V. — Pression
On a calculé que la pression atmosphérique, supportée par l'homme adulte, équivaut à 17 990 kilogrammes; et c'est ce degré de pression représenté sur le baromètre par une colonne mercurieUede 756 millimètres, qui convient le mieux à sa santé. Loin de fléchir sous le poids énorme de l'atmosphère, il n'en a pas conscience, et il exerce en toute liberté les mouvements nécessaires à la vie ; la raison de cet équilibre est dans l'égale distribution de la pression atmosphérique sur tous les points de la surface du corps, de telle sorte que la colonne d'air qui pousse de haut en bas un membre étendu, est contre-balancée par celle qui le pousse de bas en haut; de plus, les organes sont pénétrés de liquides incompressibles ou contiennent des fluides élastiques dont In tension égale celle de l'air extérieur. C'est par le bénéfice de ces conditions que
3'ÉDIT. — i. 2C
4A2 I1YG1KNK PfifVKB.
des poissons vivent dans 1a mer h 3000 pieds au-dessous dak surface de Tenu et qu'ils s'y meuvent avec autant d'agilité que du% la couche d'eau la plus superficielle, quoiqu'ils soient chargés da* , poids 78 fois plus lourd que le poids de l'atmosphère.
La pression atmosphérique agit immédiatement sur l'enfant dès qu'il sort de l'utérus; il est môme probable qu'il commence à h] sentir directement aussitôt que, par la rupture de la poche <kl j eaux, il cesse d'être plongé dans le liquide amniotique. La tète usa l'ois sortie, taudis que la poitrine reste encore engagée dansk, vagin, la respiration s établit et la pression se fait sentir dans ks poumons, par conséquent aussi dans l'appareil circulatoire; k cœur est refoulé de haut en bas par l'abaissement du diaphragme, . et à gauche par l'ampliation plus considérable du poumon droit.
Suivant Mende, l'air se précipite, dès la naissance, dans l'estomac • et même dans la partie supérieure du duodénum ; il est porté aise le sang dans toutes les parties et jusque dans l'épaisseur de certain os (frontal, elhmoïde, sphénoïde, apophyse mastoïde). En mena temps, la pression atmosphérique agit à la surface extérieure (k nouveau-né, elle réduit presque instantanément l'afflux sanguk ; qui s'opérait vers la peau pendant lu vie fœtale et que l'ae* couchement avait encore augmenté ; la rougeur so dissipe en quelques jours ; la bon (fissure de la peau, l'enflure des tégument! de la tête disparaissent vingt-quatre heures après la naissaucfc Pendant la vie extra-utérine, la pression de l'air retient les fluides dans les vaisseaux et les empêche de. s'en échapper; elle joue un rôle dans la circulation veineuse ; l'influence des mouvements respirateurs sur la circulation avait (ait penser à un médecin anglais, M Barry, que la pression atmosphérique était à la fois la cause qui faisait mouvoir le sang dans les veines et celle qui préside aul absorptions. L'inspiration, dit- il, produit dans la poitrine un grand vide qui a pour effet l'aftlux énergique de tout le sang veineux, et comme le système de ce nom présente un canal partout continu, cette action aspiraloire s'exerce non-seulement sur les troncs veineux les plus rapprochés du cœur, mais encore jusque sur les radicules de ce système : or à quelle cause attribuer cet appel du sang veineux, si ce n'est à la pression de l'atmosphère sur la surface do corps, pression qui cesse alors d'être contre- balancée? Déjà cet appel du sang au cœur avait été indiqué par Haller et démontré expérimentalement par Mageudie, qui le nomme inspiration du sang veineux ; l'état anatomique des veines du thorax, signalé par M. Bérard
CIHCUUFUSA. — ATMOSPHÈRE. A03
aîné (1)» vient à l'appui des conclusions de H. Barry (2). Toutefois elles vont trop loin; H. Poiseuille a démontré que la pression atmosphérique et les mouvements respiratoires sont des causes accessoires au cours du sang et dans les veines et dans les artères (3) ; ses expériences l'ont conduit à admettre, avec H. Barry, que la poitrine aspire au moment de l'inspiration, dans les gros troncs veineux qu'elle contient, le sang des veines qui s'y rendent ; mais il a prouvé qoe cette aspiration n'est point la cause principale du mouvement du sang veineux, car elle diminue graduellement à mesure que Ton s'éloigne delà poitrine ; à peine sensible dans les veines brachiales, die devient tout à fait nulle à une certaine distance de la poitrine, même dans les plus grands efforts d'inspiration et d'expiration; enfin la circulation se maintient, lors même qu'on ouvre la poitrine ei qu'on entrelient In vie par une respiration artificielle. Une expérience de Magendie infirme en apparence tous les résultats observés quant à l'influence de la pression : une grenouille est fixée dans le porte-objet pneumatique de M. Poiseuille, et soit qu'on y fasse le vide, soit qu'on y accumule plusieurs atmosphères, la circulation ne s'interrompt pas un instant dans les vaisseaux pulmonaires; mais cette expérience, ainsi que H. Loude le fait judicieusement remarquer, ne permet aucune induction pour l'organisation humaine : la grenouille ne respire pas, comme nous, en dilatant sa poitrine ; elle avale l'air par une véritable déglutition ; elle vit même après l'arrachement de ses poumons, et W. Edwards ayant scellé dans le plâtre quelques-uns de ces animaux, les y trouva vivants après plusieurs heures d'incarcération . Un des résultats les plus intéressants des recherches de M. Poiseuille, c'est l'explication de l'intégrité de la circulation, toutes choses égales d'ailleurs, chez les animaux qui, par la nature du milieu qu'ils habitent, supportent une pression plus ou moins considérable ; la couche immobile de sérum qui revêt les parois capillaires, ne varie point d'épaisseur, et les contractions du cœur conservent leur rhythme normal, quelle que soit la pression ambiante.
i* Effets de l'augmentation dépression atmosphérique.
