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d'un fluide lactescent. Mais le phénomène le plus remarquable qui se produit à cette époque chez l'homme, c'est l'apparition des zoo« spermes dans la liqueur séminale. Ce phénomène est constant (1) et suffirait à lui seul pour caractériser la puberté. Ou l'observe aussi chez les animaux : à l'époque de leur rut, la présence des zoospermes se lie à chaque retour de leur excitation génitale : « Quand le rut, dit Lallemand, est dans toute son énergie, les zoospermes sont tellement entassés dans les canaux sécréteurs du testicule, qu'ils y occupent plus de place que le liquide ambiant... Ainsi Tac* croissement d'activité du testicule a pour résultat essentiel la production des zoospermes. » Le tempérament de la femme se modifie moins profondément aux approches de la puberté, et il conserve en général sa nuance lymphatique; aussi ses formes s'arrondissent •o lieu de prononcer leurs saillies musculaires, l^e système pileux, qui chez le jeune homme reçoit une impulsion de croissance universelle, ne se développe chez la femme qu'aux aisselles, aux parties génitales et sur le crâne; mais ses glandes mammaires se prononcent, le bassin prend l'ampleur qu'exigera plus tard l'opération naturelle de l'accouchement, les lèvres du pudendum s'allongent, les ovaires doublent aussi de volume comme les testicules et prennent leur forme bosselée; les follicules de de Graaf deviennent plus nombreux, plus gros, plus superficiels, et le liquide qui les emplit contient une plus forte proportion d'albumine (2) ; l'utérus s'élargit surtout vers son fond, devient un centre de fluxion mensuelle et réalise par là un acte organique qui caractérise éminemment la période de l'activité sexuelle. Si la sécrétion du sperme n'a point son analogue chez la femme, il faut dire néanmoins que les cryptes muqueux qui existent dans ses voies génitales subissent aussi une sorte d'orgasme et versent avec abondance les fluides de leur sécrétion, soit dans l'exercice du coït, soit par le seul elfet de la stimulation morale. Un dernier trait de ce tableau de la puberté, c'est cette stimulation morale elle-même, source de tant de souffrance et de poésie, de bonheur et de regrets; c'est ce désir d'autant plus effervescent qu'il est nouveau, et qui, suivant les dispositions cérébrales, revêt des nuances, des expressions si différentes, depuis la vague rêverie jusqu'aux aspirations brûlantes de l'amour enthou-
(I! Lallemand, Des pertes séminales involontaires, t. II, 2* partie, p. 4 42. (2) A. Raribonki, De la puberté et de VAge critique chet la femme, Paris,
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siaste, depuis la pâleur d'une concentration difficile jusqu'aux ex* plosions d'une Fougue désordonnée. Nous avons reconnu le rôle di l'encéphale dans la production de ces phénomènes moraux qui dramatisent la vie intime de la jeunesse; mais ils prouvent aussi l'influence des organes génitaux sur le cerveau et le rapport qui lie à leur développement celui de l'économie entière. Les effets déterminés par la castration en fournissent encore l'irrésistible preuve: les eunuques ou castrats sont destitués des attributs de la virilité, l'ensemble de leur constitution porte un cachet féminin ; leur système pileux ne se prononce ni au thorax ni au visage, leur voix sonne d'un timbre enfantin, comme celle des femmes; comme les animaux châtrés, ils engraissent en peu de temps ; la virilité morale leur fait défaut non moins que celle du corps; ils ont les vices des natures faibles et désarmées, ils sont faux, hypocrites; leur vengeance est sinueuse, leur esprit fertile en tromperies. Ne disons pas que l'absence ou l'atrophie des testicules produit cet ensemble d'effets, que