EXEMPTIONS
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EXAMI.^Éfl.
Failie.
Intirniitês
pubuque] de la taille dans LES RACES. 285
suivons les autres peuples montagnards, nous les voyons^ en nous avançant vers le sud, à mesure que la latitude plus froide les force de descendre des plateaux sur des points moins élevés, prendre une taille plus élevée ; les Âraucanos sont plus grands que les Péruviens, et les Fuégiens qui, au milieu de leurs montagnes glacées, en suivant le littoral seulement, sont plus grands que les Araucanos. Sous les zones chaudes, nous trouvons les mêmes circonstances en descendant des plateaux sur le versant oriental des Andes« » Le même auteur, an sujet du rôle de l'abondance et de la disette dans l'accroissement de l'homme en hauteur, n'a rencontré que des faits négatifs : « Les Péruviens, qui de tous temps ont eu des troupeaux et ont poussé très-loin l'art de l'agriculture; les Cbiquitiens, toujours cultivateurs et chasseurs, les premiers parmi notre race ando-péruvienne, les seconds parmi notre race pampéenne, sont les plus petits. De toutes les nations de leur race respective, les Fuégiens et les Yuracarès, chasseurs et pécheufs montagnards, les Patagons, chasseurs sur les plaines, sont au contraire les plus grands de tous, et l'on sait de combien de privations momentanées est entourée la vie nomade et hasardeuse du chasseur^ surtout dans la Patagonie, le pays le plus stérile du monde. » I^n Coindet (1) a confirmé l'influence de l'altitude sur la taille par ses laborieuses recherches sur les hauts plateaux du Mexique. Pendant la durée de l'expédition française, il a trouvé, sur :
Taille moveuoc
600 Français l^.ee
500 Mexicains (créoles, métis^ Indiens) 1"^,62
200 Indiens purs 1"*,60
100 Métis 1".63
La taille est donc plus élevée chez les Européens que chez les créoles et les métis, chez ces derniers que chez les Indiens. Léon Coindet croit donc à l'action de l'altitude sur la stature, même chez les animaux; ainsi, le cheval, importé au Mexique, est moins grand que celui dont il tire son origine, d'un tempérament sec et nerveux, bien musclé^ solide, très-rustique ; le mulet est aussi un animal importé sur l'Anahuac, et, malgré son peu d'apparence et sa petite taille, nos vétérinaires l'estimaient presque à l'égal du mnlet arabe.
Les peuples les plus grands habitent pour la plupart l'hémisphère austral, soit dans l'Amérique du Sud, soit dans plusieurs archipels de l'océan Austral. Les peuples les plus petits existent en général dans les parties les plus reculées de l'hémisphère boréal; on en trouve aussi sous l'équateur et dans le voisinage du cap de Bonne-Espérance. Dans les deux hémisphères, par une coïcidencc d'éléments ethniques, les contrées les plus froides ne présentent que des races extrêmement petites. En Europe, c'est la Suède, la Finlande, la Saxe, l'Ukraine, eta , qui offrent les plus hautes statures.
Au reste, suivant la juste remarque de Quatrefages (2), le rapport de la plus
(1) Léon Coindet, Mém* de niéd,, chir. et pharm. milit,, t. XXI, 3* série, 1868, p. 197.
(2) De Qualrefiifes, Unité de Fespèce humaine, Paris, 1861, p. 151.
publioue] type organique et physiologique des races. 287
grandes tailles deviennent plus rares, et que la taille de la population française tend, quoique avec une gradation très-lenle, à s'uniformiser? Nous ne croyons ni à celle eflicacité ni à celte multiplicité des croisements; les races comptent à peine avec les siècles; longtemps encore la Bretagne et la Normandie con* trasteront par leurs différences de stature, mais la conclusion que nous tenons à formuler ici, et qui paraît hors de conteste, c'est que la taille moyenne tend à croître ; en ce point, pas de décadence.
