‹ Traité d'hygiène publique et privée. v. 2 (volume 2)Chapitre 87 sur 107 · II. — iNGtSTA · texte numérisé non relu

II. — iNGtSTA

Les classes oa?rières ont besoin d'une nonrrilare saine et proportionnée I Tintensité de leurs déperditions quotidiennes. Rien n*est plus certain pour eut que la dépense journalière de force, Tefficacitéde la réparation ne l'est point ; dans la plus grande partie des campagnes, leur pain est encore aujourd'hui ce qu'il était il y a cinquante ans; dans les filles, il est meilleur. D'après les renseignements recueillis parYlIlermé, la viande, la soupe grasse, le pain blanc» seraient d'un usage plus commun qn'autrefms parmi les ouvriers de plusieurs villes (Lyon, Reims, Sedan, etc.) et de la Normandie. Une partie de cette classe de la population est encore réduite I faire habituellement sa principale nourriture de la pomme de terre ; une autre vit de chAtaignes et de sarrMin. Quand la récolte de ces produits vient à manquer, ces malheureux tombent à la charge publique, alors même que les céréales abondent, parce qu'As n'ont pas assez de ressources pour acheter do froment ou même de seigle. La viande» si nécessaire au travailleur, manque à beaucoup d'ouvriers, ou ne figure dans leur régime que pour une proportion insuffisante : cependant elle est indispensable à ceui qui exécutent ces ouvrages de force, et la supériorité des ouvriers de la Grande-Bretagne ne provient que de la consommation plus grande qu'ils en font Les propriétaires d'une fonderie, située à Charenton, n'ont pu obtenir des ouvriers du pays la même quantité de travail qu'ils obtenaient d*ouvriers anglais^ qu'en les obligeant à se nourrir comme ces derniers. Malheureusement la nourriture des travailleurs est subordonnée au taux des salaires, qui oscillent dans de grandes limites; leur dépense la plus forte est celle de la nourriture : elle monte ordinairement, pour un homme, à plus de la moitié de la dépense totale; et aux doux tiers ou trois quarts, s'il a des habitudes d*intempérance ; elle atteint la moitié, rarement plus des deux tiers pour une femme, et pour un adolescent elle arrive aux trois quarts. 10 centimes par jour au-dessus ou bien au-dessous du taux nécessaire à l'entrotien d*un travailleur économe et sans famille sufGsent pour lui procurer une sorte d*aisance ou pour le jeter dans une grande gêne (YiUermé). Or toutes les crises, tous les événements réagissent sur le commerce, sur l'industrie, et déterminent une dépression des salaires. Telle est surtout la conséquence des agitations politiques; et, pour surcroit de malheur, ce sont toujours les ou*vriers les moins payés qui la subissent d'abord. D'un autre côté, uneaugmentation ou une diminution de 10 centimes dans le prix du pain produit le même effet de gêne ou d'aisance; une simple hausse de 2 centimes par jour dans le prix du pain et qui se maintient toute l'année, donne pour les 3& 000 000 de Français une somme de 268 200 000 francs, dont la plus forte partie est pré* levée sur le salaire de toutes les classes ouvrières. Il n'y a que les journaliers de la campagne qui ne se ressentent pas do haut prix du pain, parce qu'ils trouvent dans leurs travaux mieux payés autant de bénéfices que leur vaudrait

fvuUQVh] KXCHflA. — APPLU.4TA 749

est des professions qui agissent spécialement sar certaines sécrétions : les blanchisseuses sont sujettes à la suppression des menstrues; la salivation survient chez les étameurs, etc. Les professions sédentaires donnent lieu à la constipa* tion et à la paresse de la vessie ; celles qui exigent de grands efforts musculaires, à des sueurs abondantes, etc. Les soins de propreté sont négligés par la plupart des ouvriers de fabriques et de manufactures, quoiqu'elles se trouvent pour la plupart au voisinage des cours d*eau (Lille, Rouen, Amiens, etc.) ; on grand nombre d'usines, mues par des machines à vapeur, versent sur la voie publique des courants continuels d'eau chaude qui permet de laver, presque sans frais, le linge des familles. Combien les lotions et le peignage des cheveux sont nécessaires aiii ouvriers des filatures de coton, d'étonpes, des fabriques de céruse, etc. ! Et pourtant, d'après Thouvenin, les trois quarts d'entre eux s'en dispensent; les ouvrières âgées se font surtout remarquer par ce genre d'incurie, et les ivrognes, souvent même dépourvus de linge, sont le type de la malpropreté squalide et invétérée. (Voyez plus haut. Bains et lavoirs publics.) Il est pourtant une remarque souvent faite par nous et qui ne permet point de désespérer de l'amélioration des masses même pour ce qui concerne la propreté corporelle; c'est qu'il est trèsaisé de rappeler l'homme du peuple au respect de lui-même. Combien longtemps n'a-t-on pas objecté la saleté accoutumée du soldat à l'établissement de parquets cirés, de cabinets d'aisance à l'anglaise dans les hôpitaux militaires! J'ai toujours répondu qu'une fois placé dans ces conditions de bien-être, il s'en montrera digne, et c'est ce qui arrive. A Mulhouse, les ouvriers ont pris aisément l'habitude des bains depuis qu'ils leur sont offerts à 20 centimes ; la multiplication des bains et des lavoirs publics dans tous les centres de population prouvera de plus en plus, par ses résultats, que les habitudes de malpropreté populaire sont l'effet du délaissement des classes laborieuses et de la cherté des moyens de nettoyage.

rv. — Appligata.

Les ouvriers, quoique mieux habillés qu'autrefois, ont encore beaucoup à désirer et à faire pour leur propreté, pour leur protection vestimentaire ; ils ne changent pas assez souvent de linge ; ils conservent sur le corps des vêtements imprégnés de sueur, ils les disposent mal ou ne se couvrent que d'une manière incomplète ; de là une foule de maladies graves que Ton rapporte à l'action du froid, sans penser que l'on pourrait annuler cette cause à l'aids d'un meilleur habillement. Les fondeurs, les forgerons» les verriers, les chauffeurs, les boulangers, etc., qui sont plongés dans une atmosphère brûlante, ne prennent aucune précaution en quittant le lieu de leur travail ; ceux qui font des ouvrages de force en plein air se refroidissent avec la même imprudence. Le soin du vêtement et son appropriation aux besoins des différentes professions pourraient réduire le nombre des maladies graves et partant la mortalité qui

PVBUOVB] PERCBPTA. 751

ge?ille et Gharies Dupin, i*iii8tnictioD tend d'une manière indirecte à augmenter la masse du travail ; d'après Nafille (i), elle n*est pas sans quelque influence sur la diminution de la misère. Il se peut, comme le prétend Gharies Dnpin, qu'une instruction élefée, créant des désirs et des besoins qn'etle ne peut satisfaire, soit une cause de malheur pour ceux qui l'ont reçue ; mais l'instruction primaire, celle qui contient aux ouvriers, ne peut être qu'un bienfait pour eux; elle féconde leur intelligence, elle leur rend accessible un ordre plus élevé de notions et de jouissances, elle les met en communion avec la sagesse des siècles, elle polit leurs mceurs, elle amcMtit la brutalité de leurs passions ; en un mot, elle les civilise. On la donne aujourd'hui aux enfants des fobriques; néanmoins la dur6e quotidienne de leur travail y met obstacle. Les rapports sur l'instruction primaire en France et les tableaux officiels du recm* tement prouvent que l'enseignement primaire se propage, surtout dans les can* tons manufacturiers. On y a joint dans quelques localités (Ghâlons, Angers* Nantes, etc.) l'instruction professionnelle que l'Allemagne a mise en honneur avant nous. On a nié les avantages des écoles d'arts et métiers, mais les reproches qu'on leur adresse ne portent point sur le principe de leur institution. Biles doivent concourir évidemment à l'amélioration physique et morale des enfants de hi classe laborieuse, auxquels il convient de les ouvrir avec faveur.