leur présence et leur intègre évolution produisent un ensemble de résultats contraires; mais déclarons qu'il existe entre ces faits une corrélation , une connexion étroite et constante. La puberté influe énergiquement sur la marche des maladies. Grâce à l'acuité des phénomènes d'évolution qu'elle engendre, beaucoup de maladies de l'enfance qui, malgré leur curabilité, ont été vainement combattues jusqu'alors, disparaissent comme par enchantement; stationnaires longtemps, elles redeviennent actives et tendent à se résoudre. En revanche, les affections chroniques du premier âge, et qui sont devenues incurables, empruntent delà puberté une force nouvelle et s'enfoncent pour ainsi dire plus profondément dans l'organisme : « Si qua gênera morborum in infimtem inciderunt ar neque pttbertate, neque primis coi ti bus, neque in femina primis menstruis finitarent, fere longa sunt : sœpius tamen kit morbi puériles qui diutius manserunt terminantur (1) . » Une fois la crise de la puberté terminée, les maladies ne sont plus gouvernées dans leur développement et dans leur durée que par le genre de lésion et l'état constitutionnel des sujets ; que si elles se sont maintenues à travers les mutations organiques de la puberté, elles font partie de la constitution et souvent ajoutent une fonction de plus à celles de l'économie. Ainsi telle sécrétion morbide qui n'a point
(1) A. CorneliiCM de re medica libri oclo. Pi r mis, 1773 (édîl. Valait), lib. Il, cap. 1, p. 45.
Ms m*. lot
le tourbillon d'une crise d'âge, subsiste pour le reste lit h vie et ne seurtit plus même être supprimée saos danger. Les jnihidns ecrofuleux , les racbiliques, sont des variétés de l'espèce feMnaine en possession d'une santé relative, résultat de l'équilibra* lias des fonctions avec les conditions spéciales de leur constitution. - L'âge de déclin, ou la virilité décroissant^, est), comme 1$ dsaiiftimi ihiiitilion, une révolution d'âge moins aigu ô que les autres ; le révolution plus rapide de la décadence sénile, comme mtition conduit par degrés k l'explosion de la pu* Lee systèmes digestif, respiratoire et circulatoire perdent activité, parée que les besoins de la nutrition sont moindres; la pléthore veineuse s'établit de plus en plus ; les phénomènes conp-iimnili qu'elle suscite prédominent vers l'abdomen. Les indices de h déchéance organique s'étendent à l'encéphale et k ses déla peau se plisse et se dessèche ; les appareils des sens de délicatesse dans leur structure, leur portion de mase durcit ; l'atrophie commençante du cerveau se ré* vêle par un abaissement de la puissance intellectuelle, la pensée est asoîns rapide, la mémoire moins fidèle, la parole moins abondante, les veilles plus difficiles; au courage, à l'esprit d'entreprise et d'indépendance succèdent le calcul et la pusillanimité. Les attitudes sont analogues à l'état de l'axe cérébro-spinal: les muscles cèdent, fléchissent; l'allure altière et droite de 1 âge mûr n'existe plus ; déjà le corps tend vers le sol. Toutefois ces changements surviennent dans une gradation si modérée, que l'illusion de la stabilité est longtemps possible ; mais la réduction de la puissance génitale vient enfin la détruire: entre quarante-six et soixante ans, durée de l'âge de retour, l'homme voit diminuer sa faculté génératrice, la femme perd-la sienne. Avec la fécondité s'en vont les attributs extérieurs du sexe ; les seins se dessèchent, ou si l'embonpoint se conserve, il est flasque et mou ; les ovaires s'atrophient, l'utérus se rapetisse : il semble que le foyer de la vie morale s'épuise en même temps que la puissance sexuelle, et peu de femmes gardent encore au delà de cette abdication physique l'animation passionnée qui déverse un charme si doux sur leur commerce.
