‹ Traité d'hygiène publique et privée. v. 2 (volume 2)Chapitre 76 sur 107 · PUBLIQUE] MARIAGE ET CÉLIBAT · texte numérisé non relu

PUBLIQUE] MARIAGE ET CÉLIBAT

Quand l'âge a émancipé le Français da célibat militaire, Tégalité se rétablit:

France. •• .

Angleterre.

iéf ou venfs.

CélibaUires.

Lagnean (1) a démontré que Taugmentation temporaire des contingents de recrutement influe sur la natalité; pour les années 1855, 1856, 1857 qui, avec la durée de la gestation, correspondent aux années de guerre, le déficit des naissances a été en moyenne de 10075 par an, si l'on prend pour terme de comparaison les trois années précédentes, 1852, 1853, 185^ De même, eai 1860, après la campagne d'Italie, il y eut un déficit de 61 021 naissances.

La vérification de l'aptitude physique à Taccouchement et de l'aptitude morale à élever des enfants, à gérer le ménage, nous semble un devoir pour les parents, devant le silence de la loi.

Les difiérents genres et degrés de difformité du basan exposent, en cas de grossesse, la vie de la mère et de Tenfant, souvent de l'une et de l'autre ensemble; qui ne sait que le diamètre antéro-postérieur du détroit abdominal est fréquemment rétréci jusqu'à rendre l'accouchement naturel impossible? Quand il y a moins de 3 pouces de longueur, la prudence veut que le mariage soit interdit; on cite des femmes qui ont accouché naturellement, quoique leur bassin n'eût que 2 pouces et demi de la symphyse des pubis à l'articulation sacro-vertébrale; mais peut-on compter avec certitude sur la petitesse de l'enfant, sur la souplesse extrême des os de sa tête, sur un relâchement inaccoutumé des symphyses du bassin? Fodéré va jusqu'à défendre le mariage à toute femme dont le bassin n'aurait pas U pouces au diamètre sacrovertébral du détroit supérieur (2). L'âge avancé des femmes qui conçoivent pour la première fois les expose à l'avortement et aux suites fâcheuses d'un accouchement laborieux. — Il est des maladies que le mariage peut ag;raver, soit par le spasme et les excitations répétées du coït, soit par les efforts de l'accouchement : telles sont les phlegmasies chroniques, les dégénérescences de tissu avec fièvre hectique, la phthisie pulmonaire dont la grossesse su^nd rarement la marche, le cancer de l'utérus, les hernies irréductibles, les anévrysmes du cœur et des gros vaisseaux, raliénation mentale, les affections du cerveau, l'épilepsie, l'hystérie, pour la guérison de laquelle on conseille quelquefois le mariage. Le mariage crée entre les deux époux une solidarité physiologique et morale. Madame de Staël a dit qu'il est l'égolsme à deux; ajoutons qu'il est aussi la santé ou la maladie à deux. Il est impossible que la cohabitation intime et continue d'une personne saine avec une autre qui ne l'est pas soit exempte d'inconvénients et de péril; il ne s'agit pas ici desaffec-

(1) Lagneau^ Gazette KeMom. Je médecine^ 1867, p. 243.

(2) Voyei la dUcuuion de l'Académie de médecine sur la question de l'avortement provoqué (Bulletin de t Académie de médecine, Paris, 1852, t. IVH^ p. 304, 511).

M. UvT. Hygiène, 5* iMT. n. — â5

7M DES HODIFlCiTEOIS. — KRCEPTA. [m

lions grosNèrement cootagieoses, comiDe la sfphilis ; db» beaoooap de mabdies, qae Ton ne saurait proclamer cootagietises^ se Gommoniqiient à ta loDgae daoft le mariage. Noos af ons coodii plus d*OD coople détroit par ta pbtbisie polnooaire, qooiqae Ton des deax époox fât roanifcs&eflKat à Tabri de tout soopçon de prédisposition acquise oa héréditaire. Ne Toit-oa pas les jeunes leiMnet qui se donnent à de fîeox narii anlenls se iioer rapidefit! — La famille et l'État sont généralement ioléicmés à ce que les prodaits do onions contractées sous leurs auspices rendent aux ooodicioas d'ane constitution saine et vigoureuse. En traitant de rhéfédité (L I, p. It3 et 200), nom afons s%nalé les étals morbides qui se transmettent par la génération, les transmutations dont ils sont susceptibles, et ki règles que l'hygiène déduit de la connaissance de ces faits, relati?ement an mariage. La sutisiique a récemment démontré Tinfluence du sang chez les aveugles de tout âge; elle seiprime par la proportion de 9,7 sur 100 cas de oédté. Sur lld cas de cédié héréditaire présentés aux Quinze-Vingts, celie-d a été transmise directement des parents aux enfants 68 fois, indirectement entre parents et josqu'ao degré de cousin germain 12 fois, par consanguinité entre frères et scears ZU km (U Parmi les états pathologiques qui contre-indiquent le mariage, il faat placer en première ligne les vices congénitaux de coniormation, le rachiiis, le crétinisme, les scrofules, la phthisie pulmonaire, la folie, l'épilepsie, la syphilisL Les mariages entre parents impriment un fatal essor aux prédispoaitj morbides qui relèvent de l'hérédité et exercent une influence déiénorante les produits. De même que les plantes alimentaires et textiles dégénèrent par le défaut de renonvellenieot des semences et de variété des assolenieots, ainâ la force et la beauté des races animales sont au prix de leurs croiseoiests» quand elles ont commencé à dégénérer. L'homme n'échappe pas à cette lai qui a trouvé dans Mobe un interprète énergique : on peut lire dans la Bible la longue série des prohibitions qu'il oppose au mariage jusqu'au troisiènK degré de parenté. Ces interdictions sont entrées dans la discipline du chiîstianiMne ; mais la loi civile ne les a pas reproduites, et comme elle ne laisse dans beaucoup de pays à l'autorité ecclésiastique que le soin de consacrer les unions déjà validées au nom de la société, la sagesse des prescriptions d'ordre religieux est en partie éludée. C'est là une des causes actives de la décadence physique et intellectuelle des populations. Nous avons signalé, d'après Mé> nière, les unions entachées dans quelques vallées isolées de la Suisse, comoM une fabrique de crétinisme et l'idiotie ; à Genève, Rilliet (2; signale le nombre relativement considérable des mariages entre parents, ayant pour conséquence : 1* chez quelques enfants, un défaut de vitalité qui les fait périr avant terme on en bas âge ; 2* chez d'autres phis nombreux encore, den ma-

