IV* PÉRIODE
Seies.
Hommes.
Femmes.
D'après ce savant, on ne rencontre que 1 attentat contre les personnes sur 22 168 habitants dans les départements les plus riches et les plus mstrults de France, comme ceux du centre. La statistique judiciaire donne sur 100 crimes 87 attentats contre les personnes en Corse, 61 dans TAriége, 57 dans les Pyrénées-Orientales, 56 dans la Loxère, 53 dans la Haute-fx>ire, 52 dans le Haut- Rhin et THérault, 1 7 dans la Seine-Inférieure et 1 0 dans la Seine. Ces proportions n*ont guère varié depuis 1831. Quant aux crimes contre les propriétés, il y en a 1 sur 3984 habitants dans les départements du nord, et 1 sur 7534 dans ceux du midi ; les départements du centre n'en offrent que 1 sur 8265. Villermé avait déjà remarqué qu*avec le progrès de la civilisation^ le nombre de crimes contre les personnes diminue, tandis que celui des crimes contre les propriétés augmente ; mais que les pays ou les départements où il y a le plus de propriétaires dans Taisance, avec une bonne instruction primaire, sont ceux qui fournissent le moins de crimes de toutes espèces. Aussi ne cesserons-nous de réclamer pour toutes les classes d'hommes, h côté de l'instruction qui féconde leur esprit, l'éducation qui développe la conscience et fonde la moralité.
L'instruction populaire n'a reçu qu'à partir de 1830 une grande impulsion
(1) Guerry, Statistique morafe île V Angleterre romparét* avec In ^tnti.HiffHf morale Je la Ft'itMt'e, Paris, 1864.
72t Dit HOMflCÂmif . — KBCOTA. fl
ca Fmce (i ) : or, a? ec cOe a grmdi ta moraBlé pebiqoe : lei uIbmj ont dWooè arec l'iiHtnKtioii. Ko effet, undis qoe de iS35 1 18ft5b papdaiMii t'en aceroe de 0,102 (10 pour 100), te Bomfare dea aecvséa et des twéicuui n'a augiiieoté que de 0,0M (9 poar 100); eneore cet accrotaKmeot ae rapportet4t aoi pré? eotkHia 'seulement ; le mMiibfe dea accaaatîao» a dimhioé, d dana ta période de 1SU-1M5, ta nombre dea eriioea dénonoéa eat moindre qa'en 1820-1830. Ainsi, h mesore qne ka homraea slnauniaent, la a'amè- Uorent Le nombre dea Français (conscrita) ne aachant ni lire ni écrire a diminoé régulièrement depuis ta période i82<M850 josqn*^ ceOe de i8&5-t 850 ; cette diminution atteint 25 ponr 100. Llnatmction est-eDe sans effet sur ta moralité, ta changement de rapport qui est snnrenn entre ta nombre des inffifidos lettrés et des indif idns illettrés se répétera entre ta chiffre dea accusés lettrés et celui des accusés illettrés. Or, tain d*aToir baissé de 25 pour 100, le nombre des accusés iltattrés n'a diminué que de 16 pour 100, preoTe que tas ctaaaea ignorantea éritent moina qne lea antrea lea suggestions pcrreraea. Ce fait si important ressort du tableau suivant, dreasé par GniOard :
Franm. 1886^830. iSéa-lSan.
Hibitantf adoltef (15 ans et au deUi) 22 200 000 25 000 000
^ illettrés 13 820 000 9 300 000
^ lettrés 8 380 000 16 400 000
Aeensés (moyenne annuelle) 7 130 7 430
— fflettrés 4 350 3 780
— lettrés 2 780 3 650
Un aeeuié illettré sar 3 180 habit 2 460 habit.
— lettré sur 3 020 — 4 500 —
Accroissement proportionnel des accusés illettrés. + 0,228 —
Diminution proportionnelle des accusés lettrés. — 0^390 —
Ainsi, sous la Restauration, il y avait 1 accusé lettré sur 3000 habitants, et Te» la fin du règne de Louis-Philippe, on n'en compte plus que 1 sur 4500. L'inverse a lieu pour les illettrés, ils fournissent un contingent croissant à ta criminalité. Que si plusieurs départements les plus instruits donnent beaucoup de prévenus, cette coïncidence s'explique par l'agglomération de la popotation, par celle des richesses, par une plus 4pre concurrence, par une ploa grande activité dans les passions, etc. Une statistique plus complète montre qu'il n'y a point là un rapport de cause à effet, et comme le dit Beriillon, elfe rétablit du même coup l'accord entre la acience et le sens intime.
Combattre l'ignorance est donc à la fois œuvre d'hygiène et de moralisation, et de quel poids pèse-t-elle encore sur la société moderne, nonobstant tous les progrès accomplis I Dans notre France bénie qui est à l'avant-garde de lacivilisation, la sutistique militaire de 1857 montre, sur 310 289 jeonea gens maintenus sur les listes de tirage.
97 875 ne sachant ni lire ni écrire ; 0 992 sachant lire seulement ; 192 873 sachant lire et écrire;
(i) BertiUon, Union méfîicnle^ t. X, p. 2A5, 20 mai 1856.— Arrondeau, Happart ^administration de Injustice, de 1 825 à 1 850. — Guillard, Démographie campar^^ i 850.
9 5â9 dont on n'a pi vérifier rinstmo» tion ;
Total 310,289
rofUQUi] POLITIQUE. — G0UYI3iTfIlfnfTS. 7S7
Cependant le progrès se continue; il est encore pins sensible ponr la classe de 1865 que pour les classes précédentes : sur 336095 jeunes gens roaintenqa sor les listes de tirage, il y en avait, savoir :