Les conditions de taille exigées dans les diiïérents corps de Tarmée seront indiquées plus loin (voy. Hygiène militaire).
ARTICLE n.
TYPE ORGAinQUE ET PHYSIOLOGIQUE DES RACES.
Les différentes races d'hommes se distinguent-elles les unes des autres par des caractères fortement marqués, uniformes et permanents, comme se distinguent entre elles les diverses espèces d'un genre quelconque d'animaux? Suivant Prichard (1) et de Quatrefages (2), ces caractères varient dans la même race; par les nuances presque insensibles de leur gradation, ils semblent réaliser les phases d'une transformation progressive, et beaucoup d'entre eux paraissent être le produit du temps et des agents extérieurs. Ceci s'appliquerait même aux diversités les plus fondamentales des races : ainsi chez plusieurs (nations indo-chinoises) qui ont originairement le crâne pyramidal et la face élargie du type mongol, Prichard a vu la forme ovale de la tête et les traits du ty[>e européen apparaître, non-seulement comme variété individuelle, mais très-souvent comme caractères distinctifs d'une tribu. Dans l'hémisphère austral, sur le plateau de la Cafrerie, on trouve des Africains noirs, à chevelure laineuse, avec des traits presque européens, tandis que les Hottentots nomades des plaines basses reproduisent presque tous les caractères physiques des nomades de la haute Asie. En un mot, une seule nation présente la réunion de plusieurs types crâniens, et le même type se rencontre chez des nations appartenant à des races tout ^ fait distinctes. A¥. Edwards (3), qui place au l>remier rang les indices tirés de la forme et des proportions de la tête et des traits du visage, explique ces faits par la formation de nouveaux types à côté des types primitif qui subsistent. Il admet que ceux-ci peuvent traverser intacts une longue suite de siècles, malgré les influences combinées des mélanges de races, des invasions étrangères et des progrès de la civilisation. A la vérité, l'extension des races intermédiaires tend à restreindre les types primitifs; mais
(1) Prichard, Histoire naturelle de V homme ^ traduit par le docteur Roulin. Paris, 1843, t. Il, p. 234.
(2) De Quatrefages, X-nité de V espèce humaine. Paris, 1861.
(3; W. Edwards, Des t.nrnctt*rp^ itlnjsinliujiqHe^ de^ rorrs humnine'f^ cousidéréf dans ieurs rapports avec C histoire (lettre à Amédée Thierry). Paris, 1829, p. è5.
288 DES RACES. [htciâne
ceux-ci se rclrouveàt dans uue partie de la populalioo. Les grandes nations de Tautiquité ont encore leurs représentants dans les masses modernes; car c'est aux masses qu'appartiennent la persistance et la pérennité, le plus petit nombre ne pouvant imposer son type au plus grand. En outre, dans le mélange de deux races inégales, la moins parfaite tend à s*ciïacer : d*un blanc et d'une négresse sort un enfant mulâtre; deux mulâtres de sang égal qui se marient engendrent un enfant plus blanc que ses parents. C'est une loi de la nature que dans la production des hybrides, les formes mixtes tendent à retourner aux types dont elles dérivent, Thybridité tend à disparaîire. Et si Ton considère que les phénomènes d*ordre psychologique suivent dans Thomme une marche parallèle à celle du développement physique, on voit que les mélanges, les croisements^ même en proportions égales, des races moins favorisées avec les représentants les plus parfaits de l'espèce humaine^ seront les agents d'une fusion progressive et d'une véritable rédemption dont le terme sera Tassimilation des éléments ethniques inférieurs et leur absorption par les races d'élilc, auxquelles est visiblement dévolue l'initiative et la conduite de la civilisation.
