‹ Traité d'hygiène publique et privée v. 2 (volume 3)Chapitre 89 sur 111 · CUCUMPUSA. — DES HABITATIONS ET DK L*AIR CONFINÉ. 66S · texte numérisé non relu

CUCUMPUSA. — DES HABITATIONS ET DK L*AIR CONFINÉ. 66S

•art k boudin faisant descendre un piston qui, par sa pression, élève l'huile dans l'intérieur d'un tube vertical immergé dans le réservoir. Nous ne pouvons entrer ici dans des détails sur la construction de cette lampe dont l'auteur, modeste et désintéressé comme Carcel, a été récompensé en 1854 par le grand prix de mécanique de l'Institut : son appareil est aujourd'hui d'un usage universel en Europe; il a une marche régulière, revient à bas prix, se fabrique et se répare aisément. La quantité d'huile consommée par heure varie suivant les lampes : celles qui sont à mèche plate en brûlent 11 grammes par heure; une lampo astrale, 26»r,71 ; une bonne lampe à réservoir supérieur, /i5 grammes ; la lampe Carcel 60 grammes pour un bec de 15 lignes de diamètre; mais si cette dernière lampe coûte le plus, elle produit la flamme la plus blanche et le minimum de fumée; elle peut, on une heure, élever 41œc\58 d'air de 0* à 100° c Par une température ambiante de 13°,9, le thermomètre placé à un pied est monté à 45° ; à 6 pouces, il a marqué 17°, 7. Un bon système d'éclairage à l'huile donne peu de fumée, mais les lampes anciennes dégagent, surtout en filant, une fumée épaisse, fétide, contenant du charbon, de l'hydrogène proto-bicarboné, des carbures hydriques, de l'oxyde de carbone et de l'azote. Il se dépose alors du charbon sur la muqueuse des fosses nasales et des bronches, et il se manifeste une sensation d'âcreté à la gorge. Que ai la fumée est très abondante, il pourra survenir dans une nuance pins faible une partie des accidents qu'éprouvent les ouvriers employés à la cuisson des huiles ; exposés à la fumée noire et à l'odeur rance qu'exhalent les chaudières, ils ressentent des douleurs de tète, des vertiges, de la toux, de l'oppression. Des personnes travaillant à la lueur d'une lampe alimentée par l'huile de noix ont éprouvé des maux de tête, des vertiges et une stupeur assez profonde. Ramazzini a vu quelques hommes auxquels cette fumée fut aussi nuisible que la vapeur de charbon ; il a reconnu entre autres « un homme de lettres qui, à cause de sa médiocre fortune, a'étaut servi d'une pareille lampe pour travailler la nuit dans un lieu étroit, fut assoupi et engourdi pendant plusieurs jours (1). » Maïs, dans ce cas, vu l'étroitesse du lieu, les accidents signalés par Ramazzini provenaient sans doute du défaut d'air respirable. La combustion de l'alcool laisse échapper de l'acide carbonique, et

(1) Traité des maladies des artisans, d'après Ramazzini, par Ph. Pâtissier. Paris, 1822, p. 219.

presque toujours à cause de la construction vicieuse des vases où elle a lieu, une portion de ce liquide se volatilise et peut déterminer, si elle est absorbée, des phénomènes plus ou moins prononcés d'intoxication alcoolique.

