I. — Excrétions ogulo-palpébrales
Leurs usages sont bien connus; elles consistent d'une part dans un liquide sécrété par la conjonctive, d'autre part dans les larmes, produit d'une sécrétion glandulaire. Nous renvoyons au chapitre des Percepta les détails relatifs à l'hygiène de l'œil sous le double rapport de la vision et des excrétions dont il est le siège; les moyens qui se rapportent à ces dernières agissant toujours plus ou moins directement sur la fonction de la vue, et réciproquement.
IL — Excrétion nasale.
J^ liquide nasal se mêle avec le suc muqueux des yeux et l'humeur lacrymale; il contient, d'après Berzelius, de l'eau, du mucus, de l'osmazôme^ des chlorures potassique et sodique, etc. Dans l'état ordinaire, il n'est fourni que dans la mesure nécessaire pour lubriQer la membrane olfactive; par une disposition particulière, il manque chez quelques personnes qui n'éprouvent jamais le besoin de se moucher; son exubérance est toujours le résultat, ou d'une habitude catarrhale, ou d'une irritation fréquemment répétée sur les voies nasales, comme chez les priseurs immodérés. L'impression du froid sur la tête ou sur les pieds, parfois l'insuflSsance de l'activité cutanée, sont les causes du flux nasal; les coryzas atteignent surtout les enfants et les lyniphatiques. Une nourriture surabondante peut exagérer habituellement la sécrétion du nez comme toute autre sécrétion; la stimulation trop intense de l'odorat, par les exhalaisons des mets, i)eut aussi y contribuer. L'état de la sécrétion nasale influe chez beaucoup de |)ersonnes sur celui de la vue et même du cerveau : dans les coryzas avec céplialalgie, le soulagement de la tête coïncide avec l'apparition du flux; il semble qu'il opère une sorte de déplétion cérébrale, d'où sans doute le nom qu'il a reçu du vulgaire (rhume du cerveau). On peut s'expli<|uer ainsi l'effet heureux que beaucoup de priseurs attribuent au tabac
(1) Lobitfin. Aniitomie jHilhohHfùfuc^ t. I^ p. 157.
DES i6blFtCAtEt3tl9;^ËXËhE¥A^ [HMkMfe
ënce des Ëcùltés intëllëetUèlles : il sati!lfait UHë hàbilode impériêtÉW» e bondllioli du bleb-étf e ; puis il dCgâge reribéphale par la BtimulitiOtl i dé la membratlë piltiitiliré ; tnàls en ràiMh de la |)art qui refiërit âtl dans la question du Ubac, Hous là traiterons dans le ehapitre dëS à. Une pièce d*étbfte, qni fait en ({delquë sdt-te partie du ? ëtemefiti née à recbëillif lès produits de Téxerétion nasale ; leâ mouehoih» de :baufîent, déterminent des rougeurs; ceux de soie (foulafds) ottè, les précédents, rinconvénlent de be point s'imbiber; U faut leUr préfénottchoirs de fil et de chantre. Chez qUelquës personnes, l'ëtroitëiisë i des ouvertures antérieures du net gêne Texpulsion des mdtosltés; s'amassent, se décomposent et communiquent à Tair expiré tirte publie qu'on a fait de ce cas une variété d'ozène; les personnes affectées conformation doivent s'astreindre à plusieurs lotions par jour, en failonter de l'eau tiède dans les voies nasales à l'aide de fortes inspiralérat et Lagneau Ont prescrit avec sUccès ces lotions journalières que lique en humaut de l'eau dont on peut varier, suivant les cas, la tem- 3 et la composition.
m. — Excrétions buccales.
se composent du mUcus fburni par les ët^^ptcs des t)àn)is de la boUche salive sécl*élée par les glandes sailVaJl'cs; Il s'y niêle un peu dëiiquide lucosités et larmes) qui se déverse dans la bouche en arrière par Toupostérieure des fossas nasales, en avant par les conduits naso -palatins, s nuides Ont pour effet de lubrifier la cavité buccale et les voies de la Idn, de faciliter cet acte, et en général les mouvements de la langue, léquent ailssi la phonation. La salive joue un rôle essentiel dans la .ion et dans la digestion : elle est toujours alcaline chez les individus i jouissent d'un bon appétit et (|ui digèrent bien; pendant la masiicae imprègne les aliments de s(m eau et de ses sels, les ramollit^ reud uides ceux qui sont déjà en bouillie, dissout les matières solides comme ) la gomme, la gélatine, c^iminence par Faction de sa diastase ou ptyaonversion d(*8 substances amylacées en dextrine et en glycose (i),etc.;
analyse de la salive a doniié pour iOOO parties :
niM/fliuH. JurnlmwitSfli.