C'est ici que l'hygiène se sépare de l'anthropologie, quand celle-ci se préoccupe, à l'exemple de N. Périer (1), de l'amoindrissement des races par les croisements, de la destinée des peuples suivant les mouvements imprimés à leur race, de leur décadence et de leur disparition du milieu des nations civilisées par l'altération profonde de leur type physiologique. Que la pureté du sang soit le souci du chef de famille, du chef de caste, -pour la sauvegarde d'une beauté héréditaire, des attributs d'une aristocratie. naturelle, nous le comprenons; mais le physiologiste, l'hygiéniste, sourient complaisamment à la dispersion de ces trésoi*s dans un cercle grandissant d'alliances et de mélanges; il en est des propriétés d'un sang supérieur comme de celles du levain, elles se communiquent à la masse, se reproduisent et se conservent indéûniment. Tel est d'ailleurs le mécanisme du perfectionnement des races médiocres, disgraciées, et c'est un fait providentiel que toutes les variétés de l'espèce humaine se conviennent plus ou moins, se croisent aisément et contractent des unions fécondes (2). La formation des races métisses est une œuvre de durée; mais telles circonstances, l'isolement, le petit nombre des éléments producteurs, l'accélèrent, et de nos jours on a pour ainsi dire assisté deux fois à cette cxpérience.anthropologique : les forêts d'Àranca (Brésil) ont servi de refuge contre les blancs à un certain nombre d'indigènes et de noirs, et de leur union sont sortis les Cafusos, décrits par Martins; les révoltés de la Bountay et les Tahiliens dont Beachey et de Blosseville ont recueilli l'histoire, ont créé une |)opulation, mélange aujourd'hui florissant du sang anglais et du sang polynésien. Les Griquas et les Basters du Cap sont des métis d'Européens et de Hottcntoto. Au Brésil, au Mexique, il y a plus de métis que d'indigènes de sang pur.
(1) N. Périer, Des aviiemenU ethniques (Mém. de la Société d'anthropoL, 1863, t. t, ^ 70).
(2) De Qiiatreia|et, ha^^rt sur les ifroyrè* de l'anthropologie, Vnrii, 1867, p. à29.
rukUQUB] TYPE ORGANIQIJE ET PHYSIOLOGIQI]E DES RAGES. 289
Dans la Louisiane, la Floride, l*Alabama, les mulâtres sont robustes, féconds, vivaces (Nott). Si négresses et blancs ont une fécondité médiocre, les mulâtresses et les blancs, les mulâtresses et les mulâtres ont une ample postérité. A la Martinique, le mulâtre, plus apte que le nègre aux travaux industriels, est alerte, bien développé, très-fécond (Rufz) La partie espagnole de Saint-Do- ' mingue présente un tiers de nègres, deux tiers de mulâtres et presque point de blancs. Depuis longtemps cette population métisse, qui n*est renouvelée par aucun arrivage, s'entretient par elle-même.
Dans une grande partie de TAmérique méridionale, où le mélange de deux races humaines s'opère sur une si grande échelle et va s'étendant sans cesse, les sang-mêlés, dit Martin de Moussy (v. de Quatrefages, op, cit., p. /^56), les sang-mêlés de toute origine pullulent et forment une population nouvelle, s*indtgénant chaque jour dav*antage et se rapprochant du blanc, qui, d'après ce qui se passe dans l'Amérique du Sud, finira avec le temps par absorber tous les autres. Cette supériorité de la race caucasique ne tient pas seulement à ce que le métissage est unilatéral et procède très-généralement non de la femme blanche, qui y répugne, mais de l'homme blanc; elle est le privilège de l'origine, le signe d'une véritable aristocratie de naissance; sa diffusion entre dans les plans du Créateur et dans les conditions du progrès : elle exige des siècles; l'extermination des races faibles se fait plus vite, mais les sociétés humaines doivent-elles ensanglanter leur berceau? — Maury, analysant les éléments ethniques des |)euples, voit la civilisation naître et grandir par le contact, le mélange, l'union ; Serres a dit que « plus un peuple acquiert d'éléments, plus il s'élève... A mesure que les caractères de la population se surajoutent les uns aux autres, sa vie augmente. « De Quatrefages présage aux races américaines en formation une supériorité provenant du concours que tous les groupes de la famille humaine leur apportent; elle sera la formule et la résultante de toutes les aptitudes propres aux races mères et de celles qui naîtront de leur croisement. Si l'unité n'est pas à l'origine des races, elle semble promise, à titre de couronnement, à leurs évolutions combinées dans un avenir que le flot envahisseur des émigrations et la rapidité croissante des transports sont destinés à rapprocher.
