MM
L*aaote est-il absorbé 00 exhalé? Est-il tour à tour rejeté ou puisé dans Taimosphêre soif ant les besoins de l'individu ? Les expériences de Dolong et Daspretz présentent une exbabtion d'azote notable et constante ; deux expériences seulement sur dix-sept, biles par Duloog, n'ont donné ni exhabtion
(1) Las aalsors sont lob êa s'aeeorder lur la quantité d*air consommé dans chaque
rsspiralioa. Nous avoos em devoir tdoptcr la donnée de Dumas, puisqu'elle confirme par
b eslml le rétoK*^ ^ rechereiwf d' And rai et de Oavarret, reeherchet dont ce dernier
MUS a déinood^ J'^xaetitade for Tappareil même qui a tenri à les laire. Davy évalue la
foaatifé 4*Mir ' 0P^^ ^ expiré daiu chaque respiration de 10 à 13 pouces cubes d*aîr
■* Om.f, OùOiga à '^^'^ ' tMUm, k 30 pouces cubes = 0«' ,000594 ; Allen ei Pepys,
A 16 i/2ss om û^^^^^'* Hernies, kàO^ 0a«y000782. Burdach (Traité de physio-
PUYÉi] ATMOSPHiRE* — COMPOSITION CHIMIQUE. 359
ni aboorption; rexhtlation d*azote a été constatée dans deux cents expériences au moins par Despretz, qui en fait une loi générale. Ainsi on ne peut affirmer que la respiration enlève de Tazote à Tair ; mais il est certain qu'elle en dégage. Bertbollet, Nysten, Treviraqus avaient été conduits à celte opinion par leurs expériences avant Despretz, et elle est confirmée indirectement par les recherches de Boussingault, qui ont prouvé qu'on ne retrouve pas dans les excréments ni dans les urines la totalité de Tazote fourni par les aliments. Les belles recherches de Regnault et Reiset (1] , en Allemagne celles de R. F. Marchand (2), sont venues confirmer l'opinion d^Edwards, qui admet que le dégagement et l'absorption d'azote coïncident toujours pendant la respiration, et que Ton n'observe jamais que la résultante de ces deux effets contraires; les deux expérimentateurs ont vu que les mammifères, soumis à leur régime alimentaire habituel, dégagent toujours de l'azote, mais en très-petite quantité, presque toujours moins d'un centième du poids de l'oxygène total consommé : sous l'influence deTinanition, l'absorption d'une proportion éqliivalente d'azote s'observe presque constamment chez les oiseaux, très-rarement chez les mam* inifères. Si, après plusieurs jours d'inanition, l'animal passe à une alimentation très-différente de son régime habituel, il absorbe souvent encore de l'azote pendant quelque temps; le fait constaté chez des poules, se répète chez l'ani» mal souffrant par suite du régime auquel il est soumis.
Tels sont les changements principaux que subit par l'acte de la respiration le mélange d'oxygène, d'azote et d'acide carbonique qui constitue l'air atmo* sphérique. Respires isolément, ces trois gaz sont impropres à l'entretien de la vie. i^ L'oxygène peut être respiré par l'homme pendant près de dix minutes; il accélère la circulation et procure une sensation de bien-être et de chaleur dans la poitrine ; les animaux y meurent plus tardivement que dans l'air non renouvelé. La théorie porte à supposer que l'exhalation d'adde carbonique doit augmenter quand la respiration a lieu dans l'oxygène : c'est ce qui résulte en effet des premières expériences de Spallanzani et de Allen et Pepys ; mais ces mêmes observateurs sont arrivés depuis à des résultats différents. Davy, après une expiration prolongée et faite avec effort, respira pendant une demi-minute et par sept inspirations profondes, 102 pouces cubes de gaz oxygène; il expira 5,9 pouces cubes d'acide carbonique, tandis qu'après une seule inspiration ordinaire de 100 pouces cubes d'air atmosphérique, il expirait (i,5 pouces cubes du même acide. La respiration des animaux des diverses classes, dans une atmosphère renfermant deux ou trois fois plus d'oxygène que l'air
/ogie, 1. 1\, p. li9S) explique ces différences par celles des sujets mis en expérience ; ce qui nous paraît forcé, car les différences d'âge, de vigueur musculaire^ etc., ne peuvent faire varier le résultat de 10 à àO. Lui-même s'arrête au terme moyen de 18 poueM cubes = Qm.c.^ 000356; calculée d'après cette moyenne, la respiration ferait passer en 2à heures, à travers les poumons, A66 000 pouces cubes d'air = S«'C.,226800.