Des expériences plus directes, puisqu'elles portent sur l'homme lai-même, ont mis en évidence les effets physiologiques que déter-
(1) Archives générale* de médecine. Paris, 1830, t. XXIU, p. 169. Il) Recherches sur les mouvements du sang. Paris, 1825. {V, Mémoire sur la circulation veineuse. Paris, 1839, in-4".
mine l'augmentation ou la diminution delà pression atmosphérique. On connaissait peu jusqu'en ces derniers temps les phénomènes qui résultent de l'augmentation de densité de l'air ambiant ; robsrvttion vulgaire avait constaté une coïncidence entre l'élévation di baromètre et une sensation de bien-être et d'énergie vitale. W. Edwards a fait voir que l'altération de l'air expiré augmentée! général avec la pression de l'air et le froid, et diminue avec lâcha* leur et la dilatation qu'elle détermine; des oiseaux, emprisonna dans un volume d'air limité, en consomment plus l'hiver que l'été. Crawford, ayant placé des cochons d'Inde dans de Pair à 8 degrés et à 55 degrés, a recueilli, après le même laps de temps, plus d'acide carbonique dans le premier cas. D'après ces faits on peut affirmer que par une forte pression, mais qui ne dépasse point 28 pouces ^, la respiration devient plus grande, plus aisée, plus efficace pour h sanguification ; de là pour tous les organes un surcroît d'incitath» et de force, une réparation plus prompte des pertes qu'ils éprouvent, une plus grande aptitude aux mouvements, une énergie supérieure de réaction. Mais comment agit une colonne d'air plus pesante que celle qui élève la colonne barométrique à 28 pouces et quelques lignes ? C'est là ce qu'on ignorait avant les recherches de MM . Junod, Tabariéet Pravaz (1) : car dans les mines et autres localités situées au-dessous du niveau de la mer , où l'air plus comprimé devrait j présenter, sous un volume égal, un plus riche aliment à la respire- ^ tion, les avantages de la densité du fluide atmosphérique sont anni- hilés par un certain nombre d'influences délétères. Toutefois l'application de l'air comprimé au creusement des puits, des mines, a donné 1 lieu à des observations multipliées dont nous profiterons ici (2).
Lorsqu'on augmente de moitié la pression naturelle de l'almos- : phère sur le corps de l'homme placé à l'intérieur du récipient de l'appareil inventé par le docteur Junod, on observe les phénomènes suivants : la membrane du tympan, refoulée vers l'oreille interne, devient le siège d'une pression incommode qui se dissipe graduellement à mesure que l'équilibre se rétablit, sans doute par la pénétration de l'air condensé dans la caisse du tympan à travers la trompe gutturale. La respiration s'exécute avec une facilité nou-
(1) Pravai, Estai sur l'emploi de Voir comprimé. Paris, 1850. — Berlin, Élude clinique de l'emploi du bain dair comprimé. Paris, i855.
(2) V. dans Annales d'hygiène, 2* série, 1. 1, i854, le mémoire de MM. Pol et Watelle, et la note sur tes effets physiologiques et pathologiques de Pair comprimé, par M. A. Guérard.
CIRCUJIHJSA. — ATMOSPHÈRE. 405
relie; les inspirations sont grandes et moins fréquentes que dans l'état ordinaire; au bout de quinze minutes, on éprouve dans la poitrine une chaleur agréable; on dirait que les vésicules pulmonaires, qui depuis longtemps étaient devenues étrangères à l'air, se dilatent de nouveau pour l'admettre, et toute l'économie puise dans chaque inspiration une nouvelle dose de vigueur. Toutefois, d'après les recherches de M. Paul Hervier (1), l'exhalation de l'acide carbonique dans le bain d'air comprimé, ne s'élève au-dessus des proportions de l'état normal que jusqu'à la pression de 773 millimètres; au-dessus de cette limite, le poumon exhale moins d'acide carbonique qu'avant le bain; mais au sortir du bain d'air comprimé, l'acide carbonique est expiré en quantité plus forte qu'à l'état normal, et avec cet effet qui dure pendant plusieurs heures, coïncident l'exaltation de la puissance musculaire et une remarquable augmentation de l'appétit. La circulation est modiiiée d'une manière notable; le pouls est plein, résistant, fréquent: lecalibre des vaisseaux veineux superficiels diminue et peut même s'effacer complètement, de sorte que le sang, dans sou retour vers le cœur, suit la direction des veines profondes ; il se porte en plus grande abondance vers le système artériel, ainsi que vers les principaux centres nerveux, notamment au cerveau, qui est soustrait par la résistance de sa boite osseuse à toute pression directe de l'atmosphère : aussi les fonctions intellectuelles sont-elles excitées; l'imagination est vive, et chez quelques personnes il se manifeste une sorte de délire , d'ivresse. Les mouvements sont faciles, énergiques et semblent plus assurés. Les actes de la digestion, toutes les sécrétions, et particulièrement celles de la salive et de l'urine s'accomplissent avec aisance. On dirait que le poids du corps est diminué de beaucoup: telle est du moins la sensation qu'éprouve la personne renfermée dans l'appareil.
Pour épuiser les eaux d'un puits de mine établi au milieu des alluvions de la Loire, M. Triger a dû faire opérer les ouvriers dans an air comprimé à trois atmosphères: c'est en 1839 qu'il appliqua pour la première fois ce procédé ingénieux et hardi dans les mints de charbon situées près de Chalounes (Maine-et-Loire); en 1846, il fat employé avec quelques modifications dans les mines de Douchy (Nord), où la pression a été portée à k 1/2 atmosp/tères. Voici la marche des phénomènes observés :
(1) Sur la carbonométrie pulmonaire dans l'air comprimé {Gazette médicale M Lyon, 1849). — Annuaire de chimie. Paris, 1849, p. 598.