Le tableau suivant indique la proportion des aliénés, classés par profession :

PrupnrUou «iir iOOO ali<'>n«^s. Rapport de« aliént^t - - ^ — ^-N 11^ -^ Ii«ilé»rni853àb

S«ie Sexe (<««« [MtpiUatiuu appart^aaiit

l*rof^a«ioiis. maseulîn. féminin. tleax «eseit. à chaque |irmeMi«m.

Profewioiifl libérales i3S 87 iiS 177 war iSO,eOS

MUitaires et mtrioft 51 » 26 199 -^

Professions commerciales 50 31 M ^2 —

Professions manuelles ou mécaniques au S07 382 se —

Domestiques et ioumaliers 12S 191 158 155 —

Désignations diverses et individus sans professioo 180 390 38S

1000 iOOO 1000 77

Ainsi les professions libérales, et les deux armées de terre et de mer frmrnissent le plus d'aliénés; mais il est juste de remarquer, en faveur des mili* taires et des marins, que tous les aliénés étant envoyés dans les asiles, comptent pour lu statistique, tandis que beaucoup d'aliénés d'autres professions s') dérobent par le traitement à domicile. Les artistes sont en première ligne (95 sur 10 000); viennent ensuite les juristes (8& sur 10 000), les ecclésiastiques (39)f les médecins (38), les professeurs et les hommes de lettres (35), les fonctionnaires publics et les employés (là). On voit se confirmer ici Topi-

(1) NavlUe, De ta ehanU Ugale, U II, p. S43.

pobuqubI GESTA. 753

mettre en œuvre les matières premières, le bois, la laine, le fer, le coton, etc. , renferme un peu moins du tiers du nombre total. En troisième ligne vient la classe des gens sans aveu, vagabonds, mendiants.

YL — Gesta.

Sous le rapport de l'exercice musculaire, nous divisons les professions en quatre classes : 1^ professions sédentaires et presque inactives; 2^ professions avec insuffisance de mouvement; 3* professions avec excès de mouvement; U^ professions avec attitudes vicieuses. — Plusieurs causes se réunissent dans la production des états morbides qui sont Tapanage de la vie sédentaire : Tair confiné, la nature des matières mises en œuvre, Tattitude vicieuse dont il sera question plus bas, et le défaut d'exercice en plein air. Cette dernière cause suffit pour amener Finertie des organes, l'embarras de la circulation, la disposition aux engorgements splanchniques, à la bouffissure, à la prédominance lymphatique, aux scrofules, etc. Les professions sédentaires donnent en moyenne 141 phthisiques sur 1000 décès, tandis que les professions actives n'en ont que 80. Lombard a trouvé de plus que sur 30 professions sédentaires qui laissent le corps dans un repos presque complet, les 2/3 sont au-dessus de la moyenne générale des décès par phthisie dans toutes les professions, et qui est de 114 sur 1000. Sur 56 professions qui nécessitent des mouvements assez prononcés, les 2/5** seulement sont au-dessus de la moyenne, et les 3/5'* audessous. Ramazzini (Pâtissier, p. 360) avait déjà remarqué que les professions sédentaires qui exercent les bras, les pieds et tout le corps, débilitent moins et usent moins vite : ainsi l'insuffisance du mouvement retarde l'effet de l'inaction musculaire, mais ne l'annule pas, observation que nous avons déjà faite. L'excès d'action musculaire se joint presque toujours, dans les professions qui le nécessitent, à d'autres influences nuisibleSy et notamment à une mauvaise alimentation. Nous avons signalé les dènstrenx effets qui en résultent : sur 1078 enfants travaillant dans les filatures et fabriques en Angleterre, 22 seihlement étaient arrivés à l'âge de kO ans, et 9 à celui de 50 ; sur 824 ouvriers, la plupart en bas âge, employés dans 6 filatures, il n'y en avait que 183 jouissant d'une bonne santé, 2û0 étaient délicats, 258 malades, 43 rabougris, 100 affectés de tuméfaction des cous-de-pied et des genoux, et 37 atteints de déviation du racbis (1). Les professions à labeur excessif, outre la rapide décadence qu'elles déterminent dans l'organisme, exposent à la courbature et aux affections inflammatoires, aux ruptures des muscles, aux hémorrbagies, aux anévrysmes du cœur et des gros vaisseaux, aux hernies, etc. D'après Friedlander, le quart environ des ouvriers en Angleterre sont atteints de hernies, en Allemagne un huitième ou un dixième. Les attitudes forcées, vicieuses, longtemps prolongées, influent et sur le développement de l'appareil locomoteur et sur la santé générale. L'inégale répartition de la nutrition, due à l'exercice

(1) M. M. T. Sêdler, Souffrances des enfants employés dans les filatures et fabriques iT Angleterre (Annales d'hygiène publique, V série, t. XII, p. 286).

