X. UvT. Hjfièiie, 5« ton. l
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savent que les petits issus d'un chien bien dressé sont eux-mêmes d*autan plus faciles à dresser qu'ils ont plus de rcssemblauce physique avec leur parent Non-seulement l'aptitude, mais la spécialité de l'aptitude se comnmuiquen paria génération; plus un chien couchant s'est habitué à aller à l'eau, plu ses petits montrent de disposition naturelle à s'y jeter. Les chevaui dont le parents ont été montés par des écuyers adroits se forment plus aisément ai manège. Fréd. Cuvier (1) rapporte que dans les contrées où les renards son fréquemment traqués par des embûches, les jeunes renards révèlent, dès leu première sortie du terrier, une circonspection qui manque aux doyens de leu espèce dans les contrées moins visitées par les ctiasseurs, moins infestées d pièges.
U^ L'hérédité éclate chez Thoomie et dans sa forme générale et dans la pro portion relative de ses parties; elle se manifeste par les propriétés intimes d( la ûbre organique, si l'on peut ainsi dire : les mouvements, les allures, lei traits du visage, le son de la voix, les singularités fonctionnelles, tout témoigna du rapport vivant qui se continue entre le produit et ses facteurs, mèm< après ia séparation de l'être nouveau qui, émancipé de l'incubation utérine se pose au dehors dans la sphère de son individualité. Nous ne disons pa que les êtres procréateurs se répètent exactement dans leur progéniture, mai ils lui impriment avec la vie une partie de la direction spéciale que la vi avait prise en eux. Ce qui se transmet d'abord des parents à l'enfant, c'est 1 type physique, la conformation extérieure, la physionomie, ia taille, la cou leur : il y avait des familles romaines appelées ISasoiies^ LaOewus, Buccones du trait saillant qui accusait sur leur visage l'iuûueuce héréditaiie. Le lempé< rament, les idiosyncrasies, les caractères généraux de l'oi^auisme qui s résolvent dans l'idée de constitution, ne se transmettent pas moins que le ressemblances extérieures : Uofaker a démontré chez les auimaux domestique l'hérédité des conditions spéciales de la charpente osseuse, du système muscu laire; l'aptitude au trait ou à la course est congénitale chez les chevaux. Il e est cei tainemeut ainsi chez l'espèce humaine : toute famille a son palrimoiu organique; les éléments dont il se compose lui fout ses aptitudes, sa sauté, se chances de vie. La voix populaire, plus suuveut écho de vériié que d erreui confirme Tinductiou physiologique : elle parle du beau sany d'une famille du mauvais sang d une autre. Les meilleures probabilités d'un long avenir s déduisent de la longévité des ascendants. Qui n'a connu des lamilles ans quelles semble échu le privilège de la vieillesse patriarcale^ et d'autres sur qi la mort prélève presque annuellement un tribut prématuré?
5° Le croisement des races fournit de nouvelles preuves à l'appui de Thé redite; les mulets sont, parmi les animaux, un des nombreux exemplaires (i l'influence combinée de deux sexes hétérogènes. D'un nègre et d'une femu: blanche naît le mulâtre dont la peau est d'une couleur jaune enfumée et U
(1) Fréd. Cuvier, Annales du Muséum (T histoire naturelle, Paris, 1808, t. X p. il63.
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cheveux noirs« non laineux. Le mulâtre, marié avec une femme blanche, engendre le quarteron an teint fortement basané, aux cheveux noirs et longs; déjà les traits du visage s'éloignent de ceux de la race africaine. Le quarteron et la blanche donnent le jour à ToCtavon, moins basané que le précédent, et plus voisin du type européen. Enfin l'enfant de l'octavon, uni à la blanche, se confond avec les individus de race caucasienne. Quatre générations en sens inverse font redescendre le type blanc au type noir. Ici l'hérédité se déclare par les signes les moins équivoques et permet à l'observateur de mesurer la part de ses agentSL
6* Les vices et les monstruosités primordiaux se transmettent souvent : tels sont la surdi-mutité, l'imbécillité, l'idiotisme, le bec-de-lièvre, les hernies ombilicales (l)t ^c. ; tous les auteurs citent des exemples d'individus sexdigitaires de père en fik.
