III. — Animaux et plantes dans l'habitation
Les animaux agissent sur l'air, comme l'homme, par rexlulatioi de l'acide carbonique et par le produit vaporeux de la transpirât» pulmonaire et cutanée ; leur présence est donc de trop dans l'intérieur des maisons, surtout pendant la saison froide où l'onaèn peu, et pendant la nuit où l'on n'aère nullement; ce sont au root* d'inutiles consommateurs de l'air qui suffît à peine à nos besoins, s'ils n'y versent encore des exhalaisons nuisibles. Il en est de méat des végétaux pendant la nuit ou s'ils sont placés à l'ombre; ils s» vent alors de filtre à l'acide carbonique qui se répand dans l'air; au soleil ils absorbent l'acide carbonique, et sur tous les points <k leurs parties vertes apparaissent des bulles déliées d'oxygène, tandis que le carbone est fixé dans leurs tissus. D'après les expériences de M. Boussingault, certaines plantes en pleine végétation empruntent à l'air une grande quantité d'azote ; enfin, la germination de graines , le développement des bourgeons , la fécondation des fleurs, s'accompagnent de la production de beaucoup de chaleur, d'acide carbonique et d'eau (2). Les fleurs respirent en dégageant de l'acide carbonique. Y a-t-il un danger bien réel à conserver dans un appartement clos , en l'absence du soleil , des plantes à
(t) Nouveaux éléments d'hygiène. Paris, 1847, t. II, p. 413. (2) Dumas, Essai de statique chimique, p. 32.
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cnomrosA. — des habitations kt dr l'air confiné. 657
vertes? En plein jour, aux rayons du soleil, contribuent-elles la pureté de l'air, en y versant de l'oxygène? Cette influence, toucompensée dans l'air libre par d'autres variations, nous pafort restreinte dans l'air confiné. En effet, H. Leblanc s'est par l'analyse que l'air recueilli le soir dans une serre parfaitet cloee de près de 300 mètres cubes de capacité, possède, au de douze heures de clôture au moins, exactement la môme position que l'air libre, eu égard aux proportions relatives d'oxy. et d'azote ; mais sous l'influence de la végétation, l'acide carique avait complètement disparu ; l'air recueilli le lendemain lin a préseuté, à très peu de chose près, la môme composition : contenait 1 dix-millième d'acide carbonique, et accusait un affalent minime de l'oxygène. Les fleurs agissent plus puissamitpar les particules odorantes qu'elles émettent, et qui produi- |JKOty suivant les individus, des effets si remarquables. On a certainement rapporté à l'odeur des fleurs des accidents qui étaient dus k l'exhalation d'acide carbonique ; mais un grand nombre ont été accasionnés par l'impression olfactive qui a retenti sur les centres .nerveux. L'odorat présente , en effet, une voie aussi courte que ^directe pour influencer l'encéphale. La présence de fleurs odoriféles dans les appartements a produit des céphalalgies, des verifjges, des syncopes, des convulsions, des vomissements, un état de Somnolence, et l'on dit que les personnes qui arrachent la bétoine -'pendant Tété deviennent ivres et chancelantes ; qu'une dame ne pouvait sentir l'odeur d'une décoction de graine de lin sans éprou- ;V8r k la face une tuméfaction vive suivie de syncope (Orfila) ; que l'olfaction de la jusquiame, du stramonium, du pavot, du noyer, causent un sommeil lourd avec céphalalgie ; que les émanations durhus toxicodendron et celles de l'upas tieuté déterminent, à peu .de distance de l'arbre, des accidents épileptiformes, etc. Ces faits, et beaucoup d'autres, soit qu'ils résultent de l'impression olfactive ou du contact des molécules végétales avec la surface tégumeu- . taire, soit qu'ils accusent l'idiosyncrasie des individus ou les effets réels des émanations, portent à bannir les fleurs de l'atmosphère des habitations; mais ils exigent une vérification nouvelle.