ARTICLE VI
DES HABITATIONS PRIVÉES BT DB L'AIE COIfTlNÉ.
L'habitation privée délimite une masse d'air atmosphérique dont l'homme peut, suivant l'intérêt de son bien-être ou de sa conservation, modifier la température, l'hygrométrie, la composition chimique et le mouvement; il retranche de cette manière une partie du milieu général pour l'accommoder k ses besoins, en l'isolant plus ou moins complètement des influences du dehors. Le plus souvent il constitue ce milieu particulier, en opposition avec les conditions générales do climat : dap les pays chauds, il se procure dans renceinte
SM U8 HOmnCATEURB. — CIKCnOTSA. [«MfeB
da im péDitw Touibra, la fralcbenr et le souffle d'noe ventiUtSon irtificUlk ; dam les contrée* du Nord, l'initioct et l'indiutrie lui eouigneiit Ici mojtmit propiger et d'entretenir dai» l'étradoe de m demeare une cb«leur bvonbiel
la sanlf.
L'aimosph^re domeHtiqac est à la fninille ce (|Tie t'aliiKMpiii^re d'uue rillc est h loute nue [tupi i la r ion, co c]iie la lame d'iir empiiKiiinév entre la wirfuc tégumentaire et le vêlement est i l'individu : elle agil dircctctnont Hur sa codititDtion. Quo l'on rËflédiissc que la i^(|uestration nortiirnedc l'humuiQ ■ aot durée moyenne de huil heures sur viri)(l-4;uaire, i|u'il pasHK sous le ménie toit te tPinps consacré aux repas et ï dilTércntï travaun ou diKlractionn Hédeniaira; f|ue, dans les condiliunx aciuellea de son i'tat social, la iemaK y est ret«iiut pendant la plus grande pnriie de ta jonrn^' i que la seconde enfance el l'adolescence, vouées auK labeurs de l'iMucalioii, siibissnnt, durant tie longues »• nées, la récluKJou dos coII^hm. àcs ^c.n\ps et des alelii'rs, cl l'oti coiiiprcodn combien il est ï ta fciis imporlsnl et diflicjle d'obtenir des données exacte» sur la qaestion de l'air connue, d'établir dos if Ries certaines pour la construction ri l'économie intérieure des liabitalions qui en sont les réservoirs, Cellos qui soDt Golloclivcs appartiennent 11 t'Iiygiène publique: l'habiuiion privée, la seule doiU nous avons ï nous occuper ici, a sur elles cet avanisïe que leti conditions qu'elle doit remplir s'appliquent ï un seul individu, uu gronp4> d'une iamille pour qui l'unilé d'origine ei d'organisation sollicite, en gâiiârnl, le luémo genre d'impressions et de soins Iiygi6nique^.