Les principaux types humains ont été ramenés à trois par Blumenbach : le caucasique, le mongolique^ Vét/nopique. Isid. Geoffroy Sainl-Hilaire y a ajouté le type hottentot, qu'on a tour à tour rattaché à l'un des deux précédents, dont il n'offre pas les traits; nous lui empruntons sa classirication siinpliGée (1) :
(1) Uid. Geoffroy Saint-Hilaire^ Mém. fie la Société (rnnthropoi., i, I, p. Iâ3.
M. UvT. lyfiiiiey 5* ÉDrr. ii. ^19
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PUlUOUl] TYPE ORGANIQUE ET PHYSIOLOGIQUE DES RACES,
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publique] type organique ET PHYSIOLOGIQUE DES RAGES. 203
polygénie ou de la monogénie humaine préside aux recherches des meilleurs esprits et les entraîne presque à leur insu, les conclusions demeurent flottantes, le domaine des faits va s'agrandissant par le travail des investigateurs, mais le terrain ne se consolide nulle part. Quels caractères plus évidents que ceux qui sont tirés de la coloration de la peau, du système pileux? Les partisans de Tunité primordiale de notre espèce se hâtent d*objecter que les différences les plus notables dans le système pileux et dans la couleur des animaux ne peuvent servir de base à des distinctions spéciGques, c'est affaire de climat : à la zone torride, les races noires; aux zones tempérées^ les races blanches; aux climats qui avoisinent la première sans en faire partie, les populations à teintes intermédiaires. La laine crépue du nègre, les petites mèches courtes et collées contre le péricrâne de la tête ratatinée des Cafres, les boucles à grosse frisure du Berbère, la chevelure ondée du Tibou, ne sont que les variétés d'aspect d'une production épidermique dont la structure est la même chez tous les hommes. Ceux qui attribuent à la race la prépondérance sur le milieu, signalent dans THindoostan les Rohillas à la peau blanche, aux yeux bleus, aux cheveux trèsblonds, les liommes aux yeux et aux cheveux très-foncés que l'on rencontre en majorité dans certains districts de l'Irlande, du pays de Galles et des flighlands de rÉcosse ; les Tziganes, venus de l'Inde et nous montrant jusqu'aux pieds des monts Cheviots le teint bislré, l'œil noir et les cheveux d'ébène des Hindous; la colonie allemande, fondée au XY* siècle dans le Paraguay par les soldats de (]harles-Quint, et qui, préservée de tout mélange, subsiste aussi blonde sous le tropique du Capricorne que ses ancêtres sur les bords de l'Ëlbe. Avec Pruner bey (i), le microscope relève la signification ethnique du cheveu. Arrivé à son complet développement, tout cheveu, si on l'examine longitudinalement au microscope, se classe dans l'une des catégories suivantes :
1^ Ligne centrale parfaitement diaphane dans tout son trajet^ et dont la largeur est en rapport avec l'épaisseur croissante ou décroissante du cheveu.
2'' Canal cellulaire plein et à bords moins réguliers, souvent interrompu, et en ces points un vide transparent, par l'absence de substance médullaire ; celleci diffère de la substance corticale par sa nuance ou plus foncée ou plus claire, ce qui est la règle, ou grisâtre et comme enfumée, surtout dans les cheveux blancs. Dans le cheveu noir, la substance médullaire^ lorsqu'elle se laisse apercevoir, est brunâtre; dans le cheveu brun foncé, elle est rougeâtre ou de couleur orange; elle est d'un jaune doré dans les cheveux moins colorés, soit qu'on l'y suive sous l'aspect d'un canal plein dans toute la longueur du cheveu, soit qu'elle n'y forme que des amas cellulaires plus ou moins allongés et s'amincissant vers leurs extrémités.
