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DE LA CONVALESCENCE

OÙ la maladie cesse, l'hygiène recommence ; ou plutôt après avoir concouru avec la thérapeutique à éteindre un foyer morbide, elle a mission de diriger la convalescence, c'est-à-dire cet état qui n'est plus la maladie et qui n'est pas encore la santé ; où les fonctions ramenées à l'équilibre manquent d'énergie et de stabilité ; où l'économie entière, encore ébranlée par les atteintes plus ou moins violentes qu'elle a subies, rétablit laborieusement, et comme en tâtonnant, ses rapports, ses échanges avec toutes les influences du monde extérieur.

La convalescence présente des traits bien différents, suivant qu'elle succède aux affections aigu& ou aux affections chroniques. Dans le premier cas, elle se dessine clairement aux yeux de l'observateur ; préparée souvent par des phénomènes critiques, signalée toujours par la cessation des souffrances locales et des symptômes généraux de la maladie, elle se dénonce au malade lui-même par une sensation de bien-être jusqu'alors inconnu, au médecin par un ensemble de caractères qni ne trompe point : tels sont l'expression naturelle^ l'épanouissement âé la physionomie, la vivacité et la clarté du regard, la susceptibilité, et, si l'on peut ainsi dire, la curiosité des organes des sens, l'exercice plus net et plus rapide des facultés de perception, l'heureux changement de l'humeur et des idées qui tendent à la gaieté, un sommeil réparateur et prolongé, une certaine mobilité de la circulation ; d'où les alternatives de pâleur et d'animation faciale, la souplesse haliiueuse de la peau, une chaleur plus douce, plus uniforme avec une impressionna bilité plus grande au froid ; la liberté de la respiration, on appétit naissant et parfois impérieux, coïncidant avec l'humidité de la langue, la mollesse du ventre et une tendance particulière à la constipation ; chez les femmes, le retour des menstrues, chez les hommes celui des désirs vénériens, etc. Ces signes appartiennent à la convalescence déclarée ; ils ne se substituent point d'emblée aux

(1) Payen, De rcUimeniation publique {Revue des deux mondes^ 1855, t. XII, p. 903).

(2) Cb. Robin et P. Verdoil, Traité de chimie anatomiqae^ physiologique et pathologiqtte. Paris, 1853, t. U, p. 59.

SM DE LA CONVALESCElfGe. [wnSÈn

sfvMtaisê de la maladie^ ib sont amenés arec une gradatiofl qtil r«ttd parfirii iiMwMfl le débat de la cdfitalèscence. Presque toujours les premiers phétth mènes de la santé renaissante se croisent atec les ? estiges de l*étàt morbide | mais on obserte anssi des transitions de i'nii I Tâutrei qui s'opèfliilt itOB une rapidité merveilleose : on dirait des convalescences improViséM $ Mêê sont parfois d'nne durée si coorte, qu'entre la perturbation fonctionnelle el le retour à l'ordre physiologique l'intervalle est à peine marqué. Mais, dans les maladies chroniques, on n'assiste plus à ces sortes de changements à vue qui s'effectuent dans l'organisme; les fonctions ne se rétablissent point, ni avec cette promptitude ni avec cette simultanéité ; elles se régularisent lentement, une à une, à force de régime et de soins i revenues au type physiologique, ^lles manquent longtemps encore de force et d'étendue : aussi l'embonpcnnt ne reparaît qu'après plusieurs mois et même des années ; la physionomie garde longtemps l'empreinte des souitrances éprouvées, et trop souvent le rétablissement reste incomplet.

Hais précisons davantage les modifications que la convalescence détennine dans les actes organiques par le concours desquels la vie se soutient.