7* On cite (2) des cas de mutilation accidentelle, devenue chei les parents on élément d'hérédité pour leur progéniture; on en a observé particulièrement chez les animaux. Ces faits justifient en partie l'opinion assez étrange de l'école hippocratique, répétée par Âristote : Gignvntur autem lœsi ex lœsis^ elaudi ex claudis^ etc. (3).
8° L'hérédité intellectuelle et psychique, qu'on la considère comme un effet de la forme plastique sur la forme dynamique de l'organisme, ou comme unt émanation parallèle de la source génératrice, ne saurait pas plus être contestée que celle des conditions ci-dessus énomérées ; les dispositions morales, les particalarités du caractère, les facultés de l'esprit qui ont distinguée père, se retrouvent souvent chez le fils, quoique modifiées par l'éducation, voilées par les situations oo combattues par l'effort de la volonté. Non que le génie circule de génération en génération ; nous parlons ici de la masse commune des intelligences : il est d'observation que des parents doués d'esprit et cultivés par l'éducation procréent en général des enfants plus capables que des groupes imbéciles. Quant à cette puissance exceptionnelle qu'on appelle génie et qui apparaît, à long intervalle, incamée dans des individualitésdé volues à l'hisloire, elle échappe dans son origine comme dans ses développements à l'analyse de la raison ; appelée à créer, elle semble créée elle-même de toutes pièces, et, si Minerve sort armée du cerceau de Jupiter, la plupart des hommes de génie ne relèvent de leurs procréateurs physiques que par leur acte de naissance [U),
9* La prédisposition aux maladies est une triste et dernière preuve de la solidarité ascendante qui lie entre elles les générations successives d'une même
(1) Marc, DktioMiaire des sciences ruéiiicales.
(2) Burdach, Physiologie, t. II, p. 250. — Piorry^ De l'hérédité dans les maladies, p. 40.
(3) nistoire des animaux, liv. Vil, chap. 6.
(4) Voyci, dans Prosper Lucas (Traité de l'hérédité, l. I, p. 371 et 8uiT.),Ies preuves d' expérience en fayeur de rhérédité dans les quatre formes du dynamisme pur, sensations^ sentiments, intallifence et mouvements.
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famille. Ce n*est pas le moindre service que i*hygiène esl appelée à rendre aux individus, aux familles, à la société^ en réprimant par un régime bien ordonné Tefflorescence des principes morbides héréditaires, en corrigeant la constitutioii physique des races, en purgeant la population des vices qui tendent à la détériorer. Il convient donc de nous arrêter un moment sur cette grave question de rhérédité morbide, source de tant d'appréhension et de dangers, sujet également sérieux pour le médecin et pour le moraliste.
Distinguons d'abord les maladies héréditaires de celles qui se contractent pendant la vie intra-utérine (morbi connutriti^ parentales); ne confondons pas davantage avec elles les maladies que Tenfant peut contracter pendant son passage depuis le coi utérin jusqu 'au dehors des parties génitales; la syphilis contractée pendant la grossesse et transmise au iœtus, soit avant, soit durant l'accouchement, ne constitue point une maladie héréditaire. Gérardin a fait voir à l'Académie de médecine (1) un nouveau-né variolisé avant la naissance par la variole de sa mère : il n'y a là, comme pour la syphilis communiquée au fœtus pendant la gestation, qu'un effet de contagion opérée par voie de circulation, au lieu de l'être par le toucher immédiat; il y a là, suivant l'expression si vraie de Louis, une sorte de greffe animale, nullement production d'une lésion héréditaire.
Les mêmes causes, agissant sur les membres d'une même famille, peuvent déterminer, chez phisienrs d'entre eux, les symptômes de la même affection, sans que la simultanéité et l'identité des lésions dépendant de l'influence héréditaire. Les scrofules se développent aisément dans les habitations humides, mal aérées et qui ne reçoivent point de rayons solaires directs : une famille placée dans ces conditions peut offrir, sans hérédité, plusieurs cas de scrofules, et c'est ce qui arrive dans nos villes du Nord (Lille, Valeuciennes, Douai, fiéthune, etc.], où nous avons vu avec douleur les classes misérables s'entasser dans les caves creusées à plusieurs mètres de profondeur au-dessous du niveau des rues (1831). Les recherches de Fodéré, Goindet, Humboldt, fiailly, etc. , ont fait voir que le goitre dépend de causes locales : les deux versants d'un montagne présentent parfois le contraste d'une population saine et d'une population goitreuse. L'espèce de cachexie qui atteint à la longue les populations fébricitantes des pays à marais n'épargne pas les enfants. Villermé (2) a prouvé, d'après les états du mouvement de la population dans nos départemeuis, que les funestes effets de l'impaludation pèsent particulièrement sur le jeune âge. Cette circonstance ferait croire, à tort, à l'influence de l'hérédité dans la production de ces faits ; mais si les résultais directs ou éloignés des endémies ne doivent pas être confondus avec ceux de la transmission primordiale, elk's entrent à leur tour dans l'hérédité par l'altération graduelle des sources de la population ; des parents devenus scrofuleux par l'action prolon-
(1) Gérardin^ Bulletin de C Académie de médecine, t. VIII, p. 297.
