‹ Traité d'hygiène publique et privée. v. 2Chapitre 60 sur 134 · V. ^ ÉtÊi d€ la mrfacÊ du 8oL · texte numérisé non relu

V. ^ ÉtÊi d€ la mrfacÊ du 8oL

Le règne végétal, oompoeé des produits spontanés du sol et te produits de la culture humaine, n*a paa seulement pour objet de fournir aux animaux les ■étiéraa nécessaires à leur recomposition organique ; il agit encore sur la «Mnpoéiiioni b température et Thumidlté du milieu général

a fin résumant lliistoife te belles observations qui ont été faites sur la tebtion des végétaux aveo ratniosphére, on trouve que Bonnet aperçut rémission de gu opérée à la aurface des feuilles ; que Priestley reconnut que ce gaz est de Toxygèlie i qu'lngenhousz démontra la nécessité de la lumière pour la réaliaation du phénomène t que Senebier prouva que le gai oxygène obtenu dans CCS ciroonstancea est le résultat de la décomposition du gaz acide carbo* ■iquOi Ge qui frappe en lisant les mémoires de l'époque, c'est de voir ces importantes observations exciter rattentien des savants bien plus au point de

(t) Cmmindsr, Cmi^pêm rmém éi fÀméémw éet «cimcsff, 80 jinUai iSM.

rufti] DU aOb. ^ tTAT Dl U SURFiM W SOL. 169

tue de llqfiièM fn'àn (loint de me de la physktne vég6lile. PrieUley inoiH çiit ta briitaM dfcOQverle en dlunt qoe lei plinteB ponédaienc la ftcaM de porifier l'air ? icié par b oombuatioo ou par la reapiration dea animaut (1). • A en liède d*iiitemlle» il était rdaenré à Bouanogault da prouver que probe«' Uement touiea iea plaotea^ et tréaM^ertaimnieat iea feaiUei dea plaflitea aqnail» quea, et étneitaiii d» gaz oxygène qui améliore ratmoaphOre, dégagent iiiaai l'un dea gaa les plue délétèrea, Toiyde de carbone ; ee gai et une faible qtiintité d'hydrogène proiocarboné qui a*y mêle, aeeompagnant èonatamment Foxygène dont le aoMI détermine Tapparition, quand il éclaire un végéial submergé dana de Teau imprégnée d*aclde carbonique. Yoid lia quantités d*otyde de carbone trouvées dana 100 folomea de gu excrété par Iea TégétMt sittivania aoua rinfluence de la radiation aohlre i

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Les expériences de Bousstnganlt et Lewy avaient déjà démontré antérieitrement que le sot est un immense réservoir d*aclde tai^ntqne oû les végétant puisent probablement une grande partie du carbone nécesaafa^ li lenr organisation I ta terre étant essentiellement poreuse, il ae {lit entre Tatmosphèré qui y est confinée, et Tatmosphère proprement dite, utt continuel échatige d*élé^ ments par voie de diffusion ; mèis telle est la rapidité de leur dtsalpètiort par les vents et même par un temps calme que l'air recoeilli 1 1 ceûtiniètre de U snrbce du sol ne contient pas plus d*acidè carbonique qde Pair pris ï pltt-^ sieurs mëtrea de hautedr(2).

n existe une grande diflfirence, comme Poteerve de Bnmboldt (S), entre les déserts, les savanes couvertes de gazon, les atef^ bérissés de grandes herbes légumineuses, les forêts, les marécages et les pays cttltivés. Les savanes appartiennent & TAmérique, les steppes è la Rtissie méridionale, à la Sibérie et au Turkestan ; les solitudes de èable occdpent donc la partie la pins ciiàude de Tancien continent, une étendue d'environ 1)2 degrés en longitude, depnis rextrémfté occidentale du Sahara Jusqu'à la lisière orientale do Gobi: Une vaste surface de terrains nus, arides, Oû le sable ii'écbanffe Jusqu'à OO degrés centigrades sous Tirradiation solaire, doit intervenir puissamment dans la répartition dé la température sur one grande portion du globe. Dans nos contrées, >^ells et DaAiell ont vu, par des ntiit sereines, le thermomètre, placé

(4) Cfmtjplm rBHd^fOê tAéàd. d^ 9eiêm:ê$^ fiev. 186lj t. Lttt^ p, 169 et lalv. (î) Gorsitwiiiéart Heohtrehtt «er tatÊimUation de osréofw jmw* ki ItmiUêt^ afe* i4m. de phffi. et éf chim., 3« séria, 1808, t. UY, f». 882.) (3) D« BiuBMdl» àêk $tnttmk, t. UI, p. 494.