Digestion, — La faim est l'une des premières manifestations du retour prochain à la santé; elle est vive, se renouvelle à courte période; elle s'exalie parfois jusqu'à la voracité. Manger devient la grande, l'unique sollicitude du convalescent; et quand il est dans l'âge où l'accroissement n'est pas entièrement terminé, et où par conséquent l'assimilation est énergique, il ta témoigne i|vec des instances et des supplications qui rendent difficile au médedn ta direction du régime. Dans les hôpitaux militaires, il faut souvent résister aux larmes, aux doléances les plus véhémentes, pour préserver la convalescence de ses propres excès. Il serait aussi dangereux de céder à des exigences démesurées que de restreindre l'alimentation par la crainte exagérée des effets qu'elle peut occasionner. Lorsque la convalescence est franche et décidée, la nourriture est désirée et supportée; loin de nuire, elle dissipe quelques malaises, tels que la pesanteur à l'estomac, les borborygmcs, les vertiges, les palpitations, etc. Combien de fois même avons-nous vu la langue se nettoyer d'un reste d'enduit saburral sous Tinflueuce de ralimentation qui provoque et utilise les sécrétions buccales, tandis qu'une diète inopportune augmente l'embarras des premières voies ; d'où la saleté de la langue, l'amertume de la bouche, l'anorexie, etc. Il est essentiel de prendre en considération le degré d'appétit que témoigne le convalescent et les sensations qu'il éprou\e, soit en mangeant, soit pendant le cours de la digestion. Si Tappéiit est lent 5 se manifester, incertain sur le choix des aliments; si le malade s'en dégoûte vite et veut passer journelletnent d'une forme de nourriture à une autre ; s'il n'éprouve pas en l'ingérant le plaisir qui suithi satisfaction d'un besoin réel; s'il survient pendant l'élaboration digestive du ballonnement, des rapports acides, des borborygmes, une coloration fébrile du visage, un surcroît de chaleur tégnmentaire, on a déclaré prématurément la convalescence ; la diarrhée survient,

mtM] m LA CONVALESGBlfOÏ. S5i

preDTe certaine d*mie alimentatioii inopportune, et loin que le corps se restaure, la màigrettr hlf des progrès. Toutefois une diarrhée éphémère, sans douleur et sans fièfre, ne doit point inquiéter; elle est due quelqdefbis & l'augmenuition trop rttiide des aliments ôu à une mastication imparfaite, sôit par faiblesse musculaire^ soit par gloutonnerie i il suffit de les diminuer oU de les suspendra un jour ou deui, pour faire cesser cet accident L'actitité des •bsorptjotts rend tes matières fécalès sèches et dures, ce qui, joint I Taffaiblissement de la coiitractHité des intestins, explique la CdUstipatiou habituelle des oonfalescents.

Aàsorpiionè. -^ Elles sont d*atitant f^lus actiteS que les déperditions causées par la maladie ont été plus considérables.

Circulation. — La circulation est d'une fUUbilité remarquable chez les convalescents t leur pouls est ordinairement ralenti, il tombe chez les adultes I 50, i!iO, 93 pulsations par minute, mais il s'accélère par les moindres causes r un changement dans Tattitnde, rapproche du médecin, une excitation morale produit cet effet Le militaire conralescent qui rumine arant la rlsite du médecin une demande de congé éprouve une accélération du pouls !tous t*irtfluence de cette préoccupation, et quand le médecin arrive à son lit, il surprend jtisqu*à 110 pulsations par minute chez le même malade qui, quelques minutes après, en offrira 50 à 60< Les palpitations sont de même un phénomène éphémère et facile k produire. La décoloration de lliabitos indique non la vacuité des capillaires» comme ou l'a dit^ mais la diminution du chiffre normal des globules, conséquence des émissions sanguines et de la diète prolongée ; il faut noter encore la coïncidence de cette altération du sang avec la coloration hypostatique de la joue du côté sur lequel a lieu le décubitus, avec l'cadème péri-malléolaire qui survient si fréquemment chez les convalescents, avec les inûltrations de tout le tissu cellulaire sous-cutané.

Jteêpiration. — Les convalescents s'essoufflent aisément H la marche par des eflbrts musculaires, surtout par l'action de monter; mais dans le repos, la respiration est ample et libre t si elle paraît gênée, il faut en chercher la cause, et on la trouvera tantôt dans un reste de phlegmasie pulmonaire, tantôt dans on épanchement pleurétique qui se sera effectué sourdement par suite d'un refroidissement, tantôt dans une excitation fébrile dont le point de départ est hors de la poitrine.

Sécrétionn, — La convalescence commence quelquefois après nn changement notable survenu dans les fonctions de sécrétion ; pendant son cours, on observe encore des sueurs qui vont diminuant de jour en jour^ et qui, loin d'affaiblir, laissent à leur suite un sentiment de bien-être et de réfection : elles sont alors d*dn excellent augure, et telles sont les sueurs qui succèdent aux iritlammatioi» franches^ Les urines ne sont pas en proportion des boissons iflgêféés, leur couleur est un peu foncée et elles déposent un sédiment rougeâtre. La bile parait sécrétée en moindre quantité chez les convalescents; ce qui contribue Mna doute à leur constipation et k la lenteur de leurs digestions i In salive au cottMire est fttfnie abondamment et facilite la digestion des amy-

des DE LA CONVALESCENCE. [wfwkni

lacés. Aa déclin des affections graves, on voit la desqoaniation de répiderme, la chote des poils et des cbe? eux : ces accidents sont ordinaires dans la convalescence des phlegmasies érnptives, et fréquents dans celle de la fièvre typhoïde. Le fufur épidermique, surtout è la (ace, est un phénomène qoe doiib avons noté chez beaucoup de cholériques convalescents.

