DU SOL
L'influence du sol se combine avec celle de l'air et des eaux pour modifier profondément les produits des deux règnes organiques : l'espèce humaine la subit à son tour, et, pour en apprécier l'efficacité, il suffit de comparer, dans leurs caractères physiologiques et dans leurs allures sociales, les populations groupées sur les hauteurs
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du globe et celles qui vivent dans les vallées, le pâtre des Pyrénées et le pécheur des côtes de la Bretagne. La nature et la disposition des terrains indiquent les végétaux qui s'y plaisent, les animaux qui s'y établissent; et comme les uns et les autres fournissent à l'homme sa nourriture, les conditions du sol concourent indirectement à la détermination de son type héréditaire; elles gouvernent d'ailleurs, si l'on peut ainsi dire, les agents atmosphériques et hydrologiques; les reliefs du terrain, sa configuration, l'état de sa surface, ses rapports avec les continents et les mers» son orientation, décident la direction des vents, donnent lieu à des courants accidentels; et, en modifiant la pression de l'air, ils influent sur les qualités hygrométriques de ce fluide, font varier la tension électrique, suscitent ou contrarient les divers hydro-météores, de telle sorte que l'ensemble de ces causes perturbatrices entretient, entre le climat solaire et le climat réel d'un lieu, une différence tranchée. La plus puissante des circonstances météorologiques, cellequi sert de base à la division desclimats, la température, dépend essentiellement de la conformation du sol et de ses qualités physiques. L'exhaussement de sa surface en montagnes et en plateaux imprime aux lignes isothermes leurs plus fortes déviations; en raison de l'opacité et de la cohésion des matériaux solides qui constituent sa croûte, la terre réagit à l'impression du calorique solaire tout autrement que l'air et l'eau, fluides diaphanes, perméables à la lumière, et dont les molécules ont une excessive mobilité; aussi la position relative des masses compactes et des masses liquides du globe exorre-t-el le sur la marche dos ligues isothermes une influence prépondérante.
Les circonstances géologiques oui cela de particulier, qu'à la différence des modificateurs atmosphériques, elles sont stables, permanentes; elles agissent sans relâche. Sans doute, il est donné à l'homme de modifier la surface du globe dans certaines limites: il fait tomber les arbres des forêts ; il tyrannise le cours des rivières; il distribue à son gré les eaux météoriques; l'industrie vomit par mille bouches i\v* masses énormes de vapeurs et de substances gazeuses qui se mélangent uvec l'air des cités ; mais ces changements, excepté les dessèchements et les défrichements de bois, marquent peu dans l'immense variété des causes qui règlent le type général des climats.
L'action puissante que le sol exerce sur l'économie à l'état de santé s'étend à ses manifestations pathologiques. S'il y a une grande
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à aoppoter que les maladies sont groupées sur le globe
I* espèces animales et végétales, il est certain que plusieurs
it confinées dans la sphère où elles prennent naissance ;
quoique ayant plus d'expansion, ne franchissent point
une limite dans leur propagation suivant la latitude, ni
leur marche ascendante. Il en est qui se transforment dans
type, et qui se déroulent du nord au midi comme sur une
progressive de fréquence et de gravité: un rôle étiologique
dévolu à la nature du terrain ; enfin, ce qui achève l'inti-
du sol avec la pathogénie, les produits qu'il donne sont à la
la substance alimentaire de l'homme et la matière de ses
à dire que, malade ou sain, l'homme appartient tout entier influences externes, et cette parole d'Hippocrale, dont Montess'est inspiré : • Tout ce que la terre produit est conforme à la elle-même, » faut-il l'interpréter comme l'école sensualiste, Cabanis s'est fait le physiologiste éloquent? Non, l'homme pas soumis fatalement à des influences dont il ne saurait suraucune. Le Créateur l'a pourvu d'une force d'initiative qui en état de réagir sur la nature, S'il ne peut transformer le i général des climats, si ses facultés se brisent contre des obstacles i, s'il ne peut abaisser les cimes alpestres et les découde leurs neiges éternelles, il est le maître du terrain qu'il le régulateur des influences de localité; il peut corriger beaude causes nuisibles, se soustraire à celles qui sont réfractaires industrie ; par son intelligence et par son travail, il réussit à ir ses droits imprescriptibles à la vie et au bien-être là où sature marâtre a prodigué sous st»s pas et sur sa tête comme un ÉJaxe d'insalubrité et de mort.
S 1. — *et ■Mdlfioitear» géolog lqu«».