‹ Traité d'hygiène publique et privée. v. 2Chapitre 65 sur 134 · II. — Acclimatement dans les pays froids · texte numérisé non relu

II. — Acclimatement dans les pays froids

La transition du sud au nord compromet moins la santé que celle du nord au sud.

Les climats tempérés paraissent froids aux habitants de la lone torride. Ce que nous dirons d'eux s'applique^ dans une nuance amoindrie, à ceux qui passent des climats tempérés dans les contrées plus rapprochées du pôle. L'homme des tropiques arrive dans les pays froids avec un pouvoir insuffisant de caloriflcalion; il faut donc que sa respiration s'active; et comme le carbone et l'hydrogène, éliminés par la respiration, sont restitués par les aliments, il s ensuit que le besoin d'alimentation augmente avec l'énergie de l'hématose (i). L'exercice qu'il est forcé de prendre pour favoriser la circulation, et pouréc* croître la chaleur du corps, a pour résultat l'accélération des mouvements res« piratoires et nécessite également un surcroît de nourriture : aussi ses fonctions digesiives, qui languissaient sous le ciel de Téquateur, s*éveillent avec force; il éprouve un appétit qui lui était inconnu ; et s'il se laisse entraîner trop loin par le plaisir de le satisfaire, il ne tarde point à offrir les attributs de l'état pléthorique qui le place sous Timminence de phlegmasies aiguës. L'obésité qui arrondit la plupart des créoles transportés dans nos climats n'est donc qu'une conséquence exagérée de la direction que prennent forcément les mouvements

(1) Liebig, loc. cit., p. IS.

DES HODIFECATEURS. — CIHCUHFUSA. [n

de la vie: c'est ^ur les poumons et sur le tube digestif qu'ils tendeat à tt m-

centrer. Le rdie de l'Iiygièiie consiste presque exclusivement II n concentrations splanchniques, d'une part, t^n provoquant U traupiiMim aunée qni diminue bru:«q usinent, tandis que celle du poumon augmente; d'iitrepart, en luttant contre l'exigence d'un appi^tii sondain et en ■ l'élan des fonctions assimilalrices. Que les i-migrants des pëys cbandl M itfendent des excès de table, qu'ils usent avec mesure de L qu'ils leur préfèrent le thé et le café, qui ont l'avantage du produire nae itetlon centrifuge, et d'entretenir le travail dépuratcur do tégument < qn'ils aient recours atix frictions sèches ou humectées par un liquide stimilaot, aux bains de vapeur, dont l'usage est populaire dans le Nord; qu'ilan- Uetiennent dans leur demeure une température dnuce et constinte; qiï portent des vêtements non conducteurs du calori<|ue, et dont la sniAce (mmiteuse produit sur la peau une excitation lluxionnairc.

La transition est moins aiguë, et, par conséquent, moins chanceuse pour la habitants des climats tempérés, qui sont exerci-s par la révolntioD aonudleda saisons au contraste et à l'eicèsdes qualités de l'air; néuanmins les indlgèan des tropiques résistent avec avantage à l'épreuve des climats froidg. Si qMique»-uns sunt atteints par le froid dès l'abord, jusqu'à s'ragiontir dans ne sorte d'hivernation, d'autres y réagissent par un développement de force et dK caloricitê assez analogue h celui qu'on présente au sortir d'un bain froid, niât avec celle différence qu'il s'opère at ec continuité et dans une mesure inférieure. Cette exaltation de la puissance calorifianle ne se maintient guère an âelk des deux premières années ; passé ce terme, les immigrants rentrent dans la oendition de la population indigène, et deviennent sensibles, comme elle, i l'impreaùondu froid; maisilsie supportent mieux: les créoles de la grande armée ont moins souiïcrt dans la retraite de Russie que les soldats originaires des régions tempérées.

Le passage des pays chauds dans les climats froids prépare ou aggrave certaines maladies, et influe favorablement sur d'autres. L'émigration est souvent pour les colons des tropiques le seul moyen de salut contre des afTections qui ne peuvent guérir qu'en dehors de la sphère où elles prennent naissance ; telles sont les fièvres paludiqnes, la dysenterie aigué ou chronique qni les complique ou leur succède si fréquemment, la diarrhée, la colique sèehe avec ou sans hépatite. La nécessité de fuir devient plus pressante encore par les rechutes qui entraînent un rapide épuisement; la succession des saisons n'ouvre aux malades aucun esjwir de guérison; si les vents d'est les délivrent des fièvres de l'hivernage, la température excessivement variable de la saison nouvelle leur sera une cause de dysenterie; l'unique ressource est dans un prompt dépan : •• Combien sont partis sur un lit qu'ils ne pouvaient quitter, qui ont trouvé au laige une guérison inespéréc(1}! ' L'opportunité du départ dépend

(I) Thévenol, Traité dfs maladies ikipa'p chmids, p. 368.

