‹ Traité d'hygiène publique et privée v. 2 (volume 3)Chapitre 88 sur 111 · C1RCGMFUSA. — DES HABITATIONS KT DE L*A1R CONFINE · texte numérisé non relu

C1RCGMFUSA. — DES HABITATIONS KT DE L*A1R CONFINE

la chandelle engendre de l'eau et de l'acide carbonique. Les lampions et les torches, fabriqués avec des résines et des graisses non purifiées, répandent une fumée noire qui provoque la toux et parfois de rétouffement chez les sujets irritables ou porteurs de catarrhes bronchiques ; ces corps en ignition réalisent au maximum les inconvénients de la combustion incomplète du suif. Les bougies ont un im nense avantage sur les chandelles; on les fabrique avec la cire, le blanc de baleine et l'acide sléarique. On est parvenu à Berlin à mouler la bougie de cire sans adhérence aux moules et sans boursouflures (1) ; ce qui était rare par les procédés ordinaires; néanmoins ce genre d'éclairage a reçu peu d'extension, et n'est guère usité que dans les églises. Parmi les substances propres à la fabrication des bougies, le sperma-ceti est eu première ligne par sa blancheur et sa transparence, ainsi que par la pureté et l'éclat de sa lumière; raffiné et additionné de 3 pour 100 de belle cire, il donne de beaux produits, taudis que les bougies fabriquées avec une seconde sorte de sperma-ceti sont de qualité inférieure et grasses au toucher. Les bougies de blanc de baleine sont très employées en Angleterre; mais le moyen d'éclairage lf plus général aujourd'hui, c'est la bougie sléarique, due aux travaux de Gay- Lussac et de Chevreul (1825) ; elle est plus consistante que la chandelle, moins fusible, moins salissante, et sa mèche étant formée de trois fils de coton tressés ou tordus ni sens opposé, la combustion, k mesure qu'elle avance, détruit cette torsion ; par l'effet de la tension plus forte de l'un des brins, la mèche se courbe et atteint la partieextérieureouleblanc delà flamme, où elle se brûle plus complètement et tombe en cendres, ce qui dispense de moucher la bougie. L'extrême fusibilité du suif entraînerait un coulage trop considérable pour obtenir le même résultat avec les chandelles à mèches tressées. La fabrication des bougies stéariques repose sur un fait dont Braconnot a doté la science, à savoir, la présence d'une substance liquide (oléine) et d'une substance solide (stéarine et margarine) dans tous les corps gras, quelle qu'en soit la provenance. C'est H. Chevreul qui a fourni le moyen industriel, c'est-à-dire peu dispendieux, d'opérer lu séparation de ces d«ux matières, eu démontrant que la stéarine, l'oléine, la magarine, espèces de sels organiques, contiennent une hase toujours la même, la glycérine unie kun corps gras, et constituent un stéarate, un oléate, un margarate

(i) Dictionnaire des arts et manufactures. Parti, 1854, 2* édil.

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de glycérine. On obtient l'acide stéariquo, qui est le principe solide du suif, parla saponification des corps gras. Ainsi, en saponifiant le suif à l'aide de la chaux, de la soude ou de la potasse, et en décomposant ensuite ce savon par un acide minéral, on met enli- j bertc les acides sténrique etoléique, c'est-à-dire l'élément solide et j l'élément liquide du suif. La première fabrication économique de j la bougie stéarique, a été instituée par H. de Hilly (1831), et c'est! ; lui qu'on a dû d'acheter à 2 francs le kilogramme d'acide stéarique } qui se vendait à cette époque au prix de 60 francs chez lesraar- î chauds de produits chimiques. L'invention des mèches nattées et j tressées, condition nécessaire de ce mode d'éclairage, est le résul- ! tat des essais d'un ancien ingénieur, H. Cambacérès. L'acide j oléique a trouvé son utile emploi dans la fabrication du savon, et j c'est ainsi qu'une industrie, née de nos jours, s'est étendue avec ; succès au monde entier; des fabriques de bougie existent maintenant à la Nouvelle- Hollande, en Sibérie, à Lima, etc., et les familles des classes moyennes, l'étudiant, l'ouvrier un peu aisé, bientôt peut-être les travailleurs de tous les degrés posséderont à peu de frais un éclairage plus pur et plus vif que les plus opulentes maisons du xvm* siècle. L'industrie stéarique paraît appelée à de \ nouveaux progrès ; l'emploi des acides gras préparés à Liverpool . et à Londres au moyen de la saponification par l'eau, promet beaucoup sous le rapport économique.

Les bougies prêtent beaucoup plus que le suif à une combustion complète, parce que la cire ne se décompose qu'au lieu même où elle s'enflamme, et parce que la lumière de la bougie conserve toujours à peu près la même intensité. Ce genre d'éclairage produit peu de fumée. Celle des bougies de cire se compose d'acide margarique et d'acide oléique, de myricineet de cérine in décomposées et d'huile einpyreuinatique; les bougies d'acide stéarique dégagent un peu d'hydrogène carboné, d'acide carbonique, une huile épaisse, une matière colorante et du charbon; la bougie de blanc de baleine laisse échapper de l'acide oléique, margarique. acétique, de l'huile empyreumatique et un peu de cérine. Ces fumées ont moins d'àcreté et irritent moins que le suif, car elles déposent peu de charbon, contiennent peu d'huile empyreumatique et point d'acide sébacique. Il n'y a plus lieu de parler de l'acide arsénieux que l'on faisait entrer naguère dans les bougies de cérine et d'acide stéarique; l'autorité a sagement interdit cette addition. Les diverses espèces de bougies perdent, après une heure de com-