l>eat.$tri> n'a-t-on pss assez réilôchi sur les conséipianccs do la solidarité vivante qu'établit entre les ni<<tnbres d'ime famille lu cotiabitution snuv le niAttw toit, et parfois dans le même esitace clos ; en nous exprimant ainsi, nons avons en vue, mm -seulement loseiïets connus de la liciation de l'air par l'encombrement, par le dégagement des gaz de combustion ou d'éclairage, etc., mais, en particulier, l'échange continu de tontes les influences dimt se compose l'atmosphère propre de plusieurs individus issus du mCnie sang, porteurs des mêmes prédispositions. Dans les climats rigoureux, et pendant l'hiver des zones tempérées, la vie de la famille se cojicentre dans uti rayon très-élroit ; un grand nombi'c do prufessioiis nécessilenl iirie relégalion anal(^ne : or donc, si plusieurs individus sont entachés d'une maladie acquise, ou d'une prédisposition héréditaire; si, par nue idiusyncrasie collective, ils ont une sécrétion, une exhalation, qui s'éloignent du t>|>e ordinaire, ne s'établira H- il |>nint, entre les parents sains et ceux qui ne le sont \m\i\i, un commerce miasniatiqueT N'y a-t-il d'infection que celle «^oi se révèle i grands traits par des maladies répandues sur des localiiéfi, sur des populations entières, et chaque maison, chaque refuge uii la fiiiuille se forme, grandit et meurt, ne peut-il avoir, si l'on peut ainsi dire, ses endémies particulière» T Les maladies annuelles qui visitent les familles, les maladies surtout qui prennent chea riles droit de domicile, se confondenl-clles par leurs caractères et par tenr marcbeT Sans doute elles relèvent du fonds organique conmiua fc cbacuoe
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d'elles, de leur régime, de leur aisance, de leur éducation, etc ; mais Tatroot* phère domestique, cet balitus vital, qui émane des corps organisés, joue un r61e dans leur production; suivant Teiistence plus ou moins sédentaire et resserrée des familles, suivant la construction de leurs demeures, qui empêche ou favorise la stagnation d'une masse d'air, la cohabitation met en conflit les atmosphères personnelles de ceux qui y participent ; l'équilibre résulte d'une saturation réciproque qui renforce certaines prédispositions morbides <$bei ceux qui en sont atteints, et les développe chei ceux qui jusqu'alors'en étaient exempts.
L'habitation privée varie dans les différents climats ; le degré de civilisation, le genre de vie, les matériaux et l'industrie propres à chaque contrée, l'exis* tence nomade ou stable des familles, n'ont pas moins contribué à la diversifier. Les Changallas, tribus nègres de l'Abyssinie, s'abritent dans des creux d'ar« bres et de rochers ; plus d'un pâtre corse n'a connu, comme oes peuplades misérables, d'autre retraite que les anfractuosités )>rofondes des rochers où II allume pendant la nuit des feux que le voyageur voit briller éparfl dans les montagnes. Les Puris, au Brésil, suspendent à des troncs d'arbres, au moyen de lianes, leurs hamacs tressés avec l'écorce d'une espèce de cécropia, et protégés contre le vent par de larges feuilles de palmier (d'Orbigny). Dana TAustraiie, Dumont d'Urville a vu des huttes de fragments d'écorce assemblés au sommet en forme de ruches, recouvertes de terre et d'herbes marines qui les préservent entièrement de l'eau. Âla Terre de Feu, les cabanes sont grossièrement construites au moyen de pieux fixés dans le sol, et d'un revêtement de feuillage et de foin ; elles n'ont qu'une ouverture qui sert à la ibis de porte et de cheminée. D'après d'Orbigny, les huttes dès Patagons se rapprochent des baraques de nos foires; percées d'ouvertures sur un seul côté, elles sont distancées de six à douze pieds. Les Ramtchadales pratiquent dans la terre des excavations, sortes de terriers dans lesquels ils se réfbgient contre l'excessive froidure de leur climat. Les habitants des îles Tonga construisent de vastes hangars; à Vanikoro, Dumont diJrville en a vu qui ressemblent à nos granges ; ceux dos