raiTÉE] DES CLIMATS. — ACCLIMATEMENT DANS LES PATS FROIDS. 537

d^ la nature des maladies et des organes à modifier; les fièvres chroniques, qui cèdent à l'influence d'un air sec et modérément froid, exigent qu'il ait lieu au commencement de notre hiver. Les aflections du foie contractées dans nos colonies s'amendent pendant la traversée, grâce à la régularité du régime, à la température plus uniforme et à la pureté de l'air maritime ; elles s'accommodent du froid, qui relève l'action du poumon et déverse sur lui l'excès d'énergie vitale qui s'était fixée sur le foie; le poumon devient, pour ce viscère, suivant l'expression de Thévenot, un organe préservateur ; néanmoins il faut ménager à la peau la gradation des températures, et épargner au tube digestif les brusques agressions d'un changement de régime. Les dysenteries miasmatiques gagnent toujours à Téloignement du foyer d'infection; mais le froid les exaspère. Soulagées par le mouvement du navire, par l'air doux et tiède des mers tropicales, elles s'aggravent aux approches de la terre, où les brumes, refoulées par les vents, enveloppent le navire d'une humidité froide et pénétrante ; les dysentériques éviteront donc de faire coïncider avec l'hiver leur arrivée en France ; ils éviteront surtout le passage dans les climats froids. Les gens à poitrine irritable, prédisposés au catarrhe bronchique ou à la tuberculisation pulmonaire, ont besoin de précautions nombreuses, quand, après un long séjour dans une contrée chaude, ils reviennent dans un pays froid ou tempéré. Même danger pour les indigènes et les créoles, quelle que soit leur constitution : le poumon, suractivé dans ses fonctions, s'enflamme avec une extrême facilité ; pour eux, la phthisie devient dans nos climats ce que la fièvre paludique et la dysenterie sont pour nous dans la zone torride : elle les décime en détail, et souvent die se développe chez eux avec une acuité qui précipite hi catastrophe. Plus sujets aux aflections éruptives que dans leur patrie, ils sont fréquemment surpris pendant leur convalescence par des symptômes d'affection pulmonaire : la rougeole les dispose particulièrement k la phthisie, sans doute à cause de la bronchite capillaire dont elle est souvent accompagnée. Il nous semble, toutefois, que l'on a exagéré l'influence de la transplantation sur le développement de la phthisie pulmonaire ; nous avons connu à Paris un grand nombre de jeunes gens du Brésil, du Mexique, etc., qui n'ont souffert ni du froid de nos hivers, ni de la température humide et variable de nos saisons intermédiaires. L'exemple tant cité des singes enfermés dans nos ménageries est-il concluant? Il faudrait savoir, objecte avec raison Louis (1), comment ils meurent dans les pays chauds^ s'ils y sont plus rarement affectés de tubercules qu'à Paris; la réclusion, l'insuffisance de l'exercice, le mode d'alimentation, mêlent ici leur influence à celle de l'atmosphère. Les vaches sédentaires dans les étables de Paris deviennent sujettes à la phthisie ; cependant elles sont préservées du froid et des variations de l'air et elles n'ont pas changé de climat Au reste, les singes déportés des forêts du Brésil dans les cages de nos ménageries sont-ils dans les mêmes conditions que l'homme qui s'éloigne

(1) Louis, Recherches sur la phthisie^ 2* éditiom Pai^, 1S43, p. 610.

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vdontBirement d*nne contrée intertropicale où la cWilisation tend k fûre la vie sociale à Timage de la n6ire, et le moral, cette source inépuisable de modiûcatkms physiologiques, ne le comptez-vous pour rien? ou raccordez -vous dans une égale mesure aux quadrumanes du Jardin des plantes 7 Ces remarques, consignées dans les précédentes éditions de ce livre, ont reçu depuis une confirmatton importante. Jules Rochard (1) rapporte que, depuis l'abolition de l'esclavage, un grand nombre de familles créoles ayant quitté les colonies, et surtout les Antilles, pour venir s'établir k Brest, il n'a pas observé parmi elles plus de phthisiques que dans le reste de la population ; il ajoute qu'il en est de même des Jeunes créoles qui s'engagent dans les régiments d'infanterie de marine. Wilson, Imité depuis par presque tous les médecins des marines anglaise et française, a donné le conseil de ramener en Europe les individus atteints de phthisie dans les pays chauds, l'observation et la statistique ayant démontré qoe cette mesure offrait Tunique chance de ralentir ou d'arrêter la marche de h tubercnlisation. Aussi les médecins de nos colonies renvoient-ils en France les, marins et les soldats atteints de phthisie sous ces latitudes (2).

En général, le passage d'un climat chaud dans un climat froid, quand il a^opère graduellement, est profitable à l'économie : il apaise la susceptibilité excessive du système nerveux, il rehausse le ton de la fibre musculaire ; il soHicite, par un air plus dense et plus oxygéné, l'action des organes respiratvrires ; un sang mieux élaboré baigne tous les tissus et rend aux organes d'assimilation leur vitalité ; les digestions s'exécutent avec aisance, les forces nutritives s'équilibrent entre toutes les parties ; la permanence du fit)id consolide cette modalité des fonctions qui a pour résultai la vigueur du corps et la stabilité de la santé. Sans doute une civilisation avancée a fourni à l'homme un complément de ressources pour lutter avec succès contre les rigueurs de la lone polaire, contre l'hiver de la zone tempérée, tandis qu'elle est moins efficace peut-être pour neutraliser les inconvénients de la zone équatoriaie ; mais l'histoire des -voyages et des établisnements qui ont été tentés dans les pays chauds et dans les pays froids diiTère tellement, qu'on ne peut méconnaître h facilité plus grande de l'acclimatement dans ces derniers.

La Nouvelle-Ecosse et le Canada offrent d'heureux exemples d'acclimatements collectifii dans des contrées relativement froides. L'ancienne Acadie, sous la même latitude (&5 degrés) que le midi de la France, mais à peu près dans une même bande isotherme que le Danemark, le nord de la Prusse, de l'Ecosse (therm. moy. + 5 à 6 degrés), reçut, en 1671, UOO à 500 émigrants français, qui sont devenus environ 70 000 indigènes, malgré les calamités prolongées de la guerre et une nombreuse émigration (Bertillon). 10 000 Français qui, de 1663 k 1760, s'établirent au Canada, y forment aujourd'hui une

(1) Jules noehard, Dt rinfluemee de la navigation et de» paya chauds sur la marche de la phthisie pulmonaire. (Mémoires de r Académie de médecine, 1856, U XX, p. 107.}

(2) J. RochanI, loc. ctY., p. itd.