a. UvT. Ujfîène, 6« ébit. n. — âS

pubuquk] GESTâ. 755

développent dans les points soumis à une pression pins on moins constante ; 5*" à la constatation chimique ou physique de certaines poussières organiques ou inorganiques, extraites des substances recueillies soit directement, soit à l'aide du lavage, dans les plis de la peau des mains^ des pieds, sous les ongles, dans les cheveux, dans la barbe, à la surface des vêtements. A ces détiibt Yemois ajoute l'indication sommaire d'autres lésions à la surface du corps, des attitudes et même des souffrances qui sont le lot des professons, de manière à en donner un signalement pathognomonique^ très-utile au médecin légiste, et résumant aux yeux de l'hygiéniste l'état actuel de ceux qui 8*y livrent. Nous ne pouvons que renvoyer nos lecteurs au mémoire oà sont consignés les résultats de ces patientes et judicieuses investigations. Celles de Tardieu, nu)ins précises et étayées sur un nombre inférieur d'observatioasv l'ont conduit à partager en quatre groupes les modifications et déformations physiques que produit invariablement^ dans certaines parties, l'exercice des diverses professions ; il les partage, quant à leur nature, en quatre groupes : l"* épaississcments partiels del'épiderme; effet direct du travail des mains chez les cardeurs de matelas, large surface oblongue, rugueuse, durcie, phis ou moins calleuse à ia partie antérieure de l'avant-bras gauche, sur lequel appuie le peigne ; calus pahnaire des bâtonnistes, des tambours, des onvriefs à marteau, des charrons, des serruriers, des cloutiers, etc; durillons entre le pouce et l'index de la main droite chez les cochers ; double durillon en forme de cor sur la face dorsale de la deuxième phalange du doigt annulaire et an pouce, à la face palmaire et vers le bord interne de la première phalange chet les coiffeurs maniant le fer à papillottes, sans oublier l'élévation du thorax du côté actif par l'influence continuelle des muscles de l'épaule (Scemmering) ; durillon en forme de cor sur le bord cubital du petit doigt de ht main droite, au niveau de l'articulation de la phalangette, chez les écrivains, commis, etc., très-occupés; callosités en bourrelets phis on moins saillants, plus ou moins étendus, que portent en diverses parties, suivant le siège des pressions habi* tuelles, les blanchisseurs, les menuisiers, les tourneurs, etc. — 2* Altérations profondes de la peau; ramollissement; destruction du derme; crevasses comme chez les biauchisseurs de tissus, les débardeurs, les polisseurs; destruction des ongles, comme chez les nacrières et les polisseuses de cuillers; formation de tumeurs et de kystes dermiques ou sous-dermiques, comme chez le tailleur d'habits, le vermicellier. — 3* Changement de coloration chez les ouvriers qui blanchissent les tissus de laine à ia vapeur du soufre; la peau des mains est ramollie par le contact de l'acide sulfureux, l'épiderme blanchi et ridé se soulève et se détruit par place ; chez les brunisseuses en cuivre, toute la face palmaire de la main droite est calleuse et noircie, excepté au niveau des plis de flexion ; la main des corroyeurs est colorée en brun par une espèce de tannage; la peau présente une coloration subictérique chez les cérusiers, rouge chez les ouvriers en minium; le liséré bleuâtre des gencives est un indice presque positif de rmtoxicatkm saturnine; chez les serroriers, chaque pli

FUBUOim] GESTâ. 757

coup de ces effets d'exercices professionnels se résolvent en infirmités incurables et restreignent fatalement les chances de la vie. Ainsi, Tattitode ooorbée eierce une influence certaine sur la production de la pbthisie pulmonaire. StoU, en signalant la pléthore locale des poumons et du cceur chez les tailleurs, l'expliquait, soit parce que le sang se distribue diflBcilement aux viscères de Tabdomen comprimé par la flexion du tronc en avant, soit parce qu'en raison des courtes inspirations que font ces hommes sédentaires, le sang qui est entré dans les poumons n'en sort pas assez promptement La statistique, maniée par Benoiston de Ghftteauneuf et par Lombard, a justifié cette opinion en montrant que les ouvriers constamment courbés deviennent [dus fréquemment phthisiques(l). Toutefois l'exercice musculaire, s'ajoutant à la position courbée, en corrige le maléfice. Ainsi, les jardiniers, les tanneurs, les blanchisseuses et les lavandières comptent très-peu de phthisiques, tandis que les professions qui, en arquant le corps^ le laissent dans un repos presque complet (tailleurs, cordonniers, graveurs, vanniers, horiogers, etc.), dépassent la moyenne générale des phthisies par 100 décès (13 A sur 1000).

L'introduction des machines dans les fabriques donne lieu à de graves questions de sécurité pour les ouvriers et pour les habitations voisines qu^elles menacent de leurs feux ou de leurs éclats en cas d'explosion; elle épargne à l'ouvrier les travaux les plus rudes et les plus fatigants, mais lui impose une prudence, une attention de tous les instants. La rapidité des rouages et des courroies de transmission, la vitesse de rotation des arbres en fer, sont des causes fréquentes de blessures, de mutilations et de mort Le docteur Thouvenin, de Lille (2), estime qu'à Rouen et à Lille 2 ou 3 ouvriers périssent annuellement par cette cause, que 5 ou 6 sont forcés de subir des opérations graves, et que plus de 150 éprouvent des accidents moins funestes, tels que perte de doigts ou phalanges, plaies, arrachements, fractures, etc. Du 1*' janvier 18A7 au 12 mai 1852, 120 établissements industriels ont envoyé à rUypital de Lille 390 blessés dont 12 sont morts, 339 ont guéri ou étaient encore à cette dernière date en voie de traitement, et 39 ont été amputés on estropiés. L'habitude des ateliers ne préserve point les contre-mattres, les ouvriers les plus anciens; l'étourderie ne fait donc pas seule tant de victimes. Outre la surveillance que nécessite un danger continu, il faut que l'ouvrier ait des habits courts, des manches étroites; que les arbres en fer, les courroies de transmission, les roues d'engrenage les plus puissantes, soient enveloppés de caisses de bois ou de cuir.

La Société industrielle de Mulhouse a institué une enquête sur les moyens de prémunir contre les accidents occasfonnés par les machines. Audiganne,

(1) BenoisUMi de Châteauneuf et Lombard, Annales dhygiène fmbUque, t. VI, p. 5 ; t. U, p. 5; t. XIV,p. 107.

(2) Thouvenin (de liUe), Influence de tinduiirie sur la santé des popuiaiums^ etc. {Annales d'hygiène, U IXIVI, IXIVU et lUI, p. 261).

758 DES MODIFICATEURS GÉNÉRAUX DES PROFESSIONS. [htgiéhi

dans la note que dous avons citée de lui plus haut, reconnaît que l'on ne s*est pas encore assez préoccupé des conditions de sûreté à Tintérieur des usines : les accidents résultent des appareils mécaniques, des roues, des engrenages^ des communicatioiis de moovementt etc. Fnssent^ils dus aussi souvent qu'on le prétend à la négligence de Toufrler» encore les patrons auraient-ils le devoir d'y obvier, de garantir l'ouvrier contre sa propre incurie. Une commission» nommée en 18&8 par le préfet du Nord, et présidée par le maire de lille, a procédé par elle-même à des informations qui l'ont amenée à dire, dans son excellent rapport auquel nous ferons d'autres emprunts : a Nous entendons dire tous les jours que les accidents ou les blessures observés dans les M>riques sont toujours le résultat d'une imprudence de la part des ouvriers. Gela n'est pas exact, et c'est établir une fâcheuse prévention. » Avant de mentionner les dangers et les améliorations qui sont consignés dans cet important document, rappelons ce qui a été prévu et stipulé par les dispositions relatives aux machines à vapeurs; ces dispositions ont été refondues et coordonnées dans le décret du 25 janvier 1865. Aucune chaudière ne peut être mise en service avant d'avoir été soumise à froid, au moyen de la pompe ï pression, à une tension effective double de celle qui ne doit pas être dépassée dans le service. Chaque chaudière est munie de deux soupapes de sûreté, chargées de manière à laisser la vapeur s'écouler avant que la pression ait atteint la limite maximum. La tension de vapeur doit se dénoter d'une manière constante par un manomètre en bon état Deux indicateurs du niveau de Teau, dont un en verre, sont en outre prescrits, et mettent en garde contre les dangers qui pourraient résulter de l'insuflBsance de l'alimentation. Les chaudières sont distinguées en trois catégories, basées sur leur capacité et sur la tension de la vapeur : on exprime en mètres cubes la capacité, et l'on multiplie ce nombre par le numéro du timbre (pression maximum en kilogrammes par centimètre carré) augmenté d'une unité. Si le produit dépasse 15, les chaudières sont de la première catégorie ; an-dessous de 5, elles sont de la troisième. Les chaudières de la première catégorie ne peuvent être établies dans Tintérieur des ateliers et des habitations ; le préfet pourra toutefois les autoriser dans l'intérieur des ateliers qui ne font point partie des maisons habitées ; il y aura au moins 3 mètres de distance entre les chaudières de la première catégorie et les maisons d'habitation ou la voie publique. Si cette distance est moins de iO mètres, l'axe dn générateur prolongé doit rencontrer le mur de la maison voisine sous un angle plus petit que le sixième d'un angle droit. Sinon un mur de défense de l'épaisseur d'un mètre sera construit en bonne et solide maçonnerie à 50 centimètres d'intervalle an moins du massif de maronnerie des fourneaux et des maisons voisines. Quand une chaudière de la première catégorie est autorisée dans un local fermé, celui-ci ne sera point voûté et sera couvert d'une toiture légère, disposée sur une charpente particulière et *sn8 liaison avec les bâtiments contigtis. Iash chaudières de la deuxième catéoeuvent être établies dans l'intérieur d'un atelier qui ne fait point partie