Papous, bâtis sur pilotis, sont distribués en cellules dont chacune est occupée par un ménage ; aux tles Hawaii, les cases, munies de fenêtres, ont des dimensions fort considérables, parfois soixante pieds de haut sur quarante de large (Dumont d'Urville) ; à Pelew, Wilson a trouvé des constructions de pierre de trois pieds d'élévation ; aux îles Marshall, l'habitation présente déjà la division en deux étages. II n'est pas nécessaire de chercher au loin des exemples d'habitations imparfaites, mal conçues, mal réglées : TÉgypte nous montre le pauvre Fellah couché dans des huttes de terre pétrie avec de la paille, ayant à peine cinq pieds de haut et percées d'une ouverture unique ; ime partie de la population de ce pays n'a aucune demeure ; il en c^t de même des lazzaroni de Naples ; celles des serfs de la Russie pourraient-elles leur inspirer quelque envie? Au sein même de notre France, que de villages dont les habitations semblent être celles d'une peuplade sau-
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Tige (1). S l'on ai tenté d'appder les grandes ritles lea tombeunc ia gen bbnuin, c'est en ptrcnuram les quartiers oâ croupit riodîgencedwudn ■» som â£fK>amcs d'air et de lumière, empoisonnées par le méphilnBe ia imnxiodices, bideiues de délabrement et de vennine ; nos dlés les pin lirinantes ont leurs chuqnes, moins abwdables que la lente de l'Anbe, plai iinmoiides que la luitte enfumée du l'olynésien. rudinientaire est h leute, cet abri de la famille Donudeqiii ses pérégrinations et la déploie aux heure»' où l'bomme cherche k ae défafc des impressions de l'air ambiaiii. La c.ibane est la première expressioa di besoin de stabilité ; t\le a commence la série des édifications de pl^ en pis compliquées «ini ont jtour obji^t d'aïUcher l'homme ï la terre, d'oipMMr sous sue forme permanente et liic la ue de la &mtUe; die a serri deiio|N i la cristallisatiuu sociale. Autour d'elles se sont groopëea d'anirei tuumaitious ; les besoins de la dêfeuse, rimaginatioa. le dénr instioctif de bJen^Aïc l'art naissant, en ont transformé le type, et ï mesure que la ciTilisation a malliplië les besoins et le!< goûts, à mesure que le sentiment de la dignité todinduellc s'est développé, l'habitation s'est élar^e, élancée, compliquée daa a structure inlerne, de manière â concilier l'intérêt de la vie coUecUre arec l'aisance particulière de chaque membre de l'association domestique.
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L'étude que nous avons faite précédennnent de l'air, des eaux, du soi et des localités, nous dispense d'entrer ici <lans aucun détail relatiTemenl an choix de remplacement pour une habilaiinu. Quant aux matières à employer dans sa construction, elles doivent être solides et réfraciaires à l'huinidiié ; les premières assises des fondations exigent surtout ces deux conditions : elles doivent porter sur une surface incompressible ; si on ne la rencontre point à une profondeur convenable, on bSlit sur pilotis ou sur des couches de maçoanerics encaissées, faites avec du béton ou avec un cimenl qui se durcit sons la terre et à l'eau (ciment hydraulique) et qui forme une masse dure et non sujette à s'affaisser. Plusieurs quais de Paris rejwsciit sur des fondations de ce genre. Les matériaux de construction les plus avantageux seraient ceux que l'expérience aurait démontré être il la fois les plus solides et les plus légers, mauvais conducteurs du calorique, nullement hygroscopiques, ni susceptibles de donner lieu à un dégagcineni de gaz délétères. Lus substances propres aux travaux de maçonnerie abondent en France. Les plus dures, les granits de Cherbourg, de la Bretagne, de l'Auvergne, du Midi, cic , ue sont guère employés qu'aux bordures des trottoirs, aux piédestaux, aux bornes, aux dallages, aux soubassements, etc. Viennent ensuite les calcaires des terrains secondaires
{i] Voyez Rapport àe M. Michel Uvj jjii-frï l'i-i'/ômimle 1850 {Méniûin-s de /• Académie de niidtcine, t. XVll, p. 43).