FllTil] DES CLIMATS. — AGCtlMATBICEMT DANS il» PATS FROIDS. SM

popalation de plus d'an million d'Angto^Canadieng, nonobstant les décbeta de la guerre et d'ane émigration continne ani États-Unis; elle croît de 25 I liO pour lOOO^haque année, aons nn climat de + 5 degrés en moyenne par an (Paris = 4- iO'^yS c), avec une oaciilalion mensuelle moyenne de — il*,6 k + 21%8 ft Québec, contre + i%9 k + 1B^7 k Paris, » an écart de SS^'.S à Québec, et seulement de i6*,S k Paris. Sir John Ross, pendant son deuxième voyage k la recherche do passage du N. O., fut pris et retenu quatre ans dans les glaces avec ses deux navires la Victoria et le Kruienêtem; il a compté une période de six cent trente-six jours où le thermomètre n'a pas t*emonté au-dessus de 0 degré s le mercure, l'huile d'amandes douces, se congelaient k l'air; son équipage de 23 personnes eut 8 décès, l'un par suite de phthisie, ayant débuté avant le départ, l'autre de scorbot, un troisième, dft-fl, par une complication de maladie; il y eut d'antres cas de scorbut, mais sans grafité, quelques congélations dont une seule nécessita l'amputation partielle du pied; mais rophthalmie des régions polaires ne fit grâtie k personne. L\ine des dernières expéditions k la recherche de Franklin, celle delà Résolûtes comprenait dix navires et trois cents hommes dont tes détachements, envoyés k la découverte, passaient des mois entiers sur les glaces sans revenir k bord, le jour attelés k des traîneaux, la nnit enveloppés d'une couverture de lafne, an contact de la glace qui se fondait k là chaleur de leur corps ; elle n'a compté en trois ans que six morts, attribuées k des maladies de cœar. Les factoreries, établies au Spitzberg par les Hollandais dans le cours du xvn* riède, ainsi que les campagnes de nos pêcheurs de baleine dans les parageè les pins rigoureux, témoignent de la tolérance de la race caucasienne pour le froid; Ik, nulle autre influence, nulle autre aggression que le froid sec; tant qu*il demeure sec, il est tonique ; la santé n'est menacée que par une élévation accidentelle de la température, qui amène l'humidité ; alors, suivant la remarque de J. Bellot, les bronchites, les coryzas, se développent épidémiqnement k bord des bâtiments. Les noirs sont impropres k ce genire d'acclimatement ; feb créoles, les méridionaux, qui résistent mieux que les hommes dn Nord aux premières épreuves d*nn hiver rigoureux, perdent ce privilège aii bout d'un certain temps, un ou deux ans, d'après l'observation de Sigand et de Rochônx. Pour les nègres, pas n*est besoin, pour les compromettre, d'une transition si considérable du sud au nord; transférés de l'intérieur de l'Afrique en Arabie, ils sont décimés par la fièvre, la dysenterie, la plaie de l'Yémen. Boudin cite un régiment anglais de dix-huit cents noirs qui, envoyé k Gibraltar en 1817, fut presque entièrement détruit par la phthisie en moins de quinze mois. Jules Rochard a vu cette maladie exercer les mêmes ravages au bagne de Brest sur les forçats de provenance coloniale. (Yoy. t. Il, Races^ Acclimatement collectif.)

An Canada^ k Terre-Neuve, k la Nouvelle-Éeosse, le chiffre annuel de la mortalité des troupes est moins élevé qu'en Angleterre, i,7/i pour 100 ; 1 ,15 ; 1,<(. La mortalité èèi due presque pour moitié kifk pldégmasies des voies res-

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piratoires, à l'exclusion de la phtbisie, et plas fréquentes au commencement de Tété qu'en hiver. La phtbisie serait au contraire assez commune dans la population sédentaire des îles Saint-Pierre et Miquelon au dh-e du docteur Gras, dont J. Rochard affirme la compétence et la véracité.

n y a bien des recherches statistiques à faire sur l'aptitude des climats ¥oisioB des contrées polaires et de celles-ci même à entretenir et à multiplier ks diferses races. Déjà à Saint-Pétersbourg, les naissances sont moins nombreuses que les morts; la grande mortalité des nouveau -nés, dit très-justement Bertillon, est l'indice d'une difficulté à vivre; et l'Islande semble marqfiSir le terme de l'acclimatement de la race Scandinave, c'est-à*dire aryenne; le lait est que sa population est descendue de 100 000 à 60 000 habitants, malgré la fécondité des femmes, tant les décès sont nombreux dans l'enfance. GitODs aussi, d'après Bertillon, ces remarques saisissantes d'un voyageur étgK^ de toute vue théorique^ interprète pr^ue naïf de sa première impressiOD, qui est plus en faveur des Esquimaux du Groenland que des Islandais de race aryenne : « Ces derniers, dit Ch. Edmond, ont un air mou, éteint ; oo?oit qu'ils ne vivent pas avec plaisir, ils se laissent végéter avec résignation, lies Esquimaux, au contraire, semblent . contents d'être au monde ; on sent qu'ils sont chez eux ; ils poussent sur un sol adapté à leur nature. La contradiction entre les Islandais et le milieu qui les entoure est flagrante. Le Norvégien transplanté est exotique en Islande, en dépit des siècles écoulés. * Le manque de croisements avec les Groéniandaises a dû concourir à cet étiolement des Scandinaves, et peut-être, comme l'affirme l'amiral danois Lovvenôm, u^ abaissement de la température de l'Islande depuis les xu* et xm* siècles.

Quoi qu'il en soit, et si large que l'on fasse à l'organisme humain la part de ses aptitudes et de sa spontanéité^ on aperçoit pour lui, aux limites polaires comme li l'équatenr, des difficultés de coordination à ces milieux extrêmes. Le n^^ et l'Esquimau en sont les représentants naturels, les deux spécialités d'organisation, les deux types appropriés à ces climats inverses et les seules dont la fécondité, la durée, le travail utile, ressortent clairement de l'observation des faits passés et présents.

m. — Aeclimatement dans les localités.

Les phénomènes de cet acclimatement^ et les règles d'hygiène qui s'y rapportent, varient suivant la température, l'état hygrométrique, les émanations el la pression atmos|diérique.

1* Passer d'une localité dans une autre relativement plus froide ou plus chaude, c'est s'exposer à des nuances d'eflets qui se confondent avec ceux que BOUS venons d*étudier. Les Italiens, les Espagnob, qui viennent se ûxer en Rrance, perdent leur sobriété, mangent avec plus d'appétit, et acquièrent de l'ohésilé; le ccaUre, VetL «Ile nord de la France produisent sur eux des

rai^ DES CinUTS. — ACCLIMATEMENT DANS LES LOCALITÉS. 5di

modifications semUaUes à celles qu'éprouve le créole nouvellement débarqué eu Europe. Pour les Allemands, Tltalie est un pays chaud, et leur impose des précautions en conformité avec leurs sensations. Audouard a vu des soldats originaires du nord de la France être atteints à Naples de fièvres qui, par leur forme et leur gravité, rappelaient le fléau des Antilles. Gleghom a observé chez des Anglais, à Minorque, de nombreux cas du même genre.

