‹ Traité d'hygiène publique et privée. v. 2 (volume 2)Chapitre 41 sur 107 · PUBUQOE] VITALITÉ ET MORTALITÉ DES RACES · texte numérisé non relu

PUBUQOE] VITALITÉ ET MORTALITÉ DES RACES

Allemandfl. Oongrois. Croate^i.

Ans. Mois. Adi. Mois. Ans. Mois.

Vie moyenne 28 5 23 11 22 10

Vie probable 21 3 10 10 d 8

La supériorité vitale est aux Israélites du comité de Yieseiburg, malgré leurs conditions d'existence qui sont des plus modestes et des moins hygié* niques : dans les premiers jours de la naissance elle est énorme et s'explique, dit Glatter lui-même, par raffection des parents qui va jusqu'à ridolâtrie et par les soins minutieux dont ils les entourent. De 6 à 12 mois^ la période est moins favorable aux eniantsjuib, mais la récapitulation des décès de la naissance à 1 an constate encore \ leur profit un notable avantage : ils le conservent de 1 à 5 ans vis-à-vis des Croates et des Hongrois. De 5 à 10 ans, ils le perdent : « C'est l'époque, dit le médecin du gouvernement autrichien, où le fils du paysan chrétien est occupé en plein air dans les champs, dans les bois, aux travaux agricoles, si favorables à la santé et au développement des forces physiques, tandis que l'enÊmt juif passe ses journées dans l'enceinte étroite et insalubre des écoles, à étudier les livres saints. « — De 10 à 20, les Hongrois seuls dépassent la mortalité des Juifs; mais ceux-ci conservent encore à cet âge plus de survivants que les trois autres races (520 contre 513, 6/i5,8 et 395,6]. — De 20 à 30 ans, ils ont moins de décès que les Allemands et les Hongrois. — Même résultat de 30 à 60 ans. A partir de cet âge la mortalité juive l'emporte, parce qu'elle est fournie par un plus grand nombre de survivants. On est frappé du grand nombre de Juifs arrivés aux âges extrêmes . de la vie. Un recensement récent de Francfort-sur-le-Mcin (1) donne la proportion des individus âgés de plus de 60 ans pour 100 habitants :

f^tkoliques. Latbérieas. R^formép. Catholiques allemands. Juifs.

Allemands. Français.

Les documents statistiques font défaut pour l'appréciation de la mortalité et de la durée moyenne de la vie pour les races autres que celles de l'Europe ; les observations des voyageurs nous les montrent, comme ces dernières, subordonnées aux influences du milieu. Si les nègres du Sénégal et de la Guinée atteignent rarement un âge avancé (Adanson, liVinterbottom), s'il en est de même de ceux qui vivent sur les rives marécageuses dé la rivière Nunn, l'un desaflluents du Niger (docteur Oldûeld), les stations plus hautes sur le grand fleuve ont présenté un grand nombre de vieillards plus qu'octogénaires, et ce médecin a visité un vieux chef âgé, dit-on, de 115 ans (2). Les Lapons, au rapport des voyageurs qui les ont vus chez eux, arrivent à des âges avancés (70 à 90 ans).

(1) Beitrâge zur Statistik der freien Stadt FrankfurU 1 vol., IIP livre, p. 21; et Legojt, De la viialiti de la race juive {Joum, de la Société de statist,, 1865).

(2) De Quatrafiifet, Rapport, etc., 1867, p. 348.

lia D£S fUCE& [iroiiE

ARTICLE YI.

DtCÉKÉAÂTiOl.