»B« DES MODIFICATEURS. — C1RCUHFCS&. [aiciBn

dans l'herbe, baisser de 6, de S degrés, ei mËmc de Q'.U œnitgrades pendant le jour. Les terrains couveris d'herbages el de bruyères s'échauffent beaucoup moins que le sol nu et desséché ; et, pf miant dix mois de l'année ils subissent. sous nos latitudes, une dîmlnuiion de température qui peut aller jusqu'à U glace. De Humboldt a constaté ainsi le rayonnement eiiraordinaire de ces petites graminées qui tapissent en Amérique une si prodigieuse étendue de terrain : il attribue h cette cause et h la condensation de la vapeur, qui ea est la conséquence, l'étonnante fraîcheur que la végétation coascrve, après use longue sécheresse, dans les llanos de l'Amérique équinoiialc.

Ce que pi'Ut la culture pour l'amëlLOraiiou des conditions lelluriques ei météorologiques d'un pays, Tacite nous l'apprend par sa peinture de l'antique Germanie. L'Allemagne lui paraîtrait aujourd'hui plus habitable, mieiit cultivée et d'un climat moins âpre : c'est la main de l'homme qui a opéré cette tratuformation. Fertiliser h terre, c'est l'assainir. Les cultures corrigent le sol en rempla^:ant une végétation sauvage, envahissante, souvent dangereuse, par des mas.scs de plantes titiles qui épurent l'atmosphère ; elles nivellent, amendent de vastes surfaces de terrains ; elles incorporent au sol et dissipeul dans ses couches le détritus de matières végétales el animales qui s'y est accumulé, et qui, sous l'inOuence des chaleurs et de l'humidilé, convertit d'immenwa régions eu laboratoires de miasmes rébrirères ; elles régularisent la distribution des eaux météoriques eu les appliquant aux irrigations et en leur procurant des voies d'écoulement. L'irabe laisse les causes d'insalubrité se multiplier et grandir ; il assiste, spectateur inerte, au débordement des cours d'eau, aatquels il n'oppose ni empierrage ni fascines. Les torrents ravinent les terres, les eaui pluviales croupissent par vastes flasques, les rivières gouHées innitreut au loin le sol de leurs rives, élargissent leitr lit et vont furiner dans les bassins naturels un delta de marécages ; les sources s'épaudent dans les fotiillis de lanriers-roses, de joncs, de roseaux et de saules qui enchevêtrent leurs rtciiKS et mêlent leurs feuillages luxuriants ; tout est prêt pour une vaste fermentation de matières organiques, qui n'attend que l'excitation du rayon solaire. Voilk la plaine d'Afriqoe, la plaine de Hilidja, ou celle d'Eghris, prés Mascara, décrite par F. Jacquot. Vient l'homme de ht civilisation : il enlève les obstacles qni arrêtent le libre écoulement des eaux, il construit dos digues, il creuse des canaux ; il relève le sol et déverse par des pentes artificielles l'excès des eaux infiltrées. La terre se couvre de richesses, la vie et la santé fleurissent Ik où tout était poison, maladie et mort.

Eu visitant Guelma (18fi3), Bégin fut frappé de la coexistence des fièvres endémiques avec un ensemble de conditions d'apparente salubrité ; il crut en découvrir la cause dans les produits entassés de la putréfaction des plantes annuelles qui croissent sur ses pentes avec une luxuriante rapidité et y tcquièreot de grandes dimensions. Ces dépôts de matières organiques fermement pr l'action combinée des chaleurs et des pluies, et forment de véritables marais artificiels. Non loin de ce camp, les débris d'anciens tberuei H de

ratviB] DU SOL. •* ÉTAT DE U SURFACE DU SOL. tSi

coDSUmctkMi ramilles, joints aox inégalités du sol, di? îstient, ralentissaient, retienaient kt eaax d*one soaroe minérale abondante qui se jette dans la SefboQse; nne végétation imissante se défeloppait dans les flaqoes et mares qui en lésoileiL La pathologie palustre comptait ainsi, à Goelma.et dans les eimnws, une station de plus, déjà amoindrie par les récents travaux de cultore, comme nous l*afons constaté nous-mémeen 1851.