2'' L'établissement dans une localité beaucoup plus humide que celle où Ton a vécu jusqu'alors entraine on des modifications promptes qui se résolvent dans un état morbide local, on une altération prc^ressive de la constitution, qui finit par assimiler les nouveaux venus au type physiologique des habitants. Dans le premier cas, on observera quelques affections de nature catarrhale, localisées dans la membrane muqueuse des voies aériennes on des voies digestives, caractérisées par l'exnbérance de la sécrétion dont elle est le siège, et par les irr^larités ou la dépression habituelle de l'innervation : ce sera un catarrhe bronchique, un embarras gastrique, une diarrhée muqueuse; et si le système uerveux est intéressé, on pourra observer ce que l'on appelle encore dans quelques pays h fièvre muqueuse^ cette variété de l'affection typhoïde dont Rcederer et Wagner out tracé le tableau. Dans le second cas, il s'opère dans la constitution un changement sans trouble morbide évident : la sensibilité générale diminue; les sympathies organiques s'émoussent; la peau s'étiole; les tissus musculaires sont moins colorés, moins contractiles; l'élément cellulaire prédomine ; la formation graisseuse augmente, ainsi que les sécrétions des muqueuses. Un moment vient oà la transformation est achevée, où l'harmonie s'établit entre l'organisme déchu et le milieu insalubre dans lequel il est plongé. L'hygiène des localités humides et froides ne diffère pas de celle des pays froids : on insistera davantage sur l'usage des boissons théiformes, aromatiques, légèrement excitantes, sur les pratiques qui ont pour objet l'entretien ou le rétablissement de la transpiration cutanée qui tend à se supprimer; les liqueurs alcooliques, à doses modérées, peuvent être ajoutées sans inconvénient à la boisson fermentée qui est nécessaire aux repas : ceux-ci seront composés en majeure partie de substances animales. Des vêtements chauds et des habitations soigneusement préservées de toute humidité compléteront la prophylaxie : ainsi réglée et soutenue, elle réussit à corriger chez les classes aisées de l'Angleterre et de la Hollande la constitution catarrhale, lymphatique et scrofuleuse, qui végète dans les froides brumes de leur atmosphère.

3"" Il est toujours hasardeux de tenter l'acclimatement dans les localités à émanations palustres; c'est sur les hauteurs éloignées et hors de leur vent que sont le refuge et le salut. Dans les pays où la chaleur et l'humidité impriment un funeste essor au dégagement miasmatique, on ne saurait trop rappeler aux chefs de l'armée, aux chefs des immigrations, les influences préservatives de la climatologie verticale; non-seulement l'altitude compense les effets de l'irradiation solaire plus ou moins directe, mais encore elle neutralise, elle anéantît

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le maléfice des plus énergiques foyers de fermemation délélère qm jinièment les terraios bas, les vastes dépressions du soi. Sous les lateto iatertropîcales, se rencontrent de frais climats ; au-dessus des palétonsi it des marécages pestilentieis de l'Afrique méridionale^ existent de salobras itttions où n'arrive point le miasme (ébrifère : dans cette superpaaitioB de climats gradués, quelle immense ressource pour la oonsenration des faonina, pour l'extinction des épidémies meortrièresi pour la retrempe des codstitDlions détériorées! Les stations qui prèsertent sont aussi celles qui goériisent : les fébricitants du littoral de nos Antilles se rétablisseat aux PitoMos an camp Jacob. Il n'est pas toujours nécessaire, pour l'un ou Tantre lésnltit, de se réfugier sur les hauteurs; même dans la zone torride, se trouvent ds climats ou des localités exempts de paludisme : ks fiévreux de si^jj^g— «r TOni se rétablir À la Réunion; ceux du Sénégal, k Gorée. Entre 20*10*61 S3<> 26' de latitude sud, une grande lie de l'océan Pacifique^ ayant 66 lies» marines de long sur 10 de large, a des marais et des marécages dans son îmérienr, des plages tour à tour inondées et découvertes par les marées, des allerrissements limoneux^ une végétation palustre qui rappelle celle des pal^ txgfi^nf etc. : « Chose vraiment extraordinaire, s'écrie V. de Rochas» flûliié tiMS ces éléments fibrigènes, la ûévre est presque inconnue dans ce pajs^ et 3 est extrêmement rare qu'on trouve dans des affections quclconqoes iodia* tion k quinine (1). » Les Européens y ont remué des terrains neûli poor les Qdtiver, jeté des chaussées sur les marais, desséché une partie de ceini qui eiiaCe à Porl-de-France; ils en ont fouillé le fond pour les constmcâons» et pas un seul cas de fièvre ne s'est montré chez les travailleurs. Dira-t-on que la latitude est impropre à la production des fièvres; mais elles désolent des pays yoisins, les îles Yiti, les Nouvelles- Hébrides. Si des nécessités inéluctables condamnent à reteuir des masses d'hommes dans la sphère d'activité des foyers d'impaludation manifeste, mieux vaut assainir le pays que d echafauder un système pénible de prophylaxie. Le dessèchement des marais est peut-être le plus grand bienfait qu'aiteude l'humanilé. Sur plus de (lOÛ 000 hectares de marais qui existent en France, 120 000 sont susceptibles de culture : en les séchant, on augmenterait donc les moyens d'alimenlaiion publique, en même temps qu'on assurerait l'amélioration physique de notre espèce et la proionga- Uon de la vie humaine. Déjà la Bresse, la Sologne, ont vu diiuinucr le nombre de leurs marais; la compagnie des Landes poursuit ailleurs le môme buL Si ces travaux étaient imités partout où il cxisle des eaux stagnantes, les endémies les plus meurtrières auraient bientôt disparu du globe. Nous avons esquissé leur modo d'exécution; mais une hygiène sévère doit y présider. L'opportunité des travaux de dessèchement correspond à l'époque où la fermentation des marais est nulle; malheureusement, les ingénieurs les font

(1) V, de Rochas, Essai de topographie hygiénique et médicale de la Nouvelle» Calédonien thèse. Paris, 1860, p. 15.

