DIS AGES
vingt ans. Avec les vingt dents de lait coexistent les germes de trentedeux dents permanentes qui les remplaceront plus tard ; les mâchoires alimentent donc simultanément cinquante-deux dents formées ou en germes. En môme temps que s'achève la premièro dentition, les muscles masticateurs se renforcent, la mâchoire inférieure se courbe, ses branches se redressent; les glandes salivaires et le pancréas s'accroissent; l'estomac devient plus actif, et les aliments y séjournant plus longtemps , la fréquence du besoin do manger diminue; les valvules conniventes augmentent de nombre et se prononcent; les cryptes mucipares se développent, le tube digestif présente plus de longueur, la bile devient plus épaisse; les évacuations alvines sont plus jaunes, plus consistantes et plus rares* Même progrès des fonctions de relation : les sens externes sont eu activité, le tact se perfectionne; les impressions, plus variées, plus multipliées, sollicitent les facultés cérébrales. Naguère le volume de la tète contrastait avec la petitesse des membres; le rachis, plus gros supérieurement qu'en bas, n'offrait qu'une seule courbure, et par l'absence des apophyses épineuses fournissait un moindre espace à l'insertion des muscles des gouttières vertébrales; le bassin, p.ir son obliquité sur le rachis, faisait proéminer le ventre et dirigeait en avant le poids du corps; les fémurs ne trouvaient pas dans les cavités cotyloïdes encore cartilagineuses un point d'appui assez solide, etc. En un mot, les conditions nécessaires pour la station et la progression manquaient en totalité; mais pendant la durée delà période qui nous occupe, la marche rapide de l'accroissement y a pourvu en grande partie : d'essai en essai , l'enfant est parvenu à reproduire les attitudes de ses parents, comme il a fini par répéter Ifurssons, leurs syllabes, leurs paroles, leur langage.
Les germes de la deuxième dentition sont, comme ceux de la première, visibles déjà dans le fœtus, représentés par une série de trente-deux follicules membraneux situés dans un rang d'alvéoles qui existent en arrière des alvéoles à dents infantiles. Leur éruption s'opère quand leur couronne est parfaite et que leurs racines sont à peu près formées; elle est précédée par la chute des dents de lait dont la racine est résorbée en partie ou en totalité. De sept à dix ans paraissent les incisives, puis les bicuspidées, ensuite la canine; vers onze à douze ans, la seconde grosse molaire; la première grosse molaire sort dans le cours de la première dentition , c'est vers vingt ans seulement que se produit la cinquième molaire. Ces dents ne sont qu'ébauchées dans leurs racines au moment de leur
apparition et ne les perfectionnent que dans un espace de deux à trois ans. Les arcades dentaires continuent de s'agrandir jusqal vingt ans, et la face en reçoit plus de hauteur et de largeur. U révolution physiologique de la deuxième dentition se termine à la puberté, quoique le nouvel appareil dentaire ne se complète que plus tard : elle a une marche moins rapide, moins turbulente; l'accroissement général se modère dans la môme proportion , le système nerveux ne manifeste point l'orageuse impressionnabilité de Tàge précédent. Déjà ses actes se sont régularisés, perfectionnés; les facultés intellectuelles et morales se déploient avec une intensité progressive ; les organes du mouvement ont acquis toute leur souplesse et leur agilité; la surcharge graisseuse du premier âge n'existant plus, les muscles dessinent leurs reliefs", les articulations ss sont débourrées, etc. Le système osseux appelle fortement sur lui le mouvement nutritif.
Mais voici l'époque d'une transformation des plus complètes et des plus rapides : les organes génitaux viennent d'acquérir le développement nécessaire à l'exercice de leurs fonctions; tout s'est préparé dans l'économie pour celte révolution ; quelques mois ont suffi à la nature, si soigneuse des intérêts de l'espèce, pour imprimer au corps la puissance et la vitalité que réclame l'office delà reproduction. Vers la puberté, la croissance du corps se fait en grande partie sur la colonne vertébrale , et en même temps que cette tige osseuse, point d'appui des efforts musculaires, s'est renforcée, ses cartilages intervertébraux, plus extensibles, facilitent ses mouvements; les différentes pièces du squelette achèvent de se consolider, la plupart de leurs épiphyses se soudent à leur partie moyenne. Souvent on observe une élongation rapide du corps; les muscles se contractent avec énergie, la poitrine s'agrandit et s'ombrage de poils; le tempérament sanguin domine, les sécrétions muqueuses sont moins abondantes; le duvet de l'adolescence fait place à la barbe, les cheveux se rembrunissent; le larynx se développe, la glotte s'élargit et s'allonge : de là le timbre plus grave de la voix et par moments des intonations incertaines. En peu de temps, les testicules doublent de volume, le pénis grossit et manifeste une propriété nouvelle, si des pratiques funestes ne l'ont déjà provoquée prématurément, celle d'entrer en érection ; le scrotum se ride et brunit, et par une excitation sympathique que nous verrons éclater plus vivement chez la femme, les seins du jeune homme se gonflent et parfois laissent suinter quelques rares gouttelettes