3* Dans une troisième classe de cheveux à pointe très-effilée, on ne découvre rien qui dénote une différence de structure entre leur centre et le reste; on y
(1) De la chevehure comme caracUHstique des races humaines {Mém, de la Société d'aHthmpoi., t U, IMS).
294 DB6 RACES. [HYGIÉMe
constate des raies très-fines et blanchâtres qui semblent des interstices séparant les cellules allongées ou fibreuses dont se compose la substance corticale.
A la première de ces trois catégories appartient la race aryenne^ surtout par ses rameaux à chevelure claire. On ne rencontre que par exception un canal médullaire vide et argenté , dans la chevelure claire de quelque Berbère, de quelque Turc, de quelque Égyptien ancien, et, dans ce cas, Torigine devient douteuse. Même dans la race aryenne, l'existence d'un canal diaphane n*csi pas un fait constant ; si on l'observe chez la plupart des Européens à cheveux clairs (Allemands, Slaves, Celtes, Français, Italiens, etc.), le canal est plein chez quelques individus de la variété blonde d'Irlande; les nations européennes à cheveux foncés présentent aussi une substance médullaire bien distincte, au moins dans les gros cheveux, et sur la même tête les cheveux les plus fins ont le canal vide. « Ainsi, dit Pruner bey, ce qui constitue la règle pour la chevelure claire des Aryens d'Europe, se présente, dans nos pays, comme exception pour la chevelure noire de la même race. » Les Aryens de l'Asie (Persans, Hindous), qui ont une chevelure très-noire, offrent un cordon médullaire coloré ou le centre du cheveu indistinct du reste, c'est-à-dire qu'ils rentrent dans la deuxième ou troisième catégorie; la seconde comprend la majeure partie des races humaines, Esquimaux, Lapons, Américains, Touraniens, Polynésiens, Australiens, etc.; dans la troisième, où se rangent le nègre, le Papou, le Malais, les habitants de l'Inde méridionale, les races à la plus noire chevelure, il faut noter cette particularité que, dès que la couleur des cheveux s'éclaircit un peu, comme chez les nègres à cheveux tirant sur le roux, le cordon médullaire y reparaît.
L'élude microscopique des cheveux au moyen de sections transversales sur des écliantillons d'un grand nombre de races. Ta conduit à compléter ce diagnostic rétrospectif: dans la coupe transversale des cheveux, pratiquée d'après les procédés qu'il indique, l'ellipse allongée caractérise les raêes nègres eu général aussi bien que la race hottoniote boschisinane ; les formes ovalaires appartiennent aux populations aryanes ; les formes circulaires plus ou moins régulières dénotent les races jaunes, américaities, etc. , et en ce point les races Wanches allophyles paraissent se rapprocher de ces dernières. Sur les tètes des métis, les formes de cheveux se mélangent. Les caractères des sections transversales peuvent varier, dans de certaines limites, sur la tète du même individu ; mais, hors le cas de métissage, jamais ou n'y trouvera réunies les formes extrêmes. Pour le discernement de la provenance et des mélanges ethniques, fa forme du cheveu a plus de valeur que la disposition anatomiquc de ses élénienis constituants. « Un seul cheveu, dit encore le savant anthropologiste, s'il a fa forme moyenne caractéristique, suffit à définir la race. Sur cette nouvelle échelle de comparaison, les Aryens occupent le milieu, les Papous, les Boscfiîsfnaiis et les nègres une extrémité, et à Tauire on trouve les Polyné- •««n»» les Malt», les Siamois, les Japonais^ les Touraniens et les Américains, y compris les Esquimaux. Pas un fait important d'organintion ou de confomia-