PlWÉE] DES CLIMATS. — ACCLIMATEMENT DANS LES LOCALITÉS. 54S

commencer aa fort de l*été, pour profiter de la diminution des eaui. Les ouvriers devront èire choisis parmi les plus robustes et les mieai constitués ; ils auront des vêtements épais, des chaussures hantes et imperméables; ils ne se rendront pas à jeun sur le lieu de leurs travaux, qui cesseront avant la fraîcheur du soir; ils recevront une nourriture réconfortante, assaisonnée ; une boisson fermentée et une ration d'eau-de«vie leur seront distribuées» ainsi qu'une infusion légère de quinquina qu'ils boiront entre^ lenrs repas : des feux seront allumés dans le voi.sina|{e pour qu'ils puissent sécher lears vêtements dès qu'ils interrompent leur opération ou qu'ils ressentent les effets de l'humidité. L'application de ces précautions doit être impérieuse et stricte; grâce à cette discipline hygiénique, trois cents ouvriers ont pu mener à un le dessèchement de l'étang de Goquenard, sans qu'un seul d'entre eux ait éprouvé le moindre accident : le même succès couronna l'entreprise du curage du bras de la Seine qui forme l'île Louviers, curage opéré impunément par deux cents ouvriers qui, dans l'espace de deux mois, enlevèrent ei transportèrent à une grande distance environ 9000 mètres cubes de va8e(1). Éloignons des localités marécageuses les individus faibles, épuisés par les privations ou les maladies, les femmes, les enfants. Ceux qui ont vécu longtemps dans le voisinage d'im marais ne peuvent compter sur le bénéfice de l'habitude en allant habiter snr les bords d'un autre marais : ils trouveront peut-être dans leur nouvelle résidence la fièvre qui les a épargnés dans la première. Quand on est obligé de demeurer dans un pays marécageux, il faut choisir son habitation de manière k éviter le vent qui soufQe dans la direction des eaux stagnantes; l'interposition d'un obstacle, tel qu'une montagne, un bois, ou seulement un rideau d'arbres, est une garantie contre leurs efiluves. A défaut de ces avantages naturels, il fout savoir y suppléer par une plantation d'arbres et par l'occlusion complète des ouvertures que l'habitation pent avoir du côté des marais. Elle sera établie, s'il se peut, sur un lieu élevé et sec ; si elle se compose de plusieurs étages, c'est dans la partie supérieure que l'on devra s'installer. Les autres règles consistent k prendre une nourriture substantielle^ composée de viandes et de végétaux sapides, à faire usage de quelques condiments énergiques (oignons, ail, raifort, moutaràe), d'une boisson fermentée, à s'abstenir de l'eau de marais; s'il n'y en a point d'autre, à la purifier au préalable ; à se vêtir chaudement, à ne pas sortir soir et matin, à se garder de toute humidité, à ne jamais s'étendre par terre au voisinage des marais. On a cru remarquer, en Afrique, que les fumeurs de tabac sont moins atteints par les épidémies; ce mode d'user du tabac serait donc indiqué. Les Moréoles et les Arabes consomment beaucoup de café peu ou point sucré, et sans qu'il soit clarifié par le repos; cette liqueur un peu amère a le double avantage de tonifier l'estomac et d'entretenir l'action éliminatrice de là peau : aussi y a-t-il dans les troupes turques un individu chargé spéciale-

(1) Parent-DuehAtelety Hygiène fmblique, Paris, 1836, t. I,p. AS7,

5U Ms MODincATetms. — . cmcnrvsiu [i

ment de piéfiiiei poorclle le café, le hawadjU on c^etier. AnliBl IV modéré d'ane bomm fermeotée relève et sootieoi, antanl Tabai émémfiqws dispose \ rintoxkatioo padadiqae : les ftfîgiMS, les excès de Ime genres, réoenration do ooit, agissent de b même manière.

Les contrées marécageuses offrent-elles moins de pblliisîqoes qae les pqi pins sainbres, et les endémies de fièvres intermittentes excioent-cBs b tnbercoles? Cette doctrine, dit Lebert, a été professée il y a ynmgi mê pv Schœnletn, dans son cours de pathologie, et adoptée par Técole de VIsk. On connaît les faits nombreux que les médecins français, beiges eC lui ont opposés. A Rochefort, foyer d'intoxication palustre, Lefèvre a sur 615 autopsies, 132 sujets tuberculeux (1). Dans le bas Valais, oà la fièm Intermittente est endémique, Lebert a noté le grand nombre des phAîia. Tirchow (2) conduit, \ Foccasîon d'une mission oflideHe en Silésie aa chbmencement de 18ft8, \ discoter l'influence des marais sur les tnbcrario, arrive à cette conclusion qoe, s'il existe quelques contrées où les ne se rencontrent point avec les fièvres intermittentes, il en est d'antres où les deux affections coexistent sans se modifier rédproqiMafitCt finalement 9 repousse la théorie de cet antagonisme. Aux Antilles» on vsit ftfpiet h phthisie en même temps que les fièvres intermittentes et la ièvie t]fpboide (3). Au milieu des immenses marais du Sénégal, les tubercules soit très-communs chez les indigènes, et la phAisie a une laiige part dans lei décès (Raoul cité par J. Rocbard). Collas, James Reynold, Martin. AIm Westy qui ont pratiqué dans les Tndes, ont vérifié la coïncidence des eniéndes palustres et de la phthisie pulmonaire; celle-ci est commune à Java. An Brésil, l'influence marécageuse imprime son cachet à toute la pathologie; or, la phthisie pulmonaire, dit Sigaud (^), y fait autant de ravages qu'en Europe; à Rio-Janeiro, il y a un hôpital spécial pour les phthisiques; elle sévit autant parmi les blancs qoe sur les noirs ; dans le sud elle marche en première ligne (docteur Jubier); dans le nord, les maladies de poitrine sont fréquentes. Chervin a remarqué que la phthisie est assez commune à la Guyane, en dépit des marécages ; à la Vera-Cniz, elfe entre pour 1/13* dans la mortalité (Godineau). Il faut avoir inspecté les hôpitaux de Rome vers la fin de la saison endémo-épidémique, comme nous Tavons fait en 1851, pour se faire une idée de l'énergie de son paludisme, des ravages profonds qu'il exerce sur les constitutions; or, Journé a constaté qu'à Rome 1 décès sur 325 est dû à la phthisie (mortalité civile), et Félix Jacquot, analysant les éléments de la mortalité militaire (division française d'occupation), a trouvé qu'en 1850 la

(1) Lefëvre, De l'influence des lieux inaiécuyeua: sur le développemcut de la phthisie. (Bulletin de l* Académie de médecine^ l. X, p. 1047.)