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et des terrains tertiaires : les premiers, difficiles à tailler à cause de lear dureté, mais conservant la vivacité de leurs arêtes et bien appropriés à nne destination monumentale ; les autres, moins durs, mais très-solides néanmoins, très-répandus et fournissant en abondance aux constructeurs les moellons et les pierres de taille. Parmi ces dernières, la meulière, par sa dureté et sa résistance, convient dans les endroits humides (égouts) ou exposés aux chocs (murs d'enceinte, remparts). Le grès rouge qui existe dans les Vosges, et qui a servi à édifier la cathédrale de Strasbourg, est aussi une matière de bon choix ; les autres grès ont Tinconvénient d*étre ou trop tendres ou trop durs. Dans le midi de la France, on se sert de la craie, qui y offre une assez grande dureté. Certaines pierres, très-dures en apparence, ne résistent pas aux gelées et se fendent en tous sens, comme il arrive souvent pour le calcaire dur si abondant dans la vallée de la Seine (pierres gélives). De bonnes pierres qu'on a le tort d'employer immédiatement après leur extraction deviennent gélives ; un intervalle de quelques semaines est nécessaire entre leur extraction et leur mise en œuvre. Les matériaux les moins secs doivent être appliqués dans les parties de l'habitation où le soleil et l'air ont le plus d'accès. Les pierres de taille et les moellons ne diffèrent que par leurs dimensions et le soin avec lequel sont taillés leurs parements ou surfaces apparentes. Il ne suffit pas de les bien choisir, il faut les cimenter avec des mortiers de bonne qualité. La chaux et le sable qui composent ces mortiers seront choisis avec attention : la chaux doit être bien éteinte, et former, après cette opération, une pâte solide, homogène ; elle ne sera mise en contact avec l'air qu'au moment de son mélange avec le sable, qui lui-même aura été purifié de toute matière étrangère : le sable de rivière convient mieux pour cette raison. Les joints des constructions de pierre de taille, ayant très-peu d'épaisseur, exigent un ciment préparé avec du sable très-fin (sable 3, chaux 1). La chaux hydraulique peut seule être employée dans la construction des murs de quais, des piles et culées des ponts et de toutes les parties exposées aux infiltrations de liquides. Kuhlmann a trouvé le moyen d'améliorer la nature de la pierre et de la préserver de l'humidité et du salpêtrage en l'arrosant et en l'imprégnant de silicate de potasse ; par ce procédé, la pierre tendre devient d'un aussi bon usage que la pierre dure (1).
Les plâtres qui conviennent le mieux aux constructions sont ceux qui, à poids égal, exigent le moindre volume d'eau pour se gâcher au degré de consistance voulue, se prennent le plus lentement, pourraient absorber et solidifier le plus d'eau^ si on les délayait plusieurs fois, et jusqu'à cette limite où la dernière addition d'eau ne laisse plus faire qu'une prise à peine suffisante pour qu'on puisse incliner le vase sans faire couler la masse plastique (2). Le
(1) La siiicaiisatioo d'une façade quelconque ne coûte que i fr. 50 centimes par mètre superficiel.
(2) Payen, Frécisde chimie indusir., 5« éditioo» 1867^ t. I, p. 570.
»u ' Ms WDinciTiD&s. — ciBcmrvu. [mM
nViU de cinux, gypie crùuUUé, k rencontra ivec la nènio cotwBtiM cUniqae août d«e fonnn trèt-différentes qai dtwnent lien à U dinnUic M»qaililésplutk)uet. Celui<)ui etitte en bancs énormes «ix eafinnii Paru, daoi le terrain tertiaire intérieur, ae caractériw dans ca teatnrc fM dce crisUux grenus pli» ou moins iierréi arec ÎDterposiUoa de ctffcoaaie aloairt, d'argile et traces de matitres organiques; il w oompow de :
