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thermes; sous le tropique, la nature répand avec profusion tous les germes de vie, et quoique les contrées tempérées et glaciales aient trois fois l'étendue de la zone torride, celle-ci possède une fariété plus grande de types végétaux . La môme gradation s'observe dans les climats superposés des hautes montagnes : vers la lisière des neiges éternelles se montre par endroits une végétation avare, composée de mousses, de lichens, de bruyères, d'arbustes nains; plus bas, des graminées réunies en pelouses, des crucifères, des labiées, des ombellifères ; sur une bande inférieure, des plantes et des arbrisseaux rosacés, des arbres amentacés; enfin les forêts hérissent les pentes situées au-dessous, et plus on approche de la bue, plus on retrouve les produits du climat général. Dans les Alpes, la zone des arbres verts et du bouleau est remplacée par celle des arbres rabougris; on arrive ensuite au rhododendron, puis aux plantes alpines d'une autre espèce que celles des hautes latitudes, ou plantes vivaces rasant le sol ; enfin les plantes alpines s'effacent à leur tour, et Ton ne rencontre plus que des lichens qui naissent probablement partout où il y a de la matière. Cette inté* ressente échelle de végétation, qui a pour ternies le type polaire et le type équatorial , a été vérifiée sur le flanc des Cordillères par Humboldt et Bonpland, à la Jamaïque par Schwartz, et, avant ces observateurs, par Tourne fort sur le mont Ararat, qui lui a offert à sa cime les plantes de Laponie ; puis successivement» de haut en bas, celles d'Allemagne, de France et d'Italie, et enfin, à son pied, les végétaux propres à la terre d'Arménie. L'influence des agents sur la végétation permet de partager la surface du sol en quatre zones principales (i) : 1" zone équatoriale, étendue d'environ 15 degrés à gauche et à droite de l'équateur, caractérisée par les palmiers et les sci laminées ; végétaux ligneux en grand nombre, forêts vertes et peuplées d'arbres gigantesques; 2° zone tropicale, du 15* au 25e degré de latitude : fougères arborescentes, mélastomacées, pipéracées ; dans les terrains siliceux, la végétation, arrêtée par la sécheresse, se ranime avec force pendant la saison pluvieuse; de là les campos du Brésil, les pampas du Paraguay, les Llanos de l'Orénoque; 3° zone tempérée, des tropiques au cercle polaire, et divisée en deux zones secondaires; A, zone juxta-tropicate, de 24 à 36 degrés de latitude, parcourue en son milieu par l'isotherme de 20 degrés ; bande de transition, elle mâle les plantes
(I) A4, (te Jaffku, Botanique. Paris, ISS5, p. 530.
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des tropiques avec celles de nos climats ; B, zone tempérée proprement dite, à trois zones tertiaires : I. Tempérée chaude, correspondant aux isothermes de 15 à lOdegrés (Provence, Roussillon) ; on y trouve encore le palmier, le dattier, le myrte, le grenadier, et en outre les crucifères et quelques espèces de conifères, lus cyprès, les pins pignons, les pins d'Alep, les chênes verts, les lièges, les platanes, etc. IL Tempérée froide, de 10 à 5 degrés (Paris), à température moyenne 10°, 8 centigrades ; on y trouve en grandes proportions les familles végétales de la zone chaude, mais représentées par d'autres espèces : les conifères, par le pin commun, les sapins, les mélèzes; les amentacées par les chênes, coudriers, hêtres, bouleaux, aunes, saules qui perdent leurs feuilles en hiver ; plus vers le Nord, le nombre absolu des espèces diminue ainsi que le nombre relatif de celles de certaines familles ; plus de malvacées, de cistinées ni d'euphorbiacées. Sur les côtes delà Scandinavie, le hêtre ne franchit point le 59e degré, et le chêne s'arrête au 61* degré, à la limite de la zone tempérée. III. Tempérée sous-arctique, de 50 à 0 degré, peuplée d'arbres verts ; lesapin finit au 68* degré, la piu au 70* et le bouleau un peu au delà, où Ton ne rencontre plus que d'humbles arbrisseaux. 3° Zone polaire divisée en deux secondaires : .1, arctique, commençant à l'extrémité de la Laponie, où il ne crott plus que des arbrisseaux très bas, le bouleau nain végétant jusqu'au 71* degré, le rhododendron ; B, polaire proprement dite, région des plantes alpines (Spitzberg).