(2) Villermé, Annales d*hygiène publique et de médecine légale, 1^* »érie, i. X et XII.
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gée de canses acddenteUes procréent des enfants plus disposés à cette maladie qu'ils ne l'étaient eux-mêmes, et si les enfants deviennent scrofuleux par la continuation des conditions dlnsalubrité où leurs parents ont vécu, la deuxième génération naîtra avec les caractères plus accentués de la prédisposition à Taffection strumease. Les habitants des contrées marécageuses, affiiiblis par les fréquentes récidives de la fièvre, engendrent une race malingre et cacochyme qui transmet à sa descendance des germes d'hérédité morbide.
Par hérédité, il faut entendre, non la maladie elle-même que les parents ont présentée, mais la disposition à la contracter; c'est une tendance de l'orgtfiisme il réaliser, suivant l'opportunité de l'âge et avec le concours de causes occasionnelles, l'affection morbide dont le principe ou la virtualité lui a été ooqmiuniqnée dans l'acte même de la fécondation. Toute maladie reconnue héréditaire et actuellement réalisée chez un individu prouve deux choses : d'une part, l'aptitude à répéter l'état morbide qu'ont offert les parents; d'autre part, l'action de causes qui ont mis cette aptitude en jeu. C'est parce que l'hérédité morbide consiste simplement dans une disposition organique que l'hygiène est puissante pour la combattre, pour l'étouffer dans ses germes : c'est parce qu'elle n'éclate point sans la provocation de causes occasionnelles qu'il est possible de lui disputer incessamment l'organe, le viscère qu'elle paraît menacer. Dans l'œuvre de notre conservation physique, conune dans la sphère de nos manifestations morales, reparaît toujours la juste proportion de la liberté et de la fatalité; la volonté et l'intelligence sont le contre- poids des données d'organisation première; il n'est peut-être hérédité BMHrbide si prononcée qu'il ne soit donné à l'art de coercer ou de détruire.
La iorce réparatrice que la nature déploie dans l'individu, elle la manifeste lun en faveur de l'espèce : la transmission héréditaire a ses limites; l'harmonie est bi loi de l'organisation ; elle tend à y revenir quand elle s'en est écartée. Dans due famille frappée par une affection héréditaire, il est rare quêtons les enfants y participent; presque toujours l'affection n'est léguée qo*à quelques-uns. Les anomalies disparaissent plus ou moins vite : le plus grand nombre des monstres sont inhabiles à la vie, ou quand ils peuvent f hrre, ils sont impropres à la reproduction ; la plupart des géants et des nains sont dans ce cas; les bâtards d'espèces sont en général impuissants ou ne deviennent Seconds qu'avec les individus des espèces primitives auxquelles leur postérité ne manque point de retourner : tel est le mulet. Un caractère étranger communiqué à une race on à une espèce ne persiste point, à moins que la reproduction ne soit continuée par l'espèce ou la race à laquelle appartient ce caractère. Les races perfectionnées de chevaux et de brebis ne se maintiennent que lorsqu'elles sont propagées jusqu'à la sixième génération par des étalons de choix. Les mulâtres, même en se mariant entre eux, finissent par retourner à leur source primitive. L'analogie conduirait à .supposer que les maladies héréditaires peuvent disparaître dans la série des générations
lit DE L'HtRtDITi. [HTaUbn
bamaines, paiÉk|ii6 le type primitif de notre oit^anûation est b régniarité, la santé; Tobserfation corrobore cette induction en apparence hasardée : «pi enfants issos de parents toberculeux succombent à celte maladie, nn huitiène survit et jouit d'une inmiunité manifeste; il n*en faut pas plus pour attester k tendance réparatrice de la nature. Une maladie héréditaire, la lèpre, qui sévissait autrefois dans notre hémisphère, en a presque disparu ; des aiïectioiis cutanées, la syphilis elle-roême, ont perdu de leur brutale intensité. Les progrès de la civilisation, et par conséquent de l'hygiène, qui est l'aisance appropriée aux organisations individuelles, contribuent e£Bcacement à la réhabilitation physique de la race humaine.