L'emploi des carbures d'hydrogène liquide dans l'éclairage domestique et collectif a beaucoup exercé l'industrie moderne ; elle a mis en œuvre bon nombre de substances fluides composées, comme l'huile végétale et le gaz de carbone et d'hydrogène, mais en proportions différentes, et se vendant à bas prix, telles que l'essence de térébenthine, les huiles de naphte et de pétrole, les huiles essentielles obtenues par la distillation de divers bitumes naturels, des schistes, des goudrons, des résines, etc. Ces produits exigent pour leur combustion des appareils spéciaux. En effet, l'intensité de la flamme dépend de la nature des corps qui se forment dans la combustion ; elle est augmentée par la présence d'un corps solide (fil de platine ou d'amiante) qui résiste à une haute température et devient incandescent. Les becs à gaz, les lampes à huile, les bougies doivent l'éclat de leurs flammes au dépôt de charbou divisé qui y rougit jusqu'à son arrivée au boni de la flamme où il brûle au contact de l'air ; pour s'en assurer, il suffit.de plonger dans ces flammes un corps froid ; le carbone le tapisse de noir de fumée. Le gaz en ignition est-il trop peu carburé, il n'abandonne pas assez de carbone pour que la flamme ait un grand éclat; est-il trop carburé, l'excès de carbone déposé dans la flamme la rend jaune ou rouge, terne et fumeuse : tel est le cas des huiles essentielles à bas prix; aussi, brûlées par les procédés ordinaires, ne procurent- elles qu'un éclairage fuligineux. Pour l'améliorer, il faut ou mélanger ces essences trop carburées à d'autres liquides combustibles très peu carbures, ou diriger sur la flamme une quantité d'air telle que l'activité de la combustion ne permette pas la formation d'un excédant de carbone et par conséquent du noir de fumée. On a mélangé les huiles de naphte, de térébenthine, de goudron, de gaz, etc., avec l'alcool, le méthylène (esprit de bois), I etlier (gaz liquide, hydrogène liquide, gazogène). Des divers appareils inventés pour brûler ces mélanges, la lampe Robert (1) a le mieux réussi ; mais ces liquides sont si volatils, si inflammables, que le danger d'incendie accompagne leur emploi; si l'on renverse la lampe, l'appartement est infecté pour vingt-quatre heures par l'odeur de l'huile essentielle. La vraie

(I) Voyez ULUonnairc des arts et manufactures, *2* édition.

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solution du problème consistait non à opérer ces mélanges, mais à faire brûler seules et sans fumée les essences de houille, de schiste, de térébenthine, au moyen d'une disposition convenable de lampes; ce résultat est aujourd'hui obtenu. Sous des formes variées, les appareils de cette catégorie ont un principe commun : dans l'intérieur du bec où s'effectue la combustion, un courant d'air, convenablement réglé, procure au liquide éclairant la proportion d'oxygène nécessaire pour le brûler complètement avec le maximum d'éclat. L'hydrocarburo le plus employé actuellement est l'huile de schiste; mais quoiqu'on fasse, une petite quantité de cette huile échappe à la combustion et se volatilise en répandant une odeur désagréable; d'un autre côté, combustible par elle-même, elle s'enflamme par l'approche d'uncorps en ignition, et n'offre pas autant de sécurité que les liquides éclairants qui brûlent par l'interposition d'une mèche. Aussi malgré les élégances dont on a orné ee mode d'éclairage, n'est- il pas destiné à s'étendre dans les appartements clos, dans les habitations privées; il aura moins d'inconvénients et de dangers dans les ateliers en plein air, dans les chantiers, dans les camps, etc.

Le gaz de l'éclairage, gaz hydrogène plus ou moins carboné, a la propriété de brûler avec une flamme dont la blancheur et l'éclat sont en rapport avec son degré de pureté, et en particulier avec la quantité de carbone qu'il retient ; on peut l'extraire des huiles, des résines, du bois, des houilles, dos lignites, des tourbes, qu'il suffit de soumettre à l'action d'une chaleur déterminée; très généralement on le fabrique, en France, par la distillation des houilles; le prix élevé du coke qui en provient couvre presque entièrement la dépense d'achat de la houille. Dans les pays où la résine est à bas prix, comme eu Russie, il sera plus avantageux de le préparer avec cette matière. Dès 1786, un ingénieur français, Lebon, établit le premier appareil d'éclairage au gaz ; en 1805 plusieurs fabriques de Birmingham reçurent ce mode d'éclairage ; ce n'est qu'en 1818 qu'il fut adopté à Paris , puis étendu successivement à toutes les tilles de quelque importance. Le gaz hydrogène circule aujourd'hui daus l'intérieur des maisons; des cages d'escaliers il a passé dans les cuisines, dans les salons; bientôt il servira au chauffage des appartements en même temps qu'à leur éclairage ; il intéresse donc l'hygiène privée non moins que l'hygiène publique.

