‹ Traité d'hygiène publique et privée. v. 2Chapitre 20 sur 134 · MITÉE] I>E L'HÉRÉDITÉ · texte numérisé non relu

MITÉE] I>E L'HÉRÉDITÉ

héréditaires. Le choix de la profession contribue puissamment à i*immuuité de l'avenir; elle fait à l'homme son milieu social, elle lui assigne ses conditk>o» de vie morale et physique, elle empoisonne ou purifie l'air qu'il doit respirer, elle lui mesure le travail et le repos; de plus, elle détermine l'activité relative de ses organes dont chacun correspond pour ainsi dire à une spécialité professionnelle : souvent elle a produit dans la ligne ascendante de parenté la maladie dont on redoute le principe héréditaire^ et force sera d'y renoncer pour écarter une éventualité funeste. Quand l'hérédité dépend d'un virus, on celui-ci se manifeste par des symptômes caractéristiques et donne besogne de gnérison, ou il n'existe qu'une aptitude de l'organisme à répéter l'affection virulente de parenté, et la prophylaxie hygiénique se règle sur les bases précitées; car nous nous inscrivons contre l'usage banal des médicaments amers, mercuriels, antiscorbutiques, martiaux, etc. (Portai, Pujol, etc.), à titre de préservatifs, usage plus répandu encore qu'on ne pense, et qui, avec l'emploi préservatif des cautères, des vésicatoires, des sangsues, des saignées, défraye la routine domestique de tant de familles, de tant de médecins asservis par intérêt ou par ignorance aux préjugés du vulgaire. Notre pensée ne va point jusqu'à proscrire absolument l'application de ces moyens, mais il convient de n'y recourir que d'après des indications positives; c'est par les agents da régime (air, local, vêtement, nourriture, bains froids, affusions, bains de mer, etc. ), que l'on a chance de rectifier les tendances vicieuses de l'oi^anisation, non par les arcanes de la polypharmacie. Rappelons, en terminant, que les individus prédisposés aux maladies héréditaires doivent surtout être surveillés à l'âge où ces maladies tendent à se développer et à l'âge où leurs parents en ont subi l'atteinte; c'est alors qu'il faut redoubler de sévérité dans les précautions hygiéniques, c'est alors qu'il y a lieu de recourir à des moyens qiéciaux, s'il en est d'assez puissants pour conjurer l'invasion des affections héréditaires. L'état constitutionnel des sujets doit fixer l'attention du praticien. Il s*assurera d'abord si le péril est réel ou s'il n'existe que dans l'imagination de son client, dans la sollicitude exagérée de son entourage; il pèsera les avantages et les inconvénients des moyens préventifs dont il prescrira l'usage. S*agit-il, par exemple, d'établir un exutoire pour prévenir un exanthème dont on se croit menacé par hérédité ou pour combattre une tendance congeslionnelle vers l'encéphale, il faut considérer l'effet moral que produit une médication anticipée, le dégoût d'une suppuration habituelle, les soins qu'elle exige, l'excitation douloureuse qui peut l'accompagner, etc. Avant de proposer à une personne de poitrine faible le climat d'un pays lointain, songez aox fatigues des voyages, au changement des habitudes et des impressions, aux tristesses de l'expatriation, aux conséquences d'une brusque rupture avec la société, les travaux, les projets d'ambition, à l'éloignement des persomies aimées : il y a là parfois de quoi voiler l'éclat du ciel d'Italie; un hiver moins inclément ne compense point une si grande perturbation de l'exisience. En hygiène, n'espérons pas beaucoup d'une influence isolée : la

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thérapeutique a quelques remèdes souverains, quelques agents héroïques; rhygièue ue possède pas les équivalents de l'opium, du mercure, de l'éniétique; elle vaut surtout parla réunion d'un certain nombre d'influences convergeant au même but Que peut sur une poitrine débile le soleil du Midi sans la sérénité de l'âme ? L'art de préserver n'est souvent que l'art de corn* penser.

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