Quelle est hi ligne de transmission héréditaire? Il n'est pas toujours facik de la déterminer; la disposition morbide voyage avec une sorte de caprice k travers la descendance; elle peut sauter une génération, se jeter dans li parenté collatérale, s'attacher à l'un des deux sexes. L'hérédité n'est point douteuse quand elle dérive directen)ent du père à l'enfant, de l'aïeul aux petits-hls, de la mère à la fille. Je connais une famille dont la mère est morte d'un cancer mammaire; deux de ses filles ont succombé au môme mal; Ut troisième en est menacée; les fils se portent bien. Un père et une mère issus de parents phtbisiques jouissent d'une bonne santé et arrivent à un Ige avancé; mais voici que leurs enfants sont enlevés l'un après l'autre par b phthisie : la chaîne étiologique part de Taîeul et aboutit à la deuxième génération, la première étant sauve. — L'hérédité s'obscurcit quand la maladie qui atteint l'enfant n'a été observée que chez le frère de son père ou de sa mère; ^uand ce sont des cousins qui la présentent. Elle n'est pas moins coo* testaBle lorsque la phthisie enlève le fils de parents, il est vrai, tuberculeux, mais adossés à plusieurs générations consécutives d'ancStres qui n'ont jamais eu de trace de tubercule. En effet, pourquoi un homme ne pourrait-il être atteint de la même maladie que son père, sans qu'il y ait eu transmission par la génération? La môme cause prédisposante peut avoir agi sur le père et sur le fils, isolément et à une époque indéterminée de leur vie. Il existe d'ailleurs d'autres prédispositions aux maladies que celles qui découlent de Thérédité ; l'homme en âubit l'effet après sa naissance, dans le cours de sa carrière, et contracte des maladies qu'on serait tenté de rapporter à une dialbèse originaire. Les airs, les eaux, les lieux, les professions, les travaux industriels, les institutions sociales^ le mode d'alimentation, impriment aux gommes un caractère spécial, des aptitudes morbides variées : il faut donc, avant de rechercher l'ordre de transmission, s'assurer si la maladie est de la catégorie de celles qui se transmettent par la génération, si réellement elle a existé chez l'un des parents, si celui-ci l'a eue antérieurement ou postérieurement à la naissance de l'enfant, et, dans le cas de postériorité, si la maladie a paru se rattacher à des causes accidentelles ou à une prédisposition. Ces questions doivent se résoudre, non au moyen de renseignements vagues, mais par un examen sévère qui doit s'étendre au degré d'intelligence, de discernement et
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de bonne foi des malades; le doute rationnel s'applique autant aux affirma» lions faciles des nos qu'aux réponses négatives des autres, qui se retranchent dans leurs illusions contre l'évidence fâcheuse du pronostic H n'est pas plus rationnel de soupçonner partout rinfloenc€(,de l'hérédité que de la négliger dans les investigations diagnostiques. L'exagération dans l'un ou l'autre sens cfée an péril à la praticpie et complique les difficultés qui embarrassent la recherche de la filiation morbide. On ne peut ici établir de loi fixe : toutefois la transmission en ligne directe exclut le doute, qu'elle s'opère ou non par QD seul sexe; la ligne collatérale est incertaine. Enfin, sans prétendre déter*miner la part relative des deux sexes dans la reproduction de l'espèce, l'hérédité du côté de h mère excitera parfois davantage la sollicitude du médecin. La raison en est qu'il n'admet qu'avec restriction l'axiome de jurisprudence : Is e$t fUius quêtn nuptiœ demùnstrant.