Autant l'élan de la plasticité est remarquable dans l'âge inaugural de la vie, autant la décadence s'opère avec promptitude dans la période de sénilité: triste et dernière révolution qui ne laissera après elle que des ruines. Il faudrait énumérer tous les organes pour montrer sur chacun d'eux l'empreinte de la destruction : les
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dente et les poils tombent, l'état squameux de la peau et laroideor des articulations nuisent à l'exercice du toucher ; les nerfs des sens s'atrophient, l'œil s'aplatit, le cristallin prend de l'opacité, l'iris et la choroïde pâlissent ; le crâne, dont les sutures sont efhcées, semble formé d'un seul os, comme le bassin; le système osseux est imprégné de sels calcaires, et ses cavités se sont agrandies, double circonstance qui favorise les fractures ; les carttlaga de prolongement des cales, les fibro-cartilages intervertébraux, las symphyses du bassin s'ossifient, ainsi que les articulations des os du carpe, du tarse, le larynx, les cartilages de la trachée-artère A des bronches, les plèvres; la rigidité et la décoloration des muscles, l'ossification fréquente de leurs tendons, la siccité des coulisses oè ceux-ci ne glissent plus, rendent les mouvements lents, chancelants, impossibles même. Les organes de la génération s'atrophient dans les deux sexes parfois au point de n'être plus reconnaissables, etc. L'atrophie sénile frappe tous les organes glanduleux, glandes salivaires, ganglions mésentériques, follicules intestinaux; les plis de la membrane muqueuse du tube digestif deviennent plus courts A moins nombreux ; le foie se condense et durcit; les poumons sont moins expansibles, emphysémateux, parsemés de dépôts et comme infiltrés de matière noire ; leur surface aérienne a moins d'étendue; la respiration plus de fréquence et moins d'amplitude ; la cage thoracique s'affaisse et se rétrécit. La circulation s'affaiblit et se ralentit, les vaisseaux capillaires se dilatent, les veines sont plus apparentes, les varices se multiplient ; les parois de6 artères, roides et cassantes, sont fréquemment ossifiées. La température, d'après Edwards, varie chez les sexagénaires entre 35° et 36°; chez les octogénaires, entre 36° et 35°. M. Roger a trouvé chez sept vieillards compris entre soixante-douze et quatre-vingt-quinze ans, 36°,23en moyenne, 37° pour maximum et 35*,50 pour minimum. Ces résultats ne s'accordent pas avec ceux de M. Despretz qui a fixé la température humaine pour l'âge de dix huit ans, à 36°,99; pour celui de trente ans, à 37*,1A; pour l'âge de soixante-huit ans, à S7°,13.M. Gavarret (loc. cit.), s'est servi des recherches de J. Davy pour concilier ces divergences. Dans le Weslmoreland, chez des vieillards bien portants, âgés de quatre-vingt-sept à quatre-vingt-quinze ans, assis au coin de leur feu et dans un air maintenu entre 11°,1 et 15*,5, la température, prise neuf fois, a oscillé entre 36° et 37°, 5, moyenne =36°, 7. La température de la chambre s'étant abaissée progressivementde 15°,5 à 12°, 8et6°,7, le theimomètrequi, placé sous la langue
BU AUi. lit
dta vfeidard de quatro*vingtrhuit ans, marquait 37°, 5, est descendu àM*,6 et à 35*,5. A Coylan, un centenaire observé par J. Davy, de son habitation et arec on vêtement très léger, accusait une de froid par une température atmosphérique de 32*,8 ; lie marquait que 35* sous sa langue et 33\ 7 sous son Si donc, les vieillards, plaoés dans de bonnes conditions de température ambiante, maintiennent celle de leur corps au même niveau que l'adulte, ils se refroidissent rapide • tt dès que la température extérieure s'abaisse ou que leurs vêteinsuffisants: tant il est vrai que le cercle de la vie va se de jour en jour autour d'eux ; les sources immédiates lt Isoorps puise le sang, et le sang ses propriétés, se tarissent graàMUamtot. Telle est la cacliexte sénile. 