‹ Traité d'hygiène publique et privée v. 2 (volume 3)Chapitre 37 sur 111 · HE L.V CONVALESCENCE · texte numérisé non relu

HE L.V CONVALESCENCE

Où la maladie cesse, l'hygiène recommence; ou plutôt après avoir concouru avec la thérapeutique à éteindre un foyer morbide, elle a mission de diriger la convalescence, c'est-à-dire, cet état qui n'est plus la maladie et qui n'est pas encore la santé; où les fonctions ramenées à l'équilibre manquent d'énergie et de stabilité; où l'économie entière, encore ébranlée par les atteintes plus ou moins violentes qu'elle a subies, rétablit laborieusement, et comme en tâtonnant, ses rapports, ses échanges avec toutes les influences du inonde extérieur.

La convalescence présente des traits bien différents, suivant qu'elle succède aux affections aiguës ou aux affections chroniques. Dans le premier cas, elle se dessine clairement aux yeux de l'observateur; préparée souvent par des phénomènes critiques, signalée

(Il Pajco, JkV aliment, publique (Revue des deux monde*, 1855, t. XII, p. 903). :^)Ch. Bobio et P. Verdeil, Traité de chimie anaUtmique, physiologique et pmthdogtque. Paris, 1853, t. H, p. 59.

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toujours par la cessation des souffrances locales et des symptAm|: généraux de la maladie, elle se dénonce au malade lui-même une sensation de bien-être jusqu'alors inconnu, au médecin pari ensemble de caractères qui ne trompe point : tels sont l'expi naturelle, l'épanouissement de la physionomie, la vivacité et clarté du regard, la susceptibilité, et, si Ton peut ainsi dira, curiosité des organes des sens, l'exercice plus net et plus rapide facultés de perception, l'heureux changement de l'humeur et idées qui tendent à la gaieté, un sommeil réparateur et prol< une certaine mobilité de la circulation, d'où les alternatives pâleur et d'animation faciale, la souplesse halitueuse de la peau, chaleur plus douce, plus uniforme avec une impression nabi H té grande au froid ; la liberté de la respiration, un appétit naissant parfois impérieux, coïncidant avec l'humidité de la langue, la malt lesse du ventre et une tendance particulière à la constipation; chef les femmes le retour des menstrues, chez les hommes cel ui des désW vénériens, etc. Ces signes appartiennent à la convalescence déclarée; ils ne se substituent point d'emblée uux symptômes de la maladie, ils sont amenés avec une gradation qui rend parfois incertain le début de la convalescence. Presque toujours les premien phénomènes de la santé renaissante se croisent avec les vestiges de l'état morbide ; mais on observe aussi des transitions de l'un à l'autre, qui s'opèrent avec une rapidité merveilleuse : on dirait des convalescences improvisées; elles sont parfois d'une durée si courte,. qu'entre la perturbation fonctionnelle et le retour à l'ordre physkh logique l'intervalle est à peine marqué. Mais, dans les maladias chroniques, on n'assiste plus à ces sortes de changements à vue qoi s* effectuent dans l'organisme; les fonctions ne se rétablissent point» ni avec cette promptitude ni avec cette simultanéité; elles se régularisent lentement, une à une, à force de régime et de soins ; revenues au type physiologique, elles manquent longtemps encore ds force et d'étendue : aussi l'embonpoint ne reparait qu'après plusieufl mois et même des années ; la physionomie garde longtemps l'empreinte des souffrances éprouvées, et trop souvent le rétablissement reste incomplet.

Mais précisons davantage les modifications que la convalescent* détermine dans les actes organiques par le concours desqu es la vie se soutient

Digestion. La faim est l'une des premières manifestations do retour prochain à la santé ; elle est vive, se renouvelle à courte