Le cachet des maladies héréditaires se révèle surtout dans la marche qu'elles affectent et dans la disproportkm de leur gravité avec la cause occa<flionnelle qui a déterminé leur explosion. Tantôt cette gravité se dénote dès le dâMit ; tantôt elle ressort de la prolongation même des symptômes dont la bénignité apparente contraste avec la difficulté de la guérison. Les maladies héréditaires ont encore pour cachet de récidiver facilement d'une manière irrégulière ou par périodes : elles se développent généralement à la même époque et frappent les mêmes organes que chez les parents. Se transformentelles, sinon dans leur essence, au moins dans leur phénoménalité? Cette opi- Dion est celle de praticiens célèbres, Baillou, Astruc, Bouvart, et surtout ▲. Portai. Aux yeux de Portai, les scrofules des enfants dérivent de l'affection vénérienne des parents. Cette opinion, reproduite par Alibert, est sans fondement positif. Leberl fait remarquer que dans le canton de Yaud la syphilis est rare et les scrofules très-multipliées. D'ailleurs, suivant le même auteur (i), l'hérédité manque dans plus de la moitié des cas de scrofules ; les maladies scrofaleuses pures ne paraissent héréditaires que dans un tiers des cas ; les maladies tuberculeuses dans un sixième des cas seulement, les maladies scrofaleuses et tuberculeuses coexistantes chez les trois cinquièmes des individus. On a établi encore une parenté étiologique entre la syphilis, le tubercule et le rachitisme. Celui-ci est une affection essentiellement différente des scrofules et des tuhercules. Ces deux dernières maladies, malgré leur apparente parenté, n'ont de commun que la consistance caséeuse de certaines adénites, différant sor tout le reste par leur essence même : « Les lésions scrofuleuses naissent aoos l'influence des déterminations les plus diverses et les plus banales, tandis qoe la tuberculose est le résultat d'une cause générale, une dans ses effets et daos sa nature essentielle (2). • La thèse de la transmutation de la syphilis a
(1) Lebert, Traité pratique des maladies scrofaleuses et tuberculeuses. Pari», 18^9^ p. 88.
(2) ViUemin^ Études sur la tuberculose. Paris, 1868^ p. 262.
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été renouvelée dans ces derniers temps avec une éloquente exagération pir Gh. Bœrsch(l), qui s'efforce de rattacher au virus vénérien le tubercule, le cancer, les dartres, la carie des os, etc. ; avec érudition par Yvarren (2), qui y ramène certaines formes d*épiljepsie, du tic douloureux de la face, de la céphalée (B. Bell), de névralgies à sièges divers, d'affections gastro-intestinales (Baumes, Andral), de phlhisie (Morton, Lagneau), de tumeur blandie (Richet), d'altérations du foie (Rayer), etc. ; le professeur Moreau a vu des parents qui n'avaient aucune manifestation actuelle de syphilis, h| trans-' mettre à leurs enfants. Rappelons toutefois, avec Gilbert, que dans la question de la syphilis larvée, les incertitudes, les difficultés et les méprises abondent (3).
L'aptitude héréditaire a son opportunité, c'est-à-dire que les différentes phases d'accroissement et de décroissance que l'organisme parcourt favorisent plus ou moins la manifestation de tel ou tel genre de lésion héréditaire : chaque âge imprime à l'économie un caractère général qui est en rapport avec telle ou telle altération dont le germe existe en elle; chaque âge fait prévaloir certains organes, et, par la concentration vitale dont ils deviennent le siège, renforce leurs prédispositions morbides. G'est pourquoi certaines maladies héréditaires apparaissent dès la naissance, d'autres longtemps après, d'autres enfin sommeillent indéfiniment par défaut de provocation, soit du dehors, soit du dedans. Il est rare que l'affection inhérente à l'être nouveau se réalise dès la naissance : le plus souvent elle n'existe que virtuellement. Il en est ainsi de la syphilis : les nouveau- nés qui en sont infectés, hors le cas de contagion au passage, n'en offrent point les symptômes caractéristiques; mais ils sont débiles, comme ffétris, prédisposés à une foule d'affections qui ont pour effet d'enrayer ou de vicier le travail de la nutrition. En raison de la turgescence sanguine du cerveau et de ses enveloppes dans le bas âge, la méningite tuberculeuse menace les enfants issus de parents pbthisiques; la fluxion nutritive, dont le système ganglionnaire est le siège à cette même époque de la vie, explique la fréquence des scrofules et du carreau (tubercuiisation des glandes mèsentériques), quand il existe en outre une propension congénitale. Nous avons vu que, dans la jeunesse, la prépondérance physiologique appartient aux organes de l'hématose et de la circulation; dans l'âge mûr, aux viscères abdominaux et à l'appareil fibro-cartilagineux lié avec ces viscères par des connexions sympathiques; aussi, à Tune de par l'hérédité, les phlegmasies du cœur et des poumons; à l'autre, les maladies gastro-hépatiques, les hémorrhoïdes, la goutte, etc. G'est vers l'âge critique que les organes génitaux de la femme sont menacés par les effets de l'hérédité cancéreuse; l'atrophie que subissent alors ces organes (ovaires, utérus, mamelles) favorise le développe-
(1) Essai sur la mortalité à Strasbourg, 1836, p. 115.