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bustîon, 8,r,,91 à 9r,55, et consomment la même quantité d'oxygène que les chandelles. D'après Lavoisier et Laplace, 1 gramme de cire blanche élève de 0° à 100°, 105 grammes d'eau ; une bougie, en brûlant une heure, échauffe de 0°à 100° a, 32mc-,83 d'air. La flamme de la bougie est conique, moins volumineuse, plus blanche que celle de la chandelle; elle atteinte à 5 millimètres en hauteur et 8 à 10 millimètres en largeur; son intensité de lumière se représente par 13,61, celle delà lampe Carcel étant de 100 (bougie stéarique) ; les oscillations de sa flamme dans le sens vertical sont moins fréquentes et moins étendues.

Les matières liquides qui sont employées pour l'éclairage domestique sont les huiles grasses, très rarement des huiles essentielles, les carbures d'hydrogène liquides, et dans des circonstances exceptionnelles seulement, l'alcool ou l'éther; les huiles de colza, d'oeillette, de chènevis et de noix sont les plus usitées. La Fumée qu'elles donnent en brûlant, et dont la proportion est en rapport avec le genre de lampe employé, se compose surtout d'hydrogène carboné, d'acide carbonique et de charbon ; les lampes imparfaites dont on se servait autrefois versaient beaucoup de fumée. Les lampes sont des appareils à combustion très active, assujetties aux conditions de tout foyer, munies de cheminées de verre et à coude pour mélanger les gaz et activer la combustion, avec des entrées d'air qui facilitent le contact de ce g;iz avec latlamme en la refroidissant (1). Une mèche plate, formée de fils de coton parallèles et plongeant dans le réservoir de l'huile qui est aspirée par la capillarité de la mèche, telle était la lampe en usage il y a soixante ans, avant la découverte du bec à double courant par un physicien de Genève, Argand. Lumière rougeàtre, de peu d'éclat, combustion incomplète, ces inconvénients ne l'empêchent pas d'être encore très répandue. En inventant îa cheminée de verre et les mèches circulaires, Argand a pour ainsi dire créé l'art de l'éclairage. Dans son système à deux cylindres concentriques et séparés par un anneau qui reçoit la mèche, la flamme est léchée par l'air intérieurement et extérieurement; ce courant est activé par la cheminée de verre, la combustion est parfaite, et la flamme est bien plus brillante et plus limpide que dans les appareils antérieurement usités. On a ensuite amélioré la lampe d'Argand en rétrécissant la cheminée immédiatement au-dessus du bec, de manière à rejeter l'air sur la

(l)Péclet, Traité de physique, Paris, 1847, t. Il, p. 577 et 578.

flamme, et en remplaçant le levier doublement coudé et incommode qui fait descendre et monter la mèche par un pignon qui engrène avec une crémaillère. Il restait deux progrès à réaliser: les réservoirs d'huile, supérieurs au bec, placés dans la sphère du rayonnement du loyer, projettent une ombre; les lampes qui en sont pourvues, au lieu de répandre une clarté uniforme, laissent un espace obscur qui correspond à la surface du réservoir. On a essayé de disposer le réservoir circulairement autour du bec, et pour en supprimer ou pour en amortir l'ombre, on a entouré le verre d'un globe dépoli: telle est la lampe astrale, imaginée par Bordier- Marcet, le successeur d'Argand; on lui reproche avec raison un affaiblissement de la lumière. Pour éviter la projection de l'ombre du réservoir et maintenir à un niveau constant l'huile amenée au bec, il fallait établir le réservoir d'huile au pied de la lampe et en faire monter incessamment jusqu'au bec la quantité d'huile né* cessa ire à la combustion. Un système ancien, connu sous le nom de lampes à pompe, offrait un exemple très imparfait de cette double condition ; Gérard, eu appliquant au réservoir inférieur le principe de la fontaine de Héron, est arrivé à un mécanisme compliqué et trop sujetaux variations thermométriques et barométriques par la grande quantité d'air qu'il contient. Dans la lampe dite hydrostatique de Thilorier, le niveau baisse pendant la combustion. C'est un horloger de Paris, Carcel, qui a résolu le problème d'une manière aussi heureuse que pratique en plaçant près du réservoir d'huile, à la partie inférieure de la lampe, des rouages d horlogerie qui font mouvoir une pompe foulante dont le piston élève constamment l'huile jusqu'à la mèche; on tend le ressort au moyen d'une clef. Gagneau a substitué à la pompe unique de Carcel deux pompes foulantes qui régularisent le mouvement d'ascension de l'huile et en corrigent les saccades. La lampe Carcel a pour avantages l'intensité et la beauté de l'éclairage; mais son prix élevé ne lui permettra jamais de se populariser; elle nécessite fréquemment des réparations entre les mainsd'ouvriers spéciaux ; les causes de dérangement des pendules agissent sur elle avec plus de force, car le mécanisme qui ailleurs ne met en mouvement que des aiguilles, s'applique ici à des pompes qui absorbent presque toute sa force ; il suffit d'un épaississement de l'huile dans le réservoir pour que, la résistance devenant supérieure à la puissance, le mouvement s'arrête. Le systènedità modérateur, remarquable découverte de M. Franchot (1836), remplace les rouages d'horlogerie par un simple rcs-

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