. MfOa de chaux 70,1 1 CiTtmiwle de chanx 7>C \
Calciné et a»» ni poudre, il ahMirbo I Vau inodériment el se fttad tm amt dtnte et wlldi-, uniliii igiio leo pUtrea â Htructure compacta, fibreaw M laattleuse, atraoïbenl rapideirieut une fAa» forie pmpwtioo d'eaa. et faBt.HR prise birn inoim r&iislaiKe. La cuisNon dvn iiierrea i pliira est sujtfle k faeweoiip d'irrésulurilé». fivxque toujours on lu délaye trop ponr la oonstrac^ lion ; il n'iirerme alors lus deux liera do xoii |>oids d'eau i aussi esl>il ooe caaK d'Iiuittidii^- ponr lt« ninruilli» sur lcw|u<-Iles il est appliqué par coacte é|M)>»<« A proiiuiiié du sol. il m- nilritio cl retient beaucoup d'eau : il Aal tri lui préférur la cbiui «t l» divers cimonis dont elle fait panie. Soas k nuni lie plàiru durci ou aluné, on prépare depuis quelque temps une ooateOt lab^unce pia»lii(U(' qui a le poli du marbre, mais qui réaiaie mal aux iaiwipéries de l'air. On (ail du sliic it la cbaux en mêlant de la chaux âtelatofu provient 'le.s bunneN piern'a de <xiw matière avec une cerlaioe qnantilé de pondri; df ttiarbri; lilaiic. l.c ittiic du plâtre se (ail avec le plâtre provenant d'excellentes pierres de cette matière qu'on a préalablement cuites; au sortir du four, le |)làlro est pulvérisé, inuirsé. ]iuîs gàchi* aipc de )'<'au où l'on a fait diiitiou<lr<.' de la colle fuite et qiK'l(|uefois de l'ichtliyoriille et de la gomme arabique. Ce stuc, susceptible d'un très-beau poli et plus dur que le précédent, ne trouve comme lui son L'inplut que dans l'intérieur des maisons, eu extérieurement il scriiil altéré p;ir l'Iiuniiiliié et pur li-s i irissiiuiies do l'atnK)spbère. Le hétoii de l^uigtiet, roiiiposc de cailluulis, gratiei's, li-rre gras»c H chaux, s'emploie comme le pisé au nioyett d'eiinii>M-im'rils; ji's murs el U-! voûtes niiisi construits .soûl aussi solides que s'ils l'éldieiil on iiiuellons, ei coûtent beaucoup moins clier. Un autre béiou du même inventeur, composé de cailloux, de sable, do terre cuite pilée, de cciiilre de liouille et de chaui hydraulique, a la dureté de la pierre de (aille el eoiile liuit fois iiKiins.
Les briques mal cuites se délitent! bien travaillées el s<''ches, elles suutd'un excellent emploi, ainsi que le tèmoi|;tienl les ieslit;es de murs romains où o>i les a fait entrer. Elles valent mieux alors que les moellons recouverts d'unr forte quiinlîté de plaire qui sont en usa^e d;ins les triiv.iux de Paris, et qui gardent longteiii])s leur Immidité. Un a vu à ri-:\jii)siiicin industrielle de l^^J des brique.'* creuses ou tubulaires qui, i^ràce à leurs vides, sout mieux cuites. plus lé^sèies et en mâme temps plus solides que les briqiios m-dinaires; elle.'-
ravÉB] DES HABITATIONS PRIVEES ST DE L'AIR CONFINÉ. 555
ne sont pas pliM dispendieuses. Depuis longtemps les constructeurs n'emploient plus pour les cheminées que les tuyaux de terre cuite inventés par un architecte, Gourlier. La terre elle-môme, lorsqu'elle n*est ni trop grasse ni trop maigre, peut servir aux constructions; la plus convenable h cet usage est la terre à briques. Le pisé (c'est te nom que l'on donne à cette nature de construction) est très* employé dans le midi de la France; la terre est passée à travers une claie qui relient les parties de la grosseur d'une noix; humectée ensuite avec de l'eau et malaxée jusqu'à ce qu'elle conserve Ta forme imprimée par les mains, on la mélange et pétrit avec de la paille ou du foin pour la préserver des ûssures. Préparé avec soin et recouvert d'un enduit, le pisé acquiert avec le temps une grande solidité ; il abrite contre l'humidité et ne livre point passage aui insectes, avantages qui, pour les constructions rurales, le rendent préférable au bois.
