‹ Traité d'hygiène publique et privée v. 2 (volume 3)Chapitre 53 sur 111 · VI. — Composition chimique · texte numérisé non relu

VI. — Composition chimique

La respiration dépend essentiellement delà composition chimique de l'air : or la respiration imprime aux matériaux importés dans l'économie par la digestion les propriétés qui les rendent aptes à se combiner avec nos tissus : par le rôle qu'elle joue dans la formation du sang, elle domine les fonctions de la vie animale et de la vie plastique. D'un autre côté, le degré d'altération que subit l'air inspiré est eu rapport, comme nous l'avons vu , avec l'âge, le sexe, h constitution; il l'est encore avec l'état de repos ou l'exercice, avec l'activité de la digestion et de la plupart des sécrétions, notamment de la peau, des reins et du foie. Enfin, il varie suivant la température et la pression. A tous ces titres, il importe de déterminer la nature et la quantité des échanges qui s'opèrent entre l'homme et l'air atmosphérique. Cette donnée nous sera encore indispensable pour la solution des questions qui se rattachent aux habitations publiques et privées.

Le phénomène capital de la respiration, sous le rapport de la composition chimique de l'air, consiste dans l'absorption d'une certaine quantité d'oxygène et dans l'exhalation d'une quantité à peu près équivalente d'acide carbonique; les expériences qui ont été faîtes pour déterminer le rapport des gaz expirés s'accordent sur ce point (2). Quelle est donc la proportion de carbone consommée par la respiration? D'anciens observateurs l'ont portée à 14 grammes par heure, ce qui ferait 3&0 grammes par jour. M. Dumas a expérimenté sur lui-môme (3): chacune de ses inspirations introduisant un tiers de litre dans ses poumons, et chaque minute donnant quinze à dix-sept inspirations, l'air expiré renfermait de 3 à 5 pour 100 d'acide carbonique; il avait perdu de U à 6 pour 100

il} (JEuvrcs complètes d%Wppocralc, traduction nouvelle avec le telle en regard parE. Littré. Paris, 1810, t. II, p. 85. ;2] Maffous, toc. cit., p. 186.

:3} Essai de statique chimique, p. 82.

d'oxygène. Ces bases fournissent pour chaque jour de vingt-quatti heures :

16 inspirations + 1/3 litre = 5 litres, 3 air eipiré par minute.

318 — — air eipiré par heure.

7,632 — — air eipiré par jour de 14 k

En admettant comme moyenne k pour 100 d'acide carboniquedasj cet air, on aurait 12,u,7 acide carbonique à l'heure, SOS81^ pat* jour; ce qui donne en poids 166 2/3 grammes de carbone brÎHj par jour; 55 5/9 grammes de carbone qui représenteraient lTrfl drogène brûlé par jour; total brûlé en 24 heures :J 212 2/9 m carbone, = 9 grammes par heure, soit de carbone, soit de M équivalent en hydrogène. M. Dumas considère la consommation4 4| 10 grammes à l'heure comme la plus près delà vérité pour la rodai commune des hommes, et il l'estime à 15 pour les individus q> font exception par leur stature, par le développement de leur pdrV trine, par leur appétit, etc. MM. Andral et Gavarret, qui ont priJ^ longé chacune de leurs expériences pendant une heure, ont fliêH consommation du carbone, pour l'âge de vingt à trente ans, t 12 grammes l'heure, proportion qui varie peu de trente à quarante, i On voit que le calcul a fourni h M. Dumas une approximation ({(ai \ peut être acceptée comme moyenne générale.

En effet, MM. Andral et Gavarret ont fait voir que la consommation du carbone par la respiration virile est portée progressivement de 5 à 12 grammes à l'heure, de l'âge de cinq à dix ans, pour m* ii i r ensuite de 12 à 5 dans la période de quarante à cent ans; de plus, les femmes les mieux constituées ne consomment que 6^,4, jusqu'à l'époque de la ménopause. Le chiffre 9, posé par M. De* mas, résume donc les inégalités de la consommation suivant hl âges, les sexes, les constitutions, l'état des santés, etc., et il petf servir de base à des évaluations qui portent sur les masses. Étant admis, d'après cette donnée numérique, que chaque inspiration épanche un tiers de litre d'air dans les poumons, il reste à discute* la quantité du mouvement respiratoire; Séguin évalue le nombre des respirations < le 11 à 20 ; Laënnec de 11 à 15, Dalton à 20, Dary à 26, Allen et Pepys à 19, Magendieà 15, M. Dumas de 15 à 17 (sur lui-même) ; ce qui donne une moyenne de 18. — Ou trouvera donc, d'après ces bases, que

CIHCOMFGSA. — ATMOSPHÈRE.

15 resp- par mioate » SI ,600 resp* par 24 h. = 7,200 d'air respiré en 24 b.

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