902,9 Eau 995,16
2,9 Epithéiium 1,62
. . 1,'i Ptyaline 1,34
e viande avec lactate a!< Phosphalo de soudé 0,9ft
; 0,9 Chlorures alcalins 0^64
sodique 1,7 8ulft>c)*anure de potassium 0,06
U,2 Chaux combinée avec une ma-
' llère organique 0,03
1 000,0 Moi^nésie combinée avfec une matière organique 0^1
l»fttviB] HYGtÈNE DE LA bOÙOËE. 7
atissi est-elle ^ci^téë avec \Aûs â'rtHbtidânee t^ëiidant les rtpAÉ, et itiéiHë sdtte la simule incitatibll de l'appétit que provbqâe Id ? ue diês aliments; Nick etMtt à 500 grainities la quantité de sàliTë qui ^ ibrdie ordinairemeilt M ikifji»quatre lieures; liiais riëu de Gie à cet égard : elle Augmente efl raiMtf dl h dureté et de la sécheresse dte aliments; êilë est toujours eil propoHidtt de Taltération prêliUiinaii*e quë les ëlimeUts eiigetit poUi* êti*e cbytniBés «ÉSSà Testomac Ohet (|Uëlqucs pertonlies qiiî appat^tienueut du tëmpérdmelit lytl}phatique et nerveux, la sécrétion salivaire est habituellement assez ëbohdailte |K)ur qu'elles soient forcées d*ën rejeter UUe pdrtie pat* expuitiun ; mais le (tldft souvent la salivation est provoquée par certaines pratiques, telles quë rhâbt<' tude de fumer, de mâcher du tabac, etc.; elle peut dotiner lieu à des pertes qui affaiblissent la cf)nstitulioU cl eUlraluent l'amaigrissement général ; mértie alors que la sécrétibtt n'est point exagérée, une déperdition trop abondante de salive entraîne de mauvaises digestions et finit par compromettre la nutrition : c'est ce que l'on observe dans la paralysie des Uiuscies biicciuateursy où la salivé s'écoule GoUtinuellemeiit au dehors, tandis que dans l'état normal elle est avalée à mesure qii'eilë afflue dans la bouche.
La surface bdccale est douée d'une grande puissance d'absorption : le vini gardé dans la bouche, restaure et peut même ëiiivrer ; le mercure, l'huile de tabac, d'autres poisons y sont rapidement absorbés ; il en est de même dek virtis contagieux : aussi Cullerier remarque qu'un verre, une pipe, une cuilleri |)euvent servir de véhicule à la syphilis: I^nde a vu un enfant de trois mois infecté par un baiser donné sur la bouche. Lors d'une petite épidémie de stomatite scorbutique qui régua en 1832, dans le 2U^ régiment de ligne, à Aix, nous vîmes la maladie se propager rapidement 5 trente hommes d'une même compagnie, qui buvaient au mOme vase ; la séquestration des malades et l'adtiption des verres à boire contribuèrent à arrêter le mal. Les indications de prophylaxie qui découlent de ces faits s'appliquent aussi aux surfaces oculopalpébrale et nasale ; la transmissibilité des coryzas et de certaines ophthalmîeS ne peut être l'objet d'aucun doute.
L'hygiène de la bouche se rapporte aux excrétions dont elle est le siège du le passage, c'est donc ici le lieil de parier de la conservation des dents; auaai bien, le tartre qUi contribue le plus souvent à leur altération est produit par la salive et par les humeurs que versent les membranes muqueuses de l'Intérieur de la bouche.
