INCISIVE ADULTE. MOLAIRE ADULTE
Homme. Homme. Femme*
Substances organiques... 28,70 Phosphate de chaux avec — inorganiques.. 71,30 traces de fluorure de cal-
cium 66,72 67,54
100,00 Carbonats de chaux 3,36 7,97
Phosphate de chaux 1,08 2,49
Sels solubles 0,83 1,00
CarUlages 27,61 20,42
Graisse 0,40 0,58
L'émail qui revêt la couronne, très-épaissi à la surface de trituration et au niveau des tubercules, est diaphane et d'une dureté qui résiste à la lime ; il s'use cependant par les efforts de la mastication, mais dans un âge avancé oà l'ivoire, mis à nu, est devenu lui-même as.sez dur pour se passer de sa protection. Les lames de l'émail, d'une épai.s.seur de 0"*",05 à 0"",10, sont stratifiées et superposées de manière à représenter, sur une coupe verticale de dent, une séné de petites calottes emboîtées l'une dans l'autre ; appliqué sans corps intermédiaire à la surface de l'ivoire, il est recouvert à sa face par une cuticule (Kolliker) transparente, granuleuse, d'une épaisseur de 0'""*,001, inattaquable aux acides ; il subit pendant le cours de la vie des changements de densité et de coloration et, après l'extraction de la dent, c'est-à-dire quand la dent est morte, il devient fragile. La composition chimique de l'émail ne diffère de celle de la dentine que par la prédominance des sels calcaires ; elle est, d'après Bibra :
(1) Magitot, thèse citén, p. 87.
lO DES MOttiVHiiTktMt * feïÈilETA. [ktlllftHfe
imiaire îfblairtf
d'une femme de 25 ans. d'un homme adulte.
Phosphate de ckàux avec traces de
fltibi'urë de eàlciUnl ;:.;;;..;: 81^63 89,88
Gàthenate dé chaux. .::;.::..;; 8^88 AjS?
Phosphate de magnésie 2,55 1,34
^U sotiibles d,9? 0,86
Subfttanee O^^nicttie. ;:..::...:. 5,97 3,89
Graisse ; traces 0,20
iOd^Od 100,00
Subèiancës ôt^âhi^uès 5,77 3,6^
^ inorganiques. .;.:;;:: 9a,04 96^81
Le cément (os de ia dent), jaunâtre et opaque comme le tissu osseux, dont il a à peu près la densité, est la partie la moins considérable de Torgane dentaire ; il revél loUle lil 9u^face extérieure des racines ; là itienibt'ânë alvéolodt!ntàire fjtll le recouvre à l'extérieur lui tient liéli de périoste, et ses vaisseaux pénètrent dans le tissu cémentaire. Le cément augmente dï'paisseiir àVec Tâgë ; ce t|iii fait que chez les vieillards, certaines dents sont retenues dans leurs alvéole^ par une couche ahibiàtitë de cément, hialgré la disparition complète de leur pulpe centrale (Magitot). La substance fondamentale, finement ËràMuleuse et diaphane, mince et friable autour du collet, est stratifiée quel- (juefois dans ses parties les plus épaisses comme le tissu osseux, et c'est là qu*Uii reiitoUtre, mais sans aucune disposition régulière, dos corpuscules osseux ou ostéoplastes. Le cément, presque identique avec Tos par sa compodiliôh ëhitulclûëi à ddbtié à Bib^a :
i:h«'z riioiiiuii*. r.hez le l>o'uf.