(1) RegnauU et Reiset, Annales de chimie et de physique, 184S, t. XXYI, p. 5i0.
(2) R. F. Marchand, Journal fur practische Chemie, t. XLIV, 1848.
880 DIS HODinUTEDRS. - CIRCOIOnU. ItfoAn
Donnai, lie pi-ésenie aucune dilTérence avec celle qui s'exécute dani Titm^sphère terrestre ; même consomma lia a d'otygène, même rapport enin l'oKygène contenu dans t'acide carbonîiiue et l'oxygène total consommé; nHM exhalation d'azote : qoe deviennent, îi côté de ces faits consistés par ira fli^iriraentateur tel que Regnault, les spéculaiions hygiéniques et tliérapentîqMi de Deslandes (1) sur l'emploi hygiénique et thérapeutique d'un tir plii chargé d'o:cygëne que l'air ordinaire? La diminulioQ, dans certaine! Imiifcl, de la tiuaniité d'oxygène inspiré est également sans iuQueuce sur la reipintîiB, les globules sanguins s'emparant de tout l'oxygène qu'ils peuvent eoienri l'air, pourvu que celui-ci ne coutienoe pas un excès d'aride carboiiiqne. Sur les plateaux de l'Amérique ceutrale et sur le littoral de la mer, les plutnomtotl chimiques de la respiration sont identiques, et cependant dans les nllsiilB Puno et de Potosi, situées à ^OOO métrés au-dessus du niveau de la ma'/lei 12 000 habitants de la première de ces villes et les 30 000 habitaoïs de il seconde n'introduisent dans leurs poumons, â chaque inspiration, quslesdMX tiers envii-on de la quantité d'oxygËue que l'on respire sur les côtes de l'Océii (Liebig). '2' Les eipériencfS de Spallanxani, de Huniboldt i Cnllardde Martigny, Nysteu et Coulauceau, prouvent que, par la i du gaz azote, il s'exhale de l'acide carbonique : ces deux derniers, après w respiré de l'azole pur, out toujours trouvé dans l'air qu'ils expiraient 0,(1 0,05 (2 à 2,5 pouces cubes) d'oxygène. Néanmoins la mort a mencdanslegazazole; et si quelques gorgées seulement de cegazpeuratt4ue respirécs sans péril, les chiens y périssent au bout de cinq minutes (NjatH). 3° Le gaz acide carbonique, lorsqu'il est inspiré pur. entraine protspteaieiit l'a^hyxie; de pins, les eipérieDces de Nysteo ont lait voir qu'il renverse les phénomènes chimiques de ta respiration ; en effet, ayant asphyxié au t>out de deux minutes un chien avec 1056 centimètres cubes de ce gaz, Nysien trouva que 3&6,08 avaient été absorbés, qu'il avait été exhalé au contraire 9,86 d'oxygène et 266,22 d'azote. Si l'on inspire de nouveau de l'air qui vient d'être expiré, et qui est par conséquent chargé d'acide carbonique, l'exhtlalioo de ce dernier gaz diminue (expériences de Davy, Allen, Pepys et Nysten). Conclusion ; le mélange de ces gaz dans les proportions indiquées plus haut est indispensable i l'entretien de la respiration : l'homme meurt dans l'azote et dans l'acide carbonique, moins par l'action de ces gaz que par l'absence de l'oxygène (2] ; car, quand même l'acide carbonique est absurbé an fur et i mesure de sa production, la gène de la respiration augmente en raison inverse de la quantité d'oxygène qui reste (Ldwards, p. 200}; mais l'oxygène
(1) DMiaade», Dictionnaire de médecine et de chirurgie pratiqua, t. XJL art. OXTCtHR.