Les bois bien desséchés trouvent un de leurs plus utiles emplois dans la confection des charpentes; préservés de l'humidiié et disposés par piles, ils se conservent longtemps sans altération. Plus la consommation du bois va aug« mentant par suite de l'établissement et de l'entretien des chemins de fer, plus on accordera d'importance à l'industrie qui a pour objet de conserver le bois et de varier les essences applicables aux usages des constructions. Un kilomètre de chemin de fer exige 3500 traverses de chêne, ou 270 mètres cubes de bois, y compris les changements de voies, les stations, les gares, etc. Retarder la pourriture du bois, c'est accroître indirectement la richesse forestière de la France. Cette altération résume les fermentations successives produites par le concours de l'oxygène de l'air, de l'humidité et des ferments que fournissent les matières azotées, grasses et salines, les substances azotées se putréfiant et les substances sucrées et leurs congénères se convertissant en acide carbonique, flicool, acides acétique, lactique, etc. C'est surtout aux dépens de cette matière azotée que naissent à la surface des bois et pénètrent jusqu'en leurs parties centrales les végétations cryptogamiques, moisissures, champi*gnons, etc. ; c'est elle qui sert de pâture à divers insectes, scolytes, cossus, saperdes, periteius, termites, k certains mollusques, tarets, etc. , envahissant les arbres sur pied, les bois abattus, et pulvérisant les navires jusque sur les chantiers où on les construit (1). Aussi les bois les plus altérables sont les arbres qui, abattus en mars ou en avril, contiennent en plus forte propor* tiou la sève ascendante ; coupéd en novembre et janvier, ils en ont moins, et l'on comprend que les moyens de les conserver consistent tous à les imprégner d'un liquide antiseptique ; la difficulté est de le pousser dans l'intérieur des cellules, des fibres, des vaisseaux, et dans les interstices qui les séparent. Nos lecteurs trouveront, dans l'ouvrage cité de Payen, la description des procédés et appareils employés à cet usage, avec l'appréciation de leurs résultats et des dépenses qu'ils entraînent Dès 1813, Champy essaya l'immersion des
(1) Voy. Payen, Précis de chimie industr., 5« édition, 1867, t. II, p. 65, note **.
CHS DES HODIFICATEUIIS. — CIRCUHFDSA. [iTste
bois (Uns un bain bouillant de snif (1); ploB récemment. Hysn. diaw soiation de 0,01 de Indilonire de mercure. Briant opéra dans le ride par
extraire lee gn da tissu lîgneai, et ensuite sons noe pression de iO it» spbbvs pour forcer son imprégnation par le liquide aatiseptiqne. BoocImr eut l'idée de le faire pénétrer par Vaspirafion vitale dans les irbres àiM on dès qu'ils sont abattas, en praiiquaat a leur base deux iadsioDi <|Bi. enUurées d'une bande de toile caoutcbouquée, reçoivent d'no petit toiuKM k liquide ï aspirer. Après l'expolsion de la sève par ane pcouÈre iojecliN. nue seconde y fait pénétrer on liquide consenatenr (sulbte de coine) sv b arbres abaltns et disposés presqoe horizonlalenient Poor certaines esMaco. hêtre, pin, sapin, quelques minutes suffisent i celle double opération (pneUi par déplaeement) ; elle dore plus poor le chêne, dont les canaoz aéTCai, i large section dans l'aubier, sont rétrécis dans le cœnr. Les procédés de Isochérie sont exploités par ane compagnie, et profitent anx traverses des chemins de fer comme anx bois de constructions domiciliaires. Parmi les agnb roiispfvateiirsdi^s l»)is, le tannin agit sur leurs éléments azotés comme Rvl) matière animale des peaux dans la tannage et sur celle des filets qoe les pécheurs ne mnDquciit pas de retremper par intervalle dans une soIdIiob it tannin; menliounons le goudron, les huiles, snife et résines, les sultaesdc enivre el de zinc obtenus neutres, le pyroligoale de fer, qui a été emptoyé par Boucherie, l'acélate de plomb trilasique, etc. Waltren rénssit avec une sololiun de 5 de sulfure de baryum dans 100 d'ean, et pendant S beures, son b pretifiion de lUalmosplièresi il le remplace par noe solution de solbte de fer dans les mêmes proportions, mCrnes durée et quantité de pression; parniK décomposition qui se fait ctajis ks pores et vaisseaux du lissu ligoeax, deoi composés insolubles s'y produisent, du sulfate de fer et du sulfate de baryte, avec un^xcès de sulfure de baryum qui pendant longlemps prévient les attaques des insectes, le développement des crypt<^ames et l'action des ferments. L'Amirauté anglaise préfère l'injection du bois par la solution du chlorure de zinc neutre (1 pour 100 d'eau) d'après le procédé de Payn. — Les bob les plus faciles A injecter sont le charme, le hêtre, les |)eupliers, le platane, le bouleau, les pins et les sapins. — A défaut d'injection conservatrice, la dessiccation lente el graduée dans une étuve â courant d'atr brûlé (mêlé avec la famée du combustible) a pour effet de rendre le tissu du bois plus serré, moins hygroscopiqne, moins sujet k s'altérer, ï varier de volume.