Dès les premiers coups de piston, douleur dans les oreilles ;dh cesse dès que le mercure s'est élevé de quelques pouces dans h manomètre, c'est-à-dire dès que l'équilibre de pression s'est éttbfi entre l'air comprimé de l'appareil et l'air renfermé dans l'oreille moyenne (Triger) ; aussi les mouvements de déglutition de la salin la Font disparaître en faisant arriver de l'air dans la cavité du tympn par la trompe d'Eustache. La transition de l'air comprimé à l'air libre peut ramener cette douleur ; l'air comprimé, en s'échappant par la trompe, y entraine le mucus qu'il avait refoulé dans la caisi du tympan lors du passage de l'air libre à l'air comprimé; de H, l'idée conçue par le docteur Hamel, réalisée par Pravaz, de guérir par l'usage des bains d'air comprimé les cas de surdité dus i l'obstruction de ce conduit ; le succès a couronné ces tentatWet Pravaz remarque que l'air comprimé ne refoule pas seulement h membrane du tympan, mais qu'il exerce aussi une action déplétbe sur le réseau capillaire de la membrane muqueuse de la trompe et de la caisse. La circulation se ralentit et se régularise, d'après Tabarié et Pravaz, sous une pression augmentée de 3/& d'atmosphère; le dernier estime à 2/5 la réduction de la vitesse des battements. M. Pol n'a constaté sur lui-même, après une heure de séjour dans un air comprimé à 2,6 atmosphères, qu'une légère diminution du pouls, et M. RIavicr, dans les mêmes circonstances, n'i trouvé aucune différence sur lui-même et deux autres personnes. Le développement de la cavité du thorax est secondé par l'inspiration souvent répétée de l'air comprimé; Pravaz qui a mis ce fait en évidence, résume ainsi ses observations : 1° L'étendue de l'inspiration forcée, ou le développement du poumon croit avec la pression atmosphérique jusqu'à une certaine limite qui paraît déterminée en général par la vigueur des sujets ; la pression atmosphérique cesse de favoriser l'amplialion des organes respiratoires, lorsqu'elle arrive à dépasser la différence toujours décroissante qui existe entre l'effort des muscles inspirateurs et l'élasticité des parois thoraciques. Sous une pression de (rois atmosphères, M. Triger a vu les ouvriers de Chalonues s'essouffler moins qu'à l'air libre en montant les échelles. Les faits observés à Douchy tendent à prouver l'accroissement de la combustion interstitielle (Guérard) ; plusieurs ouvriers ont perdu de leur embonpoint, tout en prenant des forces et des couleurs. MM. Hervier et Saint-Sager ont constaté que la quantité d'acide carbonique expectoré dans le bain d'air comprimé, dépasse la limite normale jusqu'à la pression de 10 à 12 centimètres; au-dessus de
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Ntte limité, elle est moindre qu'avant le bain. 2° A la sortie du Mu d'air comprimé, l'exhalation de l'acide carl>onique augmente pendant plusieurs heures et n'atteint son maximum qu'un certain Inpi après le bain. La musculation est plus facile ; à Douchy, à talonnes, les ouvriers se font remarquer par leur agilité ; le docbar Hamel admirait l'adresse des ouvriers travaillant au fond de la mer. Quant aux douleurs rhumatotdes accusées par beaucoup de (Monites qui ont pénétré dans les mines précitées, il faut serap- |Wer qu'au moment de la détente de l'air dans le sas, un brouillard ■prit se manifeste et donne lieu à une sensation de froid glacial. ' Les conclusions suivantes découlent des observations de MM. Pol A Wa tel le : 1° Le séjour dans un air modérément comprimé profite ttx chlorotiqucs, aux anémiques, aux sujets qui ont la poitrine IkOrie, la respiration incomplète, etc. ; 2° l'air comprimé à A \fk Sftnoaphères, est aisément supporté, et beaucoup mieux qu'un air nréfié dans une proportion notablement moins forte; 3" le danger isldans le retour à la pression normale, retour souvent accompagné ta troubles graves et quelquefois suivi de mort subite; ce danger S* en raison directe de la rapidité de la transition , on le diminue an graduant la décompression; 3° les mineurs qui ont péri en sortant des puits comprimés, ont présenté des congestions viscérales, il en première ligne, des congestions pulmonaires et cérébrales; ¥ on y est d'autant plus exposé qu'on est plus avancé en àgc ; c'est ii dix-huit à vingt-six ans qu'on résiste le mieux aux effets de la Meompression ; 6* certains symptômes (toux, phénomènes gastri- |MS) qui affectent les mineurs dans les puits comprimés, sont dus I la fumée des lampes.
2* Effets de la diminution de pression.
Que si l'on diminue d'un quart d'atmosphère la pression de l'air tans l'appareil de H. Junod, voici les phénomènes qui se déclarent : la membrane du tympan est distondue , d'où résulte une sensation nasagère analogue à celle qui est causée par la compression ; la Respiration est gênée, les inspirations sont courtes et fréquentes au tout de quinze à vingt minutes; à cette gène de respiration succède •ne véritable dyspnée. La pouls est plein, dépressible et fréquent; tous les ordres de vaisseaux superficiels sont dans un état d'évidente turgescence ; les paupières et les lèvres sont distendues et boursouflées ; assez fréquemment il survient des hémorrhagies avec ten-
408 HYGIÈNE PBIVÉE.
dan ce à la syncope ; une chaleur incommode se fuit sentir à la peu, la perspiration est abondante. Les sécrétions glandulaires sembla* suspendues; on éprouve un sentiment de faiblesse générale et d' thie complète. Si l'on fait alterner à diverses reprises la comp avec la raréfaction de l'air sur le même individu, tous les mènes produits par ces deux opérations contraires deviennent plus en plus manifestes. La voix subit des modifications particulière soit par la condensation, soit par la raréfaction de l'air. A que la pompe joue pour raréfier l'air, la voix perd de son in et acquiert, sous l'influence de la paroi vibrante qu'elle travemv un caractère étrange. Dans le cas de condensation, elle prend m contraire un éclat, un timbre métallique non moins prononcés (l). Il faut ajouter que la transpiration cutanée augmente dans l'air méfié. Des grenouilles transpiraient par heure, en moyenne, 0,0020 4i poids de leur corps à l'air, et 0,0076 sous le récipient de la machu» pneumatique (2).
Ces résultats coïncident avec ceux qui ont été recueillis, soit sur le sommet des hautes montagnes ou dans les ascensions aérostatiquei, soit dans les mines profondes ou sous la cloche à plongeur. Examinons déplus près les phénomènes que produit la raréfaction progressive des couches atmosphériques de plus en plus élevées.