Les huiles grasses contiennent de 75 à 79 parties d'hydrogène, de 11 à 12 de carbone et de 9 à \k d'oxygène pour 100; décom-

C6f> BYlilÈNg PRIVÉE.

posées dans les cornues chauffées au rouge, elles donnent de l'hydrogène bicarbonc , de l'hydrogène protocarboné , de l'hydrogène pur, des carbures hydrique, sesquihydrique et dihydrique, de l'oxyde de carbone et un peu d'azote; il se dépose dans les appareils du charbon et du goudron ; les gaz sont recueillis |>our la consommation dans un gazomètre; ils s'y rendent à travers une couche d'eau où ils se dépouillent d'une partie de l'huile qu'ils entraînent. La houille, soumise dans les cornues à l'action de la chaleur rouge, donne le gaz des huiles et en sus de l'acide sulfurique et de l'acide carbonique libres ou unis à de l'ammoniaque et du sullide de carbone : il se dépose du coke et du goudron. Cette seconde espèce de gaz d'éclairage est conduite au travers d'un tube froid dans lequel elle abandonne le goudron qu'elle tenait en suspension ; on la fait passer ensuite par plusieurs lits de cliaux hydratée pour lui enlever ses acides sulfhydrique et carbonique et d'autres vapeurs acides ; enfin, amenée à travers I eau dans le gazomètre, elle y perd un peu de sullide de carbone, du sullhydrate d'ammoniaque et de l'huile pyrogénée qui communiquent à ce liquide une extrême fétidité.

Voici, d'après Clegg, une analyse de gaz de houille fourni par une usine d'Angleterre :

Gaz oléfiant (hydrogène bicarboné) 8

Hydrogène protorarboné 72

Oiyde do carbone 13

Acide carbonique 4

Acide sulfhydrique 3

Plus la température de distillation est élevée , plus la houille donne de gaz, et moins elle laisse de goudron et d'huile essentielle; on ne doit pas dépasser pourtant \r. rouge cerise vif ou rouge blanc, pour éviter la décomposition de l'hydrogène bitttrl»oné. Les gazomètres servent a emmagasiner le gaz et à lui donner pendant la consommation une pression régulière dont dépend Tu ni for mit** de l'éclairagf ; ils représentent des cylindres ou de grandes cloches de tôle iv n vt* r m es dans des cuves de maçonnerie hydraulique et remplies d'eau ; des contre-poids tout équilibre au poids des gazomètres et ne leur eu laissent que la quantité nécessaire à la pression qui règle la marche du gaz vers les becs. Vu compteur, placé a l'entrée du gai dans le gazomètre, indique k tout instant les résultats de la