1* mort est le terme de cette série de détériorations qui, prépa* .dus ht période d'état, commencées pendant l'âge de retour, par la vieillesse, se précipitent vers la décrépitude et il aux dernières années le caractère d'une révolution d'Âge, surtout par la prédominance de sels terreux dans le sang l'atrophie générale des organes. Tandis que les liens consen* organes se relâchent, et que la solitude se fait pour ainsi fo autour de quelques viscères, derniers réceptacles d'une vitalité ééhillante, la solitude s'opère au dehors autour do vieillard , et la fspqm interruption de ses rapports avec le monde ambiant le itàdt à l'existence végétative. Celle-ci s'épuise à son tour; nulle WUtâoii ne vient plus l'entretenir. Plus de besoins, plus d'instinct; lis excrétions s'accomplissent à l'insu et contre la volonté du vieillard, et si la raison jette encore par intervalles quelques lueurs, elle m fait que lui donner la conscience de sa destruction. Cependant il | a des organisations privilégiées môme contre la mort ; des centeisiras oot conservé l'usage de leurs facultés sensoriales et intelleclaelies jusqu'au dernier jour ; un court sommeil, une syncope, un léger accès de fièvre erratique a couvert la transition de vie à trépas. Moins heureux, la plupart des hommes qui épuisent la longévité de hv constitution meurent par degrés, envahis de la circonférence su centre; et quand la dernière expiration, simple effet du retour élastique des parois thoraciques sur elles-mêmes, les laisse dans l'éternelle immobilité, depuis longtemps ils ont cessé tout échange avec le inonde extérieur : l'action cérébrale alimentait encore un reste d'hématose, mais elle ne suffisait plus aux actes de relation. La mort sénile ou naturelle, c'est l'épuisement de la virtualité
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organique; chaque constitution puise dans son essence primordiale une force de durée ; la longévité varie comme la santé, suivant les organisations individuelles : organisation, sauté, longévité, sont kl trois termes d'une proposition de la nature, et se traduisent logiquement par le sujet, le moyen et le but. C'est l'homme, c'est la société qui déplace les termes, qui contrarie la divine proposition : la mort accidentelle, soit qu'elle résulte violemment de l'action des causes extérieures, soit qu'elle termine le cours fatal des maladies, est une violation des lois de la nature. La mission de l'hygiène, d'accord avec la morale et la religion, est d'assurer à tout homme le bénéfice deson organisation, sa mesure primordiale de longévité; elle lutte contre les influences matérielles qui tendent à la réduire; la religion et la morale combattent des influences d'un autre genre, mais aussi funestes à la conservation de l'individu et de l'espèce.
Combien différentes nous apparaissent maintenant les conditions anatomiques et physiologiques de chaque âge, et combien les prescriptions de l'hygiène doivent varier en proportion! Pour l'hygiène et pour la médecine pratique, quelles ressources à la fois et quels écueils dans ces mutations, tantôt aiguës, tantôt graduelles, qui constituent les révolutions d'âge ! Chacune d'elles peut fournir la matière d'un code spécial de préservation, chaque âge a défrayé des volumes : circonscrit dans une limite étroite, nous n'avons pu qu'ébaucher les caractères saillants de chaque période de la vie, de chaque phase importante de l'organisme, et nous en déduirons ultérieurement des règles particulières de direction hygiénique, en traitant des divers modificateurs et de leur action, nous bornant ici à quelques indications spéciales qui n'auraient pas trouvé leur place ailleurs.
L'hygiène de l'enfant commence dans le sein de sa mère. On ne peut uier aujourd'hui qu'à côté des anomalies de développement qui dépendent d'une influence tout à fait inconnue de la génération sur l'embryon, il en est d'autres qui résultent de l'action des modificateurs sur la mère postérieurement à la conception : Geoffroy Saint* Hilaire a fait voir que, dans le plus grand nombre des cas , cette action se traduit par des déviations céphaliques. Parmi les causes qui agissent sur l'enfant par l'intermédiaire de la mère et qui déterminent les déviations congénitales, il faut mentionner en première ligne les coups, les chutes, les violences extérieures qui portent principalement sur l'abdomen. Les expériences de M. Depaul ont démontré l'influence du régime débilitant et des saignées sur le développement du fœtus pendant la vie intra-utérine; la diminution