Quand la diminution de pression est peu considérable et habituelle, comme sur les montagnes d'élévation moyenne, la respiration s'accélère sans perdre de son ampleur; une circulation plus active entretient dans les organes l'excitation nutritive et fonctionnel le, et donne au visage de vives couleurs ; l'appétit est énergique, la digestion facile; mais le besoin de l'activité et la promptitude des mouvements restreignent l'embonpoint. Les montagnards présentent ces caractères : leur agilité, leur souplesse, leur courage, leur | esprit remuant, inquiet, ardent à l'indépendance, sont autant de traits historiques qui les distinguent des habitants des plaines, en général timides et ci\i lises; ces différences proviennent sans doute de plusieurs causes, notamment de la configuration et des productions du sol; mais la plus considérable de ces causes est l'air plus sec, plus froid, plus pur et par conséquent plus riche de principes vivifiants, quoique relativement moins dense que l'air dos plaines, chargé de vapeur aqueuse et d'émanations de toute nature. Beau-
( I ) Rapport à f Académie des scteiwes.
(2; Edwards, Influence de la vie, p. 584. '
CUCUMri»A. — ATMOSPHÈHB. 409
p de bits prouvent que les vicissitudes ordinaires de pression tat d'une manière presque insensible sur l'organisme : les •■wi de chamois passent le même jour et alternativement des baux sommets des Alpes sans en être incommodés. De Sixt Ibodi, la différence de pression est d'environ 22 lignes ; or les hn d'un village voisin de Sixt vont, pendant l'été, passer la in Fonds pour y traire leurs vaches et redescendent chaque ■pour assister leurs maris dans les travaux d'agriculture: elles Mot doue chaque jour et sans inconvénient le maximum et le bhd de pression qui s'observent à de longs intervalles de > dans le même lieu. Burdach fait ressortir le peu d'influence icent à nos latitudes les variations de pression atmosphéet il ajoute : a Quiconque est au courant des résultats récents nétéorologie sait que le baromètre n'est point, dans les zones ta, l'instrument propre à indiquer la marche régulière des nènes du temps pendant le cours de la journée et de
bo est plus de même quaud on s'élève brusquement, soit par m des aérostats, soit par l'ascension des montagnes, dans les s supérieures de l'atmosphère ; il survient alors des phénogni, malgré certaines différences qu'y introduisent des causes liera, traduisent l'influence directe de la diminution pro- 9 de la pression. Gay-Lussac, dans son voyage aérosta- 19 fructidor an xu), s'est élevé à 7000 mètres, le baromètre iquant plus que 32 centimètres, 88 = 12 pouces 2 lignes : plus grande hauteur qu'on ait jamais atteinte: elle égale i la dixième partie de la hauteur totale de notre atmosphère. 9 mode d'ascension, l'exercice musculaire est à peu près nul, rps subit passivement les effets de l'élévation progressive. isaac sentit le froid, surtout aux mains, une accélération ârculalion et de la respiration ; il avait le gosier si aride, iî était pénible d'avaler du pain ; la sécheresse de l'air était l'elle faisait éclater le bois de ses instruments; mais il ajoute: s loin d'éprouver un malaise assez désagréable pour m'eni descendre. » Quant à l'ascension des hautes montagnes, été tentée par un grand nombre de savants et de gens du
aUé de physiologie considérée comme science d'observation, traduit de id sur la deuxième édition, par J.-A.-L. Jourdan. Paria, 1839, t. V,
de ce qu'une moindre pression extérieure de l'air soutû cuisse dans l'articulation coxo- fémorale. Le bourrelel et ligamenteux fait office de soupape ; aussi la jambe, qi des muscles et de la membrane capsulaire ne fait poinl un cadavre, tombe aussitôt que la cavité cotyloïde reçe rieur, sans que le ligament rond ni la membrane cap été intéressés. Les phénomènes mentionnés surviennen teurs qui varient suivant les dispositions individuelles c stances de l'ascension ; la fatigue, l'émotion des périls qi y entrent pour une part. De Saussure, qui n'éprouvait i cernent de malaise qu'à 11 600 pieds, a eu des guide très robustes, qui souffraient déjà à 9000 pieds, d'aul quelques-uns môme à 5000. MM. Agassiz et Desor, q la Jungfrau le 28 août 1861, n'ont éprouvé aucun a< dant plusieurs semaines qu'ils vécurent à une hauteui 8000 pieds. Un voyageur anglais, Moorcroft, un peu ai Niti-Ghôt , dans l'Himalaya , sentit sa respiration s 15600 pieds, et il était contraint de s'arrêter de cinq pas. Sur le col de Ghôt, la difficulté de monter redou combait au besoin de dormir ; enfin, une forte angoiss & respirer fréquemment et profondément. I^e capitaine les mêmes lieux, ressentit les mêmes symptômes et une
(1) Yoy. de Huroboldi, Nouvelles annalet de voyage$% 3" séri
lYftrhivnv V/Htnnm Wsimc V Amfrinu* mJvidùinéit* I II Rinliit
C1BCUJIF0SA. — ATMOSPHÈRE. 411
ie, et il a observé que les chevaux et les yaks (taureaux du e sont point exempts de ces troubles. Une fatigue extrême, de faiblesse, de violents maux de tête, voilà ce qu'éproulieu tenant Gérard et ses gens dans trois expéditions en roits différents de l'Himalaya, à 15600, à 17500 et à 9ds. Dans leur tentative d'ascension à la cime du Chimtin 4803), de Humboldt et Bonpland, après avoir grimpé en partant d'un point dont la hauteur avait été déterminée ieds , commencèrent à sentir une envie de vomir accom- » vertiges et beaucoup plus pénible que la difficulté de ils avaient en môme temps les lèvres et les gencives saila conjonctive 'oculaire gorgée de sang. Une fois sur le Pitchincha, élevé seulement de 13800 pieds, de Humboldt mtiY sans hémorrhagie, un si violent mal d'estomac avec pi'on le trouva étendu à terre sans connaissance au moil venait de quitter ses compagnons pour faire des expéttlrométriques. Dans une nouvelle tentative pour atteindre u Chimborazo (1831), H. Boussingault et le colonel Hall it à une hauteur de 18500 pieds, par une température et le baromètre indiquant 13 pouces 8 lignes et demie : s'asseoir, ils se relevaient presque aussitôt et ne souffraient int le temps qu'ils étaient en mouvement. De même, au ic9 Saussure ne pouvaient avancer de quinze pas sans tour reprendre haleine. Au repos, il ne lui restait qu'un nression précordiale ; mais le moindre mouvement ou la intention de l'esprit l'obligeait à s'arrêter de nouveau et à sndant quelques minutes encore, la face tournée au vent. rmptômes éprouvés plus récemment au Mont-Blanc par le Sherwill, le docteur Barry, M. Àlkins et mademoiselle Danï 6500 mètres, et à 4 660 mètres d'élévation, MM. Martins, rt Lepileur, faisaient d'abord, sans reprendre haleine, uis70, et enûn, entre les Petits-Mulets (4660 mètres) et lu Mont-Blanc (4811 mètres), seulement 30 à 60 pas. Il de considérer que sur le sommet du Mont-Blanc , à eds, ces explorateurs se trouvaient plus haut que M. deHum- 8200 et M. Boussingault h 18500 dans les Cordillères, et ircrofl et Gérard à 18,500 dans l'Himalaya, puisqu'en es limites de la neige fondante sont à 8,000 pieds environ s des mers, tandis qu'elles commencent à 14600 pieds en e et à 15 700 pieds en Asie. Sur le col du Géant, à 687 toises