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sfttaHe parfois jusqu'à la voracité. Manger devient Vrarique sollicitude da convalescent ; et quand il est dans [te Kaceitriasoment n'est pas entièrement terminé, et où par il l'assimilation est énergique, il la témoigne avec des M des supplications qui rendent difficile au médecin la do régime. Dans les hôpitaux militaires, il faut souvent Ml lamas, aux doléances les plus véhémentes, pour pré* convalescence de ses propres excès. Il serait aussi dangeà des exigences démesurées que de restreindre l'alipar la crainte etagérée des eflbtsqu'ellepeutoccasionner. te convalescence est franche et décidée, la nourriture est et supportée; loin de nuire, elle dissipe quelques malaises, l^Bfc te pesanteur à l'estomac, les borborygmes, les vertiges, les aie. Combien de fois même avons-nous vu la langue d'un reste d'end ait saburral sous l'influence de l'alîmen- 4»i provoque et utilise les sécrétions buccales, tandis qu'une nrtune augmente Tembarras des premières voies ; d'où de la langue, l'amertume de la bouche, l'anorexie, etc. H itiel de prendre en considération le degré d'appétit que le convalescent et les sensations qu'il éprouve, soit en tt, soit pendant le cours de la digestion. Si l'appétit est lent manifester* incertain sur le choix des aliments, si le malade dégoûte vhe et veut passer journellement d'une forme de tore à une autre, s'il n'éprouve pas en l'ingérant le plaisir Mt te Satisfaction d'un besoin réel, s'il survient pendant l'élalon digestive du ballonnement, des rapports acides, des bori, une coloration fébrile du visage, un surcroît de chaleur itaire, on a déclaré prématurément la convalescence ; la survient, preuve certaine d'une alimentation inopportune, qoe le corps se restaure, la maigreur fait des progrès. Touone diarrhée éphémère, sans douleur et sans fièvre, ne doit ftffet inquiéter; elle est due quelquefois à l'augmentation trop des aliments ou à une mastication imparfaite, soit par faimusculaire, soit par gloutonnerie; il suffit de les diminuer M de les suspendre un jour ou deux, pour faire cesser cet accident. Iftettrité des absorptions rend les matières fécales sèches et dures, m qui, joint à l'affaiblissement de la contraotilité des intestins, e^Kqoe la constipation habituelle des convalescents. Aèmrptimi. Biles sont d'autant plus actives que les déperditions par la maladie ont été pi as considérables.

Circulation. La circulation est d'une mobilité remarqu les convalescents ; leur pouls est ordinairement ralenti, chez les adultes à 50, 40, 35 pulsations par minute; ma célère par les moindres causes : un changement dans L l'approche du médecin, une excitation morale produit cet militaire convalescent qui rumine avant la visite du méd< demande de congé éprouve une accélération du pouls fluence de cette préoccupation, et quand le médecin arriw lit, il surprend jusqu'à 110 pulsations par minute chez le v malade qui, quelques minutes après, en offrira 50 à 60. Les ptv^^y tions sont de même un phénomène éphémère et facile à prodV^*tf La décoloration de l'habitua indique non la vacuité des capï*-^^ res, comme on Ta dit, mais la diminution du chiffre normal ^ 4 globules, conséquence des émissions sanguines et de la diète ff&^i longée ; il faut noter encore la coïncidence de cette altération *^ sang avec la coloration hypostatique de la joue du côté surleQÉlÇ a lieu le décubitus, avec l'œdème péri-mal Iéola ire qui survi fréquemment chez les convalescents, avec les infiltrations de le tissu cellulaire sous-cutané.

Respiration. Les convalescents s'essoufflent aisément à la che par des efforts musculaires, surtout par l'action de motâa^ mais dans le repos, la respiration est ample et libre : si elle gênée, il faut en chercher la cause, et on la trouvera tantôt un reste de phlegmasie pulmonaire, tantôt dans un épancbi pleurétique qui se sera effectué sourdement par suite d'un dissement, tantôt dans une excitation fébrile dont le point de part est hors de la poitrine.

Sécrétions. La convalescence commence quelquefois après changement notable survenu dans les fonctions de sécrétion ; pe^l dantson cours, on observe encore des sueurs qui vont diminua! de jour en jour, et qui, loin d'affaiblir, laissent à leur suite un timent de bien-être et de fraîcheur : elles sont alors d'un excellai augure, et telles sont les sueurs qui succèdent aux inflammation franches. Les urines ne sont pas en proportion des boissons ingérées, leur couleur est un peu foncée et elles déposent un sédimôt rougeàtre. La bile parait sécrétée en moindre quantité chez te convalescents; ce qui contribue sans doute à leur constipation é à la lenteur de leurs digestions ; la salive au contraire est fourni abondamment et facilite la digestion des amylacés. Au déclin des affections graves, on voit la desquamation de l'épiderme, la chute

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te cheveux : ces accidenta sont ordinaires dans la conte phlegmasies éruptives, et fréquents dans celle de la fida Le forfur épidermique, surtout à la face, est un que nous avons noté chez beaucoup de cholériques

