, trid. de LiUré, t. II, p. 75.

2H DES MOnincHTCUnS. — CESTA. [IFTr.lÈ^E

les eiïelflde cel cicrdcc exagéré: « iÀoà l'équilaiion est un exercice joiiniali<T, iKniicoup sont aiïeciés d'engorgement de» artkubUoiis, de SLiaticitie. de Rinltc, ei deviennenl inliabilMi i h g^néraiivn [page Kl). ■< Rrowii a fait la inime irinarqoi^ RUr les Mamclukii, cl l'on a si^l6 l'atrophie des lesiicales chez le roi Charies Xlf , de Suéde, qui STait (lassé sa TJe fi cheTaiichci-. Rica d'étonnant (jue la suracUviLé peniiancnte d'»D certain nombre d'organes ou de •iyRléinettnrgant(]n<« famé laire les fonctions d'un atilre : première explication que rend encore plus vraisemblable l'ensemble des inanvaLses conditions de la ïie des Scythe»; cnnuito il ml r«onnu que l'assiette du cavalier, te fntttemcnl du périné«, t'échauiïemenl et le ballottement des organes géniuai ('i)tn-ltcnnent en eux une surcicilaliou pennanentc; de là des excès, des pollutions qui dégénèrent plu» tard en pertes séminales involontaires: autre caasc dinvirilité, d'autant plus prompte ï s'établir que l'équitalion est plus assidue, l^llemand n'a garde de l'oublier, et nous croyons qu'elle explique en partie le paiisage d'ilippocrate, applicable seulement i l'excès journalier de l'exercice équeNtre. Il y a eic^s, uoD-sculcioent quand l'équiiation se prolonge journellenii'nt outre mesure, mais encore quand il existe une disproportion entre li's mouvements du cheval et les forces de l'individu. L'fquitalion a d'ailleurs Ae.H i lia m vé ni eut» : elle prononce te ventre, diminue pr les secousses des visci res le reïsorl des anneaux inguinaux, donne lieu à des bcniies, dont la production est encore favorisée par la compression que les ceintures ou les pantalons exercent sur l'abdomen; fe trot, en faisant retomber le tronc sur la selle, expose les testicules U des froissements qui, souvent répétés, agissent sur leur texture ; les effortN néceasaires (mur dompter uu cheval rétif, l'émotion fréquente du danger, précipitent les mouvements alteniaiilii de llexion et d'i'xteiuion du tronc, occasionnent dos maux de reins, l'iiéinatiirie; quant aux hémorrticides, D. J. I^rrey ne les a pis observées pins fréquemment clii^z li^cavalien que chez les fantassins; au contraire, il a vu l'exercice du clicval Kuérlr celle maladie. L'éqottalion, i titre d'agent prophylactiqne et curatif, a Iroiité d'eniboiisiasies fauteurs : désobstruant pour les viscères abdominaux, grAce A l'activité qu'il imprime i ta circulation de la veine porte, pltis edicacr contre la phthisie que le mercure et le quinquina contre la syphilis « la lièvre inlermiitcnte (Sydeuham), emménagogue. anliscn)fuleDX, anliciilorotique, Plrfcilique dus névroses et des diarrhées aloniques, etc. , cet exercice ne coh- ^Jitue-l-il pas aux jeux de Sydenham le traitement de la plupart désaffections ^^roiiiqaes ()j ^t un moyen de régénération do saiigî » Qtiid çwwf lani/uix ^^îÇprtiio Aqc rmiitt imfetinmter exogilatu* oc prrmittv» qutai retanjatur ac

PBiYte] BES MOUVEMENTS EN PARTICULIER. âA5

les mouTements expansifs qu'elle procure et qui opèrent une révulsion sor les organes internes; 2* par Ténergie qu'elle donne à la nutrition; 3^ par la tonicité générale qu'elle coromanique à l'organisme; 4^ par les roodiGcations de l'intellea et du moral.