PUftUQUE] TYPE ORGANIQUE ET PHYSIOLOGIQUE DES RAGES. 296
tion qui ne prête à la même controverse. La distinction établie par Hetzins entre les dolichocéphales et les brachycéphales, subdivisés les uns et les autres en orthognathes et en prognathes, lui a permis de distribuer les races de toutes les parties du monde et de les grouper suivant ces grandes affinités ; mais que de différences de gradation entre les uns et les autres (Pruner bey) ! Pourquoi la femme est-elle plus brachycéphale que Thomme? Pourquoi la dolichocé^ pbalie et la brachycéphalie se rencontrent-elles dans plusieurs grands groupes humains (1), notamment parmi les Aryas, dont on ne peut séparer les Slaves brachycéphales, etc.? Même coïncidence de ces deux types crftniens dans ie vaste groupe mongol (Touraniens des linguistes) ; dans la Malaisie, à côté des populations brachycéphales, vivent des tribus entières qui sont dolichocéphales. Quoique la plupart des Polynésiens appartiennent à cette dernière variété, on trouve aux Hes Marquises, ft Fonga-Tabou, à Taîti, des brachycéphales qui ne diffèrent d'eux sous aucun autre rapport.
Il existe chez tontes les races humaines une remarquable uniformité relativement aux principales lois de l'économie et aux grandes fonctions physiolo* giqucs; mais, pour l'apercevoir, il faut faire la ptftt des modifications qui leur sont imprimées: 1* en vertu des nécessités d'adaptation au milieu extérieur; 2** en vertu de l'hérédité, qui fixe ces modifications et les habitudes acquises dans la descendance, quand plusieurs générations y ont participé. La température propre du corps est à peu près la même dans toutes les branches de la famille humaine ; la fréquence du pouls n'offre chez elles que des variations très-restreintes. Hailer a accrédité l'opinion que le climat détermine l'époque de la nubilité et la durée de la fécondité des femmes. On a expliqué la dépravation morale et la polygamie de l'Orient par la proportion plus grande des naissances du sexe féminin et par la précocité du développement et de la vieillesse des femmes. Les recherches de Nicbuhr étabiisi^ent qu'il ne natt pas plus de femmes en Orient qu'en Europe, et celles de Roberton, que les époques des révolutions physiologiques qui s'opèrent dans la vie des femmes sont à peu près les mêmes dans les divers climats : de telle sorte, ajoute Prichard, que, devant les grandes lois de l'économie animale, tous les membres de la famille humaine sont égaux. Il ne faudrait point prendre à la lettre ce décret d'égalité physiologique; en ce qui concerne l'époque de la puberté, on a noté des extrêmes énormes: 8 à 9 ans, 18 ï 19 ans, chez quelques tribus américaines dn Mord (Quatrefagcs, Rapport, etc.^ p. ZUU), Des extrêmes moins rares, 10 à 11 ans d'une part, 15 à 16 ans de l'autre, représentent encore des écarts considérables ; mais ils n'ont pas de fixité, et, dans l'immense majorité des cas, les différences se réduisent ft une variation moyenne de iU mois; entre les femmes pauvres et les femmes riches, elle est, à Rouen, de Ib mois au profit
(1) Pruner bey, Résultats de crdniométrie^ etc. {ètéin, dt la Société (VaHihropot.^U 11, 1866, p. 423).
ne M5 ftiCES.