liais si les cultures bien établies bonifient les conditions du sol et de Tatmosphère qui repose sur lui, les premiers travaux qu'elles nécessitent exposent à de graves dangers : les remuements d'un humus riche en débris organiques, surtout dani la saison chaude et humide, donnent lieu à un dégagement redoutable de miasmes. Bégin, qui a iait une sérieuse inspection médicale en Afrique^ à une époque où nos troupes exécutaient de grands travaux de ter* raascments, a signalé le développement des fièvres à quinquina comme un fait de coïncidence constante avec les mouvements des terres vierges (1). Cent cinquante hommes des compagnies de discipline travaillèrent en 18&3-ft& è la fondation de SaUa, défrichant, rerouant, nivelant, creusant des fossés; au bout de six mois, les fièvres pernicieuses en avaient enlevé une cinquantaine (2). En 18/i2, le 26* de ligne et le 13* léger ont creusé et remué le sol pour établir les ponts de Tisser et du Rio-Salado, et quoiqu'on relevât les travailleurs tous les quinze jours, presque tous furent atteints de fièvres grayes, soit immédiatement, soit après avoir quitté le camp. Dans sa topographie de Philippeville, Gaudineau signale, comme la cause des épidémies qui sévissent sur la populatfon militaire et civile, les effluves délétères d'un sol longtemps inculte et profondément remué à cette époque pour les constructions, pour les routes 'et pour la culture des jardins. Les travaux de dessèchement et de défrichement à Staouëli, conduits d'abord avec rapidité, ont fait périr dans nne année 8 trappistes sur 28, et 47 militaires sur 150 mis à leur disposition. En 18&8, les dépendances du couvent ont changé d'aspect : le sol est assaini, et il est couvert de belles cultures, et sur 150 à 200 habitants, 2 seulement ont succombé en dix-huit mois. Accélérer les travaux de dessèchement et de défrichement, c'est concentrer la mortalité sur une courte période et hflter l'époque de l'établissement définitif de la salubrité (3).

Au lieu d'assainir les localités, les travaux de culture ont quelquefois pour effet d'y développer ou d'y introduire des conditions nuisibles, d'y créer des sources de dégagement miasmatique. Tout le monde sait que les rizières présentent une nappe d'évaporation délétère, non-seulement dans la presquHe indo-gangétique, mais encore dans les contrées méridionales de l'Europe. En Afrique, on conduit les eaux sur les champs de mais et de millet ; dans les oasis, on arrose même les céréales et les dattiers ; les jardins, multipliés,

(1) Bulletin de f Académie de médecine. Paris, i%h\ t.X, p. 1069.

(2) FéUz Jacqoot, Recherches sur les causes des fièvres à quinquina^ etc. (8) Recueil des mémoires de médecine mihian^, U Ul| pw 217.

doa DES MOmPICATEURS. — CTItrAlHFUSl . (nciln

prcMiéti autonr des douare et des hibiutinn*. néc«!iititen( In inAn»* irrigatioat qui leb tranefoniient en autant île niaran. Ce» ËtémentK moiiu saillaoti de l'étinlngie des liËvres eiidéiiia-vpidémiquee de l'Algéfie, ne mm bieu apprtdfi que depuiit les plus rËcenies oluervaiious de an iiiéd«cin!' iiiiliUirea. !.«• bt^ Dges ^(HucrscoijHirnii» parles AralK», dit HimI<a(1), MilTux'-ut [XHir irrËiec li's eaux el les élever jusqu'au uiveau d'un système de rigotea dont In rainibcalions, uiullipliéoii it l'iiinni, dislribuent le liqukle sur une vaate étvadae ckitrrain. Une humidité oinslantc ne joint i l'action vivifiante du noliHI. a imprime à la vâgétaiiun une Turce pmdigieuiw. Maiif txue praiiiiue. ai avaiiU* geuse pour l'aKiicultun'. n'i»l point sans inmiivênienl au point do «uode rii)i$iêne publique. Ce (jui active le dévelo|ijic nient du végétal dmient pour rbommu utio soui'c« de inBladim, et trop «ouïpnt une c^uae de mort. Lm engrais augmenumt la quantité d'acide carbuniquo quo l« aul «liale : It lam argileuse, eiigraiisée avec du fumier do ferme et 330(1 kiloRranimes do tourteaux il l'heciare, exhale en \ingl-qualre limircK ir)'",70 d'acide rarbooiqne par màtre carrA de surface = 4û70 liectnljtrai par hectare. CnrrnwintUr (/oc, cit.) a vunslaK ce fait «ur une couche de terre de 8 cenliniAlmii d'épùa- Hiur, contenant 12 i 13 (xiur 1U0 d'humidité, soun une température de + iH" b .10" cenligr. On augmente le déuagomeiit d'acidÉt carboiiKiun ta remuant , m [iIuh l'altt^ratiun des engrais est avdnoïe, plus ilK pruduiscot d'adde carboiiiquu.