2^ Natation. — L'homme n'est pas organisé pour nager, puisque sa station naturelle est la verticale, et l'extrémité la pins lourde de son corps, celle où se trouve l'entrée des voies aériennes; le poids de l'encéphale est au poids total du corps comme 1 à 25 (Ghaussier et Cuvier) ou comme 1 à &0, 50 et même 60 (Gall) ; la pesanteur spécifique de l'encéphale, comparé à l'eau distillée, est dans l'homme adulte : : 1310 : 1000 (Ghaussier). Dans cet exercice, il exécute des mouvements volontaires sans lesquels il ne pourrait se soutenir à la surface de l'eau ; en même temps il subit l'impulsion du courant plus ou moins rapide, les chocs de la vague, les douches de l'eau qu'il divise et qui reflue sur lui, etc. Les individus riches en tissu lamineux et graisseux ont moins de pesanteur spécifique que le volume d'eau qu'ils déplacent; ils ne se servent de leurs membres qu'en guise de rames, pour régler leur direction ; pour eux la natation est à peine un exercice. Dans le mode de natation le plus ordinaire dit en brasse, les membres supérieurs et inférieurs, préalablement fléchis jusqu'à jonction des mains vers le menton et des talons vers les fesses, se déploient brusquement par un mouvement d'extension isochrone; les mains, qui étaient assemblées en pointe, rompent le fil du liquide, les pieds le repoussent, et, pendant que les talons sont de nouveau rapprochés des fesses, les extrémités thoraciques s'écartent en arrière pour repousser l'eau ; il y a donc extension, flexion, adduction, abduction des membres, inspiration prolongée pour fixer le thorax et augmenter la légèreté spécifique de la masse humaine, contraction soutenue des muscles postérieurs du cou pour relever la tête au-dessus de l'eau. La natation sur le dos met surtout en action les muscles des membres inférieurs et ceux de la partie antérieure du cou, l'occiput plongeant un peu dans l'eau; dans une variété de la natation dorsale dite en planche, la poitrine est fortement distendue par une grande quantité d'afar dont le renouvellement est retardé autant que possible, et le corps, maintenu dans l'immobilité par les extenseurs^ flotte horizontalement sur l'eau au gré du courant; l'eau plus dense de la mer se prête mieux à ce mode de natation et le rend plus actif par le jeu de la vague. La natation appelée la coupe fatigue plus et exige une grande vigueur : le nageur domine Teau de sa tête, agit par les membres pelviens comme dans le premier mode, moins l'isochronisme de leurs mouvements; mais, de ses membres thoraciques, il décrit alternativement un demi-cercle hors de l'eau, projetant l'un en avant pour rompre le fil du liquide qu'il repousse en arrière avec l'autre. Il est beaucoup d'autres allures de natation qui ont pour efiet d'exercer plus particulièrement un certain nombre de muscles, sans que les autres portions du système musculaire y restent étrangères. L'influence de ces mouvements diversement combinés se croise oécesBiirement avec d'autres influences qui dérivent de k température

i>ft6 mu MODmCATEOAS. — GËStA. riiTGiÉKB

deseauî, de là durée de rimmersion, etc. Le grand bienfait de la natation est d'apaiser les centres nervenx par une révulsion soutenue sur les muscles et de fortifier ceux^i sans frais : en eiïet, Texercice à Tair libre occasionne chaleur, sueur, etc. ; dans l'eau des rivières ou dans la mer, l'excédant de calorique 4ine l'action musculaire développe est enlevé directement an corps à mesure qu'il se produit, sans dépense de matière organique par évaporation. Nous avons vu que la transpiration cutanée est au moins fort réduite dans l'eau froide; aussi la natation est-elle presque le seul exercice possible dans les régions tropicales, dont les indigènes vivent en partie dans les flots de la mer et sont renommés comme les plus merveilleux nageurs. Le mécanisme fondamental de toutes les façons de nager indique un autre résultat qu'elles réalisent : c'est Tampliation de la poitrine qu'elles obligent à gonfler et à maintenir dilatée à l'aide d'inspirations profondes et soutenues. La natation ^8t l'un des meilleurs exercices à prescrire dans l'adolescence et dans la jeufiesse; elle convient surtout pour combattre l'onanisme et ses conséquences. Ouant aux précautions qu'elle exige, elles sont les mêmes que nous avons indiquées pour les bains froids.

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