de cdM-d (i); à ManeiBe, de 6 mois (2), à Berlia, de 1 a et & mob (doclear LoD» Mayer), à Floreooe, de 13 mm (3), àChnsdaBU, cliei les femiBn ■orwégieoBcs, de 6 WÊom wtiitmtaii^ tic. Là net et le dimat se disputent, cbcx ki aoicns ipi 6Bt agitf cette qocrtm, h prîoriié et r jolc^ sor rofvbtioiL I^gaera inpotei TéléaKiit gennainqiie, qui s'eM mêlé, après le départ des légms de Céur pour Mnmle, k h popiJatiop priouth e de StiiBlioiifg, fe rctari de h première meMtroMioB de an feminei, qm afec cdfedcs feminesde Berfio, de GoCttÎBgve (i6 ans), et aoi origiiies ligorcs, grib-celtcs et grecques des Bfaneillaia, le type in? erse de b mime Ibiictioo cbex lean femmes. A qiwî r^ioiid Radhorski par inestatiatiqiie de 1 00 feimi^ d'origiiieilafectdelOOfemDesjoifcsdePDiQgBeoà cette noe, placée sow OD dimat oppoaé à cdoi de la PakstiDe, coMcnre sa pureté, statiatiqoe rédigée par ledoctenr Ldbrmit médedn en dielde lliôpital de l'En&Dt-Jésos i Tarsofie, et qui abootitl cette coodosion : igede h première apparitioo des règles ches les femmes sémites, 15 aos 5 mds et 26 joors; cba ks femmes slaves catbdiqoes, 15 aos 9 mois; dlRraice, 3 mois et k jomrs en bveor de la nce joife. Citons on dernier eiemple i l'appui dn HMe qri est id défoin i la race: les femmes esqnimani du Labrador ont la même précocité que les négi esses de nos colonies (Quatrelages).
La plupart des naturalistes se contentent de saisir dans ces rapprochements les indices qui militent pour ou contre h doctrine de l'unité on db la moltiplidté des centres primitifs de Cmnations antbropologiqnes; l'hygiène poursuit, dans l'analyse de l'état des ibnctions cheslesraces humaines, les prticnlarités, les inégalités qui, pour être plus ou moins imputables aux influences extérieures n'aflecAent pas moins l'ensemble de b constitution, et font à chaque race, à chaque nation, leur mesure de résistance ? itale et leur imminence morbide, leur physionomie normale et pathologique. Quelques dattes et on peu d'ean suffisent II la nourriture journalière de l'Arabe du Sahara, tandn que l'Esquiroao se repaît d'une énorme ratfen de brd de baleine: cette différence d'alimentation est nécessitée pr le dimat; mab les habitudes qui en dérirent modifient l'état matériel et Factifité vitale des organes. f)e tii des résultats organiques qui se transmettent à leur tour par la génération. Les modifications acquises pr les ancêtres deriennent ainsi les traits congénitaux de b constitution de leur progéniture. De père en fib^ l'Arabe est svdte, agile, mnsculeui, quoique maigre ; l'Esquimau, trapu, gras et pesant. Les peuples qui habitent depab des sièdcs les hauteurs des Andes de l'Amérique méridionale (ks Quichuas et les Aymaras) auraient, d'après d'Orbigny, la poitrine plus développée et les poumons plus larges que les tribus du plat pays; vivant dans un air très-raréfié, ib sont obligés de compenser cette droonstance par le vo-
(t) LtuM, Congrèi infemaitonai médical de Paru. Paris, i868,
(2) Raeibonki, Traité de la memiruaiion. Paris, 1868, p. 2S1.
(3) RalbeUo Léri, ibid,, p. 223.