412 HYGlfiNK PKIVftl.
au-dessous de la cime du Mont-Blanc, Saussure et ses éprouvèrent une excitation du système nerveux qui les tables, impatients : « Près de la cime, l'air est si rare, que pouvais faire que quinze à seize pas sans reprendre j'éprouvais même de temps en temps un comm< défaillance qui me forçait à m'asseoir. Tous mes guides,
gardée de leurs forces, étaient dans le même état Arrivée
cime, quand il fallut me mettre à disposer mes instruments observer, je me trouvai à chaque instant obligé d'interrom]
travail pour ne m occuper que du soin de respirer Toute*
vation faite dans cet air rare fatigue, parce que sans y retient son souffle, et, comme il faut suppléer à la rareté par la fréquence des inspirations, cette suspension mecai
malaise sensible Le genre de fatigue qui résulte de la
l'air est absolument insurmontable ; quand elle est à son péril le plus imminent ne vous ferait pas faire un pas, MM. Lepileur, Martins et Bravais, sur la cime du Mont-Blauc,jj point éprouvé ces sensations en observant leurs instrument n'y ont souffert que du froid. Martins eut quelques nai Yomit quelques grains de raisin sec pris une heure auparai compara son malaise avec le mal de mer ; leur appétit n'é complètement nul : M. Lepileur ne recouvra complètement qu'en descendant à la hauteur de 3 046 mètres, et sa soif < alors plus vive qu'au Grand- Plateau. M. Rey rapporte, suii témoignage du capitaine Sherwhill, qu'après les rochers les Grands-Mulets (3046 mètres), la soif devint intolérable nombreuse escorte. On ne pouvait plus parler sans prendre neige mêlée à du raisin sec pour se rafraîchir la bouche et mecter le gosier, tandis que le besoin de manger fut à peu prèsj M. Lepileur et ses compagnons avaient tous la langue bit celle des guides l'était moins. En 1837, M. Atkins emmena ai au sommet du Mont-Blanc, le chien de son guide; cet animal] tagea les souffrances de ses maîtres; il tombait pour s'ei aussitôt ; il regardait autour de lui avec une expression d'inqi à la différence des hommes, il ne perdit point l'appétit, maisi des vomissements continus. MM. Sherwhill, de Tilly et Atkins J lent d'une sensation de légèreté extraordinaire qu'ils ont épiO* en descendant ou à l'état de repos; MM. Lepileur, Bravais et 3 tins ne l'ont point éprouvée. Sur le sommet du Mont-Blanc, le f de trois personnes, de Saussure, de son domestique et de son g*
CUtCUUrUSA. — ATMOSPHÈRE. &13
mit pour moyenne 100,3 pulsations par minute : le jour sui- >à Chamouni, la moyenne fut de 60,3: la différence est donc I pulsations pour une différence de pression atmosphérique (17176 livres. M. Lepileur (trente-quatre ans) a observé sur rime la marche suivante du pouls : à 802 maires au-dessus h. mer, 63 pulsations; à 1050 mètres, 60 pulsations; à
mètres, 82 pulsations; à 3 066 mètres, 92 pulsations; à
mètres, 90 pulsations; à 6811 mètres, 88 pulsations. A ■as, situé à 1,032 mètres, H. Roulin a constaté les moyennes Irtes chez lui-même et deux compagnons : 86, 81, 102; à -Fé (2,643 mètres), 96, 86, 100. Ainsi, l'accélération du pouls jflet consiant de l'ascension à partir d'un certain niveau* ;aux hémorrhagies, M. Guérard les attribue à l'expansion des ri, en raison du raccourcissement de la colonne barométrique, lent plus en dissolution dans le sang et s'échappent en chass sang hors de ses vaisseaux ; explication plausible, si l'ine de la pression ambiante sur la circulation capillaire était tirée ; explication inutile, car on n'a guère observé dans les lions que des saignements de gencives et de lèvres par ger-
par sécheresse extrême; l'injection de la face et des conjoncirovient de la congestion que détermine vers les téguments la lération du soleil par les neiges. Quant à la température du , MM. Breschet et Becquerel se sont assurés qu'elle est la lau Saint-Bernard et dans la plaine, fait déjà signalé par de nre à une élévation presque double. On sait enfin que sur les bautes cimes, la détonation d'une arme à feu est à peu près i, et qu'au Mont-Blanc aucun bruit ne peut trouver d'écho; île son se propage assez loin : à 300 mètres de distance, M. Leiretses compagnons entendirent les voix de leurs guides qui aient entre eux, et le bruit du crayon qui frappait le vernier du était perçu h 15 et 20 pas.