( I ) Dumont, Hedierches statistiques sur les causes et tes effeés de /a cécité. Puis, (2) RiUiet, Union médicale, t. Z, n* 63, 24 mai 1856.

HiBLiuuKj MARIAGE ET CÉLIBAT. 707

ladics du système nerveux, et eu première ligne Tépilepsie et l'idiotie ; cbes d'autres eu plus |)etit nouibre, la scrofule avec ses suites connues. Suivant Rilliet, rabaissement de la force vitale par suite de ces unions regrettables donne lieu à une série logique d'accidents : 1' absence de conception ; 2" re« tard dans la conception; 3"* conception imparfaite (fausse couche) ; &* produits incomplets (monstruosités) ; ô* produits dont la constitution physique 6t morale est imparfaite ; 6"" produits plus spécialement eiposés aux maladies du système nerveux, savoir, par ordre de fréquence, à répilepsie, à rimbéclliité ou idiotie, à la surdi-mutité, à la paralysie^ aux maladies oérébrales diverses; 7"* produits lymphatiques et prédisposés aux maladies qui relèvent de la diaihèse scrofulo-tuberculeuse; 8° produits qui meurent en bas âge et dans une proportion plus forte que les enfants nés sous d'autres conditions; 9<^ produits qui, s'ils franchissent la première enfaïKe, sont moins aptes que d'autres à résister à la maladie et à la mort II peut arriver, mais très-rarement, que tous les enfants d'une même famille échappent à l'action de la consanguinité ou que dans une même famille les uns sont frappés et les autres épargnés. Presque jamais on n'observe chez les enfants des mêmes parents les mêmes altérations morbides ; l'un est idiot, l'antre meurt prématurément, un troF* sième est seulement retardé. Quand une génération entière est indemne, on doit craindre la manifestation du mal dans la seconde génération. Quant aux dispositions phisou moins évidentes à certaines maladies, aux dlathèses rhumatismales, goutteuses, calculeuses, àr l'apoplexie, à Thypochondrie, à Thystérie, etc., elles attachent des chances défavorables à la fonction procréatrice des personnes qui en sont affectées. L'un des faits les plus inattendus est celui de la rétinite pigmentaire que Liebreich, à Berlin, a rencontré sur 26 individus à précédents bien connus et dont \U étaient les produits de mariagtti consanguins. C'est en 1862 que Boudin souleva, avec son exagération et sil ténacité accoutumées, la question vraiment sociale des dangers de la coflsan« guiniié; une sorte d'émotion s'empara des esprits et s'éteMit jusqu'aux Éiats-Unis, où le docteur Bémiss signala, en 1858, à un meeting médical, que les enfants issus des mariages entre parents comptaient 10 sourds-mdets sur iOO in finneslde cette catégorie, 5 sur 100 aveugles^ 15 sur 100 idiots. Les en« quêtes se multipliaient dans l'Amérique du Nord, en Ecosse (1), dans les institutions de sourds-muets et ailleurs en France (2). Parmi les médecins, en minorité très- restreinte, qui ont tenté d'exonérer les alliances de famille, on peut surtout citer Napoléon Périer (3), qui a savamment discuté la généalogie des races d'élite, et Aug. Voisin (/i), qui s'est livré pendant un mois à des investigations minutieuses sur la population de Batz,

(i) Arthur MiicheU, Ann. iVhjij.puhl, et de méd. légale, 1865, t. X\IV.

(2) T. Devay, à Lyon ; Th. Parrin, ifnd.; Landes, k Bordeaux^ etc.

^3) Nap. Périer, Mém. de la Société d'anthropohgie, L c.

(4) Auf uite Voiain, Mém. delmSoc. d'anthipoi., tt Ànm. tPkyg., IM5, U UlUI.

DES MODIFICATEURS. — PERCEPTA.

[■TGIÈn

(Loire-Inférieure). Les habitants de ce bourg, isolés du pays environnant dont ils semblent mépriser la fréquentation, ne se marient depuis plusieurs siècles qu'entre eux ; nous renvoyons pour les détails au mémoire]de A. Voisin : ila donné à ses recherches tous les caractères d'une entière authenticité, et sa conclusion, comme celle de Périer^ est que dans les conditions dites de boune sélectioD, la consanguinité ne nuit point au produit et à la race, mais au contraire qu'elle exalte les qualités comme elle ferait les défauts et les causes de d^énérescence. Une enquête officielle se poursuit en France depuis huit ans ; le savant Legoyt a bien voulu la résumer pour moi dans le tableau suivant :

Mariages consanguins.

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