Substances organiques 20,42 32,!lli
— inorganiques 70,58 87,70
La pulpe dentaire chez Tadultc n*est autre chose qtic la papille dontait^e dti fd'tus, énorrnt'ment réduite de volume ; moulée ^ur les parois de chaque cavité dentaire, elle est disposée en fuseau dans les caulHes, taillée en biseau dans les incisives, formant dans les molaires autant de saillies coniques que la conroime a d(> tubercules ; chez le vieillard, c'est un filet mince, allongé dans l'élroii ciinal do la deni, et vers la fin de la vie, quand cette cavité a été oblitérée |)ar la pnulnctioii incessante deS éléments de TiVoit-e, elle dis|>araît e^ totalité. Molle, de conleur ron^eàtre, sans adhérence avec la paroi dentaife elle nroii des lilels \asrnlaires et nerveux en nombre égal à celui des raciney lenr> ranuficalions dajis la pulpe donnent lieu à un plexus nerveux et vase laire très-riche.
La membrane ahéoio-denlaire, continuation du tissu gingival, intermédi par >-a sirm Une entre la naupieuse et le |)érioste osseux, s'inter|K)se eut' dent et la mâchoire, adhère au cément, tapisse toute sa surface, se dirige
PliiVÉE] TiYGIÈNE DE LA BObCËfc. il
le soinniet de la racirié, 6t là, hëbcOritrdtit le6 taîsseâuli et lés nëbfs de la dent, elle leur fornle une gâtne, sans se replier daitis les catlàtlt dètilaitHîs et y tât)is' sér la surface de la piilpe. Sa Hches^e Vâscuiaire et berVébâë explit)iie là fréquence de ses inflarîimaiiob.^, i*ititensitë des doul^tit^ qtlï etl résultent ; dilé dé ses lésions récemihcnt éitidiëes avecsolii par ë. Dëlesthe (Ihè^é, 1^61), le ramollisseinent jaiiné et rôugé, amène Tëxpui^iGh dë§ denb, comme TéSpèce dliypertrophié gràdilellé dont elle devient lé siège chez le vieillard cbncbUK à leur chiite physiologique (Màgttot}.
Les règles hygiéniques (iôrteiit sut* le tionlbré, l*àrrangetiiétit et le^ cônct*étiotis des dénis.
i^ Il petit y avoir absetice oii étubét^tièë des dents : dans le |)reii1iët* càs^ ({tic la lacune porte sur tes dents temporaires ôti sur les délits t)ërtnâhenles, l^àrt est impuissant pour la comblëh autrement qiië par des t)iè6és factices doi)t Inapplication doit être ajournée jusque après l'âcëroi^^ettiëiit tel'niinê dtl sujet; alors seulement la sortie dès dciits tardiVë^ devient itnpt*obàble, et, jusqu'à ce monieiit, it convient de la favorise^ eti prèvehant llfiduratioU Tibrbcartilagineuse des gencives que produii*àit î'iisagé cotistaiit d*âllmënt^ secs et solides (Bégin). La supertëtatioti attectë ordiilàircniëiit les canines btl les incii$ivëà seules. Parfois, eti dehohs ou en dedans des hiolaires pefmadëntcs, perte une gnisse derit surnutiiéràire qui proémine ddns la bôùche ou vers la joue ; il est de rares exemples d'drcades deiitairês erttlèhettienl doublées ^ur Tude et sijr Tautre mâchoire. Pendant son internat à Ttlôtël-bieii, Ulidet trôliva, dafi^ une tumeùi- correspondant aiix bicuspides infërtëut-s dd côté droit, et qUt fut pH^ë pour un amas de tartre, urie agglomération d'au itiOiris viugt-cihq dëtlts distinctes, et réunies entré elles, sôit immédiatement, ^oit aU movën d'une ^ùb^ stance analogue au cément des dents. On fdit rexiràctibn des dëhts etdbérantes, et presque toujbuhi elle est sbivie du redressement des autres dents. Il importe seulement de ne pas confondre, au moment de l'opération, les délits perrtianentes déviées avec les temporaires : les premières sont plus larges, t)lus solides, d'un blanc moins lacté ; et quand ce sont des incisites, elles présentent à leur extrémité libre des inégalités résultant du défaut de frottement
2* Surveiller, régulariser rérdt>lion et l'arrangement des dents perlndnehte^^ c'est prévenir bien des accidents et des souffrances que prépare ou fait naître l'aveugle travail de la nature. IVotis ne podVods entrer dans tous les détails qdi constituent cette branche idiportante de i*art du dentiste.