(2) Toutefoia lei sxpArieacei de Gollard de Mirligny ont conUrmé l'opinion de Lavoîiier lur Im effali dAlAtérei da gaz acide carbonique ; ces effeli se font «enlir par te limpte contact avec la surface de la peau, lei organes respiraloirea recevant d'ailleun de
vmtg] ATMOSPHÈRE. — COMPOSITION CHIMIQUE. 361
Ini-niême doit être divisé par l'interposition des molécules de l*azote qui lui sert d'excipient, comme Teau sert de Tébicule à l'air nécessaire à la respiration des poissons, comme les principes alimentaires qui sont ingérés dans l'estomac ont besoin d'être en? eloppés et divisés par une juste proportion de matières non nntritifes.
Le sang subit à son tour des modifications essentielles : de noir il devient vermeil; phénomène qui paraît avoir son siège dans les globales dont la quantité augmente dans le sang artériel (Lecanu); il en est de même de la fibrine, qui s'accroît et s'élabore par la respiration. Le sang artériel contient moiBS d'eau proportionnellement à ses matériaux solides; il présente moins d*albnmine, d'extractif, de matière grasse et de sels (Lecanu, Denis) : diminution qui, toutefois, n'a pas lieu d'une manière constante. Le sang artériel diflère encore du sang veineux quant à la proportion des gaz que l'on en peut tirer. D'après Magnus (1), le gaz fourni par le sang veineux donne 1 oxygène et 8 è (i acide carbonique ; tandis que le gaz tiré du sang artériel se compose d*oxygène pour un tiers et presque pour la moitié. Gollard de Martigny a constaté chez des animaux qui avaient respiré librement deux fois plus d*acide carbonique dans le sang veineux que dans le sang artériel; mais quand Télimination de cet acide était suspendue par la ligature de la trachée-artère, il abondait en proportion égale dans les deux sangs (2). Ces faits ont conduit à penser que l'acide carbonique ne se produit point dans les poumons, et que la respiration avait pour seul effet de le séparer dd sang; l'oxygène inspiré serait absorbé par les poumons, entraîné avec le sang artériel dans les différentes parties du corps, et après avoir servi, dans les vaisseaux capillaires, peut-être à une oxydation (Magnus), mais certainement aux actes les plus importants de la nutrition, il reviendrait s'exhaler sous forme d'acide carbonique dans l'air expiré. On s'explique ainsi comment la respiration dégage de Facide carbonique même en s'effectuant dans un gaz qui ne contient pas d'oxygène, et comment la quantité d*eau et d'acide carbonique expirés peuvent augmenter dans l'air raréfié et chaud qui renferme moins d'oxygène.
Chez les animaux inférieurs, la peau est la surface de respiration ; chez les poissons, les batraciens et les sauriens, cette fonction s'accomplit et par la peau et par les poumons : de là l'opinion qu'il s'opère à la surface cutanée de l'homme un échange le gaz analogue li celui qui s'effectue par la respiration. La peau humaine absorbe 1/50 ou 1/60 de la quantité d'oxygène que prend le
(1) Magnus^ Annales de chimie, t. LXV, p. 185. Il est intéressant aujourd'hui de rappeler que, dans son Essai sur la physiologie du sang, publié en 1823, Krimer ti^alait dans le sang Texistence d'une vapeur composée de 52^7 de gaz oxygène, de 27,3 de gaz acide carbonique et de 20,0 de gaz hydrogène : la première de ces évaluations s'éloigne peu de celle de Magnus pour l'oxygène du sang artériel. (Versuch einer Physiologie de9 BluteSyp. 177-185. Leipzig, 1823.)
(2) Gollard de Martigny, Journal de phynologie^ par Magendie, t. X, p. 27.
