II. — Structure du sol
Les terrains d'une grande compacité , comme ceux qui appartiennent aux formations primitives et secondaires, sont presque impénétrables à l'humidité; mais ils réfléchissent puissamment les rayons calorifiques , et contribuent h élever la température de l'air ambiant. Cet effet a lieu principalement quand ces productions sont blanchâtres ou d'un aspect poli. Nous avons dit à quel degré s'échauffent les terrains sablonneux; à Paris même, M. Aragoa reconnu que, durant les fortes chaleurs, le thermomètre marquant 33 degrés à l'ombre, le sable s'échauffe jusqu'à 43, 50 et 53 degrés. Ce phénomène influe nécessairement sur l'état climatérique d'une vaste région du globe. La poussière de sable qui s'élève du sol par le frottement des vents s'échauffe plus que l'air, et contribue à l'exagération de la température dans les couches inférieures de l'atmosphère. Les terrains alluvions , constitués en grande partie par lea matériaux de la putréfaction organique , s'imprègnent de Fhomidité atmosphérique ; l'évaporation dont ils sont le siège a pour effet, suivant les saisons, de modérer la chaleur ou d'augmenter le froid. De même que les plantes , les espèces animales affectionnent tel ou tel terrain, parce qu'elles y trouvent les circonstances extérieures qu'exige leur organisation. Cette prédilection suscitée par l'instinct conservateur, l'homme la ressent aussi, mais tempérée par la conscience de son élasticité organique. La nature géologique des terrains n'est pas sans liaison avec la production des maladies. Mous avons indiqué celles qui prennent naissance sur les territoires limoneux, parsemés d'eaux croupissantes, encombrés par l'exubérance de la végétation. M. Villermé a remarqué, en 1836, la coïncidence des maladies marécageuses avec la présence de l'argile dans le sol (1) ; la Brenne , la plaine du Forez , la Bresse, la Sologne, etc., ont un sol argileux. On a vu , en 1826, une épidémie sévir dans toutes les contrées de la Hollande qui reposent sur l'argile, et épargner les terres limitrophes , dont le sol est sablonneux, quoiqu'elles eussent été exposées aux inondations (2). Dans
(i) Annales iïhygiène et de médecine légale. Paris, 1 834, 1 "série, t. XI, p. 351 . (f) Archives générales de médecine. Paris, 18*8, t. XVII, p. 87 et 261.
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le département de lu Charente-Inférieure, les fièvres intermittents! cessent partout où le calcaire remplace accidentellement l'argile, pour reparaître là où l'argile reparaît à son tour dans la structure du sol. Les recherches de Brocchi sur la composition du territoire romain, ont prouvé que la superposition de l'argile à un terrain de nature volcanique, renforce les conditions qui favorisent la production des fièvres intermittentes. Hors les cas d'inondation, il esl rare, d'après Pugnet, que la peste se montre dans les lieux sablonneux : cette observation a été confirmée par M. Gaetani-Bej. H. Clot-Bey a constaté, dans l'épidémie de 1835, que les régiments égyptiens campés dans le désert ont été presque entièrement épargnés, malgré l'absence de toute précaution d'isolement. LechoMn a pris son origne dans les deltas du Gange ; la peste dans ceux do Nil, la fièvre jaune dans ceux du Mississipi. On a essayé de démontrer que le premier de ces fléaux épargne les contrées où dominât les sables, le silex, la craie, les roches primitives, et ravage celles ai existent des terrains d'alluvion, des marnes, t\es argiles, des forma* lions carbonifères non encaissées , du calcaire grossier (1). Nom avons déjà mentionné la coïncidence du goitre avec la présence da roches magnésiennes. Ces faits, et d'autres que nous omettons, ont pour Tétiologie une valeur réelle , mais qu'il ne faut pas exagérer par une induction entraînante; surtout il ne faut pas oublier, dam la considération de ces faits, l'influence que peuvent avoir sur lear production d autres causes que celle de la structure géologique <ki lieux où ils ont été observés.