phénomènes qu'on observe a de grandes hauteurs sur le ont une origine complexe, et quelques-uns se rapportent aux ns individuelles (saignement scorbutique des gencives obprBouguer, imminence d'hémoptysie chez le docteur Clark
apoplexie chez Moorcroft, épistaxis chez M. d'Orbigny, etc.); à des circonstances accessoires : tels sont la somnolence,
F* de congestion vers la tête, l'état pâteux de la bouche, qui ré- "tort d'un exercice musculaire violent avec privation de sommeil ftKbut une ou deux nuits ; l'abus des alcooliques chez les guides,
et souvent chez les voyageurs, ajoute aussi ses effets k ceux raréfaction de l'air. Mais, déduction faite de ces influences, il un ensemble de phénomènes qui constitue le mal des mont Bouguer l'attribue à la fatigue, oubliant qu'elle provient ell en partie de la difficulté de respirer dans un air raréfié ; deSai au relâchement des vaisseaux par suite de la diminution délai sion atmosphérique ; M. Rey, au mouvement plus pénible et i habituel des membres abdominaux pendant l'ascension; M. Brachet (1), les muscles en contraction désoxygénant le qui les traverse plus que pendant le repos, la respiration est léréepar le mouvement dans un air raréfié; pendant les! sang demande moins d'oxygène aux poumons et en laisse: dans les muscles locomoteurs, et comme ceux-ci nese peuvent] tracter que sous l'influence du sang artériel, il s'ensuit qu'i pendant les haltes par un sang presque veineux, ils sont aptes au mouvement : ainsi s'expliquent et l'anhélation et Itl tude, éléments principaux du mal des montagnes. M. objecte à cette théorie que tel s'arrête par essoufflement, tell par fatigue, et que l'anhélation presque toujours permettrait quelques pas quand déjà les jambes défaillent ; dans la producl cette fatigue douloureuse, il fait intervenir la congestion su des muscles en action, congestion proportionnelle à leurs qui s'opère d'autant plus rapidement que le pouls s'accélère même dans un air raréfié ; aussi bien le repos rétablit l'équi et les hommes qui ont le plus exercé leurs muscles sont ai derniers à ressentir la fatigue locale des montagnes. Quant disposition nauséeuse avec inappétence, à l'imminence syn< la céphalalgie violente pendant la marche et cédant aurepo^j troubles succèdent à toute série d'efforts non interrompus, exercice gymnastique de six à huit minutes, à l'ascension d'un escalier, etc. ; et pour peu que les efforts continuent, w1 serve le trouble de la vue, des vertiges, une lassitude douk dans les membres, la prostration des forces ; que si l'on s'i pour prévenir les effets de l'hypérémie cérébrale et pulmonaii sang reflue vers le cœur, la face pâlit et la défaillance s'ani Sur les hauteurs, mêmes phénomènes à marche plus rapide, \* considérable du sang vers le cerveau comprimant les forces trices et sensitives, comme son reflux trop brusque les laisse
(i) Revue médicale, novembre 1844.
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on éUI do colltpti» ; de là mal de tète, battement des carotides, uapoianooe à te mouvoir, inclinaison instinctive du corps et de la tète en avant, et syncope imminente, lorsqu'on érigeant la tête oo facilite le reflux du sang vers le cœur. Le malaise de l'estomac, très analogue au mal de mer, est sans doute sympathique de l'hypérémie encéphalique, à moius qu'il ne soit dû à un effet de la tengaieuse de l'estomac et des intestins, augmentée sous une ion décroissante de l'atmosphère (1).
Le mal des montagnes ne se fait sentir qu'à la limite des neiges ; perpétuelles, quelle qu'en soit la hauteur absolue. Cette règle ne Applique qu'aux régions situées en deçà du 55" ou du 60" degré de hlitode. et, malgré les exceptions dont elle est passible, on peut l'adaaattre d'après la plupart des relations de voyages dans les Andes, Himalaya et les Alpes. M. Lepileur l'explique naturellement en «appelant que le voyageur, parti des pays les moins élevés, séjourne toujours un peu dans la région do la grande végétation, parallèle ieaUe des neiges persistantes, avant de s'élever dans le désert de la montagne; il a donc eu le temps de s'habituer graduellement à Mr plus ou moins raréfié que l'on respire à la limite du séjour de Rumine; mais de cette limite à une nouvelle hauteur de 12 à 1500 mètres, la transition est brusque et Ion atteint un point où les «fris de la raréfaction atmosphérique se prononcent.
Le caractère essentiel de l'organisation humaine, au point de vue hygiénique, est de s'adapter à une grande variété d'influences extérieures et de se familiariser par l'habitude avec les conditions les plus opposées eu apparence à sa conservation : c'est ainsi que des ■lasses d'ouvriers vivent et travaillent dans les galeries de mines liés profondes, sous une pression beaucoup plus forte que celle de f atmosphère ; c'est ainsi qu'a une hauteur de 160 toises au-dessus du niveau de la mer, Cuença et Quito présentent des populations lorinatites, et que des observateurs ont vécu longtemps sur la crête du Kchincha dont l'élévation est de 2A71 toises et demie. A part ks différences tranchées dépression atmosphérique que l'homme ftVcoulume à supporter d'une manière permanente, ses fonctions eœlinuent de s'exercer avec régularité sous l'empire des variations barométriques qui s'observent dans notre atmosphère pendant les
(I; Voyez Maissiat, Mémoires de physique animale. Paris, 1843, p. 259 et suiv. — Lm mémires V et VI, gi riches d'idée* neuvci et hardie», contieuueut les tJéarnia d'une théorie phyaique des enVts de la raréfaction de l'air ambiaut.
phases du jour et de Tannée. Il est même probable queeeii tions sont liées à une loi conservatrice des êtres organisés, pour les fonctions influencées directement par l'air, comme fonctions nutritives, la règle est dans une certaine variété de difîca tions. La sensation de malaise et d'accablement, la géttl respiration que Ton éprouve aux approches des orages, sorti buées, à tort, tantôt à l'augmentation, tantôt à la diminution pression atmosphérique. M. Guérard, qui a souvent suivi la du baromètre dans cette circonstance, a pu se convaincre phénomènes dépendent de l'influence de l'électricité. Quand romètre subit une dépression brusque et forte, les fluides effort contre les parois des vaisseaux, les veines de la péri] gonflent, une fausse pléthore se prononce, il y a menace de gestion vers la tête, abattement et pesanteur du corps; ceqai dire vulgairement que l'air est lourd, quoiqu'il soit rare et pari séquent plus léger ; si la variation affecte plusieurs degrés triques, des accidents peuvent survenir; au mois de ai 1747, Duhamel vit en moins de deux jours le baromètre de 1 pouce & lignes, ce qui équivalait à une diminution de il vres dans le poids de l'atmosphère; aussi y eut-il beau< morts subites.