Génération. — Tous les médecins ont noté chez les convalescents le rtveS du désir génésique, des érections et parfois des pollutions noctnniesL Des hommes d*un âge où les organes sexuels ont perdu de leur activité ont retronvé, convalescents d'une maladie aiguë, avec l'appétence génitale, le pouvoir de la satis&ire. Frank signale le danger des pertes séminales qui ont lieu dans la convalescence de certaines maladies graves ; il craint que le rétablissonent des forces n'en soit retardé; mais cette appréhension nous parait exagérée, quand les évacuations du sperme ne se répètent point, et qu'étrangères à tout lotre cause on prédisposition particulière, elles ne sont dues qu'à la plénitude des vésicules séminales. Le retour de l'écoulement meostruel est le caractère essentiel et la garantie de la convalescence chez les femmes; plus l'atteinte reçue par l'organisme a été profonde, plus il tarde à reparaître; souvent les premières règles de retour coulent trop ou trop peu; quand leur mesure est régulière, elles concourent efficacement à rentier rétablissement de la santé.

Fonctions de relation. — Les centres nerveux témoignent chez les convalescents une faiblesse qui dure plus ou moins longtemps. Leurs facultés de perception s'exercent mieux que leurs facultés de réflexion et d'expression ; encore leur attention ne peut-elle se tendre longtemps sans iatigue pour le cerveau; les lectures, les conversations prolongées, les interrogations suivies, produisent le môme effet et parfois la céphalalgie. Leur susceptibilité nerveuse est augmentée; elle s'exalte passagèrement pour les laisser retomber ensuite dans l'affaissement qui succède aux grands ébranlements de l'économie. La conscience d'un danger passé double pour eux le prix de l'existence ; cependant, malgré la douceur secrète qu'ils éprouvent à se voir revivre, ils sont irritables, impatients, prompts à s'alarmer. Ils puisent, dans des objets connus, des sensations nouvelles; ils recherchent des impressions qui ne sont pas en rapport avec leurs habitudes antérieures. — A la suite des affections graves qui ont retenti dans le système cérébro-spinal (fièvre typhoïde, méningite, etc.), les ûiculiés intellectuelles sont lentes à se rétablir; les idées naissent avec peine, la mémoire chancelle, les mots se font attendre. Chez le vieillard, ces signes sont graves; s'ils tardent à se dissiper, on doit craindre qu'il ne récupère plus la pleine jouissance de ses facultés mentales. Les premiers essais de locomotion sont une épreuve pour les centres nerveux ; ils déterminent souvent des vertiges, de la céphalalgie, des troubles de la vue, des tintements d'oreilles, une disposition à la syncope, etc. Les fonctions sensoriales sont également modifiées ; la vue est trouble, incertaine ; les yeux, très-sensibles à l'éclat de la lumière, ne peuvent se fixer longtemps sur les objets qu'elle éclaire vivement. L'ouïe est souvent difficile, mais ce phénomène ne dure que quelques jours; plus rarement elle acquiert une finesse inusitée. Parfois le convalescent n'a pas

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le discernement exact des odeurs; mais, en général, son odorat s'aiguise; le goût revient promptement à son type normal ; les mets sont dégustés savoureosement, et c'est là un des signes du bon état des voies digeslives. La peau est plus délicate, le toucher pkis fin. La chaleur cutanée est halitueuse, uniforme sur tons les points, mais sujette à décroître rapidement par Texposition à l'air froid; les vicissitudes de température sont mal supportées. Quant aux mouvements, ils ont d'autant moins d'énergie et de précision, que la maladie a été plus grave et de plus longue durée; l'amaigrissement a porté en partie sur les muscles, qui sont flasques et décolorés : aussi les convalescents ont la démarche vacillante et sollicitent un appui; leur main étreint mal, leurs efforts sont disproportionnés avec le but L'incitation nerveuse n'est souvent départie aux muscles que par secousses irrégtdières; de là une disposition aux tremblements, aux convulsions^ La voix n'a pas repris son timbre et son étendue. Le sommeil de la convalescence rappelle celui du jeune âge, par sa durée, par sa vertu réparatrice, par le calme et la quiétude dont il s'accompagne; toutefois, si le système nerveux demeure encore surexcité, le sommeil est léger, s'interrompt facilement; une alimenution insuffisante le rend plus court : le médecin doit s'informer soigneusement des particularités qui s'y rapportent