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lion ; un autre compteur, fixé à la sortie, constate la déde gaz. Cette sortie est réglée par l'ouverture de valves ou de fonte, placées entre deux coulisses et qui se meuvent à d'une crémaillère. Sous une pression de 18 lignes d'eau, le chassé des gazomètres , parcourt les tuyaux de conduite de avec une vitesse de 80 pieds par seconde ; il fait effort contre psrois avec une intensité proportionnelle aux résistances qu'il ve dans la série des tuyaux, pour en sortir par les orifices du petit diamètre. C'est toujours au point de jonction des tuyaux s'opèrent les fuite-* de gaz ; la perte de gaz qu'elles occasion- I est évaluée annuellement à 25 pour 100; il imprègne le sol ni d«s tuyaux, et quand la fuite est considérable , l'infiltrarétend à 8 ou 10 pieds de profondeur; une tranchée faite dans qu'il a pénétrées donne lieu au dégagement d'une odeur febeto : dans des cas rapportés par Parent-Duchàtelet, cette odeur persisté plusieurs mois, plus ou moins intense suivant l'état de Iberesseou d'humidité du sol. D'autres fois le gaz s'échappe du fei ae dirige vers les égouts qui le conduisent au loin , non sans ieident s graves, ou il s'insinue à travers les parois des caves et va i répandre dans toutes les parties d'une maison. Les tuyaux qui Amènent dans l'intérieur des habitations sont de plomb; le gaz *a pas d'action chimique sur eux et ils n'éprouvent pas d'altération ensible à l'air; à cause des condensations , il faut établir des réepinrli it nifihnn partout où il y a des contre-pentes. Les tuyaux put munis d'un double robinet, l'un à l'extérieur et l'autre le plus cuvent au dedans des maisons ; les fuites ont lieu par ces robinets m par une fissure des parois de conduite; elles se dénoncent par fadeur du sulfide de carbone, odeur que fait naître le mélange de h millième du gaz d'éclairage avec l'air atmosphérique ; nous di- 0M plus bas les accidents qui résultent de cette extravasation. Ifaprès des calculs établis sur des tableaux de M. Dumas, un bec de pm d'huile consomme 38 litres de gaz pur heure ; il y a absorption la 6S litres un tiers d'oxygène , production de 62 litres et demi fttoide carbonique et de 23*r,810 d'eau. Un bec de gaz de houille ■amorame 158 litres de gaz par heure, et il y a pendant ce temps ilaorption de 236 litres d'oxygène, production de 128 litres un d'acide carbonique et de 169^,660 d'eau. La quantité de charqui se sépare du gaz hydrogène et qui n'est point brûlée, est idérable ; elle se dépose sur les objets environnants et elle aonctt rapidement les turfwes blanches ; on ne peut l'évaluer

exactement de môme que l'acide sulfureux, le sulfide decarbatifl, . et l'acide sulfhydrique qui se répandent néanmoins eu pro| notable. M. Payen a trouvé que sur un bec qui avait brûlé m cinq heures et qui avait consommé 15 à 16 litres de gaz, la cm " du fumivore contenait 2U grammes d'eau et un peu d'acide reux. C'est que la combustion n'est parfaite que dans la pai blanche de la flamme , et ne s'effectue qu'à une certaine disUi des orifices; dans la partie inférieure et toujours bleuâtre, le brûle sans être préalablement décomposé ; c'est par une décom] sition partielle que le charbon se précipite, et son incand< communique à la flamme la vivacité et le pouvoir éclairant qui sont propres : ce pouvoir est représenté par 127, celui de la lai Carcel étant de 100. Un excès d'air diminue la lumière du gai ; défaut d'air la rend rougeâtre et sans éclat. Le diamètre utile dt'lfi la colonne d'air intérieure est de 9 à 10 millimètres ; il procure uni '£ lumière blanche et moins sujette à fumer. Le gaz s'échappe pardi f* petits trous en jets qui se réunissent pour former une colonne il- $ caudescente ; sur l'influence du nombre des trous, l'expérience l :? fourni les résultats suivants : *

Becs & 8 10 15 20 » iroas. ^

Lumière 360 366 391 409 382 a

Dépense 367 318 296 289 375 i

Intensité relative.... 98 118 132 141 139

Le nombre de vingt trous généralement adopté est donc le plus productif, et la distance la plus convenable entre ces trous est de 3 millimètres.

M. Guyot, pharmacien à Paris, a inventé un système qui,ea permettant de régler le courant de l'air par la partie supérieure do bec, réalise une économie de 25 pour 100 dans la consommation du gaz d'éclairage pour la même quantité de lumière : il consiste en un disque fixé sur le verre au moyen d'agrafes, avec une ouverture centrale fermée par une soupape à charnière et servant à l'allumage, pour éviter les explosions par suite du mélange du gax avec l'air; au milieu de cette soupape existe un second disque qui, mobile à l'aide d'une vis, modifie la vitesse du courant d'air en s'éloignanl ou se rapprochant de la soupape. Le mérite hygiénique de cet appareil est une combustion complète de tous les produits gazeux- Ce qui précède indique assez que l'emploi de l'éclairage au gax dans les maisons particulières est subordonné à bien des précautions. Eu raison de sa grande consommation d'air et des produits