Les directions vicieuses affectent ordinairement les canines et les înci-^ives, raredient les dents primitives, et prestjuc jatnais les inotaires : dues au dételd|>pement imparfait de l'arcade alvéolaire, à retubèrttldri ou à la largeur des dedts, 5 la persistance de (|ael(tues dedts primitives près des points d'émersion des d(>nis secondaires, elles consistent dahs les Inclinaisons des dents eu avâht ou en arrière, ou dahs leur rotation sur l'axe de la racine. La marthe de la seconde dentition doit donc être surveillée avec soin ; et de sik à quatorze ads, il y â souvetit lieu d*àgir préventivement contre les irrégularités de l'évolution
12 DES MODIFICATEURS. — EXCRETA. [hygiène
deniairc ; crexlraire une dent primitive qui gêne la sortie d'une dent de remplacement, quelquefois nic'me de sacrifier une ou plusieurs dents permanentes. Tantôt c'est Tincisive médiane inférieure qui incline en avant : il faut l'extraire; tantôt, bien rangée^ elle doit encore être sacrifiée à la conservation d'une incisive latérale inclinée en arrière ou en avant, parce que celle-ci, plus longue et plus forle, suffit pour remplir le vide. A la mâclioire supérieure, mieux vaut conserver les incisives médianes : les plus fréquemment déviées sont les canines supérieures et inférieures ; mais conmie elles sont plus visibles quand on rit ou qu'on parle, et qu'elles sont moins sujettes à la carie que les petites molaires, on fait le sacrifice de ces dernières. Quand une dent secondaire tend à s'incliner latéralement, il faut respecter les dents voisines (|ui servent à la contenir. Le rapport convenable d'une rangée dentaire avec l'autre influe sur la facilité de leur fonction et sur leur conservation ; quand ce rapport est rendu vicieux ))ar la seule direction des dents, on y peut remédier dans le principe. Ainsi, les incisives supérieures se dirigent-elles en dedans, la pression répétée du doigt et de la langue réussit à les ramener en avant ; sont-elles assez sorties pour toucher en arrière les incisives inférieures, la lime^ le doigt et la langue détruisent la résistance que celles-ci opposent à la direction des incisives supérieures. Si les dents sont assez déviées pour se toucher sur une ligne de hauteur, on les tient écartées au moyen d'une plaque d'or ou de platine recourbée en forme de gouttière et fixée sur des molaires. Quand l'arcade inférieure croise la supérieure, en passant devant elle, il en résulte une difformité improprement appelée menton de galoche j et qui accélère Tusure des dents. On peut alors faire usage du plan incliné, pour rétablir le rapport normal entre les deux rangées dentaires ; appliqué sur l'inférieure, il presse, dans l'occlusion de la bouche^ les dents su|)érieures d'arrière en avant, cl les oblige à passer devant les autres. Lorsqu'il y a lieu d'empêcher le rapprochement complet des arcades dentaires, on recouvre les deux premières molaires inférieures de chaque côté d'une espèce de coiffe métallique quadribtère qui les embrasse exactement (bâillon dentaire) ; elle préserve les dents antérieures de toute pression réciproque, sans gêner aucune fonction. Oudet recommande avec raison de nettoyer fréquemment les calottes métalliques des parcelles alimentaires et des résidus d'humeurs buccales qui s*y introduisent et détériorent la dent vainement abritée. Quelquefois les deux rangées dentaires présentent une obliquité générale en avant, et soulèvent les