La convalescence ne diffère pas seulement suivant les deux grandes coupes des maladies en aiguës et en chroniques; mais parmi les premières, il existe encore des différences notables sous le double rapport de la durée et des caractères de cet état Les affections catarrhales laissent après elles une faiblesse marquée, une dépression de la circulation, la tendance aux infiltrations séreuses du tissu cellulaire sous-cutané et sous-muqueux, une diarrhée qui résiste souvent aux médications. Les inflammations franches, alors même qu'elles ont remué l'organisme, sont plus rapidement suivies du retour compléta l'état de santé, grâce à l'activité de la réparation. Les pyrexies avec détermination vers le tégument externe ou interne, variole, scarlatine, fièvre typhoïde, etc. , pèsent longtemps encore après leur cessation sur les principales fonctions de la vie ; les forces ne reviennent qu'avec une lenteur extrême; les digestions se troublent fréquemment, des accidents divers sillonnent la convalescence et en éloignent le terme : de quelle sollicitude ne faut-il pas envelopper les malheureux qui viennent d'échapper à l'affection typhoïde, à une variole confluente, à une scarlatine maligne ? Leur convalescence est comme une seconde maladie, pleine d'embûches et de périls. Nous voyons de jeunes soldats, dans la fleur de l'âge et d'une constitution primitivement robuste, se traîner pendant des mois dans les langueurs de l'état valétudinaire qui succède à la fièvre typhoïde. La nutrition semble comme enrayée chez eux, et l'art flotte entre deux écueils, entre deux craintes également fondées : de les laisser dépérir par insuffisance de nourriture, ou de provoquer d'intarissables diarrhées par une alimentation dont il est si difficile de fixer la mesure et l'opportunité. A la suite des fatales intoxications qui se produisent à nos yeux par les phénomènes de fièvres éruptives, le sang tarde longtemps à recouvrer sa crase, et l'organiraie languit dans un état cachectique dont la durée est proportioondle à h

Kk h% U GOMVALBSCKNCt. [

quantité de» matières toxiques qu*il a reçues ec I la iMrce dépensée pour iev èlimiuaUoD. Les bémorrbagies de médiocre aiwodance marquent pM dans Torganismei mais quand elles sont considérables, il restitue lentement an aang les matériaux qu^dles lui enlèvent : la pâleur générale, les trpnblea de h dr* culaUon, les bruits de souffles cardiaques ei vasculaires, les palpitations, ta fûblesse des mouvements, une certaine aptitude aui convulsions, montrest la gravité de ces larges déperditions. Ce sont les névroses et les affectiona périn» diques qui comportent le rétablissement le plus prompts elles semUant ii*ia<* téresser que la modalité du dynamisme nerveux : entre leur guérisna nt la aanlé parfaite, la convalescence trouve à peine quelque place.

Les conditions de vie individuelles que nous avons étudiées plus haut fattt varier les formes et la marche de la convalescence. On comprend, eana ^/m noua entrions dans un détail superflu, le rôle que jouent les tempéraneniB» Ib idiosynerasies, le aexe et l'âge i les suites d'une maladie ne aont pas, à Jmgt ans» ce qu'elles peuvent devenir pour l'âge de décroissance confirmée; à la aoile d'une maladie qui a frappé un oi^gane héréditairement prédiposé, on le VttUera avec plus de défiance que s'il est I l'abri de toute suspicion de nature. La Cnrce de la constitution gouverne la marche.de la oonvalaaceMe oomme elle a gouverné celle de la maladie.

U n*est pas exact de dire que la durée de la maladie mesure celia de k convalescence. Il y a des maladies aiguës qui jettent les sujets qu'dkt nat frappés dans une proatration de- longue durée; d'un autre côté, des maladies qui ont aOecté une marche chronique présentent une fMsile œnvalescenoe : tam fièvre typboide peut guérir en vingt-cinq à trente jours et entraîner un éM valétudinaire de plus d'un mois; une scarlatine parcourt ses périodee dans un septénaire, et condamne ensuite à des précautions de longue durée.