PUBLIOUE] GESTA. 760

d'une maison habitée par des tiers. Les chaudières de la troisième catégorie sont tolérées dans l'intérieur des ateliers même attenant aux maisons habitées. Là s'arrêtent les prévisions de l'autorité. La commission de Lille se demande si la vérification préalable, bornée par l'ordonnance de 1843 aui générateurs, ne devrait pas s'étendre aux autres pièces qui constituent une machine à vapeur, et à leur ajustement^ le moindre défaut dans ces machines pouvant donner lieu à de grands désastres. Cette vérification, seulement initiale, ne devrait-elle passe répéter périodiquement? Les roues de volée ne devraient-elles pas être solidement recouvertes, garanties avec soin ? La surveillance de la force motrice est-elle confiée partout à des hommes intelligents, capables d'une attention soutenue pour en régler le jeu selon les lois du mouvement? Pour activer le travail, on peut imprimer une vitesse trop grande aux arbres de transmission du mouvement, en raison de leur calibre ou de leur force de résistance, comme en raison de la disposition ou de la capacité relative des métiers à mouvoir. La disproportion du nombre des mécaniques avec l'étendue des locaux augmente les dangers pour les ouvriers chargés du replacement des courroies. Les arbres de transmission devraient être recouverts, isolés dans des enveloppes comme les roues de volée. Le nettoyage des métiers, l'onction des rouages ne devraient jamais se faire pendant que la machine à vapeur est en mouvement Un règlement ne pourrait-il fixer, dans toutes les fabriques, l'ordre du travail, la conduite dans l'atelier, la manière de se vêtir, prévenir la confusion des emplois et le tumulte si favorable à la multiplicité des accidents? Des vêtements trop larges, les bouts de manche d'un sarreau, d'une chemise, des lambeaux, se laissent attirer^ enrouler dans les cylindres tournants; les mains, les doigts suivent ce terrible mouvement d'attraction, et s'ils ne sont arrachés ou coupés, l'avant-bras, le bras sont broyés. A rh6pital Saint-Sauveur de Lille, les blessures les plus graves sont présentées par les ouvriers chargés du replacement difficile des courroies qui viennent à se dévier de leur poulie, replacement qui paraît ne pouvoir s'effectuer que par la main de l'ouvrier, sans le secours d'une tige à crochet ni d'aucun autre instrument. La tendance actuelle du gouvernement est de supprimer les règlements préventifs en aggravant le système répressif. Le bon c^é de cette méthode administrative est de fortifier, d'encourager l'initiative individuelle, de dégager l'esprit d'entreprise d'entraves et de formalités initiales; mais il faut craindre de la pousser à l'extrême : toutes les fois que les industriels auront à choisir entre les chances d'un accident, chances toujours minimes même en cas d'imprudence, et les bénéfices résultant d'une exploitation dangereuse, ils tireront à cette loterie, et choisiront le bénéfice. Et cela pour une raison simple : la loterie est avantageuse pour eux ; le bénéfice assuré, multiplié par la chance heureuse, donne un produit beaucoup plus grand que les frais résultant d'un accident possible, multipliés par la chance que cet accident a de se produire.

760 MOYENS D'AMÉLIORATION DES CUSSBS PROFESSIONNELLES. [hygiéke § S. — MoyeM «'améllorAllMi «^ tÊmmem pr*ffeMil«BBeUe0.

i^ Amélioration physique. — L'enquête de 1834 a prouvé que la durée joaroalière du travail est trop longue; avant la dernière loi, on faisait un abus homicide des enfants : c*est le terme employé par Yillermé, dont la aiodération est empreinte sur chaque page de son livre. Le législateur doit étendre aux adultes, hommes et femmes, sa tutelle sanitaire, et stipuler un maximum de durée de travail quotidien. La stabilité du salaire sauverait l'ouvrier de bien des maux; mais peut-on l'assurer? Les chômages et les mortes-saisons ne peuvent être atténués dans leurs désastreuses conséquences que par rétablissement de sociétés mutuelles de secours, les dépôts réguliers dans des caisses d'épargne, les prêts gratuits de monts^de-piété, la création d'ateliers de travaux publics dans les temps ie crise, l'exécution opportune de travaux tenus en réserve par le gouvernement Parmi ces moyens, le plus efScace est l'esprit d'association et de charité fraternelle ; les sociétés de secours mutuels que les ouvriers fondent entre eux ont le double avantage de garantir leurs vieux jours du besoin et de développer en eux des habitudes d'ordre, d'éconooiie et de bonnes mœurs. Paris seul en compte plus de deux cents, et elles se sont étendues à toute l'Europe. L'État aura peut-être à intervenir un jour plus activement dans l'organisation du travail, dans les rapports entre ouvriers et maîtres; mais les problèmes qui se rattachent à ce difficile sujet sont encore à l'étude de l'opinion publique. Aux mesures que l'on pourrait réaliser immédiatement, nous ajoutons l'avis des médecins sur le choix d'une professioD, l'établissement de bains à l'usage des ouvriers, l'adoption d'un système d'exercice musculaire propre à contre-balancer le résultat des attitudes vicieuses et des mouvements spéciaux, l'élévation de l'impôt sur les spiritueux, la dinûnation de l'octroi qui frappe la viande (1).

2* Amélioration morale, — Elle s'obtiendra par la propagation des salles d'asile et écoles primaires, par l'encouragement à l'épargne et à l'économie (2),

(1) Cette page est reproduite ici telle qu'elle a été imprimée en 1845 dans la première édition de cet ouTrage. Si nous faisons cette remarque qui nous a été reprochée (Anmaies cT hygiène. Analyse bibliographique, par A. Tardieu, Paris, 1850), c'est uniquement pour établir que nous n'avons obéi, en écrivant, à aucune considération de circonsUnce.

