V. — État de la surface du sol
On doit avoir égard, 1° à la nudité du sol ; !2° à l'existence et à la spécialité de la végétation spontanée; 3° aux changements opérés par la culture; U° à la présence ou à l'absence des forêts.
Dans les points où le sol, dépourvu de culture et de végétation naturelle, montre à nu les couches dont il est composé, la quantité des rayons solaires qu'il émet, absorbe ou réfléchit, varie suivant l'état d'agrégation, la couleur et le poli de sa surface. On comprend qu'il doit exister sous ce rapport des contrastes entre les formations blanches de calcaires secondaires ou tertiaires, degrés quartzeux avec les basaltes, les mélaphyres, les calcaires bleus ou noirs de transition, les micaschistes d'un reflet métallique, etc. « Quelle différence d'effets entre les déserts rocheux ou sablonneux, les savanes couvertes de gazon, les steppes ou plaines berbageuses, offrant des dicotylédonées non frutescentes de six à sept pieds de hauteur, les forêts marécageuses et les pays d'ancienne culture (1). ■
(1) Humboldt, loc. dt.t p. 192.
GUCOItfUSA. — MI SOL. 517
Lessorfaoas dépourvues de végétation sont 1* les déserts de sa* Jks;2*ies déserts de roches ; 3° les déserts salés; k* les déserts de fbces. Les premiers, fait remarquable, se trouvent presque loua
[Ans la partie chaude et tempérée de l'ancien continent ; depuia l'extrémité occidentale du Sahara jusqu'à l'extrémité orientale du
\ 4Mm, sur un espace de 132 lieues en longitude, se déroule presque sans interruption une ceinture de déserts passant par le centre de l'Afrique, l'Arabie, la Perse, le Candahar, le Fehia-chan-Nan»» ku et le paya des Mogols. Plus des deux tiers de ces terrains arides appartiennent à la zone la plus voisine du tropique; le seul Sahara
: -if Afrique occupe une étendue de 19M00 lieues carrées de 20 au
|fcfié, ce qui suréquivaut au double de la Méditerrabée dont la surest évaluée à 77,300 lieues marines carrées. Si l'on se rappelle sous les latitudes rapprochées des tropiques, l'action solaire échauffe le sable à plus de 50 ou 60 degrés, on peut se faire une liée de l'influence de ces vastes étendues de désert sur la distribu- Jàa de la chaleur. La mobilité des éléments de leur sol lutte contre la végétation ; ils s'enlèvent par tourbillon à tout souffle; pendant *oie ou quatre mois de l'année, l'Egypte, balayée par les vents, Jatte sa poussière au Nil ou dans d'autres directions, et, sans le fimoo du fleuve qui l'inonde annuellement, elle ne serait qu'un désert. L'absence de grands cours d'eau, de hautes montagnes, de forêts qui représentent de vastes surfaces d'évaporation et contribuent à rabaissement local de la température, s'ajoute à la nature du sol pour expliquer la stérilité des déserts de l'Afrique ; mais là eu ae montre une source, un cours d'eau qui permet l'irrigation, les grains siliceux s'agglutinent, se fixent, et la végétation reparaît avec éclat ; avec quel plaisir nous avons salué les oasis d'EI-Kantara et deBiakra après des journées de marche au milieu des sables et des falets T Les dépôts arénacés sont-ils baignés à leur base par des eaux douces, la culture peut s'en emparer, et c'est ainsi , qu'en Espagne, dans les environs de San-Lucar de Baromeda, on a fertilisé un sol poudreux, d'une extrême aridité. Les dunes sont une variété des déserta de sable ; elles sont formées par l'amoncellement des sables que rejette la mer. Entre les embouchures de la Gironde et de FAdour, elles présentent une superficie de 1139 myriamètres carrés (75 lieues) et une hauteur moyenne de 20 mètres. Poussés par les ventad'ouest, elles avancent à l'est d'une quantité qui a été évaluée à 24 mètres par an, mais que les rectifications d'Élie deBeaumont ont réduite au {dus à 1 mètre ; ce qui ne les empêche pas d'engloutir
villages et forêts. Brémontier leur a opposé le premier, avec sac* Jtibè\ îBttô barrière d'utiles plantations. Son procédé consiste à établir tin setnis de graines de pins et de sapins dans la plage qni s'étend "dépois la base des monticules de sable jusqu'à la ligne des plus -hautes marées; le sol est recouvert de branchages verts, fixés solidement par des crochets enterrés. Grâce à cet abri, les grains se "développent et là végétation marche avec une étonnante célérité. -Quand cette plantation, première digue opposée aux sables, a cinq ;à six ans, on en fait une autre contiguë sur une largeur de 60 à '400 mètres et graduellement on conduit la végétation jusqu'aux sommets des dunes dont plusieurs ont une hauteur de 50 mètres. 'Ainsi, a été transformé le bassin d'Arcachon ; en 1809 les semis s'y étendaient déjà sur 3,600 hectares et dans un espace de seize ans, les pins avaient acquis en hauteur une croissance de 10 à 12 mètres.
Les déserts de roches sont constitués par des roches dénudées, réfractaires aux influences atmosphériques et impropres à former un sol agricole : tels sont les calcaires dénudés des Alpes et de la Suisse, les coulées de lave, etc. Les déserts salés ou terrains recouverts d'efïïorescences salines peuvent être rendus à la culture, quand on parvient à leur enlever un excès de sel au moyen de fossés d'écoulement, etc. Quant aux déserts de glaces qui s'étalent dans 1rs contrées polaires, et sur les hauts sommets, ce sont des causes perturbatrices dune grande énergie pour la répartition du calorique solaire, et ils exercent une influence directe sur le climat des plateaux voisins, des contrées même éloignées dont les vents habituels soufflent du côté de ces puissantes sources de réfrigération.
Parmi les productions spontanées du sol, nous avons déjà signalé la végétation des marais différente suivant les climats; il en est une qui, suivant l'observation de Humboldt, caractérise l'Amérique: ce sont les savanes, appelées prairies, entre le Missouri et le Mississipi. Telle est la prodigieuse exubérance de ces graminées, qu'elles occupent, dans l'Amérique du Sud, 50,000 lieues c-irrées de plus que la chaîne des Andes, et que tous les groupes isolés des montagnes du Brésil et de la Parima. La Russie méridionale, la Sibérie, leTurkestan, ont deux formes de steppes : Tune à petites plantes, l'autre à grandes herbes de la famille des composées et des légumineuses. La Corse a ses makis. En général, le nombre des «espèces végétales s'accroît depuis le pcMe jusqu'à l'équatcur ; mais -ceUe^progressiôn est subordonnée aux ondulations des lignes iso-