lèvres. Cette difformité nnit au rapprochement des lèvres, à l'aiiiculation des sons, fait paraître les dents trop longues, et donne lieu à la projection de la salive en partant IlérédiUire dans quelques familles, elle peut être déterminée par l'Iiabitude qu'ont les enfants de porter leur langue en avant pour la succion de leur pouce, etc. On a pro|)osé, pour la combattre, l'extraction de la petite molaire de chaque côté, et l'application de plaques tendant à repousser les dents vers la bouche, ou de fils métailiqui^s qui, |)assant au-devant d'elles, vont se fixer à un palais» artificiel, et sont chaque jour serrés davantage ; mais ces moyens peu
15 nK> MODiriOATEl RS. — FAiT.ETA. [hyciLne
on couihcs 0|>ai5>eô la l'ace MijHTiouiv rii»> plaques sur lesciuellcs on ajuste les ili<iri> ûrdiicii.'llos. luènu- aitn-s qu't n l'ab>v-iico (iu tuule deiii dans la bouciie, !('> geiu'ives riTuuvrenl tiUlireiiieiU les arcades alvéolaire>; suivant lui, le tjrtre e^t un prêcit^ilc des sels tenus on disMulution dans la salive mixte alcaline p.ir les prtHluit:) de décunlpo^ilion acides, pro\eniint des nintiîfres organique:» qui séjournent en >*ailéranl dans le cul-de sac gingivo-dentaire ou dans le:> iiiter\alle.> triangulaires que les dents lai:>sent à la hase de leur couronne. Oaulres faits nûiitent |K>nr l'opinion de G. Delestre : examiné an microscope, le tartre présente des débris d'infusoires des genres 1 ihiiu et Munus, des cellules d'épithélium en grande quantité, des cristaux de carbonate de chaux, et dans ses couches de formation récente, une es^Hscc d'algue, des globules de graisse, des fragments de nutières alimentaires encore rcconnaissables. Chez les |>ersonnes soigneuses de leur bouche, et ([ui, après les repas, la débarrassent par un lavage de tout vestige alimentaire, la production du tartre est très-restreintc; il se dépose au coniraire avec abondance chez ceux qui négligent leur bmiche on sont atteints de stomatite ; il s'accumtde à la mâchoire inférieure, parce que la salive en baigne constanimcnt la rangée dentaire, et (|u\*n raison de sa déclivité les matières y séjournent; les sels calcaires qui se précipitent, comblent d abord le culde-sac gingivo-dequire. Si lo dé|)oi est lent ou se borne au niveau d'une seule dent par suite d*uuç cause locale, la concrétion calcaire, vrai coi-j^s étranger |)our la muqueuse qu'elle inile, prtïvoque une exhalation sanguine qui colore le Urlre en noir; U microscoj>e y fait voir des cristaux d'hématuùiine, et en insinuant dans le cul-de-sac gingival la pointe tiuo d'un instrument, on en retire une i^etite écaille dure, en fi»rme de croissant, moulée exactement sur lu collet de la dent. Cette vanV-U- de tartre, ajoute G. Delestre, est une des causes li*s plus fréquentes du ^u|JH>^t^*wînleut iiillaïamaloifo des gencives et de ces ulcérations marginales, on €•«'"!» tl'ongle, onhaaireiiiont limitées à une ou deux dents. Plus fréquentes c|i,.i^ ï^'^ mi^ avancés vu âge, l)mphaiiiiut^ ou bilieux, les concrétions de laili-^- ^' f^»nnvui su,u,ui à la face interne des incisives inférieures, se limitent à .,„4^^l»^-î* tient,, ou niuhissent un seul coté on la totalité des arcades dentaire.- - »»*^*î*-"illiérenies, dles |>iuaissent d'abord près du collet des dents, et s'eirii^***"^ ^»»8 K•Kgeuci^es qu'elles soulôvem un peu. En augmentant de vtdu,!»