Par la culture, l'homme transforme la surface du sol ; il dessèche les marais, il fertilise des landes, il défriche les forêts, il couvre de moissons des champs qui semblaient condamnés à une étemelle stérilité. L'insalubrité des terres abandonnées par la main de l'homme augmente en raison de leur richesse et de leur fécondité naturelles; en les soumettant à une exploitation régulière, il assainit les contrées en même temps qu'il en tire des moyens de subsistance. L'agriculture exige une distribution bien entendue des eaux, circonstance qui profite à la salubrité des localités ; un bon système d'irrigation, en fertilisant les prairies naturelles, et en favorisant la multiplication des prairies artificielles, devient pour des nations entières une source d abondance et de prospérité, partant de régénération physique et de vigueur héréditaire. Pour retirer du sol de grandes quantités de céréales, il faut des engrais; sans bétail, point de fumier; sans prairies, point de bétail. Ainsi, la viande et le pain, deux bases de l'alimentation, sont au prix de l'existence des
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prairies» qui dépendent à leur tour du mode d'arrosage et d'irrigation. D'après les récentes recherches de M. Nadault de Buffbn (1), h France, malgré les innombrables cours d'eau qui la sillonnent, possède moins de prairies que les autres États de l'Europe; la superficie totale de ses terres irriguées pardes canaux de quelque étendue dépasse peu cent mille hectares, ce qui égale à peine le cinquième delà surface moyenne d'un département. En Prusse, en Autriche, en Danemark, les prairies naturelles sont dans la proportion d'un hectare contre trois et demi de terre labourable. En Wurtemberg et en Bavière, ce rapport monte à un contre deux et demi. En Angleterre et en Hollande, l'étendue des prairies égale, si même elle ne la dépasse, celle des terres consacrées au labourage. Le Piémont et la haute Italie sont desservis par un admirable système d'arrosement: c'est ainsi qu'entre l'Orco et le Tessin, à l'aide des canaux d'Ivrée, de Cigliano, deSaluggia, del Rotto, etc., des terrains, ceux-ci marécageux, ceux-là d'une aridité qui semblait incorrigible, ont été convertis en de fertiles campagnes, et rivalisent aujourd'hui avec les plus florissants cantons de l'Europe. Dans la Lombardie, où l'on pouvait disposer des grandes nappes d'eau situées au pied des Alpes, le lac Majeur, le lac Mineur et la lac de Corne, d'où s'épanchent de puissantes rivières, la plaine de douze mille hectares, comprise entre le pied des Alpes et le Pô, a été couverte d'eau dans ses parties arides, et desséchée par des saignées là où elle était marécageuse : en somme, cette contrée possède aujourd'hui 315,000 hectares supérieurement arrosés, dont 146,000 dans le Milanais proprement dit.
Le caractère cultural du sol, c'est-à-dire l'appropriation la plus complète de la culture au sol, fournit au médecin l'indication sommaire des qualités de la terre et des conditions météorologiques moyennes du climat. M de Gasparin admet en Europe cinq divisions agricoles.
1° La région des oliviers, Sardaigne, Corse, tles Baléares, Grèce, Dalmatie, Grimée, côte orientale de l'Espagne, où l'olivier ne remonte pas au delà du Portugal, tandis qu'il est au premier rang sur sa côte occidentale. Au nord des Pyrénées, ses limites sont, en France, à Arles, Carcasson ne, Saint-Pons, Lodève, le Vigand, Saint- Jean-du-Gard, Alais, Joyeuse, Nyons, Sisleron, Digne, etc. Dans les différentes vallées où il se montre, il atteint les latitudes sui-
(I) TroUéiwlêt irrigations, 1843.
vantes : à Bargemont, 602 mètres; Fayence, 622 métras; Grasse, 653 mètres, etc. Dans ces mêmes contrées, le chêne blanc s'arrêta à 1000 mètres de hauteur. Dans la région des oliviers, la température ne doit point descendre à 7 ou 8 degrés au-dessus de zéro, ou si elle est intérieure, elle ne doit pas durer plus de huit jours.