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que sa combustion répand, lout bec à gaz en activité serait un danger dans un appartement clos et dépourvu d'une ventilation régulière ; il l'aurait bientôt dépouillé de son oxygène et chargé d'une proportion énorme d'acide carbonique : c'est donc un mode d'éclairage à bannir des chambres à coucher, et en général des habitations privées. Dans les lieux où régnent de grands courants d'air, comme les magasins, les cours des matons, les escaliers, l'oxygène qui disparaît par la combustion est promptement remplacé, et l'acide carbonique produit est entraîné au loin ; cependant, par la disposition des magasins , il peut arriver que les gaz délétères qui s'échappent d'un bec d'éclairage soient refoulés dans quelque partie enfoncée, dépourvue de ventilation, comme les arrière-boutiques, les soupentes, les alcôves, l'entre-sol communiquant avec l'intérieur du magasin, et de là , chez ceux qui y demeurent , des céphalalgies, du malaise, des étourdissements, etc. Nous pendions à croire, avec H. Briquet (page 36), que le séjour habituel et prolongé dans de pareils lieux dont l'air reste chaque soir et toute la nuit plus ou moins vicié, doit influer sur l'hématose et renforcer la tendance à l'éliolement , à l'anémie qui caractérise les habitants des rez-de-chaussée de Paris. Les personnes qui résident forcément dans des lieux largement éclairés au gaz se plaignent de dyspnée , d'étouffement , de chaleur acre à la gorge, d'une titillation au larynx, qui provoque une toux sèche et fatigante ; les sujets à poitrine irritable, à prédisposition tuberculeuse, s'accommodent le moins de cette atmosphère, et finissent par n'y pouvoir rester (Briquet) ; ces effets sont dus à des substances qui échappent à la combustion, savoir, l'acide sulfureux si irritant pour les surfaces moqueuses, le su l fi de de carbone qui a une grande âcreté, l'acide snlfbydrique dont on connaît l'influence délétère, enfin la vapeur do charbon qui, sans cesse inspirée, devient une cause d'excitation pathologique pour la membrane des bronches. Indépendamment do ces inconvénients, le gaz de l'éclairage, mélangé à l'air dans une proportion déterminée, devient explosible , et occasionne des accidents aussi graves que nombreux.

D'après M. Devergie, le gaz détone aussitôt qu'il constitue la onzième partie de l'air dans lequel est placé un corps en combustion. Les expériences faites à Strasbourg par MM. lourdes fils et Wurtz (1) démontrent qu'un volume de guz et cinq d'air pro-

(1) Relation médicale des asphyxies occasionnées à Strasbourg par te gaz técMrage, par G. Tourdei. Paris, 1841, p. 60.

duisent une très forte détonation ; que le résultat est le même pour une partie de gaz sur sept, neuf, dix d'air; qu'à une partie sur onie, la détonation est faible et ne s'obtient dans l'eudiomètreque par une forte étincelle ; qu'une; partie sur onze et demie ne détermine plus ni inflammation ni détonation , mais que le vide se forme avec rapidité: ainsi, au delà d'un onzième, plus d'cxplosibililé; îles lumières peuvent donc brûler dan» une atmosphère chargée de gai sans l'enflammer, et celte circonstance n'indique point l'absence du péril. Toutefois, dès que l'odeur du gaz est perçue, il faut s'empresser d'éteindre les corps en ignition ; la prudence défend aussi d'entrer avec une lumière dans un appartement où cette odeur est sensible; car sait-on si le gaz n'est pas eu proportion suffisante pour détoner, ou si le moment n'est pas proche où, par son accumulation successive, ii va devenir exploûble? D'un autre côté, l'air cesse d'être respirable avant que le mélange soit dans les proportions nécessaires pour faire explosion ; pour qu'il arrive a ce degré d'altération, il faut qu'il y ait eu rupture des conduits ou que le robinet, placé dans l'intérieur de l'habitation, n'ait pas été complètement terme. Les cas d asphyxie, suivis de mort, par le gai de l'éclairage, sont heureusement rares, malgré la fréquence des fuites. M. Devergieen a publié le premier exemple (1) ; Ollivier (d'Angers) en a lait connaître un autre (2,. Une catastrophe survenue en 1841 à Strasbourg, et occasionnée par le gaz, a livré aux recherches du professeur (v. 'lourd, s cinq cadavres appartenant a la môme famille, et ce médecin légiste en a fait l'objet d'un mémoire qui est un modèle d'analyse médicale. Des faits qu'il a observés et He leur comparaison avec ceux de MM. Ollixier et Devergie, il conclut que le gaz de l'éclairage n'agit pas seulement sur l'organisme comme simple cau.M* d'asphyxie par la substitution d'un élément non respirable a l'air atmosphérique, mais qu'il est encore doue depro priétés délétères indépendantes de son pouvoir asphyxiant; que cette influence spécifique se révèle par des phénomènes morbides qui expriment le (rouble plus ou moins profond des fonctions «lu System*' nerveux, auquel vit nneiil s'ajouter la lésion et l'interruption des fonctions respuatouev II résume ainsi les symptômes: t* invasion insidieuse, prodromes d'une durée variable; T céphalalgie, vertiges; 3° nausées, vuiiiissernents . b° trouble des facultés intel-