^' '*"*'^ »**élruMit u'rs rextrémilé libre de la couromie qtrdles hnisseut pa,. ,,.c-*Murir, {^iw,,^ ,., ^rfoulent les gencives, décliaiissenl le collet des dents i\ W^ I «''^'"^ IH'ii à peu de leurs alvéoles; elles donnent à la bouche un aspect sah' i-l '"'^^•"V lendrnt l'haleine fétide, nuisent quelquefois à la mas^cation, ih-ini i»*"*'"^ »'"héraiiim des gencives, des joues, de la langue, enlm rébranleuirul «'' '^ **'"*^^- *ïi'** «l*'"»i^. *'** >'^'*«""*'* "'^^-^^ pas étranger à leur production; t llrs s4 »«»* '■•'** *'-^ * 1^7. Ii's geu^ i\v 1.1 c.»inpat»nf, «pii \i\eiil sobrement et qui divi- Mui [\\ * '*' '^'"**** •*''"*^ "'» P^*» '*■'""' *'* •^''^»'^ïa»l- '-e tartre une fuis furiué, il faut rrnh'\«*«' '••"" «'«nulles et fragments h Paidr de rngines, grattoires et autres m- Mruniri"^'* iip|>ropriés que l'on |xirte entre tes dents, ou que Pou promcue à
nxsH] Uvr.îÈNE hE la boit.he. 15
leur surface. LunK|ue les dents ont été longtemps chargées de (artrc, leur dénudalioii subite peut les rendre iuiprossiounables ù l'air et aux corps extérieurs. Il cunviiint alors de les débarrasser en plusieurs séances et à dos intervalles éloignés; le léger écoulement de sang qui accompagne cette ppér^ir lion a Tavantage de dégorger les gencives, et parfois il y a lieu d*y joindre quelques ficarifiCjilioQS,
La maladie destructive des (|ents, la carie, doiit le mécanisme a été éclairé par Magitot(l), semble, d'après cet auteur, pouvoir être guérie ou au moins atténuée dans une grande mpsqre, par des t^oins hygiéiiicjues convenables en rap|)ort avec les conditions qMÎ président à sa formation, {^'observation, jointe à des recherches expérimentales, parait établir que cette aiïcction résulte d'une altération purement chimique^ procédant to^juurs de Texiérieur à l'intérieur. Elle consisterait dans une simple dissolution des sels terreux et calcaire» qui eutreut daqs la constitution de l'éinail et de l'ivoire. L'agent do cette destruction serait la salive devenue |e milieu de fernientations acides ou la véhicule de substances étrangères susceptibles d'altérer directement les tissus de l'émail et de l'ivoire. Celte aptitude aux fermentations, due dai)s bien des cas i des dispositioas norniales de la cavité buccale et de U salive, se trausnieitrait pîir hérédité et causerait la carie dans l'état de santé le pluK parfait Mais le pltis souvent, ce||crci serait sous la dépendance de circoqstances morbides locales ou générales aliénant des modifications soit dans le mode de sécrétions, soit dans la coiupositioD marne des liquides saliyajr^s.
A part quelques mamBUvres deiîiiiiées à espfiçer les dents et à fiaire diapa-^ raitro toutes les cunditioQS physiques qui favorisent le contact prpioogé du liquide buccal avec les dents, les mesures prophylactiques s'adreasept g^néraleinent ^ l'ageut étiologique de la carie. C'est donc la salive ou les diverses fsonditions de la bouche qui doivent être corrigées par les iiioyena hygiéniques, cousistaqt sdit à soustraire du contact des dents les principes destructeurs qui peuvent les attaquer, soit à neutraliser chimiquement la réaction nuisible du liquide salivaire. C'est pour remplir la première de ces indications que, dans les fièvres typhoïdes ou autres aiïeclipus graves, souvent suivies de caries multiples, âlagitot recommande de surveiller attentivement la bouche, de débarrasser avec soin les dents des fuligiuosités, des croûtes de mucus concret par l'usage de collutoires alcalins dans lesquels un nmcilage de gonmie duit remplacer le miel.