Quelle est Tinfluence du traitement sur la marche de la convalescence? Celte question est d'une grande importance; mais elle ne peui être décidée, à cause de l'insuffisance des données cliniques que la science possède. Il y aurait lieu d'étudier comparativement les effets des principales médications sur la durée de la convalescence dans la série des maladies. On rechercherait ainsi, par exemple, quelle période de temps s'écoule entre la maladie terminée et le rétablissement complet de la santé dans la fièvre typhoïde traitée par les anti*- (ridogistiques, par l'eipectation, par les purgatifs^ par les chlorures, etc.; dans le rhumatisme articulaire aigu, attaqué par les saignées coup sur coup, par le suUate de quinine à haute dose, par le nitrate de potasse donné de 45 â kO grammes (Martin-Solon), par les procédés hydrothérapiques, etc. S'agil-il de la pneumonie, on déterminera la durée de la convalescence, suivant qu'on aura employé l'émétique à dose vomitive, l'émétique â dose contre<stimuIante, les députions sanguines dans une mesure moyenne, les saignées coup sur coup, la digitale, l'eipectation, etc. Bouillaud assure que, par l'application de sa méthode, la convalescence marche très-rapidement chez les péripneumoniques, et qu'ils sont en général revenus à leur état normal avant la fin du pranier rooia. Les résultats numériques qu'il a donnés viennent k Tappo}

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de cette assertion; qn'il en surgisse d'autres sur la même affection traitée autrement, et Ton aora un commencement de solution d'on problème fort sérieux. Toutefois les expériences qui sont nécessaires à cette fin présentent des di£Bcultés» et quelques- unes sont réprouvées par le sentiment d'humanité, «périeur aux besoins de la science ; elles auront une valeur générale, mais un peo vague, k cause des dissemblances des organisations individuelles sur lesquelles elias auront porié : tant de conditions individuelles locales, atmosphériques, épidémiologiques, etc., interviennent dans les recherches de cette nature, qu'il est chanceux d'en conclure avec rigueur. Ghomel a vu réussir la première année et échouer Tannée suivante l'emploi des chlorures dans la fièvre typhoïde ; sous l'influence des constitutions médicales, on voit les pneumonies céder plus facilement au tartre stibié on aux saignées; chez les enfants Barthex préconise l'expectation. La durée des convalescences est subordonnée à la spécialité des traitements, et varie suivant les mêmes circonstances que les résultats de la thérapeutique. En attendant que la statistique, appliquée avec précision et sincérité, fournisse les matériaux d'une solution exacte, nous croyons pouvoir formuler d'une manière générale les propositions suivantes : i** La durée et k solidité de b convalescence sont en raison inverse des déperditions que le traitement a fait éprouver aux malades. S'il est des organisations qui les réparent promptement, un plus grand nombre languissent longlemps dans un état de faiblesse et d'inactivité plastique qui fait de leur convalescence une seconde maladie ; c'est pourquoi TappUcalion outrée de la doctrine physiologique a fait beaucoup de mal entre des mains plus fanatiques qu'expérimentées. L'anémie produite par l'abus des déplétions sanguines est une source d'accidents secondaires, tels que l'oedème des membres inférieurs, Tanasarque, les épanchemeots séreux à l'intérieur, les diarrhées passives, les irrégularités de la circulation, le bruit de souffle qui s'entend avec le premier battement à la région précordiale, et plus particulièrement les bruits vasculaires de soufifo, semUaUes k ceux que présentent les sujets chlorotiques. Ces accidents sont lents k se dissiper; parfois ils suivent une irrésistible progression de gravité, et les individus, débarrassés d'une phtegmasie locale, succombent, après la déclaration de leur convalescence, aux conséquences d'ime tbérapeutk{ue dont les prévisions se sont concentrées sur un seul but, la'gnérison de la naladie à tout prix. S'H faut, suivant l'avis salutaire de Celse, ménager dans la santé les ressources de k maladie, il n'est pas moins important de ménager dans le traitement de la maladie les ressources de la convalescence. Andral Ta reconnu (ioc. cit.), on diminue plus aisément les globules du sang qu'on ne les régénère. Ce résultat de l'observation microscopique confirme le précepte que nous donnons avec les praticiens sages de Ions les temps. 11 est femarquable que les pertes directes de sang se réparent plus diflBciiement que les spoliations opérées par l'emploi des purgatib ou des vomitifs. Nous n'avons pas nombre les faits de notre pratique qui nous suggèrent cette réflexion ; mais elle résume les souvenirs fidèles d'expériences souvent faites comparativement sw plasiears sériai de malades atteints d'une même affcction, et traitéSi les

ÎM DE LA CONVALESCEHCft.

nm par lesémisBions sanguines, les autres par les pnrgitjfa seub ou précédés

d'on vomilif. IJinCme ubsertaliou a été faite par beKicoup de (Miliciein.