Lea arbras réunit en fun'is refnndiBsent l'atmotipliârc : 1° «n prnlégoiDt ià terre contre l'irradialiun «ulairot 3* eu entretenant, pur ta iriinipiratioQ cntanéi^ des fouilles, une forte évaporatiun deji liquidée atgtieuxi il"rn mulliplfint, par l'expanaion de ces Umes fahacëus. les surface» qui mhiI susceptiblea de » refroidir par rayoDReffleot, Dans nos loues tempérées, l'effet f^ynolagique de l'ombrage dei arbres ae prononce le plui au printemps et en eoninu)»ceinent de l'été, où les aeigei demeurent eccomulées dans les foréta. Dm c«lles dont le fond ait marécageux, l'iotercepiian des rayons solaires cet cane qoe lee mirais, k demi coDTerts d'éricacéee et de rosacées, gèlent oomplél»ment, et forment de petits glaciers longtemps réfraclaires à rsciion de la eli»leur obscure ; c'est ce qui arrive dans un grand nombre de fordts en Ennq», dant l'Asie centrale el dana l'Amérique du Nord. Pour comprendre l'eSet tot«l de révapwallon qui s'opère su-deisos des for<ls, il but se rappeler que Haies s'est assuré qu'un seul pied d'helianlhuë da trots pied* et demi de hauteur développait, par juxtaposition de ses feuilles, une surface d'environ quarante pieds carrés : atiasi dea lorrenls de vapeur roulent sur les forêts de> régions équinoziales ; et dans les belles contrées de l'Amisone et du biut Oréooquc, dont les bois occupent une étendue de 360 OOU lieues marùtea carrées, le ciel est constamment brunieui, et des traînées de vapeur se laissent voir en plein jour entre le* cimes des arbres (Uumboldt).

(1) Rodei, Bimi topogrephique nir Sidi-bel-Abbèi {Recueil dea méntoins de médecine militaire. Puia, 1847, U LUIl, p. 1 «t iuît.}.

raivÉl] DU SOL. ** ÉTAT DE LA SORFACl DU 80L. Ut

La rareté oa Tabsence des forêts augmente la chalear et la sécheresse de l'àt* mosphère ; la sécheresse réduit l'étendue des nappes d'eau évaporantes, appauvrit ta végétation du gazon et réagit secondairement sur la température de climat On observe ces effets réunb sur la bande de terres presque entièrement arides qu! borde le bassin de la Méditerranée, là du moins où l'indtMtrle agricole ne les a point corrigés par l'irrigation. Quand le sol des forêts est marécageux, l'abri des arbres intercepte tous les rayons solaires; ces marais gèlent profondément et forment ainsi de petits glaciers qui résistent longtemps à l'action de la chaleur rayonnante.

Les défrichements peuvent -ils opérer des mutations sensibles dans le cli* mat d'une contrée? La climatologie historique a résolu cette question : « Quod autem gusdem terrœ clima qtwque mutari poêiit, non erit qui dubUei^ dununodù ipsam nostram hodiemam Germaniam mm veteri^ populare$ noitros cum majoribus nostriê etmferai, Tempus erat ubi akêy nune ultimi sepientrionis tantum aeeohj Rheni littora oberrabat^ ubi ipsum hoc fiumen frtquentiisimo gelu cùibat, ita ut Galli sacra ipai facerent ne demie prO'» ams nostriê dorsum praberet; ubi vastissimœ êylvœ totam fère tegébant pa» trianiy nec nullus vitium proventus erat (t). » Les Gaules, comme la Ger^ manie, jadis couvertes de bois, avaient un climat plus rigoureux, d'après Diodore de Sicile, César, Pomponius Mêla, etc. ; du temps d'Ovide, l'Buxin restait quelquefois gelé pendant deux ans. Pline le Jeune ne pouvait élever des oliviers et des myrtes dans sa campagne en Toscane, où maintenant ces plantes croissent eu pleine terre ; la Pensylvanie doit l'amélioration de sa température aux défrichements et à l'encaissement de ses rivières. Ailleurs, le déboisement a produit des efléts diflërents : le département de l'Ardèche, oA il n'existe plus aujourd'hui un seul bois considérable, a éprouvé depuis trente ans une perturbation climatérique, dont les gelées tardives, autrefois inconnues dans ce pays, sont l'un des elfels les plus funestes (Bosson). La dénudation de plusieurs crêtes des Vosges permet aux vents de souiller sans obstacle sur la plaine et dans les vallées, oh ils occasionnent de la pluie ou de la neige, et ramènent souvent l'hiver aux approches du printemps (Pnymaigre). Notre ami Charles fioersch {2) a démontré qne le déboisement considérable de l'Alsace a eu pour résultat d'imprimer aux saisons de fréquentes irrégularités, de rendre la vallée du Rhin pins accessible au vent du nord, qui y est humide et glacial, d'agrandir, en un mot, Téchelle des variations thermométriques. Dès 1806, Héricart de Thury ftigmle avec force les effets désastreux du déboisement dans les Hautes-Alpes, tels que torrents furieux, terrains enlevés ou eugravés, chute de roches, etc.