Quant aux uiodifications survenues dans la réaction de la salive, soit par un éui local de la bouche, soit par un état général de Téconomie, on les cunir battra par des soins minutieux de propreté, afin d'éloigner des dénis les suhvUDces fermentescibles ou les ferments eux-mêmes. On usera de dentifrices alcalins propres à neutraliser sur place les produite de la fermentation. Ces préparatioiui trouvent souvent leur emploi dans les troubles digestils, tels que
(1) Maf itat, TruUé de la carm (kniaire. H^ iW.
16 DES MODIFICATEURS. — EXCRETA. [HTGlÉllB
dyspepsies acides, gastralgies, etc. L'accusation traditionnelle dirigée contre le sucre et Tabus des 'substances sucrées qui séjournent longtemps dans It bouche, comme les bonbons, se trouve justifiée par la fermentation acide des matières saccharines.
^° Les soins ordinaires qu'exige le bon entretien des dents et des gencives se rapportent autant au régime qu*à certaines pratiques locales. Un régime doux et régulier, dit avec raison Bégin, Tabseuce de tous les excès, Texécution libre et normale des princpales fonctions, surtout de la digestion, tels sont les meilleurs moyens de conserver la fraîcheur de la bouche, la fermeté des gencives, la solidité ainsi que l'intégrité des dents. On y joindra Tattention de promener tous les matins, sur les dents, une brosse douce et trempée dans l*eau dégourdie. Ces frictions doivent se faire de haut en has pour les dents supérieures, de bas en haut pour les dents inférieures; puis en travers le long des arcades dentaires; enfin, en dedans, et à la surface libre de celles-cL Après chaque repas, et le soir avant de se coucher, on doit se laver la bouche avec de l'eau dégourdie, et enlever, à Taide d'un cure-dent de plume^ les parcelles d'aliment qui se sont insinuées dans les intervalles dentaires. Les frictions avec la brosse ne doivent pas être rudes ni offenser le bord libre des gencives. Si elles ne suffisent pas pour détacher le tartre trop adhérent, on peut charger la brosse de poudres inertes, parfaitement porphyrisées, telles que celles de charbon, de corail, de pierre ponce colorée avec une pincée de laque ou de carmin, d'os de sèche et de magnésie calcinée que l'on colore par de la cochenille et que l'on aromatise avec quelques gouttes d'huile essentielle de menthe. On peut mêler à ces substances, en cas de fétidité de l'haleine, deux ou trois grains de chlorure d'oxyde de sodium en poudre par gros de poudre. Que l'on s'abstienne des opiaUt, des poudres dentifrices dont on ignore la composition ; que l'on rejette les acides qui ne blanchissent les dents qu'en attaquant leur émail et en ramollissant leur tissu. Le quinquina, le sang-dragon et d'autres substances toniques que l'on prodigue dans les préparations dont l'usage est journalier, ne doivent pas être appliqués sur des gencives saines; c'est une ressource qu'il faut résencr pour les états morbides oà elle convient. On les emploie avec avantage lorsque les gencives sont molles, blafardes, en« gorgées, saignantes ; on peut leur substituer de l'eau aiguisée par quelques gouttes de teinture alcoolique de cochléaria, de benjoin, de cannelle, etc. Mais il ne faut pas abuser de ces préparations, qui finissent par échauffer la bouche; toutes les fois que le tissu des gencives sera chaud, douloureux, tendu, les décoctions émollicnles devront les remplacer. En résumé, les dentifrices agissent d'une manière mécanique, chimique ou médicinale : les premiers, pou* dres dures et inertes, nettoient les surfaces par frottement, et l'on doit veiller ^ ce que leur action ne soit pas portée jusqu'à rayer et user l'émail ; les dentifricea qui attaquent le tartre chimiquement finissent toujours par entamer i'^mail; quant aux substances dont on attend un effet tliérapeutique, elles doiveiic nécessairement varier suivant l'état des parties : le charlatanisme le plus
PIIVÉE] HYGIÈNE I)Ë LA BOUCHK. 17
