‹ Traité d'hygiène publique et privée. v. 2Chapitre 63 sur 134 · i8,ea · texte numérisé non relu

i8,ea

(1) Nouaavoni cempotiM Ubieau A l'aide demaUriauiemprunléali l'euellent ouvn|« de Dulroulau : Traili det maladùi de* Européent data U) payichaudi (Pari*, 2* édil., 1888).

(2) Résumé de ptuiieur» anaéei, d'apréi Gilleberl d'Bercourt. La tension de la vapeur o'a pia été notée.

âM DES HODinCATEimS. — CIRCUMFDSA. [irtitn

Ea résimé, l'iniiée tropicale m caraGlfrùe par la perroanence et llnteoiilt de la chaliiiir: s\\ inoi!i de »écber«>>«i' t't de chaleur iitieiiNC!* ; sii iikim d'hnmiditi; a*ec un ICger abaisseutciit de lemp^r^iture <|ul ne ronsiitur pas un hiw* TÈt\ ; tiiirc lu saison des pluies vi celiir des ciialeurR aridis, des Haisons ioler* DiMiaircs que signalent (W perlurb niions aimusphériques; l'aiilnmne et k priiilempa de la zone torride, remarquables par les brusques variatjous drli tempirature et de l'hnmldiK, H rvsscnitilaHl, par Mtte versatilité météordo* giqiie, aui loiiwmN ëquinnviales de ttia)i les dimxb : mais ces deuï Kainniu rat furt courles, et lex mutalioiiH qu'elle» il^^lermineut dans la tarapéralun* u'allMlent, cumiiie celles di! l'Liveruage, tjue le» degr&4 snit^rieurs de l'i^chtllt Iherniomi^irlquo ( l ) i car le lernic extrême de l'abaiiwf ment général de la oh» leur cDirc lo» tropiques ne déiiasKe pas inufeniipiueni 1 8 dcgr^- ainsi, le mil le plus constant, 1(> pin» Invariable, le pins eflïcacc, des climats équatoriaiS) c'est la chaleur: cHte influence sntiverHine, l'Iintnme, cfactifb donUebcci tn Knioigiie et par sa inndalilé fuiictiuMiielle, et |iar ses inanifeslatinns pathf logiques

Soi» avuns^-tudif plus liatilIcsenWts de la cbnieur. t'habiiaut des dioM fquaiuriaux les éprouve df-ssa iiaimanre: il les subit sans iutemtpiinn juaqBl sa mort : Min organisation. roin|in<i^e dc^ éli^nients d'nne bérMlt^ sjW^cialt, et dAac rexprtission la plus vraie et la plus cumplèle de ta puissance dit cet agcalt elle pfirte le cachet de rartiitn ndairc cnmnio tous tes jHxtduits de la nilOft ^i l'Mivîmnna Le pinpre de la elulour est d'eialier les organes de la péripllërie, de (Kionniapr un mouTement ccnlriftige : exagération liabilueDe dn fi>ncti«ntiexl6riettres. abaissement des fonctions a'nirales, tel eï>l le rhythme de riudjgi>ne de la zone torride. U clialcur aride resserre, crispe, irrite ses (issus cutanés ; la chaleur humide les détend par la sueur, et souvent p»r les éruptions; dans l'un et l'autre cas, les fluides sont aitii'és vivement suusla peau, qui se décolore et acquiert un haut degré de sensibilité; les nrganesqui Sympathisent ilircctement avec la peau reçoivent une éyale impulsion, notamment les sens et rapiHreilgéniial. La surexcitation rntanée n jMur couséqueuce la dépn.'ssinji vitale des muqueuses: aussi les forres iligt'slives lanj;uisseni, l'élalioration du c.1i\Ip est incompièle; le saniî. fitunii d'ailleurs |»r mie ilimeutatioli peu substantielle, reste séreux et |K-n stimulant; |>urté dans les poumons dont l'activilé est diminuée, il ne s'artéri;ili.si' point il'njie manière aussi nimplète que dans les pays froids où la respiration e--l pliiK éneriiiqiie. Le docteur Copeland a constaté t|ue, ilaus les clidialîi cliaiiiN. il .■.'('■elwi>|ie unimoindre proporlitm d'acide carbonique par li* voies re.spiniioii es ; aussi le carbone prédomine dans les fluitleif organiques qui majupient de plasticité ; il se fixe dans le pigment, dont la formatinu augmente. L'éconiiiiiic ne larderait point i être surchai^ée de ce principe contraire à la vie, si elle n'en expulsait

(1) Fiulrr. D-.Ï miilndiei il" la Frnnrp ilmif letm ,-'t/.j.n,-ls m-rc /-t ï'HiuiM. Paris, i8it>, p. iib.

