‹ Traité d'hygiène publique et privée v. 2 (volume 3)Chapitre 84 sur 111 · Epoque d'entrée · texte numérisé non relu

Epoque d'entrée

A quelle époque peut-on entrer sans danger dans une maisoi récemment bâtie? M. Marc d'Espine a conseillé d'exposer dans les chambres soigneusement fermées pendant vingt-quatre heures, do bocaux, contenant un poids connu de chaux vive récemment coite et pulvérisée, afin de connaître la proportion do vapeur d'eau qui a été absorbée pendant ce laps de temps. En expérimentant à diverses époques et comparant les résultats obtenus par le même moyen dans les chambres habitées depuis longtemps, il est parvenu, avec le concours du docteur Mayor et de l'architecte Jsnod, à reconnaître à quelle époque l'air confiné dans les chambres nouvellement construites nVst plus sursaturé d'humidité et permet de les occuper sans inconvénient M. Lassaigne (1) s'est appliqué à résoudre le mèmeproblème par l'appréciation directe de la proportion d'eau qui reste interposée dans les parties plâtrées des habitations. La pierre à plâtre contient 20 à 21 pour 100 d eau de cristallisation ou 'de combinaison ; calcinée sans fusion ignée, elle les perd et constitue le plâtre cuit qui entre dans nos constructions. Lcplàtrecait et pulvérisé, puis solidifié par l'absorption d'une certaine quantité de l'eau froide où on le délaie, et appliqué au revêtement d'une muraille, retient sur 100 parties en poids, 36 d'eau ou d'humidité tant libre que combinée ; il perd cet excès d'eau par l'exposition à l'air dans un délai qui dépend de la température, des saisons, età la fin il ne conserve que la proportion d'eau que l'on trouve dans la pierre à plâtre avant sa calcination; c'est donc à 20 ou 21 d'humidité pour 100 dans les plâtres que correspond la salubrité des habitations nouvelles. Le procédé de M. Lassaignc consiste à prendre, à l'aide d'une vrille ou taraud de 5 à 6 millimètres de grosseur, des portions de plâtre que l'on veut essayer en divers points et àdi-

(!) Annales d'hygiène et de médecine légales, 1855, 2* série, t. IV, p. 89.

ghoohfusa. — des habitations et de l'air confiné. 667

verses profondeurs de la muraille. Les quantités de plâtre, extraites par le forage, sont pesées au rouge obscur pendant 3 à îx minutes dans un creuset de platine ou de porcelaine couvert; un nouveau pesage constate la perte éprouvée par le plâtre calciné et privé d'eau. Voici quelques résultats de M. Lassaigne.

Plâtre pris à 0,D,01 de la surface de la muraille non peinte d'une chambre non habitée, cinq mois après son application :

Plâtre sec 77,27

Plâtre pris à 0m,02 de la surface de la muraille dans la même chambre :

Eau 27 ,30

Plâtre sec 72,70

Plâtre pris sur la muraille d'une chambre habitée au 6e étage, extrait à 0m,01 de la surface après un an de construction :

A rintérieur de la chambre , près d'une fenêtre : Eau 20

— — — Plâtre sec... 80

En dehors de la fenêtre, sans contact avec la pluie : Eau 22,7

— — — Plâtre sec. 77,7

Plâtre appliqué depuis 8 jours au revêtement d'une porte extérieure, pris à 0m,01 de la surface de la muraille :

Eau 28

Plâtre sec. 72

Cette dernière expérience fait voir que par une température moyenne d'environ 10°+ c, un intervalle de 8 jours a suffi pour évaporer 8 pour 100 de l'eau interposée dans le plâtre, puisqu'au moment de son emploi et peu de temps après sa solidification, celui-ci contenait 36 d eau pour 100. M. Lassaigne a été conduit par ses reclierches à fixer entre 20 et 22 pour 100 la proportion d'eau sur le plâtre, qui coïncide avec l'opportunité de l'entrée dans les habitations récemment construites.

648 HYGIENE PRIVÉ!. i*1

Page 1