». Un phénomène observé par tous les médecins chez ttnts, c'est le réveil du désir génésique, des érections pollutions nocturnes. Des hommes d'un âge où les oris ont perdu leur activité, ont retrouvé, convalescents lie aiguë, avec l'appétence génitale, le pouvoir de la mk signale le danger des pertes séminales qui ont lieu valescence de certaines maladies graves ; il craint que ■Mnt des forces n'en soit retardé ; mais cette appré- » parait exagérée, quand les évacuations du sperme ne ftoint et qu'étrangères à toute autre cause ou prédispoolière, elles ne sont dues qu'à la plénitude des vésiklcs. Le retour de l'écoulement menstruel est le carac- I. et la garantie de la convalescence chez les femmes ; te reçue par l'organisme a été profonde, plus il tarde à * souvent les premières règles de retour coulent trop ou pund leur mesure est régulière, elles concourent effica- Qtttter rétablissement de la santé.

■ de relation. Les centres nerveux témoignent chez fecents une faiblesse qui dure plus ou moins longos facultés de perception s'exercent mieux que leurs e réflexion et d'expression; encore leur attention ne la tendre longtemps sans fatigue pour le cerveau ; les es conversations prolongées, les interrogations suivies le même effet et parfois la céphalalgie. Leur suscepveuse est augmentée; elle s'exalte passagèrement pour retomber ensuite dans l'affaissement qui succède aux reniements de l'économie. La conscience d'un danger île pour eux le prix de l'existence ; cependant, malgré r secrète qu'ils éprouvent à se voir revivre, ils sont impatients, prompts à s'alarmer. Ils. puisent, dans des lus, des sensations nouvelles ; ils recherchent des imui ne sont pas en rapport avec leurs habitudes anté- A la suite des affections graves qui ont retenti dans cérébro-spinal (fièvre typhoïde, méningite, etc.), les toUeetuelles sont lentes à se rétablir ; les idées naissent

avec peine, la mémoire chancelle, les mots se font attendre: chef le vieillard, ces signes sont graves; quand ils tardent à se dissiper, ils doivent faire craindre que le sujet ne récupère plus la pleine jouissance de ses facultés mentales. Les premiers essais de locomotion sont une épreuve pour les centres nerveux ; ils déterminent souvent des vertiges, de la céphalalgie, des troubles de la vue, des tintements d'oreilles, une disposition à la syncope, etc. Les fonctions sensoriules sont également modifiées; la vue est trouble, incertaine ; les yeux, très sensibles à l'éclat de la lumière, ne peuvent se fixer longtemps sur les objets qu'elle éclaire vivement; l'ouïeest souvent difficile, mais ce phénomène nedure que quelques jours; plus rarement elle acquiert une finesse inusitée. Parfois le convalescent n'a pas le discernement exact des odeurs ; mais, en général, son odorat s'aiguise ; le goût revient promptement à son type normal ; les mets sont dégustés savoureusement, et c'est là un des signes du bon état des voies digestives. La peau est plus délicate, le toucher plus fin. La chaleur cutanée est halitueuse, uniforme sur tous les points, mais sujette à décroître rapidement par l'exposition à l'air froid ; les vicissitudes de température sont mal supportées. Quant aux mouvements, ilsont d'autant moins d'énergie et de précision que la maladie a été plus grave et de plus longue durée; l'amaigrissement a porté en partie sur les muscles, qui sont flasques et décolorés: aussi les convalescents ont la démarche vacillante et sollicitent un appui; leur main étreint mal, leurs efforts sont disproportionnés avec le but. L'incitation nerveuse n'est souvent départie aux muscles que par secousses irrégulières; de là une disposition aux tremblements, aux convulsions. La voix n'a pas repris son timbre ut son étendue. Le sommeil de la convalescence rappelle celui du jeune âge, par sa durée, par sa vertu réparatrice, par k calme et la quiétude dont il s'accompagne; toutefois, si le système nerveux demeure encore surexcité, le sommeil est léger, s'interrompt facilement; une alimentation insuffisante le rend plus court: le médecin doit s'informer soigneusement des particularités qui s'y rapportent.

La convalescence ne diffère pas seulement suivant les deux grandes coupes des maladies eu aiguës et en chroniques ; mais parmi les maladies aiguës, il existe encore des différences notables sous le double rapport de la durée et des caractères de la convalescence. Les affections catarrhales laissent après elles une faiblesse extrême, une dépression de la circulation, la tendance aux infil-

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