L'emploi des métaux dans la construction des maisons a pris une extension
(1) L'uMge d'iminerger les bois date de loin : les premiers procédés, d'ailleur* inef- Hcaces ou nutsiblei, sont ceux de Rced (1790), de Jackson (ITGH), de l'allae (1779), de White(1798], etc. Voyei l'ouïraiçe de Jolin Knowles, intitulé : Rerherches sur lemoyeju emp/oyés danf: la marine pour la conserralio» des bois el ries uaisseniu: . Paris, imprimerie royale, 1825, p. 20. — Trnilé d'hygiène narale, par FonsBagriïes . P»rU, 1856, liï. I, cliap. i. — Pajen, Précis de eliimie indiislr., 5' édition, ISfiT, U 11, p. 66.
friyée] des habitations PRIVÉES ET DE L'AIR CONFINÉ. 557
aussi considérable qu'aTantageuse à leur salubrité et à leur durée ; ils tendent à se substituer de plus en plus aux charpentes de bois. Les colonnettes de foute supportant des poitrails de fer ou de bois remplacent les piles de pierre du rez-de chaussée, augmentent l'espace disponible, et laissent pénétrer plus d*air et de lumière dans les boutiques; les planchers de fer sont moins épais que ceux de bois; les persiennes et les fermetures de tôle sont plus légères, ne jouent pas, sont incombustibles, etc. Les portes de fer à claire-voie assurent l'aération permanente des corridors d'entrée et des cages d'escaliers.
Nous n'indiquons pas les éléments spéciaux qui entrent dans la structure des habitations suivant les climats et les lieux : à l'Islandais sa masure de terre gazonnée et protégée par des murs épais; au naturel de l'Océanie sa cabane dont les parois se composent de nattes mobiles et à claires-voies, qu'il enlève peidant les dix mois de saison chaude; nous considérons ici l'habitation dans son type le plus général, et telle surtout qu'il se présente dans les régions civilisées, abstraction faite des modifications qu'elle doit subir en raison des localités.
Quelle contenance aura la maison qui s'élève ? Les vastes édifices qui existent dans les grandes villes, et qui contribuent à leur magnificence monumentale, ne peuvent recevoir un si grand nombre d'habitants que par la superposition d'étages nombreux et par une stricte parcimonie de l'espace : presque toujours les convenances de la salubrité sont alors sacrifiées à l'intérêt de l'exploitation : point de paliers^ des escaliers étroitement encaissés, des appartements d'une capacité insu£Bsante, un échange de méphitisme entre les fractions diverses de la population entassée depuis le niveau du sol jusqu'aux combles, telles sont les habitations où la grandeur apparente des proportions contraste avec l'exiguïté de la part faite à la santé. La maison est l'asile de la famille : elle ne doit héberger que ce groupe naturel d'existences liées entre elles par la communauté d'origine, d'instinas, d'aptitudes physiques et morales. Socrate voulait la maison petite et pleine d'amis; nous voulons que les besoins et les commodités de la famille soient la base naturelle de la détermination de ses dimensions et de sa distribution intérieure. On l'entend ainsi en Angleterre, notamment à Londres; en Hollande, en Belgique et dans quelques autres pays ; l'hygiène s'accorde ici avec le sentiment de la bienséance domestique et Tindépendance de la vie privée.