Ml MS aODIFICATEURft. — CIBCOSSià.
Toioiie o^est plus là pour les détroire, ec foQà su» dôme ce
de rapparitîoo da cboKra. L'obeenratk» proone, dit Boedidlt qoe
tiuargiè d'émaïuilioiis palodiques, l'ozone ne se prodok point Or,
riences directes ont démontré le pou? otr désinfeciant de IV
putréfiées perdent leur odeur et se purifient complètement dans
spbère omnisée. la décnnssanoe du cbolén a toujours coïncidé avnc le.
deToione.
A une certaine distance de la surfiice terrestre, l'ouonoscope jours une proportion relatif ement beaucoup plus grande d'ouoncL Snr la iMrmede la cathédrale de Strasbourg, Boedcd Ta tu coartammeBC se au-deiBus de la moyenne, tandis qu'en Tille, oà régnait le choMn, jl le plus souvent zéro. Ce n'est point que l'ahitude sok le régulaleur ahaohLds d^ré d'oionisation de l'aimosphère, car Foione a lait défant ibne^dcnisai plus élevés que la plate-forme de la cathédrale de Strasbourg; mais Boedul en conclut que l'ozone se prodoit d'auunt plus constamment, qoe le iniat d'exploration est plus éloigné de la surface du ^obe; suifant hri* ks miaames qui empêchent l'oiooe de se produii^e ne s'étètent guère à phn A IM à 70 mètres au-dessus de leur lien d'origine, et c'est ce qoi Papparition du choléra dans des localités que leur altitude semblait piescrver.
Après dix-buit années de recherches et d'observations, l'auteur de kdéréouverte de l'oione, résumant et discutant tous les fûu produits, oondnt^pe 'Penone constitue une partie intégrante et normale de l'atmosphère, et .^'ca Tenu de son pouvoir éminemment oxydant, il agit chimiquement sur les gv et les Tapeurs oxydables qui se dégagent des substances terrestres. Tont le monde sait que la putréfaction des matières organiques azoïées donne naissance à des produits vaporeux d*une odeur désagréable qui se diffusent dans Tatinosphère : Vozone naturel^ comme f ozone artificiel, quelle que soit leur nature chimique encore mal définie, a la propriété de les détruire, à l'instir d'autres agents oxydants tels que les permanganates, les hypochlorites, etc. Si nous ignorons comment les miasmes portent atteinte à la santé, à la vie, personne n'ignore la haute valeur hygiénique d*un air pur et la nocuité certaine d'un air chargé de ces miasmes : Tozone, signe constant de l'un et toujours absent de l'autre, nous apparaît donc comme un agent de purification et d'assainissement D'après un ancien élève de Schœnbein, Scharr (de Berne), les infusoires sont tués immédiatement par le contact des substances ozonées, comme par les permanganates et les hypochlorites, et cet effet, il l'attribue à l'action de l'oxygène actif sur les matières albuminenses contenues dans ces animalcules : l'ozone n'agirait-il pas de la même manière sur les germes animés de certaines maladies, sur les animalcules microscopiques qui s'introduisent dans l'organisme par les voies respiratoires ? Et pour passer de l'hypothèse à la réalité vulgaire, d'où procède le bien-être, le salubre épanouissement du citadin qui se dérobe aux rues et ruelles de la grande ville, dès qu'il
Ptivil] ÀTMOSPHlEllS. — PÉRIODieiTÉ MÉTtOROLOGIQUE. 365
alteiût sa ¥ilh à la campagne, son cottage entouré de verdure? Soucis, bbeurs, f>assions l'y soif ent ; son régime y est le même qu'à Londres, à Paris ; cherchez hien : une seule différence se révélera à votre enquête : l'air de la campagne est ozone, celui de son hahitation urbaine ne Test point