(2) En 1841 , il existait 35 4922 livrets^ sur lesquels 91 770 appartenaient aux ouvriers (1/4). La population totale des ouvriers en France est de 4 à 5 millions; c'est donc 1 sur 40 à 50 qui avisait au lendemain. Au 31 décembre 1858, on comptait en France 421 caisses d'épargne ; le nombre des livrets existants au

Nombre mojren f>«r caisse.

31 décembre 1856 éuit de 936 188 2530 = 1 sur 38 habiUnU.

— 1857 — de 978 802 2583 = 1 sur 36 —

— 1858 — de 1 042 365 2599 = 1 sur 35 —

Sur 100 livrets, il y en avait, en 1858, 75,75 de 500 francs et au-deuous, 12,25 d^ 501 i 800 francs. Les déposants se classent ainsi pour les professions en 1858 :

Ouvriers 36,45

Domestiques 1 7,87

Employés 5,64

Militaires et marins 3,10

Professions diverses 21^20

Mineurs 15,82

Sociétés de secours mutuels 0,1 2

PDBUQDS] AMtUMktlM PHYSIQUE ET MORALE. 79ii

par la motoalité des seocHin (!)« par FâBsistaiice des malades et des coavalesœnts à domicile, par la proscripCîoa impitoyable de ri?rogoerie, déjà tentée avec saccès dans plusieurs fabriques, par la séparatioa des sexes, par U surveillance morale des ateliers, par la stipulation légale des devoirs des cbefe de fiibrique envers les ouvriers, qu'ils exploitent trop souvent comme des machines, les renvoyant quand ils peuvent les remplacer avantageusement par d'autres, les abandonnant quand ils les ont usés par le travail. Des pensions, des secours sont dus aux travailleurs estropiés, mutilés dans les ateliers. Que les fabricants cessent de foire retomber indûment sur les ouvriers les charges

(1) Le prfaidpe de la mutualité se traduit par l'action collective procédant de l'individu pour rerenir à l'Individu. La première eoniécration légale qu'ait reçue ce principe le trouve dans le décret du 9 avril 1 850 qui antoriie l'établitsement de la caisie de secours des ouvriers en soie de la fabrique lyonnaise ; la loi du 15 juillet de la même année et le décret du 25 mars 1852 ont généralisé cette application en organisant les soeiélés de secours mutuels sur des bases définitives. On distingue atqourd'hui trois eqièces de sociétés de secours : i^ les sociétés libres ou privée!, qui ont besoin de l'autorisation du préfet quand elles dépassent un effectif de 20 membres; 2* les sodétés autorisées on reconnues établissements d*utilité publique, habiles à recevoir par donation ou autrement, sous l'approbatiou du gouvernement, des biens mobiliers et immobiliers, et placées sous la surveillance de l'administration municipale ; 3* les sociétés approuvées^ sur la proposition de la commission supérieure spéciale des sociétés de secours mutuels, à Paris par le ministre de l'intérieur, dans les départements par les préfets ; leur président est nommé par l'Empereur. Au 31 décembre 1867, le nombre des sociétés s'élevait k 5820, dont 4127 approuvées et 1702 autorisées. 215 sociétés s'étaient fondées pendant cette année 1867 : 211 approuvées et à autorisées. Durant le même laps de temps, le nombre des nembrea, tant honoraires que participants, des sociétés approuvées s'était accru de 31 €S0» ee qui l'avait porté au chifllre total de 626 420. Le personnel total des sociétés wÉloifeéii était représenté par 236,875 individus. L'avoir général des deux catégories de itaJétés s'élevait, à la an de 1867, i la somme de 46 310 701 flr. 76 c; pendant ceUt année, il s'était accru de 3 247 537 flr. 80 c. Dans la mijeure partie des sociétés, les cotisations sont de 1 franc par mois, 12 francs par an, et la moyenne des dépenses par tête s'établit comme il suit :

Indemnité de 1 franc pour 4 jours 0 centièmes,

moyenne des jours de mabulie par an 4 fr. 90 c.

Honoraires des médecins et frais de médicaments. ... 3 85

Frais ftinéraires 0 50

Secours à la veuve et aux orphelins 0 25

9 fr. 50 c.

On évalue k 1 franc par tête les frais d'administration etles dépenses générales; il reste disponible pour la réserve 1 franc 50 c. sur les cotisations des membres perticipants, indépendamment du produit des droits d'entrée, des cotisations des membres honoraires et des subvenlions.Le nombre des malades a été, en 1867, de 25,64 pour 100 sociétaires, la moyenne étant de 25,57 pour les hommes et de 26,01 pour les femmes. Les décès survenus durant cette année n'ont pas dépassé 1,56 sur 100 sociétaires. {Rapport à FBmr pereur sur la situation des sociétés de secours mutuels en 1867 [Journal offtdel de r Empire français^ 26 janvier 1869].)

KomicM I àTiMiK i^v$ rtàiajKsnMixt» iusalcbres.

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Nv»^\ AH«^W»A»v ^x\ro )\'^-«v fs«w<c^c 4N%^ ^cai«>^aj^iti< «q point de t».. i Vv!^"^^ y^ ^ tK'mn>ifK>i$*9myt ^vMiAk*^^ ws ^;»Kir<^omrïD:> industriels a

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mUQDE]

DANGEREUX OU INCOMMODES

OtnfilUTIOR DES INDUSTRIES.

Adde urique. (Voy. Murexidê.)

Acier (Fabrication de 1').

AUlnage de Tor et de 1 argent par lee acideiu

AlDnage des métaux au fourneau. (Voy. GrUlage des minerait.)

Alt>umine (Fabrieation de V) au moyen du aérum frais du sanic.

Alcali volatil. (Voy. Ammoniaque*)

Alcoolà autres que de vin, sans traTail de rectification.

Alcools. (Distillerie agricole.)

Alcool (Reotification de F).

Agtflom^rés ou briquettes de houille (Fabrication

dCi*) :

i" Au brai gras.

t* Au brai sec.

Aldôhyde (Fabrication de F).

Allumettes (Fabrication des) avec nuitièrei détonantes et fulminantes.

Alun. Voy. {Sulfate d'alumine.) Amidonneries :

10 Par fermentation.

so Par séparation du gluten et sans fermentation.

Ammoniaque (Fabrication en grand de 1*) par la décomposa ton des sels ammoniacaux.

Amorcera fulminantes (Fabrication des).

Appareils de réfrigération :

1*> A ammoniaque.

20 A éttier ou autres liquides relatifs et combutlibles.

Arcansnns ou résines de pin. (Voy. Rosine*, etc.) Arecnlure sur métaux. (Voy. Dorure et argenture.) Ar>iéiiiate de potasse iFabrieatiou de V) au moyen du

1" Quand le» vapeurs ne sont pas absorbées. S" (Juand les vapeurs sont absorbées.