MiiTtB] DIS OLHIATS. ^ DES CLtMATB tHÂUBS. 49i

one partie par la peau et par le foie, qai s'animent d'one actitité supplémentaire h celle dit poumon; le cart)one, que ce dernier tisGère n'élimine plus sons forme d'acide carbonique, le foie l'évacué dans le tul)e digestif sous forme de bile. A toutes les époques delà tie, depuis l'état embryonnaire, on obsenre cet antagonisme entre le foie et le poumon; liés par nn rapport inverse de développement et d'activité, dès que l'un de ces organes se ralentit, l'autre s*exalte ; le climat agit en cela comme l'âge, comme les maladies : il crée des idiosyncrasies spéciales, et amortit celles qui existaient. Ainsi, la transpiration cntanée, la sécrétion de la bile, la déposition plus copieuse du pigment, voilà le triple travail qui domine la physiologie des pays chauds; la peau et le foie sont les orgunes les plus vivants; sur eux aussi se dirige plus particulièrement l'imminence morbide. Chez les indigènes de ces contrées, la forme la plus ordinaire do la santé ne sera donc point le tempérament sanguin, qui traduit une chylifiration et une hématose parfaites; mais ils offriront, comme type général, les caractères de la prédominance bilieuse, les signes d'une véritable saturation (le carl>one, combinés avec ceux du tempérament lymphatique ou du tempérament nerveux. Leur constitution témoigne des influences éner- Tantes du climat : tous les observateurs y ont signalé le contraste de la faiblesse radicale, du relâchement des tissus, de l'indolence et de l'apathie avec l'exaltation du système nerveux, la fougue des passions, les saccades d'activité physique et morale. L'affaiblissement général de ces races est favorisé encore par la nature du régime alimentaire, |)eu réparateur au fond, malgré le pigment et les assaisonnements incendiaires par lesquels elles s'efforcent de réveiller l'inertie de leurs organes digestifs, par les excès vénériens qu'elles commettent sous la stimulation s|)éciale du climat, par les désordres de tout genre auxquels les entraînent leur luxure naturelle, l'oisiveté et le dévergondage des mœurs.

Les maladies équatoriales ont été observées dans des réglons diverses par un grand nombre de médecins parmi les<)uels ceux de la marine française occupent un rang distingué. On |)eut Juger de l'importance de leurs travaux et de la sagacité de leurs observations, depuis qu'une heureuse fondation, ceWedva Archivas de médecine navale ^ leur permet d'émerger des cartons poudreux des bibliothèques et de se pi oduire au grand jour à côté des monographies ou des traités s)>éciaux des écrivains si justement accrédités de la même famille. En écartant de leursdescriptions ce qui dépenddes circonstances locnles, on arrive à détenniner les traits généraux de la pathologie équatoriale. V L'aiïeclion dominante de la saison sèche est une fièvre condnne rémittente, acconipngnéc de congestions rapides (|ui s'o()èrent tantftt sur l'encéphale ou les méninges, tantôt sur le tube digestif et ses annexes. Ce n'est pas ici ie lieu de retracer la marche de cette fièvre, son invasion bruyante, ces complications phlegm.>si(|nes, ses paroxysmes pernicieux, ses formes convulsive, soporeuse, délirante, etc., ses solutions éminemment critiques. L'analyse de ses phénomènes et de son traitement a conduit Fuster à l'assimiler au vrai caitsas

K8 MODIFICATEURS. — CIBCUMFDSA. [mdn

d'HîppocrlIe, i la fièvre ardeate bilîease i son pins biDt poiuL Avec cOi aBection coïncident des maladies' locales, ftbrilea oa apyrétiqnes : la dulai sèdie dispose aux h^péréinies cérébrales, aux inéniDgitefi, aux eocëphiUUi, aux apoplexies; l'éclat de la réverbératioD solaire provoque des opiuhalmia; la peau, siège d'une incessante stimulation, se couvre d'éruptions diventi, sodamina, papules, érythèmes, érysipéles, boutons ardents ; la roi^ieoieslt variole qai n'épargnent aojourd'bui aucune nation du ^obe sont original» des climats chauds. Les appareils digestif et biliaire s'irritent i Irar tour, ail directement 00 par sympathie: les colites, les dysenterie^' ies hépatites,* moatreot ea foule, enveloppés d'une violente fièvre presque toujours de oauit palodique ; mais celle-ci ne tard^point i imprima- son cachet k ces {ddegsusies ; il n'est point jusqu'aux fièvres iraumatiqnes qui n'en révèlent la naaBOi spéciale (Pouppé-Desjiortes, Bajon, Rochoux).