2° Région des vignes : elle exige un climat tempéré, et une température moyenneestivale et automnale qui permette la maturation du fruit; sa limite à l'ouest s'arrête vers Nantes (latitude 67°,20), remonte vers Paris (latitude £i9°) et plus haut, en Champagne, sur la Moselle et le Rhin, jusque vers le 51' latitude, puis passe eo Silésie au même degré, redescend eu Hongrie à68°,Ji9', se prolonge jusqu'en Crimée et au nord de la mer Caspienne, où elle disparaît entièrement ; sa limite méridionale se trouve, dit-on, aux Canaries vers 27°,ft8\ latitude, suit le littoral de la Barbarie, et se montra ensuite en Perse par 29 et même 27 degrés. Sur les montagnes de l'Europe, la vigne monte à 300 mètres en Hongrie; à 550 mètrei en Suisse; à 650 mètres sur le versant méridional des Alpes; s'approche de 960 mètres dans l'Apennin méridional et en Sicile. A Ténériffe, elle s élève jusqu'à 800 mètres.
3° Région des céréales : elle borne au nord et à l'est la région précédente et suit sa limiteau midi ; au nord, elle confinée la régioB des pâturages ou des forêts; elle laisse eu dehors uno partie des côtes du Poitou, de la Bretagne, de laNormandieet de la Picardie, qui par leur climat et leur sol, appartiennent à la région des pâturages; elle exclut encore les côtes de la Belgique, la Hollande, certaines parties de la Weslphalie, du Danemark et de la Norwége; le midi de la Suède et de la Russie entrent dans la région céréale; les lies Britanniques paraissent d'une destination douteuse à H. deGaspariu, en raison du haut prix de revient du froment. Près du cercle polaire, sous 70 degrés latitude, comme à Lyngeu, près du cap Nord, des récoltes abondantes de blé s'obtiennent dans des lieui abrités des vents de mer, bien que la neige y persiste jusqu'aux premiers jours de juin ; mais le jour dure un mois entier, la végétation parcourt ses phases en 72 jours et la moisson se fait à la fia d'août. En Amérique, les céréales vont jusqu'au 57* degré à l'ouest, et s'arrêtent entre 50 et 52 degrés latitude a l'est ; la ligne qui délimite leur région au nord dans les deux continents, suit donc les mêmes inflexions que les lignes isothermes dans ces régions. Même marche des céréales suivant l'altitude ; l'orge est celle qui se montre dans les latitudes les plus élevées; ensuite l'avoine.
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A* Région ries pâturages : elle comprend les pays où l'herbe qui Mwrrit le bétail crott spontanément, c'est-à-dire en France /les ttrties du Poitou, de la Bretagne et de la Normandie qui avoisinent as côtes ; en Angleterre, la moitié des provinces occidentales, l'Irtode, l'Ecosse, la Hollande. On distingue deux sous-régions; celle les pâturages d'hiver (Lande? , Basse-Camargue, littoral de la Corse il de la Sardaigne, maremmes toscans, plaines de l'Algérie, etc.) et selle qui , couverte de neige en hiver, contient , sous les cimes et es plateaux des montagnes, la Westplialie , le Danemark , la Norrégb, la Laponie, la Russie et une partie de la Sibérie jusque vers • 68" degré latitude. La terre des pâturages pérennes doit renfer- ; après trois jours de pluie, plus de 0,23 d'eau ; celle des pâtud'hiver et d'été possède cette propriété pendant la saison des herbages.
5* Région des forêts : elle se compose des parties de toutes les lutres régions qui ne peuvent être transformées en pâturages ; elle xseope les parties les plus élancées et les plus escarpées des montagnes, et dans le nord, elle s'étend k tous les pays où la longue durée les hivers empêche les habitants de nourrir avec profit les animaux.