(2) Virchow, -(4 rc/<. Jùr fuitholoyisfJœ Anaiotnie^ eic,, t. II, p. 170-173. Berlio, 1848. — Lebert, Traité pratique des maladies scro/'uleuses, Paris, 1849, in-8.

(3) J. Rocbard, Mémoires de f Académie de médecine , t. XX, p. 137 et 138.

(4) Sigaud, Du climat et des maladies du Brésil. Paris, 1844.

privée] des climats. — ACCLIMATEMENT DANS LES LOCALITÉS. 545

phthisie pulmonaire occupait le deaiième ran|< de fréquence, et en 1851, le quatrième, et, soit dit en terminant, la fièrre typhoïde, autre argument de la doctrine d*antagonisme, règne à Rome à côté de la phthiae et des fièfres intermittentes. « La lecture atteotnre des rapports sur le serrice de santé de nos colonies pendant ces dix dernières années* ainsi que ma pratique penoonelle, ne fait que confirmer les Gondasîoiis auxquelles est arrîré Joies Rochard. Rare au Sénégal et k Mayotteoo le règne eodéfliiqoe alaorbe toale la pathologie, on la voit figoter en pfoportÎQa Bolahie sar les ■titiitiqmide tous les autres hôpitaux, et il B*est pas on rapport médical qoi ae agaaie Vmfluence fatale du climat sur la rapicfilé de sa oarcfe (i). » Daas b Calédonie, la phthisie tobercokose Baianaae ks marais, dont ils ne sohisseat pas Factioa fihiilère(2},

/i'^ Les effets de la raréfactioa deTarae iiiBaaiouaf >»iâregaarfir^ de grandes hauteors oà I» essais iTa climats. Nous aroas décrit les ou prolongé dans les régioas élevées éi giihe; riiiiMée noMflcMr eaoHi^ ta

dans les montagnes, oa daii se ptieccapii oMon #0Be U$tm êmmÊÉmm êB

pression que do froid, des

et des vents iropétacaz qo'oa j itamang; les

gestions polmoaaiLjy aax kéanfrpaiesy cdfcs qai ^i

dontla circotatioBeiinrii owihifc,s^€jipMeHieaiài

graves en ihniiiiiit des iCiiéiai'iii» #oae snaié âéaMlHfc. £1

montagnes,

ne peut que

la circalatioo est

activée sans danger^ et donc h piapart

cœur.

La plupart des vâbçe^etife» l'Câdt^owi qpl m}^vm!m409 m%%t€m0400 convalescents, se tma^eot h easnaa. filM digènes de ces localiié», beasée ($ »

taire : c Morbi ^

» Nec oQnm de bac re }âMamLemàwa»i >» tanos qui aerem ajcrom, tcaaeak. oaraMi*^ mimm$m$m0i0^ 00i^si0tf ^ ^^^m » limpido fonte nuuiuKUift^ MO|iikla lîÉit aooMHNii, ^iig^MMt ^ ^f^- » fortes et indomim» ae • propensos. ^

Dans ce aussi en grave cooiîdérvuiiia <!C \^\

(1) Diitroulaa,2* édHiiiw, /*»<. tr,. % 4^,

(2) V. de Rocha», OMmv f^Mift, X'mm. -^ :^

(3) Isansée, BJemmtm /w>^ ^^gwy^jijgi'fcr^ .^>0US4A>m ~ M^ 0mtt0;.i^ ^^t^-- M. LtvY. Hygiène, 5» ttrr. * " ^

sas tu IKHHnUTEDU. -I- aRCDMFDSA^ [H

des habitudes (uticliouttellcs : les diriicuUés plus uu moins grandes de l'eumn iiiiuculaire, la privalioii ou l'addilioEi du «jUL'Iquus aise», lu coniact d'uur {v ptilïliuii dillcrentu pif sk& [nœurg et suii curaclëri!, cic , ce sont la da a- Qutioce» plus ij^ressites puur ceriâiiie&uaturc» «ju'uiie onUéi; f>luvia]<! iefi» 00 de nioifui

L'homme peut-H s'acclimater à de:^ liaulL-UK uù si» funciioos sont Ituubira pirl'ellet d'une brusque Iratmlatiutiï 11 exisle daus l'Amérique tnéridiuiuttik] iil)lage»kf(l6l3mhrcutaii-(le!Muiideiamer.Tuul le inondu coiinail lesobMn» lioiu de Humboldt et fiou&sin^ult Miir les llnrisxauiea (lupuIaLioii» ei le» bsIlR cultures des régiuiis de ISogoia, Aliciiipamps, Futiui (de ifiUU .1 ^uOU nii-lR^ de guitu [3l)i}ll raëlres), etc. Jacquemum cite tins villages i /> t-t MOO lutlro sur le versuut liiibétaJu de l'Himalaya: lui-méiue a cuuijm; avec uiio »iuu DOinbrouïc, stm préjudice pour elle ni pour lui, à &UUU 01 » 02UU luétra de bauleur. Guilben (1), daus des lucalité» de la Bolivie, situées à ^OUU f * &UOO mètres de bauteur, a rcmai'quÉ la liicililé du raccljinatenieui et r6D«f](K des habiiauiH, Le» vuyageurB visitent impuiiénieni uu grand iiuiubi-e de loulilà situées danii les (Cordillères a une liauteui' aluuluu plus cuosidêraUt dt 271) mètres au iiiuiiiti que le gritad plateau du inuut lltanc {Ul6l mcira). Uutnbuldt s vécu longtemps, sans aucun accident, a la feinie d'Anlium (&tUl mètres). U'apres d'Uibigny. les iudigénes ne wulTreut point i la i'ai ik Il rtrâfaction de l'uir qui l'a si crueileiucnt éprouvé. I>ans les Alpes, Ag^mii u Di^r, parl^ilemeut acclimatés à 2bOU mèlrea, après un Kéjuur du pluucurt semaiucs, suât parvenus ensuite sans soullrir à la cime de la JuD^frau, |>lu) Élevée de ItiUO à 170U mètres. INul doute pour Lepileur »ur CaptiUMle ilt rbomiiie b vivre sans malaise dans l'air rarélié des somuiilés du glubc, à uuc limite où des perturbations fouciiujinelles smit la cuuséquence d'une tnusUiuD rapide.