Boussingault aturibue à la disparition de nombreuse forêts l'abaissement graduel de lacs situés sur les plateaux de la Nouvello-Grenade, à une hauteur

(1) Blumeobach^ De generis humani varietate nattva,

(2) Boench^ Essai sur la mortalité à Strasbourg^ thèse. Strasbourg, 1836.

tu su MMHnuTiims. ~ ciBcranu. [>»*■

de SOOO i 3000 mètres, où la température moyenne pst de H à 16 degr^ centigrades; de telle forte que des terrains snbmergês il y a trente ans som aujourd'hui MvrËs ii la culture. Desbassyns de Itichemont mentionne, itm 111e de l'Ascension, une source située au bas d'une luonlagne tarie par l'elTet do dérrichement. et dont les eaux ont reparu par le reboisement de la nnnlagnc. Les lacs de Bienne, de Moral et de Neucbâiel se sont abaissés ï la soiie de dérrichements. Les tnoniagnes dépouillées donnent lieu i des courants plat viÈ, plus froids. Au sommet de deui montagnes, dont l'une est boisée d l'autre dégarnie, la lerapérature diffère souvent de 8 à 10 degrés ; les neiajB qui tombent pendant l'hiver s'amassent plus raciteuient, et séjouroent plm longtemps sur les cimes déuudées; celles-ci communiquent leur froidure »u\ couches d'air qui roulent sur elles, tandis que les crélcs couronnées de totiu amortissent les vents et en brisent le cours. Sans l'attraction des forêts, rdlt des sommets ne suflit point pour retenir les nuages que le \ent porte aillenn. juiiqu'i ce qu'ils reucontreni des obstacles propres à les arrêter et k les résoudre en pluie; en outre, le sol, en Itutle i Tirradtation solaire, se desséche ï une grande profondeur. Pour ces causes, on voil tarir graduellement les réservoirs iniéi'icuis qui alimentaient les sources et qui eut retenaient les rivières à no niveau constant. Que si les nuages condensés par les vents éclatent en torreob de pluie, ces eaui, n'étant plus relcuues et ne pouvant plus s'indlirer dans un sol dénudé, entraînent les restes de sa couche végétale et charrient jusqu'il! lit des rivières un mélange de limon organique, de sables et de graviera qui étouffent le gaion des prairies et produisent l'alterrissement. Dans quelque localités défendues autrefois par des forSts contre l'efftt frignriûque de certains vents, la destruction de ces abris nalurels a compromis des cultures ■natageuses. Plusieurs départements de la France out dû renoncer k la cnl- Dire de l'olivier, du mats et de la vigne (!]. Déboiser une montagne, dit avec raison Gavarret, c'est appauvrir l'homanilé (2) et perdre une quantité considérable de force, car le bois que nous brûlons dans nos foyer? ne nous rend en xéalîté qne la chaleur empruntée an soleil par la forêt ; les bouilles, les touriies dont l'industrie alimente ses fourneaux, lui restituent la chaleur solaire fixée, emmagasinée, sous forme d'énei^ie potentielle, par les vastes forêts qui coovraient le globe dans les temps antérieurs. Au contraire, planter d'arbres om grande étendue de sol jusqu'alors improductive, comme on l'a fait dam les hudes de Gascogne et comme on le fait aujourd'hui en Sologne, c'est nonseulement assainir un climat local, mais aogmeoter la richesse sociale et créer nue source de force pour l'aveuir.

(1) Vojreidani Becquerel père. Des climats et detiafitience des sols boùit et dm boùit (Pari*, 1853, p. &17}, lel eitriili dei documenta admiDiitralirg qui cwutalmt, dans diven département* et i difltreDlei époquei. Ici effeti ruDe«t«s du dèboieemBnt.

(3) Gavarret, Momleur, 31 mara 1868.

PRtTiB] DES LOCALITÉS. d65

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