‹ Traité d'hygiène publique et privée v. 2 (volume 3)Chapitre 42 sur 111 · I. — Electricité · texte numérisé non relu

I. — Electricité

Nous n'avons pas à discuter l'origine de l'électricité répandue dans l'air, ni l'impondérabilité de cet agent. Fusinieri a dit que

1) Dumas, Kssai de italique chimique des êtres organisé*, p. 21 et 46. 3* *dit. — i. 24

Itl HYGIÈNE PEIVÊI.

tout rayonnement se fait au moyen du transport des molécules des corps, et Peltier, s emparant de cette idée, a bien établi quo las phénomènes électriques ne se manifestent jamais sans matière t et que là où il y a un phénomène électrique, il y a un corps ponde* rable(l). Suivant cet expérimentateur, les dénominations de fluide résineux ou négatif, et de fluide vitré ou positif, sont également dénuées de sens ; elles ne doivent signifier que les degrés différents d'un même état à partir d'un point d'équilibre privé de manifesta» Uou électrique. M. Peltier considère l'état résineux comme le phéno» mène réel, et l'état vitré comme l'absence ou la diminution de es phénomène. Les électromètres n'indiquent donc que les différences d'un môme état, non des états contraires nidesquantitésabaoluas. C'est la terre qui possède la cause des phénomènes qu'on a qualifiés, il y a plus d'un siècle, d'électricité résineuse; elle en est le foyer. L'espace céleste n'étant point un corps matériel, n'a point la puissance de la coercer; aussi u est-il point dans le même état d'électricité résineuse, et c'est cet état résineux en moins que l'on a nommé vitré. Ce résultat de la théorie est confirmé par l'expérience qui démontre que l'électricité disséminée dans l'air sec est toujours vitrée.

Los expériences qui ont pour objet la mesure de l'électricité atmosphérique doivent être faites par un temps serein* dans un air exempt d'humidité, assez loin des arbres et des habitations. On constate alors que plus on s'élève dans l'atmosphère, plusl'élecfricité libre croit en intensité MM. Gay-Lussac et Biot, danalev ascension aérostatique, ont trouvé qu'un fil métallique aasex long» attaché à leur nacelle et suspendant une boule de cuivra, était électrisé résineusement ; ce qui indiquait dans les couches antérieures de l'atmosphère une charge d'électricité vitrée plus forts que dans les couches inférieures. I^es expériences de M. Becqueffl et Breschet tendent à démontrer que la couche atmosphérique qai touche le sol ne contient pas d'électricité dans l'épaisseur d'un i deux mètres; elles ont en môme temps confirmé l'accumulation dft l'électricité vitrée dans les coudas supérieures. Les appareils employés dans ces recherches ne donnent aucun résultat dans les lieux ba$ et abrités, dans les cours des maisons, dans les rues des \iiles, dans les vallées étroites. La surface du sol est toujours élec- Irisée négativement.

(i) Recherches sur la causé des phénomènes électriques de ïatmoepkèrt, rtf.» par Peltier {Annales de chimie et de physique* avril ÎU% t. IV, p. 4#T).

CIBCUMrUSA. — ATMOSPHÈRE. 323

L électricité atmosphérique, faible au lever du soleil, augmente jusqu'à six ou sept heures du malin en été, huit ou neuf heures au priutemps et en automne, dix heures ou midi en hiver. Après s'être élevée à ce maximum, elle baisse, rapidement d'abord, lentement ensuite, jusqu'à deux heures environ avant le coucher du soleil, époque de son minimum. Le soleil Rapprochant de l'horizon, l'électricité croit de nouveau et atteint un second maximum deux heures après le coucher de cet astre, pour décroître encore jusqu'au lendemain. Les oscillations diurnes de l'électricité atmosphérique sont donc parallèles à celles de la température ambiante. D'après Kaemlz, elle n'offre sur les montagnes qu'un maximum, le matin, et qufun minimum, le soir. L'influence des saisons est évidente : l'électricité positive des temps sereins est bien plus intense en hiver qu'en été. C'est en hiver que l'électricité de l'air se maintient au maximum. Le tableau suivant résume les variations movennes de l'électricité mensuelle pendant quatre ans (Turley de Worcester) :

Dpfrri. Degrrs.