Les raœt boniiiDet ne fe nuintieoiiait poiot dan le temps et dans l*espâce avec des earactèm immiiablcs ; il en est d'elles comme des espèces animales, qui sont modifiées par ledépbcement do climat natal dans on autre et par les droonstances de Fétat de domestication. Les animanz snhisBent des yariations dans leor conleor, dans la nature de leur tégument et de leur pelage, dans la structure de leurs membres, dans les proportions des diferses parties de leur corps, dans leurs fonctions, dans leurs habitiides, dans leurs iKultés intelleo tuelles, etc. Ces cim^ments se fixent dans la race et y persistent aussi longtemps qu'elle se propage sans croisements, toutefois sans altérer jamais le type de l'espèce. L'homme subit des influences analogues qui le pénètrent plus profondément encoro : \ l'action des climats s'ajoute celle de la fie sociale, des passions, des faitérêts, des agitations politiques, des idées religieuses, etc. ; plus ses facultés sont étendues, plus il est apte aux transformatiODS physiques et morales. L'histoire nous le montro doué d'une aptitude spéciale qui manque aux animaux, hi perfectibilité; et, tandis que Itt habitudes propres ï chaque espèce animale se transmutent avec une oonsunte uniformité de génération en génération, l'homme manifeste une tendance aux changements, qui peut avoir quelquefois pour résultat temporaire un recul dans le passé, mais qui, en général, le fait at ancer dans les voies de la ci? ilisation.

Les conquêtes qu'il fait dans cette direction, les trophées de rintelligence et de l'industrie, sont-ils payés par la décadence do corps, par l'affaiblissement progressif de la constitution physique ? L'excitation que rinstniction prématurée communique au système nerveux, la corruption des mœurs, l^extension des industries nuisibles ont-elles pour effet consécutif Tépuisement des compiexions (1)? Dans l'espace de vingt-cinq ans (18i6-i8!i0], sur 7 321 609 jeunes gens appelés i laire partie de l'armée, 1 /îi6 527 ont été réformés pour défaut de taille ou pour infirmités diverses : c'est presque le cinquième du nombre total En comparant les deux totaux extrêmes, 1816 et 18/iO, on voitquele chiffre des exemptés a plus que doublé |)endant Tintervalle, quoique la taille exigée autrefois (1 mètre 57 centimètres) ait été, en 1852, réduite à 1 mètre 56 centimètres, réduction qui a eu pour résultat de diminuer de près d'un quart le nombre des exemptions pour début de taille (2). En 1853, la proporUan des exemptions a été de 5,3/i pour défaut de taille, et de 15,55 pour infirmités, sur 100 appelés; en 1853, de 4,'î5 et de 21,03. Mais ces faits et 9^elqoes autres ont reçu une interprétation trop générale : ils n'ont qu'une signification partielle, relative II certaines localités, à ceruines populations, à

(^) l>eseiir^. Médecine des pauions, p. 166. (2> Dulau, Traité de statùtique, iU9.

PUBLIQUE] DÉOÉNÉRATION. 3ii

certaines années de recrutement. Admettons avec B. A. Morel (1) que l'action des émanations palustres, l'atmosphère et les labeurs de certaines industries« une alimentation exclusive, ou insuffisante ou délétère (céréales altérées)^ Tal** cooiisme, l'abus de l'opium, etc., sont des causes de dégénérescence, c'est-^idire de déviation du type normal humain, agissant par hérédité sur des géoé-* rations même exemptes de ces vices ou de ces souffrances, etc. ; lui<mômo indique la limite où elles finissent, puisqu'il admet que par une aggravttioa progressive de conséquences héréditaires, elles se résolvent dans la stérilité^ «1 réalisent le maximum de dégradation physique, intellectuelle et morale dam une génération désormais incapable de se propager. Ce sont détriments partiels pour l'humanité, misères locales et dont les foyers ne rayonnent pas au delà dt certaines limites.

La répartition des crétins et des idiots, des sourds et muets en Franoe, té^ moigne de ces influences à sphère circonscrite, quelle qu'en soit d'aillaars la nature. Tandis que l'on compte, en 1856, snr 100 000 habitants:

329 crétins et idiots dans les Hautes-Alpes. 180 — dans TAriége.

138 — dans les H.-Pyréfiéet.

121 — dans le Puy-HU-DOme.

cette proportion descend k :

33 dans l'Ain et rille-et-Vaaine.

37 dans la Corse.

39 dans la Haute-Vieniie.

117 crétins et idiots dans la Meurthe.

110 — dans le Bas-Rbin.

107 — dans la Meuse.

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