absurde peut seul proposer un dentifrice unique pour Tusagede tout le monde. Les cure-dents servent à enlever les corps étrangers et les débris alimentaires qui se logent entre les dents , il faut proscrire ceux qui ne sont pas faits de plume, de bois tendre, d^écaille ou de corne; leur emploi trop fréquent finit par irriter les gencives et les membranes alvéolaires. Les causes qui déterminent Tusure prématurée des dents sont leurs frottements trop rudes contre des corps durs, tels que poudres trop compactes, aliments trop solides^ tuyaux de pipe, grincement spasmodique habituel des dents; la partie usée de la couronne ne se régénère pas; mais une ossification nouvelle se produit ordinairement dans la cavité dentaire et refoule le bulbe nerveux qui, malgré cette couche supplémentaire d'ivoire, devient plus sensible à Timpression du froid, du chaud, etc. Une lame de liége^ placée de chaque côté entre les dents molaires^ empêche les grincements nocturnes des dents; la lime servira à niveler une dent qui appuierait assez sur son opposite [)our en déterminer Tusure, à faire disparaître les aspérités susceptibles de léser la langue, les lèvres ou les joues ; si la cavité de la dent usée vient à s*ouvrir, il i^te à la nettoyer et à la plomber. Dans le cas où les dents paraissent se détériorer par le contact des sécrétions acides de la bouche et de Testomac, il convient d'user de poudres dentifrices alcalines. Certains abus de régime contribuent puissamment à Taltération des dents : tels sont le verre de vin obligé après un potage chaud, les liqueurs fermentées, les assaisonnements caustiques ou salés, les boissons à la glace alternant avec des mets brûlants, etc. Les dents noircissent par Thabitude de fumer, et comme les fumeurs ingèrent ordinairement des liquides froids, il en résulte pour les dents une vicissitude soudaine de température; les incisives latérales droites et supérieures s'usent à la longue par le frottement des pipes, surtout des pipes de terre; celles dont le tuyau est court entretiennent par la proximité de leur fourneau une chaleur nuisible sur les dents dont l'émail se fend, sur les gencives qui s'engorgent, et déterminent ainsi l'ébranlement et la chute des dents. Les longs tuyaux de jasmin, de lilas, d'érable, qui sont usités en Pologne et en Russie, l'oukas des Turcs qui fait passer la fumée par un conduit flexible de plusieurs pieds et à travers une sorte de bain-marie, ne nécessitent point une plus grande force d'aspiration que les tuyaux ordinaires, et privent la fumée d'une partie de son calorique et de sa mordacité. L'addition d'un bout de plume à l'extrémité du tuyau compléterait la préservation des dents; ce bout est simple et facile à renouveler. Le cigare, formé de feuilles de tabac roulées sur elles-mêmes, n'a que les inconvénients communs au tabac fumé ; sa substitution aux pipes est un progrès désirable, puisqu'il n'exerce point sur les dents un frottement assez dur pour les user. Le tabac mâché mêle aux liquides sécrétés par la bouche des principes acres qui agissent chimiquement sur les dents, et qui irritent les gen« cives en même temps que les glandes salivaires; à la longue, néanmoins, ces organes s'émoussent à la stimulation, et la salivation elle-même rentre dans les limites ordinaires : mais le goût s'affaiblit; les cryptes de la muqueuse bue* ■• UvT. Hjrstiue, 5* toiT. 1 1. — 2
18 DES MODIFICATEURS. — EXCRETA. [HTeiÈRB
cale et les glandes salivaires répondent moins à Texcitation physiologique des aliments soumis à la mastication et ne versent plus avec la même abondance les fluides nécessaires à leur imprégnation; une partie des liquides de la bouche, déglutie, Tient d'abord irriter, puis amortir la muqueuse gastrique; Tappétit dinûnue, Thaleine contracte l'odeur du tabac, et tôt ou tard la perturbation fonctionnelle de l'extrémité supérieure du canal alimentaire réagit sur ses autres portions, et par suite sur l'acte de la nutrition.