Artillcos (Falirication de* pièces d*).

Asphaltes, bilnmcs, brais et mati^rcs bitumineuses

solides ^liépAlsd').

A<phallr!t et nil unies ^Travail des) h feu nu. Ati'ticri^ de construction de machines et wagooa.

(Voy. Machinet et Wagoni.\ Rii*h("« imperméables (Fabrieation des) : 10 Avec cuiKsun des huiles.

20 Sans cuiiMon des huiles.

Baleine (Travail des fanons de). (Voy. Fofiotu da

baleine.) Baryte (Décoloration du sulfate de) au moyen de

l'acide chlorhydrique à vases ouverts.

Batlaice, cardagi* et épuration des laines, crins et

plumes de literie Bailaue des euirs i Marteaux pour le).

Battage et lavage r Ateliers spéciaux pour les) des fils

de laine, bourres et d«H:hets de filature de laine et

de soie (laiis les villes.

Battage des tapis en grand.

Batteurs d'or ut d'argent.

Battoir à écorces dans les Tilles.

Beniine Fabrication et d«'pôts de). (Voy. lluUe de

pétrole, de schiste^ etc.) Bitumes et asphaltes (Fabrication et dépôts de). (Voy.

Mphaltei, bitumes, etc.) Blanc (le plomb. (Voy. Ciruêê.) Blanc (le sine 'Fabrication de) par la combustion du

Hiéial.

Blanchiment :

VGOMftaim.

Fumée.

Emanations nuisibles.

Odeur.

Altération des eaux.

Altération des eaux.

Danger d'incendie.

Odeur, danger dlneendie. Odeur.

Danger d'incendie.

Danger d'explosion et d'incendie.

0<leur, émanations nuisibles et altération des eaux.

Altération des eaux.

Odeur.

Danger d'explosion.

Odeur.

Danger d'explosion et d'incendie.

Emanations nuisibles.

Emanations accidentelles.

Danger «l'incendie et d'explosion.

Odeur, danger d'incendie.

idem.

Danger dlneendie.

idem*

Emanations nuisibles.

Odeur et poussitVe.

Bruit et ébranlement.

Bruit et poussière.

Idem, Bruit Bruit et poussière.

3« if

if

Fumées métalliques.

PUBUQim]

DANGEREUX OU INCOMMODES

DÉSIGlfATlOH DIS INDOSTRIES.

blanches et de peaax fraîches non tannées (Fabrication de la).

Générateurs à vapeur. (Régime spécial.)

Genièvre. CVoy. Diitiileriei).

Glaces (Étamage des) (\ oy. Étamage.)

Glace. (Voy. Appareils de RéftigércUion.)

Goudrons (Vsmes spéciales pour l'élaboration des) d'origines (livors<>s.

Goudrons (Traitement des) dans les usines à gaz où ils se produisent.

Goudrons et matièn^ bitumineuses fluides (DépOts de).

Goudrons et brais végétaux d'origines diverses (Elaboration des) .

Graisses a feu nu r Fonte des).

Graisses pour voitures (Fabrication des).

Grillage des minerais sulfureux.

Guano (Dépôts de) :

|o Quand l'approTisionnenient excède SS 000 kilogrammes.

3« Pour la venU; au détail.

Harengs (Saurage des).

flongroieries.

Houille (Afftflomérés de). {Yoy * Agglomêréi*) Huiles de Bertfues (Fabriques d'). (Voy. Dêgras.) Huiles de pétrole, de schiste et de goudron, essences et autres hydrocarbures employa pourréclairase, le chauffdge, la fabrication des conteurs et vernis, le dégraissage des étoffiBs et autres usages : |o Fabrication, distillation et travail en grand. 30 Dépôts.

a. Substances très-fnflammables, c'est-àdire émettant des vapeurs susceptibles de prendre le fea (i) h une température de moins de 35 degrés -.

10 Si la quantité emmagasinée est, mt^me temporairement, de lOSOlit. (tjonplus.

So Si la quantité f>upérieure h 150 lit. n'atteint pas 1050 litres.

Huiles de pétrole, de schiste et de voudron, essences et autres hydrocarbures employés pour l'éclairage, le chaufTaiie, la fahrication des couleurs et vernis, le dégraissage des étoffes et autres usages ; I» Fabrication, distillation et travail en grand.

«• Dépôts.

6. Substances moins inflammables, e'est-Adire n'émettant de vapeurs susceptibles de prendre feu (3j qu'à une température de 85 degrés et au-dessus :

|o Si la quantité emmagasinée est, même temporairement, de lo 050 lit. ou plus. 1* SI la quantité emmagssinée supérieure à 1 060 litres n'atteint pas 10 500 litres. Huile de pieds de bœuf (Fabrication d*) :

l« Avec emploi de matières en putréfaction, î* Quand les matières employées ne sont pas putréliées.

Huiles de poisson (Fabri(|ues d*).

Huile épaisse ou dégras. ( Voy. Dégroi.) Huiles de résine (Fabrication des).

oicoinrÉiiiiim.

en

td

Odeur, danger dlncendle.

Idem.

Idem,

Idem.

Fdem.

idem.

Fumée, émanations nuisibles.

Odeur.

Idem.

Idem.

Odeur.

Odeur et danger dlncendle.

Idem.

Idem.

Odeur et danger dlncendle.

Idem.

Idrnn.

Odeur.

Idem.

Odeur, danger d'incendie.

Idem.

(i) An coutact d'nne alluuuittc cDllammée.

(i) l.r f At i^uvralemout adopt*^ i>«r le conimercr poor Ict {HÎtroIvs est de 150 litrvt ; 1050 Utm rfpn'wnli'nt donc topl di'ndiUi fftig.

(3) Au contact d'une aliumette «•nlUinuée.

publique]

DANGEREUX OU INCOMMODES

DftSIGNATIOlf DKS INDUSTRIES.

so A Tawft clos, et employant de rammoniaque à reiclusion de ruHne.

Os (Torréfaction des) pour engrais :

I* Lorsque les gaz ne sont pas brûlés.

s* Lorsque les gaz sont brûles.

Os d'animaux (Olcinatlon des). (Voy. Carbonisa'

tion des matières animales) Os frais (DépOt d'; en grand.

Ouates (Fabrication des).

Papiers (Fabrication de).

Pâte A papier (Préparation de la) au moyen de la

paille et autres matières combustibles.

Parcheminerie.

Peaux de lièvre et de lapin. (Voy. Secrètage*) Peaux de mouton (Séchage des).

Peaux fraîches. (Voy. Cuirs verts.) Percblorure de fer par dissolution du peroiyde de

fer (Fabrication de).

Pétrole (Voy. Huiles de pétrole.) Phosphore (Fabrication de).

Pilenes mécaniques des drogues.

Pipes à fumer (Fabrication des) : l« Avec fours non fumivores.

S» Ayec fours fumivore».

Plantes marines. (Voy. Combustion dês plantes marines.) Plâtre (Fours à) :

!• PermaiMBtB.

ao Ne travaillant pas plus d'un mois.