FUBLiQUB] TYPE ORGANIQUE ET PHYSIOLOGIQUE DES RACES. 297
lume de Tair inspiré, nous ajouterons ou par Taccélération des mouvements respiratoires. I.eurs ancêtres, qui vinrent les premiers se fixer dans ces régions élevées, ont eu à supporter le conflit dangereux de l'organisme avec un milieu pour lequel il n*était point créé. Le résultat de cette tentative d'adaptation, qui a sans doute coûté plus d'une vie, est devenu le caractère héréditaire de leur postérité. L'Indien des hauts plateaux du Mexique présente, d'après Jourdanet (i), une ampleur de poitrine disproportionnée avec sa taille, condition qui lui permet une activité musculaire, une puissance de travail, des fatigues, des courses, des transports à dos, etc. , impossibles à la race blanche» qui n'a pas encore accommodé sa respiration à l'air raréfié de ces altitudes (2). L'acclimatement d'une race ne s'achève qu'après une longue suite de générations: en d'autres termes, les changements qui ont pour objet d'approprier l'organisme au milieu s'opèrent graduellement, mais, une fois réalisés, ils se gravent en traits permanents sur la race. Le climat de Sierra-Leone, fatal aux Européens, épargne les, naturels; que si l'on y transporte de la Nouvelle-Ecosse des nègres libres dont les ancêtres ont habité pendant quelques générations un climat très-différent, ils éprouvent à leur arrivée les mêmes maladies que les Européens : preuve que l'immunité dont jouissent certaines races dans les climats funestes à d'autres provient, non d'une condition originaire, d'un antagonisme inné, mais d'une disposition acquise par les ancêtres et transmise par hérédité. Concluons que les races humaines, qu'elles émanent d'une source unique ou multiple, ont revêtu jusqu'à un certain point la forme physiologique des climats où elles se sont produites ou installées ; que les migrations et les croisements sont^ avec le climat, la cause la plus active de leurs métamorphoses; que les effets combinés de ces deux ordres d'influences s'impriment en caractères héréditaires dans les générations suivantes; que l'unité primordiale de l'espèce humaine, si elle existe, disparaît aux yeux de l'hygiéniste dans la multiplicité des transformations qu'elle subit, suivant les mélanges, les lieux et les temps, et par conséquent dans les différences de force organique qu'elles possèdent
(i) Jourdanet, Du Mexique au point de vue de son influence sur la vie de r homme, Paris, 1862, p. 98.
(2) Les observations et les résultats des mensurations faites sur l'Anahuac par Léon Coindet {foc. cit.) conflnnent non Tampliation thoracique des indigènes du Mexique, niais le fiiii général du rapporta peu près constant de Tampleur de la poitrine avec la taille. Ce laborieux investigateur a mesuré le thorax chez 500 Français, 500 Mexicains et 200 Indiens de Tacubaya et a trouvé pour la moyenne totale du développement thoracique :
Cbei les premiers 90,349
Chei les seconds 88,007
Chef las derniers 87,23
PtmUOOE] TYPE PATHOLOGIQUE DES RACES. 299
toujours l'anntage sur les Américains sauvages. Les races sauvages ont donc moins de force musculaire que les races civilisées. Mais, nous le répétons, si profonde que soit la triple action du climat, du régime et de la civilisation, chaque race possède, avec des conditions différentes de conformation^ une mesure différente de force intrinsèque. Dans toutes les autres races comparées à la race européenne, les membres présentent une plus grande courbure des os longs et des formes moins parfaites. Chez les nègres, les os des jambes sont déjetés en dehors, le tibia et le péroné plus convexes en avant, les mollets plus hauts, les pieds très^plats (Sœmmcrring), etc. Ces détails de structure rentrent dans rinfluence de rhérédité; ils ont un rapport manifeste avec la vigueur et la perfection des mouvements: dans la race git donc la donnée primordiale de la force musculaire.
Les expériences réunies de Régnier, Ransonnet et Péron se résument dans le tableau suivant :
FORCE CllMiTvatoun. ladividuê obtctrén. Manuelle. Réaale.
lui. MoyeoDM.
Régnier Français (25 à 30 ans). 50,0 13,0
Ranionnet. .... — (t5 à 45 aat) 46,3 14,2
Péron — 69,2 22,1
» Indigènes de la Nouvelle-Hollande. . 51,8 14,8
• Malais de nie de Timor 58,7 16,2
D*aprèj» Freycinet, on devrait lire, pour la force rénale indiquée par Pérou :