Au point de vue hygiénique, on doit tenir compte du degré d'ozonisation des substances qui entrent dans notre régime ou dans nos modificateurs : les huiles essentielles, les huiles grasses, les éthers, le chloroforme, etc. , sont ozonisés par leur exposition à la lumière solaire. Mais l'application la plus efficace que suggèrent les faits précédents, consisterait à ozoniser fortement Tatmosphère quand cet élément y manque, pour détruire les miasmes: Boeckel n'a pas réussi k développer artificiellement beaucoup d'ozone dans une salle de cholériques. Choisir une habitation sur des lieux élevés, rechercher le soleil, qui est un excitateur de l'ozone, respirer les émanations balsamiques des végétaux qui ont un pouvoir ozonisant^ vivre sur les bords de la mer dont l'évaporation déverse incessamment de l'électricité positive vivifiante, etc., tdles sont, avec quelques modifications appropriées du régime, les règles hygiéniques qui se déduisent des données les mieux acquises sur le rôle de l'ozone atmosphérique; elles ne diffèrent pas de celles que suggère l'étude de l'électricité, parce que l'ozone n'est qu'une forme de l'oxygène électrîsé et marche parallèlement à cet impondérable. Les variations de l'ozone étant liées, comme celles de l'électricité, aux conditions de température et d'humidité, il s'ensuit qu'on est exposé à lui imputer des effets physiologiques et pathologiques qui procèdent d'une étiologie complexe, Uen que totalement météorologique. La constitution inflammatoire que Boeckel attribue à l'excès d'ozone, d'autres la rapporteront an froid sec qui coïncide avec ce développement d'ozone. Malgré ces équivoques et ces confusions, l'intérêt qui s'attache aux études sérieuses de météorologie nous a porté à relater les faits et les opinions les plus plausibles au sujet de l'ozone. La science a ses pressentiments, et la question de Tozooe lui offre un point d'appui pour des recherches qui ne manquent ni de précision ni de portée.
VJL — Périodidti météorologique.
Nous avons vu que les phénomènes météorologiques sont soumis pour la plupart à une loi de périodicité nychthémère; beaucoup d'actes organiques présentent paiement des alternatives régulières d*augmcntation et de décroissance, une sorte de flux et de reflux qui n'est peut-être pas sans liaison avec les marées aériennes et océaniques. Les phénomènes pathologiques suivent nécessairement les vicissitudes des fonctions auxquelles ils se rapportent. Pendant la nuit, la digestion se fait plus lentement; la respiration est plus faible, plus rare; sa fréquence peut tomber de vingt à quinze inspirations par minute; d'après Proust, c'est de dix heures du matin à deux heures après midi qu'il s'échappe le plus d'acide carbonique par les voies respiratoires, et c'est l# nuit
3w Dta voDinuTBoits. - oscmnik' [nMi
de kYie plwtiqne et de b rie de relation redoaUeat dlMemilé. Vkj^imélt pn^Ur de ces indicatioDs.
Vin.
La périodicité mensuelle ou, pour parler plus eiaclement, qDadrtseptiniï' naire (de quatre semaines] a peu de liaison avec lï'tat fonctionnel de l'oi^ nisme. I-a nieii:<truation Eurvieiit iDdisiinciement i toutes les phases de la lune; l'inQuence attribuée aux néoménies sur l'écoulemeni du sang cataménial cha les vierges, est de pure imagination; on peut en dire autant de celle do pleines lunes sur les attaques d'apoplexie, d'épilepsie, de manie, etc. LaîssoQt Schnurrer éiiumérer com plaisamment les [ails de coïncidence plus on mwiB démontrés entre les vicissitudes d'aggi'avatlon et de mortalité des êpiilétnîes ei les phases de la lune, afin de faire ressortir TinOuence decet astre sur la tnarcbr des maladies contagieuses. C'est en ce snjei qu'on a fréquenimeni abusé dn sophisme : Pont /loc, ergo propter fior. Nous avons parlé plus haut de» dérangements mensuels qui, suivant Sanciorius et Gall, surviennent daa^ li santé des hommes d'un certain âge. La température et l'état fiygronométriquG de chaque ntois sont des causes plus réelles de modifications dyuatnii}»» et statiques.