Et pourtant, on est frappé de ce fait «lu'cn Europe, d'après Alûbry (13), on ne rencontre pas 'JUUOO âmes sur l'altitude de 12l)0t) métrés; au-dessu» de 2UU0 mètres, nulle tiabitation penuanenie. L'buspice du Saint-Gotliard est à 21)75, celui du petit 6ai m- Bernard à TIjO, le bimploii à 2liu&. Or, ce»t sur les altitudes iniertropicales où des raceti diverses et nombreuses prospireui entre 3 et SOUO mètres de hauteur, c'est en particulier sur lu plateau de l'Anahuac que, malgré la douceur presfjue uniforme de la température et au miliau des ricbesges de la Tégéialiun, Jourdauei nous représente les populations comme plongées dans uue incurable auémic par 1 iusnffisaticc de l'oxygènr inspiré; le déficit de ce gaz, il l'évalue à 7% grammes par jour; sous la |)re>- ■ion barométrique de 0'",5K3 à Mexico, chaque liire d'air conicnaiit bU inilligrammes d'oxygène de moins qu'au bord de la uier. l'ar suite de i'apatliie qui

(1) Guilliert, Phlliisiv ci ni^mi-t ui'ft.- fullilwk el 'irfc /es .v«c.v „» l-ér;u et ?> Bolivie, Ihèie de Pari», I8ti2, 11^ Wi.

(2) A. MUhrj, Cebei- das AViVnn der Huch-Aliie.t (in BeiîrSge me Geo-P/iysik h-l KtiiMtlogiaphie, H«ft, 3, 3). t^ipiig, 1863, io-H.

1»E1VÉE] DES CLIMATS. — ACCLlMATE&lËNT DANS LES LOCALITÉS. 5A7

résulte de l'imperfection de Tendosniose pulmonaire, raientîMement des mou* vemcnts respiratoires, diminution du nombre des ampliations tboraclques. C'est sous l'impression du livre de Jourdanet que j'écrivis à l'on de nos médecinà distingués alors à Mexico, Léon Coindet, pour lui proposer un pro«gramme de recherches expérimentales destinées à vérifier ces assertions* Suivies avec persévérance et précision, elles ont donné les résultats suivants : V sur 250 Français, la moyenne générale du nombre des inspirations par minute a été de 19,36, au lieu de 16, chiffre de Jourdanet ; sur 250 Mexicains, die a été de 20,297 ; confirmation de l'opinion qui attribue aux hommes une plus grande fréquence respiratoire sur les altitudes que dans les réglons basses i 2** la moyenne numérique des pulsations a été chez les Français de 76,216, chez les Mexicains de 80,26, relation des pulsations aux mouvements respi*ratoires II U '. i; elle n'est donc pas troublée comme on Ta dit ; S' la nMin*suration thoracique a donné chez les Français 92,750, chez les Mexicains 89,0(i8; ceux-ci ont en moyenne le thorax moins développé que ceux-là; 6*" j*avais prié L. Coindet de doser l'acide carbonique de l'air expiré comme indice de l'énergie de l'hématose, et l'analyse chimique a prouvé que l'exba*iaiion de ce gaz éuit le même qu'au niveau de la mer. — - L'économie ne s'adapte pas d'emblée à ces conditions de fonctionnement, et, jusqu'à ce qu'elle soit accoutumée à ce rhytbme respiratoire de compensation, les Ion** gués courses, les marches forcées, paraissent plus pénibles, mais l'acdimate^ ment s'acquiert, et l'état sanitaire de nos troupes pendant cinq ans sur les altitudes du Mexique a été d'une bénignité, remarquable. D'après les dood^^ menis anglais, dit Leroy de Méricourt, les sanatorium f établis ao delà de 2000 mètres dans l'Himalaya, voient le chiffre mortuaire des enfants nés dans l'Inde de parents européens s'abaisser avec le degré de l'allitnde.

Le règne pathologique des altitudes est subordonné, comme dans le système des climats horizontaux, S dei circonstances de localité. Jusqu'à présent la fièvre jaune n'a pas franchi certaines hauteurs, si ce n'est par importation. S'arrêtera* t-elle toujours à ces limites, et quand le chemin de fer reliera la Vera-Cruz à Mexico, ne s'élancera-t-elle pas sur les rails comme elle a suivi les bateaux à vapeur jusqu'à Saint-Nazaire 1 L'immunité des fièvres palustres n'a point para complète à nos médecins dans la vallée de Mexico} Um fièvres rémittentes y sont endémiques chez les Indiens. Même à de grandes hauteurs, sur les plateaux de l'Himalaya, on rencontre encore de nombreux cas de fièvre rémittente, non dépourvue de gravité ; la nature du sol, le manque de pente, quelques flaques d'eau, suffisent à les produire, et au-dessous de 8000 pieds, point de préservation certaine contre le paludisme. D'après Tscbudi, rare sur le versant oriental des Cordillères, le typhus se montre fréquent sur leur versant occidental. La peste indienne, sorte de typhus, a décimé la population de rilimalaya depuis sa base jusqu'à la ligne des neiges persisUntes. £n 1850, Jourdanet a vu le choléra très-meurtrier à Puebla, le typhus et la fièvre typhoïde permanents sur les hauts plateaux du Mexique ; d'après lui, c'est le