La saison humide vient achever, par son action dissolvante, la prostratioo It l 'économie, i^|)ujsëi> par la suri'vciiaUoii qii'QOt entretenue les cbatens de li saison précédente. Les premières ondées i\\ii détrempent la terre deaaétUt font fermenter la coucbe des débris urguiiiques qui ta recouvrent; bienNt 11 surface du sol n'est plus au loin qu'un limon fétide, et sur tonte i'éteotede la zone lorride s'opère un dégagement d'éiiianatious délétères, principaleiMBl le long des côles marécageuses, dans les ternins bas et dans les pays boiaèi: alors apparaissent les endémies de fièvres iniennittentcs et rémitlmtœ, aniviti ou compliquées d'hépaiiie, de dysenterie, de choléra* morbns; les lésions Ik^ maniiestent une plus .i;riinde tendance à la siipparatioD, il hi gangrène. Tandii que la fièvre de la saison sèche se fait remarquer par la persévérance delà surexcitation initiale jusqu'au momentde la catastrophe, celle de la saison hamide débute par des symptômes d'abaltement, et s'accompagne d'une prostration qui va croissant avec ladécomposilion des lluides organiques; aussi i-telle été appelée fièvre bilieuse puiride par plusieurs observateurs des pajs chauds. L'eiiréme danger de la saison bumide, pour les indigènes et pour les acclimatés, est bien connu des naturels de l'Afrique qui, à l'approche des pluies, se retirent dans leurs cases et allument des feux.' Ils attribuent une action pernicieuse ii la pluie, et surtout aux premières ondées; s'ils en sopi n»uillés pendant leurs sorties, ils se lavent avec soin et s'empressent de se sécher (1) : opinion et pratique populaires, parfaitement motivées par l'effet commun des premières pluies sur un sol desséché, brûlant et chaîné de détritus organiques. La mortalité des indigènes atteint son maximum pendant la saison pluvieuse. Les étrangers ne sont pas 'épargnés : c'est depuis juillet jusqu'au mois d'octobre que la fièvre jaune les moissonne aux Antilles; ti où ils écliappeni ï ce (léan, ils sont décimés par les dysenteries, les fièvres des tropiques, le choléra sidérant; c'est pendant les pluies qne périssent tacitd'Ëuropéensâ Calcutta, à Chandernagor, a Java, à Batavia, au Sénégal, etc. D'après

(1) Golbérj, cité p»r Fuster, p. 47.

d Mi Ihhms»

tk» polinNuire, qui mankt ahn Jtcr mmt cfnfaBle npîdilé. Lrs ihcès dtes pomnooi ne soel pis trè»-«rcs, mImhkbi as McÊ^jàt (Twining). La pUttsie palmoiiaîre est-elle pi» rare dav ks cfinais dnodb qoe dans les à«ti«s dimats? Cette qoestion ratie csntîcieaMBt dans llrrgièae; car s*ll est éiabG que les pays chauds ont la pwpriéié d'empêcher on d*«rfter le dèreiop* pement des tabercoles, b prophylaxie de cette cmelle maladie se troairart £rite. Oo s'est beaoooiip occupé, dans ces derniers ten^ps, de la $olutioa de cet importadt problème : l'Académie de médecine en a fait la bise d*ao programme d'études, lequel ne sera peut-être jamais rempli (3). Un h\i généra* lement admis, c'est la fréquence de b phthisie chei les indigènes des aones tropicales, bbncs, mulâtres et surtout nègres. Or, les statistiques sanitaires des armées anglaises, publiées sois les auspices du gouTememeni anglais, par Tulloch et par Wiboo (/i), n'indiquent pas de différence en fayeur des Euro-

(i) Rais et de Luppé, Mémoire sur la maison des aUénés de Saini-Pierre'MartmitfM {Annales d'hygiène et de médecvue légale^ jaaTÎer 1856, p. 181).

(2) Jules Rochard, De Pin/luence de la navigation et des pays chauds sur la marche de la phthisie {Mém, de CAcad. de méd,, t. XX, p. 108).