(2) Voyez Bulletin de l'Académie de médecine, t. XVIII, p. 1044.
(3) Ihid,
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ment de cette lésioii. Yelpeao (1) reconnaît que c'est de quarante à soiiante ans que Ton voir le pins de cancers du sein chez les femmes; mais parce que la plus grande fréquence du cancer chez Thomme correspond à la même période de la vie, il nie l'influence de l'âge critique chez les femmes : c'est contester un iait démontré, parce qu'il reste à démontrer un autre fait, à «avoir, s'il n'existe pas aussi pour les hommes une phase critique de l'organisme entre quarante et soixante ans. — Par la même raison, les professions qui sollicitent Tictivité particulière de certains organes et débilitent certains autres, les profeanons qui sont toutes, au début, perturbatrices de l'ordre physiologique et finissent par changer l'équilibre de l'économie, amènent l'opportunité des maladies héréditaires.
Chaque âge épuise, par sa révolution, l'opportunité qu'il apporte aux affections héréditaires ; s'il passe sans les avoir fait naître, le péril de l'hérédité morbide diminue beaucoup. Au delà de trente-six ans, l'individu né de parents phthisiques peut espérer la vieillesse; au delà de la deuxième enfance, le tubercule des glandes mésentériques ne s'observe guère isolément On comprend, en effet, que chaque âge, par les conditions physiologiques qui le caractérisent, se trouve avoir des relations essentielles avec la nature, la imne^ la marche et la durée des maladies déterminées ; plus ces relations sont complètes et intimes, plus l'imminence de la maladie augmente ; que si, malgré l'aggravation du périls cette période de la vie s'écoule tranquillement, rhérédité morbide, quoique toujours subsistante, se trouve comme annulée, parce que l'impulsion ne lui viendra plus des évolutions ultérieures de l'organisme (2).
Hippocrate a émis une doctrine de l'hérédité; en parlant des macrocéphales qui déterminaient l'allongement de la tête de leurs enfants au moyen de bandages et de machines convenables pour altérer la forme sphérique du crâne, il ajoute : • D'abord c'était l'usage qui opérait de force le changement days la conGguration de la tête; mais avec le temps ce changement est devenu naturel, et l'intervention de l'usage n'est plus nécessaire. En effet, la liqueur séminale provient de toutes les parties du corps, saine des parties saines, altérée des parties malades. Si donc de parents chauves naissent généralement des enfants chauves, de parents aux yeux bleus des enfants aux yeux bleus, de parents louches des enfants louches, et ainsi du reste pour les antres variétés de la forme, où est l'empêchement qu'un macrocéphale n'engendre un macrocéphale (3)? » A côté de la théorie la plus ancienne, plaçons la théorie le plus récemment formulée pour marquer le point de départ et le dernier résultat de la science : la fécondation est due à la fusion du sperma-
(1) Velpeau, Traité des maladies du sein et de la région mammaire, 1852, p. 550.
(2) Montaigne^ dont les ancêtres avaient eu la gruTeUe, en fut atteint au même âge que son père.
(3) Hippoerale, Des airs, des eaux et des Heux, traduction de Littré, t. II, p. 61 et suiv.