Les caractères normaux des dents se déduisent de leur situation^ de leur arrangement, de leur itirme, de leur texture et de leur couleur. Les dedtsi disposées stmétriquement sur les bords alvéolaires des deux mâchoires, représentent les deux moitiés d'un ovoïde parfait dont l'arcade su|)érieure forme la grosse extrémité, et l'inférieure la |)etiie; les deux arcades se correspondcilt exactement eu arrière ; mais en avant la rangée supérieure dépasse un peil l'inférieure en la croisant. Les incisives supérieures sont légèrement inclinée^ eu avant, les inférieures ayant une direction perpendiculaire. Aucune dent
8 DES MOmnCATEURS. — EXCRETA. [iTfiiÉifS
ne doit remporter sur les autres eu longneur ni en saillie latérale, excepté les canines, qui seules diffèrent souvent des incisives sous ce rapport. Les dents de bonne nature sont bien nourries, plutôt courtes que longues, d'un tissu dur, recouvertes d'un émail uni et épais à leurs bords libres; les mauvaises dents se reconnaissent à leur forme allongée, maigre, étroite, à leur texture tendre et facilement attaquable par la lime, à la ténuité de leur couche d'émail; un tel appareil dentaire présente des incisives minces à leur extrémité tran* chante, des canines effilées en pointe, de grosses molaires à couronne ovoïde: il est plus sensible à l'atteinte des agents chimiques et physiques. La couleur des dents est un sûr indice de leur solidité, et se lie d'une manière remarquable à l'ensemble de la constitution : elle promet des chances décroissantes de conservation, suivant qu'elle est d'un blanc tirant sur le jaune, d'un blanc mat, d'un blanc gris, d'un blanc azuré. Les dents à reflet jaunâtre ont pour base un ivoire dense, serré et pesant; on les observe chez les sujets robustes, bilieux ou sanguins. Les dents d'un blanc de lait ou bleuâtres ont moins de compacité et se détruisent vite ; plus perméables, elles transmettent facilement à la pulpe dentaire l'impression des qualités froides, chaudes, acides, des corps soumis à la mastication. Simons, Camper et Blumenbach ont rencontré pnncipalement chez les phthisiques les dents à teinte azurée, phénomène qui tient souvent à une altération déjà commencée de l'ivoire. D'après Oudet, les sels organiques abondent dans les dents jaunâtres et peu impressionnables, tandis que la matière animale domine dans les dents délicates et sensibles.
La conservation des dents comprend non-seulement leurs parties dures, ivoire, émail, cément, mais encore la pulpe ou germe dentaire et la membrane alvéo-dentaire. L'ivoire, ou plutôt la dentine (R. Owen), substance tubulaire (J. HlQiler), est la partie la plus considérable de Forgane dentaire ; l'émail et le cément sont moulés sur elle et tapissent, l'un sa couronne, l'autre sa racine, de manière à la recouvrir en totalité; sa densité augmente avec l'âge; sa couronne est réticulée par les dépressions concaves hexagonales où s'implante l'extrémité des prismes de l'émail; sa face interne répond à la cavité . de la pulpe, et présente les orifices innombrables des canalicules ouverts à la surface du germe. La substance fondamentale de l'ivoire, homogène et trèsfinement granuleuse à un fort grossissement du microscope, constituée par des cellules calcifiées, abonde plus périphériquement sous l'émail et le cément que vers la cavité dentaire, où les canalicules sont très-serrées. Les canalicules dentaires (canaux calcifères de R. Owen), découverts en 1678 par Leeuwenhoeck, sont creusés dans ré|>aisseur de l'ivoire, où ils représentent les intervalles laissés entre les cellules primitives, et ils ont un diamètre moyen de 0"",0015 à 0"",002 : ouverts dans la cavité dentaire par un orifice qui les met en contact immédiat avec la pulpe, ils rayonnent de ce point à la surface extérieure de la dent en décrivant des sinuosités ; une couche continue de granulations noires très-nombreuses, sous-jacente à l'émail et au cément.
privas] hygiène de Là BOUCHE. 9
sert de limite périphérique aux canalicules, et, d'après Aobia et Magitot (1), leur constitue un réseau anastomotiqne poar le libre parcours du fluide d*imbibition, pour l'entretien du mouvement organique. Cuvier prenait cette couche granuleuse pour le vestige d'une membrane située entre Tivoire et l'émail; ce qui prouve son usage tel qu'il vient d'être indiqué, c'est qu'ils prennent la couleur blanche ou noire des tubes ou canalicules, suivant que ceux-ci contiennent des liquides blancs ou de l'air. La sensibilité tactile de l'ivoire, même en l'absence de toute trace de nerfs, est due aux vibrations, aux ébranlements qu'il reçoit des corps extérieurs (grains de sable, etc.), quelle que soit leur ténuité, et qu'il transmet à la pulpe dont la substance, si riche en neriis, emplit exactement sa coque solide. Sa composition chimique a été déterminée par Bibra comme il suit :