L'air et l'eau sont les deux fluides universels de la nature, et leur ^nde est d'une égale importance ponr l'bjrgiène. L'étit de l'un est intimement lié avec celai de l'autre; ce que l'air recèle, l'eau peut l'absorber; et ce que l'eu absorbe ou dissout, elle peut aussi l'abandonner ï l'air. L'hydrologie fonniil les renseignements les plus certains sur la salubrité des climats et des localitis, et. tandis qu'un grand nomlH'e de causes qui allèrent la constitution de l'air échappent encore â nos moyens d'analyse, nous parvenons à nous rendre compte assez exactement du mode d'action des eaux sous le double rapport de leur composition et de leur dtïtrjbutioa il la surface du sol. La quantité des pluies annuelles qui se déchargent sur une région du globe, le mode suivant lequel elles lui sont dispensées, le système d'irrigation naturelle qui en résulte, le parcoors des eaux et leur écoulement, les réservoirs qu'elles fortnent, la surface totale d'évaporation qu'elles présentent, les matières qu'elles durrient ou qu'elles déposent, etc. , exercent l'inQuence la plus directe et la plus énergique sur la fécondité de la terre, sur la variété et les qualités de ses productions, sur l'aspect extérieur et la sauté des races animales qui l'habitent. Hippocrale a dit : Oi yàf oTav vt tr/psv iripu 'mimai ujup, une eau ne r
pkjtée] 'des eaux. 369
point à une autre eaa (1) ; ajoutons qu'à ces différences de la nature des eaux correspondent des différences profondes dans la nutrition et la vitalité des êtres organisés qui s*en abreuvent ; aussi le médecin de Cos, s*il a parfois erré dans l'explication des causes, a largement compris les eflets produits par les diverses espèces d*eaux.
L*bomme en particulier subit l'influence des eaux par plusieurs voies : 1* en imprimant les qualités spéciales aux produits do règne organique, eBes modiûent consécutivement sa nourriture, et par conséquent la composition de son fluide nourricier; 2° ingérées sous forme de boisson, elles passent directement dans la masse liquide de son organisme; 3^ épancbées dans i*air sous forme de vapeur, elles sont en contact avec sa ^urùce t^umentaire qui s'en imprègne, et elles agissent sur l'absorption pulmonaire et cutanée. De tontes ces manières elles établissent entre le sol et lui une circulation jamais interrompue. Enfin, leurs cours naturels, les rivières, les lacs, les fleuves, les mers qu'elles forment par leur répartition sur le globe, en même temps qu'elles représentent l'un des éléments les plus énergiques de la climatologie, servent aux communications des hommes réunis en société; elles ont été les premiers conducteurs des échanges du commerce, les premiers motenrs de l'industrie et les artères naturelles de la civilisation.
Répandue dans les trois règnes, l'eau constitue à l'état solide les masses éternelles des glaces accumulées sur les régions polaires, et les neiges qui^ de réquateur aux pôles, couronnent, à des hauteurs inégales, les sommités de notre planète. Les glaces annuelles ont aussi leur utilité : daus les mers du Nord, elles oflrent presque tous les hivers une voie commode et rapide de communication entre des rivages éloignés; le fleuve Saint-Laurent envoie, chaque année, dans l'Atlantique, une flotte chargée de glaces qu'attendent les populations des régions inter tropicales. Liquide, elle emplit le vaste bassin des mers : les recherches de Rigaud, d'Oxford, ont montré que l'étendue de la surface du sphéroïde terrestre non recouverte d'eau est à l'étendue que baignent les mers dans le rapport de 100 à 270. L'eau est le principal agent des changements qui s'accomplissent incessamment dans la croûte solide de notre globe, changements dont les uns sont le résultat de son action mécanique et dont les autres sont dus à sa puissance chimique. A-t-eile dissous un peu d'oxygène, un peu d'acide carbonique, des traces d'acide phospborique ou d'acide azotique, c'est assez pour qu'elle désagrège lentement les minéraux dont se composent les granités, les porphyres, les basaltes, pour qu'elle enlève à toutes les roches cristallines l'acide silicique, les alcalis, les bases terreuses; elle portera ensuite aux plantes, aux animaux, des matières que la vie transforme en tiges végétales, en carapaces, en squelettes. La semence jetée dans le sol ne peut devenir plante avec fleurs et graines sans le secours de l'era, dont elle fixe l'hydrogène pour la production des matières grasses o« des huiles
(1) Hippoerate, Traité des airs^ des eaux et des lieux {Œuvres eon^Mês^ trad* de M. Uttré, t. II, p. 38).