it% DE L*H£RÉDIT£. [iTCiÉin
toioîde et de Tovole. Le premier n'est point an axe cér6brQ-«fMnal, ni le second un système digestif; ils renferment en enx les éléments nécessaires au développement nllérieur de ces deux bases essentielles de Tanimalité, lesquelles, bientôt liées par le système vasculaire, se complètent Tune par i*autre et s'influencent réciproquement de manière il amener le développement ultérieur du tout : chacun des deux agents de la fécondation, ovule et spermatoioîde, apporte en lui une matière déjà organisée et vivante; c'est ce qui explique comment ils influent également sur le produit commun. Il y a plus : chacun des deux éléments de la combinaison humaine représente bien Têtre qui l'a fourni et le rôle que cet être, homme ou femme, remplit dans l'œuvre de la procréation. Ijc mâle, plus ardent que la femelle dans toutes les espèces, produit le spermatoioîde, et celui-ci a son maximum d'activité au moment de la copulation. La femelle nous présente des ovaires toujours cachés profondément, fournit un ovule qui reçoit le loosperme comme la femelle reçoit le mâle; « les spermatozoïdes sont l'élément générateur mâle; probablement ils nous représentent l'une des formes sous lesquelles s'offre la matière germmative; arrivés dans l'œuf ou à sa surface, ils se fondent, se dissolvent, se mêlent avec l'élément générateur femelle, et de cette dissolution, de cette fusion intime, résulte une combinaison organique nouvelle, constituant le germe qui se développera en individu nouveau (1). » On voit que ridée moderne n'est pas sans analogie avec la doctrine hippocratique; ce que celle-ci attribue au sperme seul, celle4à lattribue au zoasperme et à lovule. La liqueur séminale résume, aux yeux d'Uippocrate, toutes les parties du cor\ys; pour l'observateur d'aujourd'hui, l'ovule et le spermatozoïde possèdent en eux les éléments nécessaires au développement ultérieur de tout le corps. Dans Tune et dans l'autre doctrine, l'hérédité nous apparaît comme une condition primordiale de la matière organisée que séparent les agents de la fécondation et qui reproduit, au terme de ses transformations, le type de Tesix'cc. L'hérédité a donc ses racines dans ce que la vie a de plus intime et de plus fondamental; elle existe antérieurement à la copulation, dans lovule et dans le zoosperme; elle se détermine dans le conflit des deux sexes et se modifie par la fécondation, pub^que deux genres d'éléments héréditaires se rencontrent et se fondent dans une combinaison organique nouvelle, qui reflétera le type des individus souches. Avoir noté dans cette période initiale de la reproduction les rudiments de l'hérédité, c'est avoir indiqué par quelle voie rhygiène peut réussir â la combattre.
Tout ce que l'hygiène peut (aire contre les dispositions héK'ditaires qui sont de nature ï compromettre la santé, se trouve indiqué sommairement dans ce conseil de Mercaltts : Cxortm nut virum qwrrerr qui temfp*^rie^ modo suUtantiœ et fert in omnibus individualihtu conih'titmifftts^ di^isideiit longis inieroallis oh uxort, Sic enim a gencratione tu gencradonem dvli-
(i) Uac«^ Ph^siohgie, U 11, S* partie, p. 132.
iescet magi$ ngittmH hœrêditariwn, vincenê inculpatttm semen, ac prœva-^ UmiHpmvitioium etpraue affertum. Les races animales d*élite gagnent à se propager ians les mêmes fiimilles; la beauté des chevaux arabes et anglais, des brebiR esp^noles, etc., ne se maintient qn'à cette condition. On a observé notamment qoe l'espèce chevaline dégénère par le mélange prolongé de races difKrentes ; mais il faut considérer que, pour perpétuer les races nobles d*aBlmanx, on a soin de n'accoupler entre eux que des individus de choix ; dans les alliances entre proches, cette condition est négligée : de lli Tabâtardisfcroent des iamlUes qui s'unissent entre elles de génération en génération. C'est donc une mesure de haute prévoyance sociale que la prohibition des nwriagcs i certains degrés de parenté, puisque la considération do choix phy« sique est presque toujoura sacriOée dans les unions, et tous les peuples d'une driKsation élevée ont proscrit l'inceste, à l'exemple du législateur des Hébreux. C'est surtout aux familles entachées de maladie héréditaire qu'il importe d'élargir le cercle de leura alliances et de renouveler en partie les siMirces de leur reproduction ; en méconnaissant cette nécessité, elles renforcent le principe de leur détérioration et précipitent leur décadence. D'après Gama Machado, cité par Prosper lAicas(l), le défaut d'harmonie de la taille des époux est une cause d'avortements. Dans l'appréciation des vices du bassin, il faut considérer non-seulement les proportions de la femme, mais encore les dimensions de la tête et des épaules de l'homme qu'elle doit éponser ; l'hérédité porte en effet et sur le volume partiel et sur le volume intégral du corps; de lii un surcroît de péril possible pour le travail de l'acooochement