2* La prolongation et i'anslërité de la diète influent lar la durée et la sotidîlé de la convalescence, uon-sculement par le défaut de réparation, Duii eoccffe par l'inaptitude ultérieure des organes gaatro-intestinani I digérer conTenaUeinent ipris un long repos. Les muscles condamoéa i rimmobflilé |iar l'applicalion d'un appareil dr fracture s'atrophienl, se décolorent, m ramoUissPhl, perdent leur souplesse et leur contractililÉ; la tunique mosMleuse du lube digestif subit des cliangumenis analogues par l'inertie d'ane diète sévèrp et soutenue ; en même temps les glandes mucipaies sécrètent moios ov vei-sent des fluides aliérés, roxcilabilité de la muqueuse s'émousse on s'awpère, et, dans les deux cas, ne répond plus au type régulier de la foncUon ^gcêr tivc. L'alinientation , lorscpi'enfin on y retient, détermine une «imnlatiui ^n dépasse souvent lalimile physiologique, et l'on voit survenir ou renaître, duM te convalescences conduites à cette guise, des mouvements fébriles, des irrititioai, des i-ecrudescences de foyers phlcgniasi<iues d'autant plus redoutibles, qil n'est plus [lossible désormais de les combattre avec énergie; le médecin ante alors avec la douleur morale de l'impuissance an s|)eciacle de maladies aigoBs sévissant sur des sujets épuii^és et qui amènent des désui^anisatbnB rapwfai, éleudues. Nous proscrivons l'abus, non l'usage de la dif^te; elle doit étn rigoureuse dans la |>ériode initiale des inflammations et d'autres aOectitMM <pf révèlent h leur début la forme phlegniasique ; mais di^s que l'eiercice en oi^anes dtgesiils ne fera plus craindre une aggravation locale ou nne rétcllÉa générale fâcheuse, il faut s'empresser de nourrir le malade : ce sera pMt pour la convalescence. '

3" Dans le traitement des maladies aigués, les émissions sanguines, répéléa ï courts intervalles, prolongeront moins la convalescence que si elles aont réparties eu somme d'ailleurs égale sur un plus grand nombre de jours : ks convalescents de pneumonie aiguë traitée coup sur coup se rétablissent pins vite que ceux de bronchite capillaire qui ont éprouvé une égale perte de amg, mais par des déplétions snccessives moins abondantes, pratiquées dans nu plus long espace de temps.

Trop souvent on croit à la convalescence là ou la maladie, dépouillant la forme aigué, passe, après une amélioration trompeuse, k l'étal chronique, on ne disparaît que parce qu'il s'est développé sur un autre point une lésion nouvelle, produit d'une sorte de métastase. Un rhumatisme articulaire cède, mais une endocardite a débuté sans trouble notaUe et laissant au malade l'illusion du réublissement ; une cniéro-colite se tait, mais la paroi abdominale, frappé légèrement par le doigt, frémit d'un cercle ondulatoire qui la t^rcourt instantanément, il existe un commencement d'ascite; la rougeole a parcouru ses périodes, mais elle lusse i sa suite une bronchite profonde; celle-ci diminue il son tour, mais elle a hit germiner le tubercule dans de* poumons (Hvdisposés, etc. Ces états de pseudo-convalescence, dont les exemples fourmillent, afqwrtieonent i la clinique,'iwn k l'bygièiM; Ja sodété est peuplée de valétudi-

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naires à qui Ton recommande banalement de prendre leorsmanx en patience, et qui, examinés de près, portent dans leur flanc le trait morteL

La conduite des conyalescences est besogne d*hygjène : quelles que soient leur nature et les conditions mobiles de Tindividualité, elles exigent une somme de précautions générales que nous devons indiquer.