(1) An>>alcs d'hyyicne et de médecine légale, t. lll, p. 457.

(2) Annale* d'hygiène, L XX, p. 120.

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lectuelles, perte absolue de connaissance ; 5° affaiblissement général, profonde résolution des forces, paralysie partielle, convulsious; 6* phénomènes d'asphyxie apparaissant avec lenteur, mais complets et prédominants dans les derniers moments de la vie. Suivant la proportion et la rapidité du mélange du gaz et de l'air, les accidents se prononceront avec plus ou moins d'intensité, marcheront plus ou moins vite. Les expériences faites par M. Tourdes sur les animaux prouvent qu'à des doses même très faibles, le gaz manifeste des effets énergiques : à la dose d'un 30e, ils se déclarent de quatre à neuf minutes ; à un 75% la dose, insuffisante pour tuer des lapins, leur suscite encore de légers accidents. En général, les animaux soumis à l'action du gaz tombent dans un état convulsif peu durable, remplacé bientôt par un profond affaissement; puis la respiration s'embarrasse et s'éteint graduellement; si la proportion du gaz a été faible, l'animal, retiré de la cloche après des accidents graves, revient assez promptement à la vie. Quel est ie principe auquel sont dus particulièrement les effets du gaz de l'éclairage? L'acide sulfureux n'est produit qu'au moment de l'inflammation par la transformation du carbure du soufre en ce gaz et en acide carbonique ; or, les cas d'asphyxie rapportés ont été occasionnés par la fuite ou l'épanchement de gaz non brûlé; elle n'est pas causée par l'acide carbonique qui agit faiblement à des doses où le gaz de l'éclairage donne la mort. M. Devergie paraît disposé à attribuer un rôle à l'huile empyreu ma tique; mais les recherches de M. Tourdes, auxquelles nous renvoyons pour cet objet, portent à croire que le pouvoir délétère du gaz de l'éclairage provient en grande partie de l'oxyde de carbone; ce que nous dirons plus bas de l'action de ce gaz vient à l'appui de cette opinion.

L'inflammation du gaz produit une quantité considérable de chaleur; pour la déterminer, M. Briquet (page 35) a opéré sur le gaz de la houille avec le calorimètre de Rumfort, et, le poids de l'eau étant converti en sou cube équivalent d'air, il a trouvé, par la moyenne desix expériences, qu'un bec qui consomme par heure 138 litres de gaz de houille, fait monter 154 métrés cubes d'air de zéro à 100 degrés centigrades; ce qui est énorme. A un pied de distance d'un bec de gaz à houille, dont la flamme de 13 lignes de diamètre était entourée d'une cheminée de cristal, l'ascension thermométrique a été de 2 degrés ; à 6 pouces, de 6 degrés.

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