L'axiome Contraria eontrariis s'applique avec phjs de sQreté à l'hygiène qoli la thérapeutique; les mariages, au point de vue physique, devraient être combinés de manière à neutraliser, par l'opposition des constitutions, des tempéraments et des idiosyncrasies, les éléments d'hérédité morbide que l'on peut craindre dans les deux époux; il faudrait défendre l'union de deux lymphatiques, de deux sujets éminemment nerveux ; deux familles également prédisposées aux affections de poitrine ne devraient jamais mêler leur sang ; même danger dans l'union de deux sujets frappés de débilité générale, etc. La prédisposition i des affections analogues constitue, aux yeux du médecin, une autre incompatibilité de mariage : scrofule et phthisie iormeront une sordide pépinière, tandis qu'une femme issue de parents tuberculeux et mariée I nn homme robuste et sain peut devenir l'heureuse mère d'une génération valide qui, croisée à son tour avec un sang de bon aloi, produira une autre fênération tout k fait irréprochable ; car, ainsi que nous l'avons dit, la propension aux maladies héréditaires finit par s'épniser. Stalil, Bordeu, Buchan, Pnjul, Baumes pensent ainsi ; des faits prouvent la disparition spontanée d'une alèdion de parenté, d'autres plus nombreux attestent l'efficacité do croise*
(1) Pro^trUeM, Hérédiié, X. h p. 204 «
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ment pour Textinction des germes héréditaires. Malheoreusement les médecins restent étrangers à la confection des lois, et rien n*est stipulé dans nos codes en faveur de Tamélioration physique de l'espèce humaine, si ce n*est la limitation du mariage à certains degrés de consanguinité et l'époque de la nubilité légale.
L*âge des parents exerce une grande influence sur la constitution et la santé des enfants qu'ils mettent au jour : trop jeunes, ils impriment à leur descendance un caractère de débilité générale qui favorise Texplosion ultérieure des maux héréditaires; il est d'observation que les premiers-nés sont souvent plus faibles, plus délicats, et des instituteurs ont constaté la supériorité intellectuelle des cadets sur les atnés. Les poulettes pondent des œufs plus petits de moitié que ceux des poules ; suivant Bechstein, cité par Burdach, les petits qu'une chienne met bas après sa première fécondation n'atteignent jamais une grande taille. Il semble que la puissance reproductrice ait besoin, comme tontes les autres fonctions, d'un exercice répété pour imprimer à ses résultats le cachet d'une parfaite élaboration. Les enfants procréés dans une époque avancée de la vie paraissent plus exposés au rachitisme; ils sont dépourvus de la vivacité et de bi gaieté qui sont les attributs de leur fige; ils périssent souvent de phthisie, sans que leurs parents en soient atteints; s'ils vivent, ils ne se développent pas avec plénitude et payent un tribut précoce aux affections hémorrhoîdaires. Une grande disproportion d'âge entre les deux époux n'est pas moins dommageable à la qualité des produits, et de semblables mariages, légitimés par la loi, sont une véritable infraction aux bonnes conditions de la procréation humaine. Quand la cupidité conduit la jeune fille dans le lit du vieillard, la nature s'indigne, l'intérêt de l'espèce est sacrifié aux passions de l'individu : c'est un scandale physiologique, si l'on peut ainsi dire; mais la loi civile le protège et la société n'a pour le punir que le mépris et le ridicule.
Si le médecin n*est pas intervenu à Torigine pour corriger ou prévenir la transroisMon des dispositions morbides, il lui reste i les combattre dans l'enhnt issu de mariages formés contre les convenances hygiéniques. On conseille de donner à renbot une nourrice robuste, d'une constitution opposée à la aienne, el dont la Mnté sera sévèrement surveillée; on prolongera l'allaitement; après le sevrage, il faut adapter le régime au tempérament de l'enfant et le diriger contre Taptitude héréditaire que Ton redoute. Le choix et la sur- TeOlaocede rhabiution sont très-importants; tel climat, telle localité favorise oa ooDlrarie le développement de certaines maladies. La gymnastique employée avec dÙKemement, peat modifier heureusement l'organisation, annuler une dispositiDn héréditaire par le déplacement du mouvement nutritif, par la direction spéciale de Tlnnervatlon. L'éducation elle-même, en éclairant rbomme et en fortifiant sa spontanéité, le rend plus apte à gouverner sa santé, à tempérer les appétits et les passions qui peuvent exagérer la vitalité de cer-
ins organes, d^mer certains antres, et donner ainsi l'essor aux germes