ISA DE L'HABITUDE. [BT6IÈ1IK
jointures, et qui consistent en des concrétions d'nrate de soude et de chaux» soit qu*on les explique par la loi de la solidarité physiologique des organes (1). n ne faudrait pourtant pas ne voir dans la goutte qu'on effet d*oxydation pins ou moins complète des matières ^Ibumiuoïdes qui servent à la nutrition de nos tissus; il y a des goutteux sans excès d*urates dans le sang^ et des iDdividns qui rendent beaucoup d'acide nriquc dans leurs urines sans avoir jamais souffert d'accidents goutteux. De là quelque incertitude sur l'influence effective de l'alimentation, à moins d'une prédisposition individuelle et spécifique qu*îl ne faut pas confondre avec la dia thèse urique.
Les difformités du système osseux, quelle qu'en soit l'étiologie, créent une variété de l'espèce humaine qui a ses conditions spéciales de santé et de pathogénie, d'hygiène et de thérapeutique; elles ont été approfondies de nos jours, et les bits, les principes généraux, les applicatioofl pratiques qui sont sortis de cette investigation, composent une branche nouvelle de la médecine et de l'hygiène, l'orthopédie. Rappelons seulement que le rachitisme est une affection essentiellement différente des scrofules ou de l'afEection tuberculeuse des 06, ainsi que de toutes les espèces de ramollissements des os qu'on observe chez les adultes; le rachitisme est une maladie générale de l'enfance caractérisée par l'altération ou la perversion, ou même la suspension du travail de développement et de réparation de l'organisme, et principalement du système osseux. Nous empruntons cette définition à J. Guérin. Cet observateur, qui a contribué à la constitution scientifique de l'orthopédie^ émet encore cette conclusion que les difformités de l'épine qui surviennenl vers l'âge de la puberté, et toutes celles qui n'ont pas été précédées de déformation des membres inférieurs, ne sont point de nature rachitiqne. Il est important que l'hygiéniste soit éclairé sur l'origine, la nature et la marche des altérations multiples et diverses qui ont pour effet la déformation du squelette : appelé à les prévenir par une juste combinaison des moyens hygiéniques, le premier besoin qu'il éprouve est d'assigner aux aberrations de la plasticité leur signification étiologique. La considération des causes qui provoquent le rachitisme peut seule déterminer le régime qui convient aux enfants menacés ou <féjà frappés dans leur nutrition ou dans leur développement. L'ossification étant retardée, les os des membres se courbent, se raccourcissent, les côtes s'affaissent, le sternum se soulève, la région dorso-lombaire fait saillie, la colonne vertébrale et le thorax se déforment ; d'où gibbosités antérieures et postérieures, avec gêne de la respiration et du jeu du cœur. La station et la marche que l'enfant sain exécute à douze ou quinze mois ne deviennent possibles aux racliitiqucs qu'entre deux et trois ans; l'évolution dentaire, liée au travail d ossification générale, est ralentie comme elle, et contrarie l'usage d'une nourriture plus substantielle que réclame l'économie, déjà débilitée par le défaut d'exercice et de mouvement. Les bruits du souffle céphalique et des vaisseaux du cou
(1) Boerhaave, Aphor.y 1273.
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révèlent, chez les rachitiques, une altération da sang, indice de la détérioralion de leur organisme (1).
Nous ne termineroos pas cette revue incomplète des différents états de l'organisme qui lui font une santé relative» sans dire un mot de la santé des amputés. On a dit d'eux qu'ils sont dans le cas d'un arbre auquel on a coupé l'une de ses branches principales; les fluides nourriciers qui se rendaient au membre retranché, continuant d'être fabriqués et élaborés par les agents de la digestion et de l'hématose, refluent sur les autres parties et contribuent à leur accroissement; la même quantité de matériaux alibiles répartis sur une nooindre surlace d'assimilation donne lieu à une rapide augmentation de force et de volume : c'est merveille que de voir des opérés qui ont perdu un bras ou une jambe acquérir, dans on court espace de temps, un embonpoint et une exubérance sanguine que ne promettait nullement leur constitution primitive. Il faut tenir compte» il est vrai, de la suppression du foyer morbide qui donnait lieu à une déperdition fâcheuse, et réagissait, par le travail d'une vaste suppuration, sur l'état des fiscères; l'amputation a détruit une cause incessante d'épuisement et d'infeaion, rendu l'essor à la nutrition. Mais il arrive que la nature dépasse les bornes de la réparation, la pléthore est imminente ; des sujets qui étaient tombés dans un état voisin du marasme acquièrent une vigueur et une plénitude vasculaire telles, que des congestions vers la tête, vers la poitrine, les menacent habituellement, et que l'établissement d'un exutoire est indiqué pour compenser l'exagération presque soudaine du mouvement nutritif : à ce moyen de dérivation il faut préférer l'usage intermittent des laxatife. Mais c'est par le régime que l'on réussit surtout à prévenir les effets de la mutation accidentelle que subit l'organisme : on songera à faciliter aux amputés l'exercice dont ils ont été plus ou moins longtemps privés par la maladie qui a nécessité une opération. Malheureusement celle-ci a pour résultat de rendre la locomotion moins aisée, moins spontanée. La mécanique vient au secours de la nature, mais ne ia remplace point. Les moyens de sustentation et de progression, que les amputés doivent à une ingénieuse industrie, ont été perfectionnés de nos jours ; nous nous contenterons de rappeler ici la condition essentielle de leur utilité : ils doivent être construits de manière que le point d'appui principal qu'ils présentent au moignon soit le plus large possible, sans porter sur la cicatrice ; que leur application au moignon n'entraîne aucune compression fâcheuse ; que la machine entière ait assez de poids pour lester le moignon et pas trop pour exiger une action musculaire excessive : ce qui donnerait à la simple locomotion le caractère d'un exercice violent et la restreindrait à de rares et courtes promenades.
(1) H. Rofper, Généralités sur la médecine in fantile (Union méd., 1868, p. 68).
18» fit LA CONSttTtrriON. [itfiliftk