Les variations de température, l'action de Tair froid et sec, et plus encore de Tair humide et froid, sont à redouter pour les convalescents dont le pou- Toir calorifique est abaissé; il convient de leur procurer, dans Tintérieur de leurs habitations, une chaleur constante de 15 à 18 degrés centigrades, de fixer leur demeure à mi-côte, sur une colline médiocrement élevée, exposée au sud ; d*y ménager un large accès à la lumière et une aération fréquente; ils auraient à souflnr d*une chaleur trop intense qui augmente la faiblesse par une transpiration excessive, et réagit d'une manière nuisible sur les organes de la digestion. On corrige l'humidité de Tair des appartements en y disposant des vases contenant du chlorure de calcium. On a soin d'écarter toute cause de viciatioD acddenlelle de l'air; précaution facile dans les habitations privées, mais impossible dans les hôpitaux, où les convalescents sont mêlés aux autres malades (1) : ce déplorable système de promiscuité a fait et toui les jours fait encore bien des victimes (voy. 2' partie, Hôpitaux). Les conditions de l'air sont essentielles, sans elles point de rétablissement; mais leur salubrité est relative aux individualités : tel s'accommodera mieux du séjour dans les montagnes, tel autre do séjour au bord de la mer, etc. ; il devient souvent iodispensaUe de prescrire un changement d'air pour consolider la guérison : « En général, dit Reveillé-Parise (2), il y a pour chaque homme une sorte de milieu réparateur et conservateur où il semble vivre mieux et plus ; c'est là ce que le médecin doit chercher avec soin. Mais on peut dire que, toutes choses égales d'ailleurs, ce milieu est la campagne pour le citadin pâte, énervé, souffrant, épuisé par les passions, par les jouissances ou les maladies. »

Les vêtements de laine absorbent la sueur^ préservent d'un brusque refroidissement, déterminent sur toute la surface cutanée une excitation salutaire; leur ampleur, leur légèreté, laisseront aux mouvements leur aisance ; point de constriction nuisible à la liberté de la circulation. Les pieds, prompts à se glacer, doivent être enveloppés de bas de laine très*chauds, et recouverts d'une chaussure légère, mais préservatrice du froid et de l'humidité. La tête, qui se dégarnit souvent d'une partie de ses cheveux, doit être protégée contre l'impression du froid et débarrassée des matières qui se déposent sur le cuir chevelu ; mais ces soins doivent se donner de manière à ne causer aucune fatigue à celui qui les reçoit Les bains tièdes, savonneux, nettoieront le tégn- .

(1) La création des asiles de Vincennes et du Vésinet, depuis que ces lignes ont été écrites (i844), répond en partie à cette grande indication d'hygiène publitiue : l'avenir comporte l'extension, la multiplicité de ces institutions et leur adoption dans tous les centres considérables de population ouvrière.

(2) ReteiUé-Pariae, Èitides de F homme daru Cétal de santé et dans l'état de maladie. Paris^ i8ft5, t. I^ pb 208.

M, UvT. Hjgièiie, 5* Éoit, l. <— 17

M ht U COMVALISGSMGK. [gTMÉit

ment externe; peu prolongés, Ib n'afliibliront point; raifis de frictions sèches avec la main, «fec une brosse douce on de la flanelle, ib auront TaTantage de stimnier les ibnctions cotanées. Le linge do corps sera renoufeié fréquemment et les effets du couchage exposés à Tair et au solelL

Reveillé-Parise a ramené à quatre règles principales le régime alimentaire de la oon? alescence :

1* Proportionner la nourriture, non I la faim do convalescent, mais I b Eiculté digestive de Testomac.

2* Manger peu et souvent.

S* Soumettre longtemps les aliments I la mastication. - &* Choisir les aliments le plus en rapport avec la tolérance gastrique et consulter pour ce choix les habitudes individuelles, en tant qu'elles ne sont pu Bubibles.