Les Tégétaux de grande taille forment, par leurs associations, des Bassifs de verdure qui couronnent les crêtes des montagnes, en tapissent les pentes, se prolongent dans les vallées. Grande est l'inhenoe climatérique des forêts, soit qu'elles exercent une action sur las Tenta et sur la température, soit qu'elles fonctionnent par leurs munîtes comme de vastes appareils de condensation des vapeurs tfmosphériques, et, par leurs troncs, comme modérateurs de l'écoulé- ■ant des eaux torrentielles. Les forêts couvraient jadis la pi us grande jartiede la surface de l'Europe, comme elles encombrent encore plurieurs régions de l'Amérique et de l'Afrique; elles occupaient en france, il y a quelques siècles , une étendue disproportionnée avec l'accroissement de In population Tacite nous apprend que le sol de la Bermanien'nffrait que forêls et marécages : « Terraet sialiquanto speriedifferty in univerntm tamen sylois horrifia, aut paludikusffpdar>(i).
(1) De moribus Germanorum, V ; Tacite ajoute que le sol de la Germanie se refuse k toute espèce d'arbres fruitiers (frugiferarum arborum impatiens), que is bétail y est coiiimuuéuient petit, et les bœufs dégradés, etc. Indices évidents k la détérioration des races animales dans les pays de marais. Comparez la riche et fertile Allemagne du me siècle avec celle qui arrachait encore à Tacite ■Us «Klamatioii : Cuis porrv Germaniam peter et, informent terri», asperam aato» ùJÊtwm c*U* adtpectugue, nisi si patria $U?
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L'histoire des défrichements se lie donc à celle de la civilisation ; l'état des terres a toujours été en rapport avec l'état des personnes. Fortifications naturelles des châteaux de la féodalité, les forêts s'éclaircirent plus tard par les déprédations des serfs, par les ravages de la guerre, surtout par l'augmentation progressive de la population ; mais deux causes ont exagéré l'œuvre du déboisement, bien au delà des besoins réels de l'agriculture : la spéculation et Vincurie. Au ixc siècle, quelques précautions d'inlérôt public furent prescrites par les capitulaires : il existe des règlements forestiers qui datent du xui' siècle; mais ils restèrent inexécutés. Sous Louis XIV, Colbert, frappé' de l'état de dégradation des forêts par suite des guerres civiles, de l'ignorance et de l'incurie des propriétaires, institua une enquête par le moyen d'une commission chargée de parcourir la France ; mais jusqu'à la fondation de l'école forestière, et à la promulgation du Code forestier de 1827, on a peu fait pour le repeuplement du sol, opération qui seule peut améliorer la régime des eaux , et défendre les vallées contre les éboulements et les inondations. La hache du défrichement a continué de dénuder nos montagnes ; les forêts communales, mal aménagées, dévastées par la vaine pâture, au lieu de se régénérer, se transforment e& rochers nus, en landes stériles. Nos Pyrénées sont aujourd'hui dépouillées des bois séculaires qui faisaient leur ornement et leur richesse ; le roc se montre à nu dans les Cévenues , là où la tradition rapporte que des arbres magnifiques déployaient jadis leurs ombrages ; dans les départements du Var et des Basses et des Hautes-Alpes, les torrents causent tous les ans des dévastations terribles depuis qu'on a ravi aux montagnes les forêts tutélaires dont la présence ralentissait la fonte des neiges et le cours des eaux. Lt voix des administrateurs s'est élevée à différentes époques (Boaaon, de Puymaigre, etc.) pour signaler les conséquences de cet eut de choses. Le gouvernement s'occupe à y remédier : fructueuse entreprise qui peut, dans un demi-siècle, doubler les revenus des forêts de l'État, dont la valeur est déjà de f>0 millions par an ; ses soins devront s'appliquer surtout au reboisement des terrains en pentes rapides, qui sont en grande partie la propriété des communes.
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