Plomb (Fonte et laminage du). (Voy. Fonie, etc.) Poèllers foumalistes, poêles et fourneaux de faïence

et terre cuite. (Voy. PaXenee.) Poils de lièvre et de lapin. (Voy. 5ecréf aflfe.) Poissons salés (Dépôts de).

Porcelaine (Fabrication de) :

I* Avec fours non fumivores.

9* Avec fours fumivoret.

Poreheriee.

Fol asse (Fabrication de) par caldnation des résidus

de mélasse.

Potasse. (Voy. Chromate de potasse.) Poteries de terre (Fabrication de) avec fours non fu-

mivores.

Poudres et matières fulminantes (Fabrication de).

( Voy. aussi Pulminaie de mercure.) Poudrette (Fabrication de) et autres engrais au

moyen de matières animales.

Poudrette (Dépôts de). (Voy. Engrais.) Pouzzolane artiUclelle (Four A).

Prolocblorure d'étain ou sel d'étain (Fabrication du). Prussiate de potasse. (Voy. Cyanure de 90ta»tium.) Pulpes de pommes de terre. (Voy. PèeuXeries,) Rafnneries et fabriques de sucre.

Résines, galipots el arcansoot (Travail en grand

pour la Tonte et répuratioo des).

Bogues (Dépôts de salaisons liquides connues sous le

nom de) Rou^e de Prusse et d'Angleterre, iiouiasageen grand du chanvre et du lin.

RooisMge en grand du chanvre et du lin par l'action des acides, de Teau chaude et de la vapenr.

Sal>ots (Ateliers A enfumer les) par la combustion de la corne ou d'autres matières animales, dans les villes.

Salaison et prénaration des viandes.

Salaisons (Ateliers pour les) et le saurage des poissons.

iNCOitvÉNiEirrs.

Odeur.

Odeur et danger dincen- i**

die.

Idem. S"

Odeur, émanations nuisi- l'*

blés.

Poussière et danger d'in- i*

cendie.

Danger dlneendie.

Altération des eaux.

Odeur.

Odeur et poussière.

Émanations nuisibles.

Danger d'incendie.

Bruit et poussière.

Fumée.

Fumée accidentelle.

Fumée et poussière. î*

idem. S*

Odeur Incommode.

Fumée.

Fumée accidenldle.

Odeur, bruit.

Fumée et odeur.

Fumée.

Danger d'explosion et dis-

cendie.

Odeur et altération des i'*

eaux.

Fumée. S'

Emanations nuisibles. S*

Fumée, odeur.

Odeur, danger d'incendie.

Odeur.

Émanations nuisibles. 1**

Emanations nuisibles et 1'*

altération des eaux.

Idem.

Odeur et fumée-

Odeur.

Idem.

M. LÉVY. Hygiène, 5« Apit.

Il .— 49

PUBUQinE] PROFESSIONS INTELLEGTDILLES. 773

Cabanis, Gorrisart, Walter Scott, etc. Ces grands noms frappent Tattention, mais ne tranchent pas la question de la fréquence comparée de Fapoplexie dans les classes illettrées et les classes adonnées anx contentions de Tesprit. Les névroses de l'encéphale semblent plutôt le partage de ces dernières. Sur kS cas d*hypochondrie où la profession a été notée, Michéa(l) a rencontré 31 individus ayant des états où la pensée joue le premier rôle. Il est remarquable que toutes les études qui se rattachent à la médecine Êivorisent particulièrement le développement de Thypochondrie. StoU a insisté sur le défaut du sang-froid, sur l'absence de courage et de capacité dont les médecins font preuve, quand ils veulent se traiter eux-mêmes. Quant à la folie, la statistique a fait voir qu'elle est, comme l'a dit Esquirol, le produit des influences intellectuelles et morales. Toutefois la folie ne menace guère que les individus qui, doués de médiocres talents, d'une mémoire infidèle, d'un jugement lent et pénible, s'appliquent outre mesure ^n études ; il y a de par toutes les carrières intellectuelles des cervelles fourvoyées auxquelles il faut faire rebrousser chemin, dans l'intérêt de leur santé et de leur avenir. Au mois de juin i8&2, je fus chargé avec le docteur F. Voisin, par le préfet de la Seine, de faire un rapport sur l'état mental d'un jeune consent de la classe que l'on disait attein d'aliénation ; la maladie était réelle et due évidemment aux excitations dirigées sur son cerveau par des études auxquelles il était radicalement impropre. D'après un rapport digne de foi, un certain nombre d'élèves sortant de l'Écde polytechnique sont atteints de névroses cérébrales qui reconnaissent pour cause l'excessif travail qu'ils ont dû iaire pour embrasser tous les objets de leur instruction obligée (Guérard). Parfois la cause de la perturbation cérébrale est moins dans l'inaptitude que dans le défaut d'affinité des études entreprises avec le genre d'esprit des jeunes gens : un changement de carrière suffit à leur gnérison : a Visi sunt aliqui quasi reviviscere^ guando post exosum aiiquod studiurriy ad quod coacti accesserunt^' ad aliud sibi acceptius, et naturœ suœ adfinius dtmittebantur. » La constipation, les obstructions viscérales de l'abdomen, le catarrhe chronique de la vessie^ les calculs des reins et de la vessie, sont encore le triste accompagnement de la vie studieuse du cabinet Civiaie a dressé une liste curieuse des célébrités de toute espèce qui furent affectées de calculs ou de gravelle : on y voit figurer Amyot, Érasme. Harvey, Calvin, Bacon, Leibnitz,Bossuet, Linné, Newton, d'Alembert, Buiïon, Voltaire, etc. Les spécialités de professions intellectuelles ajoutent quelques éléments à cette imminence morbide : le statuaire respire des poussières nuisibles; le peintre manie des couleurs toxiques, l'avocat fatigue son larynx, le médecin court risque de contagion et a dû s'acclimater dans les hôpitaux et dans les amphithéâtres, eta — Casper, de Berlin, a calculé que l'âge de 70 ans est atteint par &2 théologiens sur 100, par 29 avocats, par 28 artistes, par 27 instituteurs, professeurs, par 24 médecins. Maddeu, litté-

(i) MIrhAa, Traité df rhy^ofthondin^. 1845, p. 387.

PUBUQUB] PROFESSIONS INTELLECTUELLES. 775

Nous avons sous les yeux les tableaux des maladies traitées à Tinfirmerie de cette école pendant les années 1850, 1851 et 1852, et celui des indispositions qui, observées pendant la môme période, n'ont pas nécessité nn iraiteroent à rinfirmerie, 586 élèves ont passé par Técole dans cet espace de trois ans, et ont donné :

Malades à rinArmerie. . . . 425 Proportion. . . 72,05 sur 100

Simples indispositions 650 id 111 sur 100

Décédés 3 id 0,52 sur 100

Les conditions hygiéniques de l'École polytechnique étant excellentes, ces résultats ne peuvent exprimer que : \^ l'influence des éléments individuels des constitutions plus ou moins faibles d'origine ou déjà ébranlées par le travail antérieur; 2° celle des travaux de scolarité. Ils autorisent une première induction, savoir, que l'excitation prolongée de l'encéphale rend plus vulnérable aux actions morbifiques, quels qu'en soient la nature et le point de départ ; elle ne parait pas étrangère au retard ou à l'imperfection de l'accroissement en longueur : sur 280 élèves de l'École polytechnique, 67 ont une taille inférieure à 1»^658 millimètres, moyenne générale^ en 1863 et 186/i, pour tous les jeunes gens de 20 ans (1).