La gradation adoptée dans le régime des convalescences, à la suite de maladies aigués, est la suivante : le bouillon de poulet, le bouillon de bœuf coupé d*cau par moitié, par tiers, puis pur ; de légers potages avec un peu de fécale dalr-seroée (semoule, tapioka, sagou, riz), des laits de poule, quelques oonsem^ de fruits; on arrive ensuite aux ceu6 frais cuits à la qpque, I des légumes herbacés (chicorée, laitue, épinards, etc.), un peu de chair de poisson et une petite quantité de pain bien cuit et léger ; en même temps on accorde aux repa9 une ceruine dose d*eau roogie par un vin peu chargé d'al* GOoL Enfin, si nul accident ne rompt le cours paisible de la convalescence, on rend le régime plus substantiel en permettant Tusage d'abord des viandes blanches, puis des viandes faites et rôties, etc. ; un peu de vin pur et généreux active les digestions ; on le prescrira de bonne heure aux sujets épuisés, mais exempts de susceptibilité gastrique, surtout aux vieillards, qui ont tant de peine k se relever après toute maladie un peu grave. Dans la dispensation progressive des modificateurs alimentaires, on doit tenir compte avec rigueur de la manière dont chacun d'eux est supporté, des sensations qu'éprouvent les convalescents dans le passage d'une nourriture à une autre, des effets qu'elle produit Le médecin se défendra d'une condescendance périlleuse aux goûts des malades ; il ne cédera point à leur désir de recouvrer promptement leurs forces par une alimentation copieuse et substantielle ; il n'augmentera la prescription de la veille qu'avec mesure et circonspection ; survient-il quelques phénomènes précurseurs d'une rechute, tels qu'une diminution d'appétit, un peu de chaleur à la peau, l'amertume de la bouche, etc., il faut reculer sans hési- Uition et imposer l'abstinence à l'indocilité murmurante du convalescent Les excrétions méritent une surveillance particulière : tantôt il y a des sueurs qui énervent et qu*il faut arrêter, tantôt les urines coulent difficilement à cause de la diminution du ressort de la vessie; la constipation est un phénomène babitoel chez les convalescents et doit être combattue par de légers minoratib, des lavements et surtout par une diète rafraîchissante. Les pollutions qui se répètent jusqu'à débilitation seront combattues par l'exercice musculaire» les

MlVftt] DE LA CONVALESCEMGI» t5f

lolioos froides sur les parties sexuelles, par réloigncmeul de tout ce qui peut éveiller le désir vénérieu. Le rappel du flux menstruel fournit des indications particulières chez la femme.

Les premiers jours de la convalescence se passent au lit. Celui-ci ne doit être ni trop dur ni trop mou; le crin, la laine, la zostère, seront préférés à la plume^ qui s*impr^e de miasmes et provoque la transpiration; les couvertures ne doivent pas être trop pesantes ni trop chaudes; la néceesité d*ime douce ventilation autour du lit empêchera de le réléguer dans une alcôve et de Temprisonner dans de larges rideaux. Bientôt le convalescent pourra sortir de sa couche, passer quelques heures dans un fauteuil près d'une cheminée, si Fair du dehors est froid, et non loin d'une fenêtre si la température le permet; la vue de Thorizon, des jardins, de la verdure, récrée sa pensée et Faffranchit des préoccupations aturistantes. Que s'il vient k essayer une première promenade de courte durée dans la salle d*abord, puis k Tair libre, il en éprou-* vera un bien-être sensible; la circulation se régularise, la chaleur se répartit plus également L'exercice de la voiture précédera celui de b promenade à pied; mais Tun et l'autre seront doux, modérés, jamais poussés jusqu'à la fatigue; ib auront Heu aux heures où l'air a son maximum de pureté, c'esinàdire en été le soir, au printemps dans le milieu du jour, en automne le matin.

L'extrême Impressionnabilité des convalescents commande qu'on éloigne d'eux toute cause d'agitation morale et intellectuelle : point de conversationi prolongées, point de Kctures qui exigent la contention de l'esprit, point de communications émouvantes ; l'excès du rire et de la gaieté ne leur convient pas plus que les concentrations mélancoliques; sous l'influence des excitations morales, on les voit pâlir, rougir, se crisper, éprouver des spasmes, deséuiuffements, etc. Le silence de la campagne et le calme que procure une dlspen* sation sobre et réglée des choses de l'hygiène réagissent d'une façon heureuse sur l'âme et sur l'intelligence. Quand la nostalgie n'a pas compliqué la maladie, c'est â cette époque qu'elle se fait sentir, et le convalescent qui soupire après le ciel de la patrie doit être satisfait dans le plus bref délai

Le résultat total de ces soins et de ce régime appliqués aux convalescents se traduit, lorsqu'ils en profitent, par un accroissement de la force manuelle et du poids du corps ; il peut être évalué avec précision par des pesées réitérées et par h mesure de la puissance musculaire : la balance et le dynamomètre ne doivent pas plus répugner au médecin que le plessimètre et le stéthoscope. C'est avec une raison pratique que Fonssagrives insiste sur l'emploi opportun de ces moyens d'appréciation exacte de la marche des convalescences (1).

(1) P<«iiagrives, Hygiène alimfntairc deê maiades^ dee convalescents et des valétu^ dinairesy 2« édition. Paris, 1867.

DES MODIFICATEURS. — CIRCUIIFCSA. [RCltm

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