us DBS HODIPICÂTEtlRS. — ClEtCCHFDSA. [nats

h'phus à forme hémorrliagique qui, soiis le iinm de liftvre rooge des Ail«fne (matlavihuah), aurait, à des époques diverses, sÉvi sur les Indiens des Cor ditlères. Dans l'Inde le choiera s'est élevé i plus de 6000 pieds e( il n'est fÊi rare dans les montagnes. L'altitude est sans influence sur la prapagaiiou <le fièvres érupiives. Le lloy de Méricoiirt a remarqué que les djarrliées, les dpenteries, les hépatites, ne disparaisseni pas aussi proniplemeut qu'on le croirait avec le séjour sur les hauts plateaux des contrées tropicales; ces maltdia s'y a^avent ou s'y éternisent par l'eflet combiné de l'huiniditë, des plo». des brouillards, de* variations tranchées de température. — D'après A, Guilbert, la phthisie est rare ,sur les hauts plateaux de la Bolivie, d'après JourdaM sur ceux du Mexique ; mais encurc ici les statistiques sotit contradictoire (Comdct). Le goitre et te crétinisme ne comptent pas avec l'altitude, pasplœ que la lèpre dans les CordiUères.

Dans notre Europe, les grandes agglomèratitins humaines ne dépasaeH guère l'altitude de fiOO à 600 mètres ; au deli, ce ne sont plus que des groupa restreints, des familles plus ou moins isolées qui ne se prêtent pas à une oumparaisoiiavec une population des vallées. Lombard (l)panage les climats de montagnes en alpins et en alpestres, suivant qu'ils sont situés au-dessous (m au-dessus de 2000 métrés d'ëlévatiuu. Mal de montagne, bémtirrbagies nmiu celles des voies respiratoires, inflammations, asthme, telle serait la pathologie dominante h 2000 mètres de hauteur, où l'on ne rencontrerait presque jamû les fièvres intermittentes, les maladies bilieuses, la lièvre jaune, la peste, k choléra, tandis que l'on y rencontre les fièvres typhoïdes et éruptives. Aodessus de 2000 mètres, mêmes maladies atténuées. Âu-des.sous, dans les régions moyenne et inférieure des Alpes, la phthisie |>ulmoitaire, les scrofules, le gdtlre et le crétinisme qui s'effacent presque entièrement dans la lone alpine, etc. Les diversités locales font ici sentir leur influence, exposition au midi ou i l'est, degré d'altitude et inclinaison du sol, etc. La plus énergique est la hauteur qui a su^éré au médecin de Genève sa division des climats montagneux en : l'climatsplusdoux que toniques, au-dessous de 900 mètres; 2" toniques et vivifiants, au-dessous de 1200 mètres; 3° toniques et irèseicitanls, del200 i 1600 mètres, tels que Kalibad sur le Ui8hi(liill mètres), Saint-Hiarice dans l'Engadine {17)}6 mètres), les bains de San-Bernardino situés sur le versant méridional des Alpes (i6îiù mètres). Les éléments d'une observation probatoire manquent puur l'appréciation du rôle palhogéniquc, curatif ou préservatif de ces climats, à cause de la rareté des babiunts ï certaines hauteurs et de leur séjour seulement temporaire sur dts stations plus élevées.

Eo général, l'habitation des lieux élevés est, dans les pays chauds et marécageux, le plus sûr moyen d'atténuer ou d'annuler l'action nocive des fléaui

(1) Lomlurd, Les climats des montag'ia i-oiisùkrcs au jioiiil ik vui: m-;iiical, Genève lUS.

PRIYÉe] des habitations PRIVÉES ET DE L'AIR CONFIIfË. 549

endémiques et épidémiques ; dans les pays tempérés, de procurer le bénéfice d*un air pur et vif, non altéré par les multiples foyers de Tinfectioii industrielle et du mépbitismc des agglomérations humaines, presque toujours subordonnées aux facilités naturelles de communication. En Europe, le séjour sur les stations estivales élevées entraîne presque toujours le bienfait du calme moral et de la vie réglée dans des sites salubres, favorables aux excursions, etc. Dans les régions intertropicales, s'élever, c'est se replacer dans les conditions sanitaires de l'Europe. Lind, recommandant sous les tropiques l'habitation des coteaux, avait déjà fait cette remarque qu'un asile, propre à la conservation de la sauté, peut se trouver dans toutes les parties du monde. Dazille^ dté par Leroy de Mériopurt, déplorait que « de toutes les nations, la française fût la seule qui ne tint pas ses troupes cantonnées dans les montagnes d'où elles viendraient faire le service des villes par détachement ». Dès 1821, Simia était devenu une station de convalescence pour les riches Anglais des grandes Indes. En 182^. Jeffreys, chirurgien anglais, conseilla d'évacuer les malades de l'Inde anglaise sur les points élevés de l'Himalaya. De nombreuses stations de convalescence ont été créés dans les Indes sous le nom de sanatorium ; dans la présidence de Bombay, celui de Malcompett à &500 pieds ; dans celle de Madras, ceux des monts Nilgharrys, de 6000 à 8000, pieds; dans la présidence de Calcutta, il n'y en a pas moins de six^ tous sur THimalaya : Darjeling (800S pieds), Murree (7300), Landoux (6786), Sananer (6000), Nynce Tal (6800), Almora (5400). Geylan et la Jamaïque ont aussi leurs sanatorium. La Guadeloupe a son camp Jacob, la Réunion ses salubres hauteurs de Salazie où guérissent les fièvres contractées sur le littoral de Madagascar. Les enquêtes dont les sanatorium anglais sont annuellement l'objet les montrent favorables aux enfants qui, nés dans les Indes, sont susceptibles de s'y conserver et de grandir, aux adultes affaiblis, non gravement malades, aux fébricitants des plaines ; mais elles ne préservent pas les uns des fièvres éruptives, de la coqueluche, de l'entérite, ni les autres de la diarrhée qui, par sa persistance ou ses récidives, entraine l'anémie et un état analogue au scorbut ; les maladies intestinales nécessitent le retour en Europe.

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