3° Action des vents.
Les vents, considérés d'une manière générale, agissent l'homme : 1* par la quantité de mouvement qu'ils comi quent aux couches d'air ébranlées ; 2* par les qualités logiques de cet air : 3° par les propriétés qu'ils empruntent surfaces qu'ils ont parcourues ; 6° par les matières qu'ils II dans une direction déterminée; 5° par leurs variations. Lescoui d'air, qui se brisent dans une atmosphère médiocrement peuvent être comparés aux vagues de la mer quant aux perci qu'ils exercent sur les corps; modérés, ils sont des douches On connaît peu les effets de ce choc répété; on a dît qu'ils Si toniques; le bain d'air, comme dit Hufeland (1), ne doit passsi lement son utilité à l'action mécanique de l'air en mouvement;! comprend sans peine qu'elle fortifie les tissus cutanés et y favwi peut-être la circulation. Les vents plus forts compriment comme le poids de l'air était augmenté ; les vents, qui ont une grande imp
(1) La macrobiotique, ou Vart de prolonger la vie de V homme, traduit de l'ail mand par A.-J.-L. Jourdan. Paris, 1838, p. 459.
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orilé, produisent une commotion dans les parties qu'ils frappent wjaeraenl ; celles-ci, indépendamment d'une rapide soustraction calorique et d'humidité, subissent une atteinte véritablement UDAtique. Plus la percussion est violente, plus la réaction seconreaura d'intensité ; le sang, brusquement refoulé, revient avec 9e dans les parties frappées, et, suivant la délicatesse de leur inre et leur sensibilité, il s'y manifestera des phénomènes d'irridd plus ou moins grave. Lies qualités météorologiques de l'air t en quelquesorte exagérées par la vitesse du mouvement qui lui transmis; l'air froid, mais en repos, nous impressionne beaup moins que ce même air agité par le vent ; même par une peinture douce, nous sentons les moindres courants d'air; cela t à ce que le vent met incessamment en contact avec notre «des masses d'air nouvelles qui lui enlèvent de nouvelles qunnide calorique. Cette déperdition s'accroît encore quand le vent humide; l'air chaud semble faire exception, car la ventilation empère les effets; mais ce phénomène ne diffère point du prédit quant à sa cause; si l'air chaud et immobile nous paraît iflaut, c'est que la même couche d'air, baignant notre peau, ne e point à se saturer d'humidité et dès lors s'oppose à l'évapo- >n des produits de la transpiration cutanée, tandis que le plus le courant nous apporte ai contact de la peau (h; nouveaux iraes d'air, avides d'eau et qui nous rafraîchissent eu activant aporisation dermique. Des grenouilles, placées à l'embrasure le fenêtre fermée, éprouvèrent par heure une perte moyenne de .67 du poids de leur corps ; d'autres grenouilles, placées à l'em- ;ure d'une fenêtre ouverte, perdirent 0,0520 ; des lézards transrent dans le premier cas, 0,0041, et dans le second, 0,0087 (1). sun air calme et chargé d'humidité, la transpiration se trouve lite à son minimum, c'est-à-dire qu'elle devient cinq à dix moins abondante que dans l'air sec et en mouvement. ique les vents ont une certaine durée, la nature des terrains 'espèce de climat qu'ils traversent, leur communiquent des iriétés caractéristiques: ainsi dans notre France, les vents du i-est sont froids et secs ; ils ont parcouru la Sibérie, la Russie ne partie de l'Allemagne ; ils doivent donc participer à la temiture de ces contrées, et ils deviennent d'autant plus secs que, tant sur des zones de moins en moins froides, ils restituent à
) Edwards, p. 590 et G08.
3« édit. — i. 27
/il 8 HYGIÈNE PRIVÉE.
l'état latent la petite quantité de vapeur qu'ils contenaient. Les vents du sud et du sud -est soufflent de l'intérieur rie l'Afrique; en roulant sur la Méditerranée, ils se chargent de vapeurs abondantes: aussi, lorsqu'ils atteignent 1rs côtes de Provence, possèdent-ils au plus haut degré les propriétés de l'air chaud et humide; les habitants de cette partie du Midi eu connaissent l'inlluence déprimante ; tant qu'ils soufflent, la prostration est universelle ; ils les appellent généraleinenU//'ott'o. En Algérie, ce vent est justement redouté ; M. Félix Jacquot, qui l'a enduré pendant trois jours dans le désert, en a vive ment retracé l'effet: l'air est aride, lourd, énervant, la respiration saccadée et sonore ; la poitrine oppressée et aspirant, par des efforts ri'ampliation, le plus grand volume de cet air dilaté ; barre frontale, éblouissement, bruissement d'oreilles, constriction à la gorge et à l'épigastre, lèvres et narines crevassées par la poussière ardente que fouette le veut, marche chancelante; par intervalles, bouffées rie chaleur à la lace, suivies quelquefois de vagues frissons et d'un surcroit de défaillance voisin de la syncope; visage d'ailleurs vultueux, lèvres cyauosées, pouls fort et rebondissant, ou faible et irrégulier, parfois plein, souple et lent; intelligence obtuse, sens paresseux et peu sûrs; répugnance au mouvement, anxiété, agitation; on étouffe sous la tente; en plein air, la rafale brûlante suffoque; on ne peut se tenir debout, et Ion craint de se coucher, à cause de la température plus forte des couches inférieures de l'atmosphère échauffas par le sable; le contact du sol brûle la main, la sueur coule, à Ilots, la soif est insatiable, et quand l'estomac est riiMendu par l'eau ingérée, la dyspnée augmente avec le malaise général el l'anxiété épigastrique. ("est avec raison que M. F. Jacquot rapproche ces accidents de la calenture, et qu'il les explique par l'Iiypérémie cérébrale, souvent compliquée d'un étatsemi-asphyxique(l). Les vents de l'ouest, saturés des vapeurs qu'ils balaient sur l'Océan, sont ordinairement pluvieux, surtout quand ils surviennent par une température froide qui précipite leurs vapeurs eu pluies. Ou conçoit d'ailleurs que ces effets sont subordonnés aux conditions et aux rapports des localités très étendues : ainsi, dans le Oaupbiué cl sur les cotes de la Méditerranée, le veut du nord-est, appelé trautntt((um%i!$[ proportionnellement plus froid que pour les autres par lies de la France, différence qui provient du voisinage des Alpes; le veut du nord-ouest est sec eu Provence, où ou le nomme mistral;
(I; ilaztUe mvtlicale. I84G, |i. 71.1 i»l suiv.