Sur quels organes, sur quels appareils de l'économie tendent à se localiser les manifestations morbides qu'on observe dans ces conditions de vie intellectuelle? Les tableaux suivants, que nous formons à l'aide des documents préci* tés, fourniront la réponse à cette question.

App«reU digestif. A rinfinuerie. A U chai-klret

Embarras gaslro-intestinal 17 80

Embarras gastrique avec urticaire 3 »

Irritation gastro-intestinale 110 63

Gastro-entérite 9 s

Entéro-colile 6 »

Dysenterie 2 »

Appareil respiratoire. A riuftrroerio. A la cboiubre.

Bronchite aiguë 57 50

Bronchite chronique 5 »

Pleurila 1 »

Congestion pulmonaire 3 »

Hémoptysie 2

Phthisie pulmonaire 2

(1) Hnppntt de M. Duruy à TEmperattr (ifont/ftir tmtverte/ du 18 mars 1868>,

776 DES PROnSSIONS EH P4RTIC0UER. [vtgièsc

Af p«rril c^rrfaro-cpÛML A llafinncric. AUcb«mbrr.

Courbatare • 91

Courlialiire aiee fièrre 12 »

rièm éphémère 10 »

Exciiatioo nerreiise féoérale 7 53

Céphalalgie 30 74

Miçnioc 5 ■

Céphalalpe avee coofestion 2 50

Névralgie sttf-orbiCaire 12 -

TCévralgie filiale • 11

Palpitations nenreiiiet 3 »

L'armée est ce que h kmi le recrotement et «m genre de vie.

EmniiMNis ces deox ordres de causes :

La loi impose à toot Français» par le tirage an sort, la chance de paraître pendant un temps déterminé sons iedrapean; elle n'exempte de ce devoir qne les infirmes ; elle prévoit, en outre» certains cas de dispense, motivés par l'intérêt pnMic on par un sentiment d'humanité (fils de veufes, ecclésiastiques» etc.). L'appel des classes» la conscription, constitue le mode de recrutement le plus moral et le plus atantageux; il fournit les meilleurs soldats. Le bon choix des éléments de l'armée importe à l'État comme aux individus. La profession militaire augmente la mortalité» diminue la tic moyenne. Les militaires faibles sont une non-valeur pour l'armée qui ne peut compter sur eux aux jours de Êitigue et de combats une charge pour l'État qu'ils grèvent de journées d'hôpital^ une perte pour la société qui pourrait les employer utilement dans d'autres professions» car beaucoup meurent soldats qui auraient vécu longtemps dans les conditions variées de la vie civile.

Ce programme va trouver son développement dans l'exposé des lois actuelles sur l'organisation de Tarmée et dans les résultats numériques des opérations du recrutement

L Rea-utement. A. — Age des appelés. — Tout Français qui, au 1*' janvier» a terminé sa vingtième année, est appelé à payer à l'État le tribut ck la conscription. Par un accord presque unanime, c'est l'âge adopté dans les diverses armées de l'Europe; si quelques pa\s, l'Angleterre, les Éuts- Unis d'Amérique, etc., acceptent encore la limite de dix-sept à dix-huit ans, c'est qu'ils ont conservé l'enrôlement à prix d'argent pour base principale de ^r recrutement, et que le choix dès lors peut s'exercer en toute liberté. Cependant» même dans ces conditions, les médecins les plus autorisés, Ham-

(I) nma |« rérition de cet article^ nous avons eu pour coUaborateur M. E. V^lin. les plusdiMinfués de rafré|atioii du Yal.d<yGrâoe.

pobuque]

PROFESSION BnLlTAIRE.

mond (i), Aitkeo (2), Parkes (S), ne cessent de déplorer, au point de vne de la théorie comme au point de vue des résultats obtenus, l'introduction de ces éléments trop jeunes dans l'armée. Avant l'âge de 20 ans le défeloppement du corps n'est pas achevé ; l'ossification est incomplète, les épiphyses ne sont pas définitivement soudées; la charpente cartil^neuse du tliorax conserve encore la souplesse et la mobilité nécessaires pour suivre l'ampliation progressive de l'appareil pulmonaire, et ce précieux avantage devient une source de dangers, si l'ossification envahit la cage thoracique déviée par la pression habituelle de l'équipement.

' Des recherches multipliées ont démontré que'ia taille continue à s'accroître bien au delà de 20 ans, et l'on doit regretter qu'elles n'aient pas réussi jusqu'à ce jour à détruire l'opinion contraire accréditée dans le public. Nous avons déjà fait connaître, tome I, page 20/!i, les tableaux dressés par Quetelet du développement du corps aux différents âges : la taille qui^ à 18 ans, n'est que i",658, atteint i",684 à 30 ans. Ces résuluts ont été confirmés, il y a quelques années, par Danson (4), qui, opérant sur ^800 criminels de 18 à 30 ans, a pu établir le poids et la taille pour chacun de ces groupes : tandis qu'à 18 ans la taille moyenne est de l",63/!i, elle est à 30 ans de l'",68A, Liharzik (5), de Vienne, par des mensurations mathématiques qui portent sur chacune des parties du corps en même temps que sur la hauteur totale, a démontré l'accroissement progressif, jusqu'à 2^ ans, de chacun des segments du squelette ; ces recherches sont faites avec une exactitude et des précautions inconnues jusqu'ici et jugent péremptoirement la question. Des nombreux tableaux publiés par Liharzik, nous extrayons les chiffres suivants qui se rapportent à une race évidemment favorisée au point de vue de la stature :

(onnt'e accomplie). Taille moyenDe.

(année accomplie). Taille moyenne.

Le reproche que l'on peut adresser à ces mensurations, c'est qu'elles n'ont pas été faites sur les mêmes individus, à 4^s époques différentes de leur vie. Robert et Allaire (6) ont pris la taille exaae de soldats âgés de 2^ et 25 ans^

(1) Hammoadj A trmtûe on Hygiène, Phfladelpbia, 1863, p. 24.

(2) Aitken, On the growth ofthe Hecruii, London, 1862, p. 40.

(3) E. A. Parkes, A Manual ofpractical Hygiène ^ prejmred especiai/y for itw in Ihe médical service of ihe Army, London, 1866, p. 499.

(4) Danton, Growth ofthe human body{StatMticalSociety* s Journal, 1862, p. 22).'

(5) F. Uhanik, Loi de la croissance et de la structure de t homme. Vienne, 1 862.

(6) AUaire et Robert, Études sur la taille et le ppids de l'homme {Mém. de méd. milit. 1863, l. X, p. 161, 171). ,

PDBUaUl]

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