‹ Traité d'hygiène publique et privée. v. 2 (volume 2)Chapitre 72 sur 107 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

APPUGATA.

Les objets nécessaires à l*habillement des hommes ont subi une diminution progressive de prii. Sous le règne de saint Louis, la valeur pécuniaire d*un hectolitre de blé égalait celle de deux aunes de toile à chemises, telles qu'on les portait dans des couvents de femmes (1). Pour la même quantité de blé, on achèterait aujourd'hui six ou sept aunes de toile plus large et mieux fabriquée. L'industrie vestimentaire a d'ailleurs agrandi le champ de ses applications et perfectionné ses procédés. Une matière connue des anciens, mais qui n'a acquis en Europe sa légitime importance que par le concours de la navigation, du commerce et de l'industrie, le coton, est devenue l'une des bases de l'habiHement des masses. De 3 à & millions qu'elle atteignait en 1830, son importation s'élève aujourd'hui au chiffre énorme de 500 millions, et la statistique attribue à chaque Européen 2 livres environ de cette substance pour sa consommation annuelle. En France, elle a suivi une progression rapide :

Cotons importé! et restéi po«r Annéei. la oonsommation.

1816 12 100 000 kilogr.

L'introduction et la culture du chanvre en Europe ont puissamment contribué à l'amélioration des vêtements publics; il s'en consomme des quantités immenses ; les marchés de l'Angleterre seuls en ont reçu en 1832 plus de 25 millions de livres. La France cultive 158 300 hectares en chanvre, qui donnent 65 315 000 kilogrammes, et 30 200 hectares en lin qui donnent Zlx 820 000 kilogrammes; en outre, les importations annuelles en chanvre et lin dépassent 12 COO 000 de kilogrammes. Les lainages fournissent aux populations la portion la plus protectrice de leur costume et la matière principale de leur literie. L'Kspagne, l'Angleterre, la Silésie, la Hongrie, l'Amérique, la Nouvelle- Hollande, etc., approfisionnent de leurs laines les marchés de l'Europe. La consommation annuelle que l'Angleterre en fait est évaluée à 50 mil-

(1) P. S. Girard, Annales d'hygiène pMique et de médecine Ugùk^ !*• série, 1832, t. VII, p. 58.

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des questions d'appropriation spéciale qui intéressent l*hygiène publique. Nous avons fait connaître l'utile costume des ouvriers chargés du curage des égouts ; d'autres détails du même genre se présenteront dans le dernier chapitre. L'uniformité du costume est une règle de beaucoup d'établissements et de corporations : elle est commandée par l'intérêt de l'ordre et de la discipline ; elle s'applique d'ordinaire à des individus qui se trouvent dans les mêmes conditions d'âge, de travail, de régime, etc. Mais il importe qu'un seul modèle ne serve pas à la confection des habits de toutes les personnes assujetties à la règle de l'uniforme; trop ample pour l'une, il exercera sur l'autre une constriction dangereuse; on doit adapter la coupe de l'uniforme aui proportions de chaque individu, et tenir compte de ses dispositions organiques. Tel a besoin d'avoir ses organes soutenus par les arrangements de son costume; tel autre doit redouter les moindres compressions splanchniquesou l'effet des ligatures placées sur le cou, les membres, etc. Ces recommandations acquièrent plus d'importance encore dans les collèges, dans les institutions, où l'on réunit des adolescents en voie de croissance. On sait combien la forme des habits peut contre la normalité du développement, sans parler des états morbides qu'elle détermine vers l'encéphale, vers les organes des sens et ceux de la poitrine. On reproche ces inconvénients aux vêtements qui sont donnés aux malades des hôpitaux civils. Les costumes religieux, presque tous inventés en Orient, ne sont plus en rapport ni avec les lieux ni avec le temps. Descuret attribue à ceux qui sont en laine grossière la propriété d'émousser les passions en surexcitant la peau. Cette propriété est plus que douteuse.

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