M. LÉVT. Hygiène, 5* toiT. l. — 24
S70 DES MODinCÂTEURS. — CIRGUMFUSÀ. [iTCiÉin
Folitiles; la masse presque entière de la charpente du végétal, formée par du tiso cellulaire^ du tissu ligneux, de Famidon ou des matières gommenses, se représente par 12 molécules de charbon unies à 10 molécules d'eau (Dumas). La présence de Teau dans les tissus de la plante et de Tanimal leur communique la plupart de leurs propriétés physiques ; elle est Texcipient de leurs principes nourriciers, la base de la sève et du sang, le véhicule par lecpiel s'opèrent les échanges de décomposition et de recomposition ; elle-même entre comme élément essentiel dans la formation de la trame organique.
S*il est vrai que Tétat de la surface du globe influe, suivant sa transparence oa son opacité, sur la distribution de la chaleur solaire ; s*il est vrai que deux fluides, l'air et Teau, contribuent à rendre cette distribution plus uniforme, et à compenser les inégalités des pouvoirs absorbants et des pouvoirs émissife du calorique qui diBérerfdent les continents, on comprend tout de suite le rtle immense que doit jouer Feau dans la détermination des températures et des dimatSL Les eaux du globe présentant à Faction du soleil une aire trois fris plus étendue que les terres soulevées au-dessus du niveau maritime, la température totale de l'atmosphère, que l'on peut regarder comme le résultat de toutes lee températures partielles de la surface du globe, est plus puissamment modiCée par le bassin des mers que par les parties solides ou oontinentaki (1). Non-seulement la portion liquide du globe influe, en raison de son étendue, par un plus grand nombre de points sur la répartition de la chaleur solaire ; mais encore l'action qu'elle exerce est plus uniforme, grâce à l'homoginéité de sa surûice et à l'égalité de courbure qu'elle conserve à l'état d*un éqiiiilibre stable : aussi le nav^atear qui parcourt l'immensité des mers a-t-il I anpporter des traositionB de température moins brusques que le voyageur qai explore les terres intérienres; ou, pour nous servir du langage de Humbeldt, à travers la suriMe d'une vaite mer qui sépare deux continents, les lÊàmkim des lignea isothemee sont moins prononcées, moins irrégulières, et elhi •'écaiteat moins de la oofnddeDce primitive avec les parallèles à Téquateur qm tes réleidne des continents.
Dans reiploratioo hygiéaiqne des dimats et des localités, il est donc essendri de déterminer le rapport de soriaœ entre le sol et les eaux, entre la masse aaUet opeqoe» et la raasw liquide et diaphane. Plus ce rapport est inégal, plii la tempémme habituelle et la mardie des saisons en seront modifiées. La fradmilé d*Mie grande ooDectioo d'eau tempère par son action sur les feMa les erdeors de Tété et le finoid de Thiver : en été, la vaporisation qui •Nipire ineesaammeol k sa surfooe, abeorbe une partie du calorique dont I^Mmoephère est imprépiée; en hiver, elle conserve une quantité considérable de la cbaleor qu'elle a aeqalse pendant l'été. Gomme les températures des ne varient que dam une médiocre limite, il en résulte que la chaleur
«MMteloyif . Paris» iSâS, t. m.