Janvier 605

Février.... 378

Mars 200

Avril Ul

Mai 84

Juin • • .. 47

Juillet. 40

Août 78

Septembre 82

Octobre 188

Novembre 282

Décembre 669

Indépendamment des fluctuations périodiques que présente l'électricité de l'atmosphère, elle est suceptible de variations accidentelles qui dépendent de la température, de l'humidité de l'air, de la forte et de la direction des vents; aussi n'est-elle pas la même dans toutes les latitudes. Ses variations se prononcent plus dans les contrées tropicales que dans la zone tempérée où on les observe particulièrement en été; elles deviennent d'autant plus rares que l'on s'éloigne davantage de l'éqtiateur. Il en est de même pour les variations périodiques; l'électricité décroît elle-même de l'équateur aux pôles; elle ne se inanife>te guère au delà du 68° degré de latitude nord, et il parait que, passé le 65% on n'observe presque plus d'éclairs ; déjà rares en Scandinavie, comparativement à la France et à l'Allemagne, les orales vont diminuant de plus eu plus vers le nord, où la quantité de vapeurs qui remplit l'atmosphère devient plus petite : pendant un séjour de six ans en Groenland par 70* latitude, Gisecke n'a entendu qu'une fois le tonnerre (1). Dans

M) Kaemtx, Cours complet de météorologie, traduit par Ch. Martini. Paria,

32A HYClfeNE PBITtB.

cette atmosphère dense et sèche, l'électricité se conserve ets'i mule; peut-être l'écoulement de l'électricité d'une partie du vers les régions polaires donne-t-il lieu à ces aurores boréal* consolent leurs habitants de l'absence de la lumière solaire.

Les observations faites dans les tempsde pluie et de neige donr des indications très irrégulières; cependant, si Ton fait la soins « des jours pluvieux, on y trouve à peu près un nombre éga«3fcr* jours où la charge de l'électromètre était résineuse, et de joui elle était vitrée. Souvent l'électricité manifestée change plusi» fois de signe dans les vingt-quatre heures. Saussure a renn que, dans les jours sereins de Tété qui succèdent à la pluie r, périodes diurnes ont l'intensité de celles de l'hiver. L'eau mét< que, qui est toujours fortement électrisée, surtout en été, est j> que aussi souvent résineuse que vitrée quand elle tombe en phfjr ~ à l'état de neige, elle est vitrée quatre fois sur cinq. Les plufe^ douces et continues n'influent pas sur l'électricité de l'air; les fortflr pluies l'augmentent notablement et la rendent tantôt négative, tantôt positive. On a constaté que sous le règne des vents du sud, du sud-est et du sud-ouest, les pluies négatives sont beaucoup plus fréquentes que par les vents du nord, du nord-est et du nordouest. A l'approche d'un nuage de grêle, l'électromètre change souvent de signe et accuse de grandes inégalités dans la tension électrique de l'air.

Par un ciel calme et pur, l'électricité libre est peu marquée è cause de sa dissémination ; mais que, par un abaissement de température, les vapeurs aqueuses qui existent constamment dans l'air se condensent en nuages opaques, l'électricité se concentre autour de leurs vésicules et se distribue dans ces nuages suivant leurs groupements et les influences ambiantes. L'action de la terre reud & ces nuages plus résineux dans la partie supérieure que dans l'ifl- id férieure. On a, du reste, beaucoup à apprendre sur la distribution ?je de l'électricité dans les vapeurs, et sur le rôle qu'elle joue dans »s leur condensation, dans leur agglomération et leur groupement. *t M. Peltier a toujours observé que les nuages fortement chargés * d'électricité résineuse ont une couleur d'un bleu plombé, grise, * ardoisée, tandis que ceux qui sont fortement vitrés sont blancs, *

1843, in-12, p. 360, et la note E, p. 494, Sur la distribution journalière àê l'électricité dans l'atmosphère, liée à l'évaporation du globe et au fumage an montagnes»

ciRCumri'SA. — atmosphère. 325

roses, orangés. Il ajoute : « Lorsqu'on aura bien compris la série des transformations vaporeuses sous l'influence de la température et de l'électricité du globe ; lorsqu'on aura vu avec quelle facilité les nuages opaques passent à l'état de nuages transparents, et vice cersâ, toujours en présence de la terre puissamment chargée d'électricité résineuse et de l'espace céleste ne possédant pas la même tension; lorsqu'on aura fait une seule expérience pour s'assurer avec quelle promptitude la vapeur se produit sous l'influence électrique, alors seulement on comprendra les divers phénomènes qui peuvent résulter de ces masses de vapeurs opaques ou transparentes, chargées toutes à différents degrés d'électricité résineuse : lef. unes possédant des tensions énormes, les autres en possédant de moindres, toutes tendant à s'équilibrer et ne trouvant d'obstacles que dans les distances maintenues par la différence de leur pesanteur (toc. cit., p. 425). » Il sera question plus bas des météores aqueux.

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