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il est humide sur les cotes de l'Océan voisinas de l'Espagne: c'est que dans ce dernier cas il souille immédiatement au-dessus de l'Océan, tandis qu'il n'atteint la Provence qu'après avoir traversé l'Angleterre et la France. La différence des régions intermédiaires que traverse le môme vent peut influer sur la moyenne annuelle de la température dans les contrées où il arrive; c'est ce qui fait que l'Afrique occidentale est beaucoup plus chaude que l'Afrique méridionale, quoique lesoleil leur déverse une égale quantiléde chaleur; mais le vent d'est qui règne dans l'une et dans l'autre leur vient pir une région différente; laudisqu'il souffle de la mer sur l'Afrique occidentale, il traverse, pour arriver à l'autre Afrique, la plaine méridionale du Grand-Désert, et tant qu'il règne, du Sénégal à Podhor, l'air est obscurci par des nuées d'insectes, les cnmpagnes se couvrent de sauterelles, les plantes se flétrissent, les verres se fendillent, les meubles s'écartent, une poussière très fine pénètre de toutes parts; la sécheresse est excessive, et la chaleur qui embrase l'atmosphère semble le rayonnement d'un four incandescent. Ainsi le même vent est très froid au Malabar où il se précipite des hautes montagnes qui l'avoisineut : il est brûlant au Sénégal et sur la cote de Coromandel, qui le reçoit de longues plaines sablonneuses (1). Les vents agissent encore par les matières dont ils sont les véhicules ; ceux qui rasent les déserts de l'Afrique se chargent d'une poussière sablonneuse et brûlante qu'ils déposent sur tous les objets et chassent souvent à de grandes distances ; celte poussière s'insinue dans les habitations par toutes les ouvertures, et contribue au développement des ophthalmies endémiques. Suivant le témoignage des ■ voyageurs, les vents du nord emportent une poussière de glace qui fatigue douloureusement les yeux et déchire le visage; quelquesuns assureut qu'elle est une cause de congélation des pieds et des mains. Ailleurs, les vents servent de véhicule aux émanations délétères qui se dégagent des eaux stagnantes, des terres humides et incultes, des foyers pestilentielsque développeutccrtuiuesinduslrics. La marais de la Djalowa est distant d'environ deux lieues de Navarin (Morée); chaque fois que le vent se levait daus la direction des marais, les fièvres intermittentes et rémittentes apparaissaient parmi la troupes françaises qui occupaient le fort de cette petite ville. C'est par le transport des miasmes que l'on s'explique le développement des lièvres intermittentes dans des localités très élevées do
\\) Thévrnot, Maladies des pays chauds. Paris, 18 M), |>. .">«».
ll')0 HYGIÈNE PRIVÉE.
la Grèce et de la Corse (voy. Marais). Les vents et les ouragans, dit M. Boussingault (1), les courants ascendants dus aux inégalités de température, les volcans par l'émission continue de gaz, devapet» et de cendres tellement divisées que souvent elles vont s'abattre! des distances prodigieuses, portent et maintiennent dans les pli hautes régions de l'air, des corpuscules enlevés à la surface du tel ou arrachés à la partie interne du globe. La permanence de ai substances si diverses et si ténues dans l'atmosphère se dénom* à l'œil, dès qu'un rayon solaire immerge dans un lieu obscur, et fait poudroyer ce que Bergmann appelle énergiquement lesimmos* dices de l'air. Ces poussières que nous respirons sans cesse, ajodfc le même savant, établissent pour ainsi dire le contact entre les iwfcvidus les plus éloignés des uns et des autres et « bien que leur pnn portion, leur nature et, par conséquent, leurs effets soient des plae variés, ce n'est pas s'avancer trop que de leur attribuer une parti! de l'insalubrité qui se manifeste habituellement dans les grande! agglomérations d'hommes». Enfin, les vents deviennent nuisibhl quand ils se remplacent brusquement; leurs variations soudain», agissent, mais avec plus d'intensité, comme les alternatives instantanées de chaud et de froid qui ont lieu dans le môme jour. Mail les vents ont aussi leur utilité et elle est immense ; sans parler da transport et de la répartition des nuages qui fertilisent en s'épaochaut les terres des différents climats, sans mentionner leur rôle ' dans la fécondation des végétaux unisexuels, n ont-ils point pour effet général de modérer les chaleurs, de brasser l'atmosphère et d'eu maintenir l'uniforme composition sur tous les points du globe, ! de. la dépouiller des vapeurs et des miasmes? les ouragans même'; les plus désastreux sont des ventilateurs puissants qui secouent ■ l'atmosphère, divisent et propulsent au loin dans l'abîme océanique les produits qu'elle reçoit incessamment par l'évaporation du globe et par le commerce des deux règnes organiques. On a dit avee raison que l'air immobile est aux êtres qui vivent à la surface du sol ce que l'eau bourbeuse des marais est aux poissons de rivière (2). La succession régulière des vents n'est pas moins nécessaire. Elle correspond aux besoins des divers climats, et, en prononçant l'effet des températures, elle exerce plus énergiquement la puissance de réaction de l'économie animale; cette influence ne se borne point
[\)Ann. de chin. et de phys.y V série, t. XL, !8r>i, p. i.M. (2) Tourtrile, t. I, p. 303.
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au corps, elle s'étend au moral : « Les secousses fréquentes que donne le climat mettent dans le caractère la rudesse, et y éteignent la douceur et l'aménité. C'est pour cela, je pense, que les habitants de l'Europe sont plus courageux que les habitants de l'Asie (1). »