(3) Voyez Bulletin de t Académie royale de médecine. Farie, 1836, 1. 1, p^ 43 et 312. (à) Voyez Gazette médicale du 9 septembre 1843.

m D» ««DinCATEllItS. - CIRCCUrrSA. [iTffl»

péem ; aas Aolillei, Im troupes nuire» cumplent les 6/5 phlliisiqaeasnrVD tSi^ lif ae tOUO baminefli tea trwiiwii eun)|>é<'iiac!i. U/â: k l'Ile M^iuriR, hi troupes noires ont 8/5 phlhJsiqu(.'> sur lOUi) ; les Eunipérns 7/7 ; k lu Jai)uli]iii et à Sainte-Hélène, l'svaatage m<\e mt m.irg, qui y iirèwiiieiit lU.Iet 2iiur lUOU, taadJBque les Eurojiécns fonmitiHeHl la proportion de 1 3 wrtUUV pour la Jamaïque, et de l| pour l'île deSsinte-Uâlëuu. £n preoanl pour bue de ses calcah, non l'eflcoif dei liumnieii, mai» lu iioiiilire des malatln min mom, Johnson était arrivé i it'autres résului» : il avait tnmvt, dantb Antilles, pour les blancs, 1 pfathihique »ur 153 niiUdes, et 1 tlfcès par pbthiHe sur t& ; pour les noirs, 1 phthisique sur 06 inaUdes, et t décès par philèii snr 4- A la Hirtinique, Rub (1) a t^untplê 1 pliiiiiMque sur Iti insUdu; im le nombre des (^ihisiques, il a ciluervé peu du itoldau er beaucoup de biqU* tresaes.'dont le genre de fie est tort déuinlonué ; mais tit i^lallstiquu ne npw que sur un toUtIdeldS'i maladi-s- D'aitrèeSegoud, Itw affectiuiisdepoitnM)) développent â SiDnimari dans |ii pr(i|)urtion de 1 sur 7 individus, et i CiyoMi de t sur 6. La phlhtistH se montre rare au SiMiégid, et clies les indigèatt,el cheilflB Européens; mais cette appréciation admise par Tttéveiiol, «Mcw bittne par Itfoul et Fonssagrives, qui ont aussi pratiqué au ï>éi)écil (1)< Journée a noté, pour Livouroe, 1 pliiliisiquo sur !tk uiuUtles; |iour KlmmOb 1 Rur 2ti> pour Rome, i sur 30; pour Naplei^, 1 Nurfi : celle dun)i<:K pie' portion paraît trop forte pour le climat de iNaples ; aussi a-t-cUe été cuomAî de Rienzi fait observer que les ctraiigors, qui afllueut dans ceUe ville, coiOt' boflltt i y élever le cbiffre des tuberculeui; encore ou \b purteut-ils qu'ï 1 0 13 malades; d'où l'avantage du sËJiiur de Naiilr.t sur c«lui di? Taris, oii, Mr vant cet écrivain, il se rencontre 1 phtliisique sur h malades. Enfm, aolff rogrettabk' ami Cas. Bruussais, qui a réuni eus docimiuiils ddiis un mênwire lu à l'Académie de médecine (U airil l«(i3) (3), a fuit le dé|muillenicnl d« résultats numériques obtenus dans les dilîcrt;nLs neivites du la iiiédcciae mililaire en Afrique ; la statistique uii/dicalu de quaturze principaux pninu d'occupation dans les provinces d'Alger, de Itiine, d'Oran e( de ijonslanliiw donne I décès par phlhisie sur lOt) nmrLs, cl 1 ca» de pliiliisie sur 361 nulades ; or Ifs recherches de Benoistun de Chàleauiieuf ^A), con&rmées pit celles que C. Broussais a faites au Val-de-Gràce, el qui [wrlent sur uiw période de duuie ans, pnmveni qu'eu frauce l'année comptait, il y a vingt ans, 1 décès [mr plilhisie sur Kl, 6 mori^ Deux ubjcciinns se présenteul ici, que C. Bruussais a prévues, maisaux<|uellt's il n'a pa^ accurdé asuez d'importance : 1° les ^lulilals <|ui sont cuvojés en Afrique son) des liiinnnt's de cliuii; les infirmes, les valétudinain's, les cacuctiymes, sont laissés aux dé|>ûis, qui

(I) Rufï, Mii/mirfs i/p fAciulémie i-ijnle rf.. amlcciii--. Paris, 185;i. t, X. (2] J. llocliarci, .\tr.,mires -/..• rAœtli-mie .le wi«/-t-(/,.;. Paris, Ibùii, l. XX, |i. IBM, — Fonïsagriïi'i, Tniiti- leiiyyiéiie iiiivali: Paris, ISJIi.

(3) C. Broussaii, Bu/Zeli» <le C Académie rnyale ilc mM-niiu: , l. III, ].. ,iù2.

Ifi) Benuûloii de Cbàleauiieul', Annales il' /ij/giéne jiiiUiijae, i" série, l. X, p. 2:t9,

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