nnti] DES KÂUl. S7t
teiid à 8^y distribuer d*aiie manière égale entre tes différentes saiabna de Humée ; de là Topposidon entre le climat qui règde dans rintérienr de vastes œntinents et le climat dont jouissent les Iles, les contrées littorales et les coa» tinents péninsnlaices, opposition dont les phénomènes variés influent stir la forcé de la végétation, sur la transparence du del, sur le rayonnement dnsol et sur la hauteur où se porte la courbe des neiges perpétuelles. L'Europe pré* sente un exemple remarquable des effets qui proviennent de la proportion deÉ eaui et des terres, abstraction faite de ceux de rorientatîèn des côtes ou de leur exposition à tel ou tel vent prépondérant : à celte cause seule sont dus la différence minime des températures moyennes de Tannée et le décroissement extrêmement lent de la chaleur depuis Orléans et Paris jusqu'à Londres, Dublin, Edimbourg et Franecker en Hollande, malgré l'augmentation de latitude de plus de (i à 6 degrés, tandis qu'un seul de ces degrés détermine dans le système de climats exclusivement continentaux de l'Europe, entre les parallèles de ^5 et 55 degrés, un changement de température annuelle de 0,62 (Humboldt).
La mer est l'inépuisable réservoir où sont puisées les eaux qui sillonnent le sol ou s'y rassemblent en lacs et en marais; l'évaporation immense doÉt eHe est le siège, activée par le soleil et par les courants atmosphériques, engendre les nuées, que les vents dispersent dans toutes les directions et qui s'épanchent en pluies, infiltrent les terres, forment de petits cours d'eaù dans les profondeurs du sol, s'étendent en nappes souterraines, alimentent les sources» jaillissent en fontaines, se réunissent en ruisseaux ou torrents, coulent en rivièrtt^ et, par une circulation nécessaire, retournent sous forme de fleuves dans le bassin océanique.
Le système hydrographique d'une contrée comprend rensèmble des canaux et des réservoirs, soit souterrains, soit superficiels, au moyen desquels les eaux se déversent et circulent sur toute l'étendue de son territoire. Les lignes suivant lesqueUes les eaux se divisent en abordant le sol, représentent pour chaque contrée un réseau jj^Ius ou moins compliqué dont les courbes, contenues entre elles, la partagent eu un certain nombre de bassins. Sous cette dernière dénomination on désigne, lorsqu'on rapplique à une mer, l'ensemble des surfaces plus ou moins régulièrement réparties autour de cette mer, et qui lui portent leurs eaux; lorsqull s'agit d'une rivière, le bassin est constitué par l'ensemble des plans inclinés dont les eaux concourent vers son thalweg ^ et se rendent à la mer par son canal. Tout grand bassin se décompose en un certain nonibre de bassins secondaires qui lui apportent leur tribut. Les versants représentent Fensemble des surfaces comprises entre le littoral de chaque mer et le contour polygonal formé par les diverses lignes qui délimitent le partage des eaux. H n'existe pas un rapport constant entre l'orographie d'une contrée et la distribution de ses eaux; si le relief extérieur du sol traduit les grands accidenig géologiques, des causes beaucoup momt étmgtipie$ et des circonstances parlais très- secondaires interviennent dans le régime des 6a«
872 DES NODIFIGATEDRS. •* GIRGUMPUSA. [ST6iiB
soperficielles. v Les ligaes géologiques qui détenninent les eontcrara dei masses mkiérales, dessineat eo quelque sorte le squeleUe d'une ooaCrée, tndi que lés lignes hydrographiques ne préseoteat que ces traits purement eitérieurs qui, sur un même visage» varient avec les années (IJ. » C'est d*après ces déûnitions et ces considérations que Ton a établi une classification trèsratioanelle des cours d'eau de la France (2), dont nous reprodoisons le tableau. Ce système hydrographique de notre pays se compose de qoatre versants correspondant aux quatre réservoirs maritimes qu'ib reçoivent» de six grands bassins et de dix subdivisions hydrographiques secondaires :