L'orientation variera nécessairement, suivant les climats, les localités et la destination de la totalité ou des différentes parties d'un bâtiment; ceux qui doivent servir d'habitation d'été regarderont le nord; la même position convient aux celliers, aux greniers, aux bibliothèques; les appartements d'hiver, les salles de bains, seront mieux placés au midi. Ce qui enlève à nos maisons le bénéfice des diverses expositions à volonté, c'est leur alignement au cordeau, sans Solution de continuité : il faudrait que leurs quatre façades fussent en contact avec l'air libre, en même temps que des cours spacieuses leur assureraient la Jouissance de deux aspects opposés du del ; de cette manière la ventilation s'ef-
661 BBS HODinUTIUIlS. — CIRCOHIIISA. [itnk
(tatnenkavecli pitu grande ficilité, et le ménige m coofomMrah I Toigenee des «Binons en pircoorant dans les divers corps de \og» le c^rtietÊné dei eiposiiions. Les conn ne sont vraiment salubresqae lors«lii'eile>ODi«t largeur et une longueur égales b la hauteur des bâtiments quiteadoiiHiinilitt pire k chini et à ciment défendra leur sol contre rhBmhtité. Qiwd m h peat leur accorder ces dimensions, il est nécesaiire d'abaisser do d« lenre cAUi aa nwiiu, et s'il est pouible, e«lul du midi, lo nliean d'an nmplfl ra^»cbantsée. A Paris, on Défailles eonrsquepour administper ht log«mei>lB II Inmière indiq>ensable ; un grand nombre de cours ne présentent pas en snrkce le ditiëme de celle des I>âtimenis eniironnants (1). Les allées, lea •reDuii brgtt, les avant-cours qui ménagent entre la rue et les b«bit«tioas no eapsa Hbre, contribueut puissamment t lear salubrité. Lea ruei penrent être cm» dértes CMume des caaaui aériens dans lesijuets se dérera» le roéphllIaM fanmalfi par tontes les ouvertures des babitations qui \e» bordeDt des dcn cAtës; repousser sa demeure en arrière des lignes qtie décrivent les nie9,c'(*t l'Éliii^juir Un \ (lurujii riiiu.smalique. Cet espace recevra une plantation d'arbro assez distancés pour ne [)H nuire à la circulation de l'air, et pour m pai devenir une ctiusc d'humidité : ils intercepteront les effluves de la roe, fli procureront en été une (tonce fralcbeur, et en récréant la vtie. Us aginMl lkvor»blemen[ sur le moral. La hauteur des maisons se r^le snr la lar^r âearues. Une lui de 17(J3, contirmative de la déclaration de 1783, l'a filée 1 duquiutc-quatre pir^ds Hans les rues de trente pieds de largeur, à quarantecinq dans \ea mes niniiis laides. Cette proportion est mal calenlée: iMMi voyons ii l'aris uti ^raiid immbre de maisons dont les étages inférieurs ne Mal jamais visités par les rayons solaires. L'humidiié permanente des coun et des rez-de-cliausaïe tient h la privation de l'influence solaîrp. Il cnnvieiii ou d'élargir les rues un d'abaisser les maisons : l'élévation de relle-ci et le diamètre transversal de celles-là doivent être égaux, si l'on veut que le soleil donne à mtdii liur les parties iiiférieures des i-dirices. Si la cotisiriiction qui s'élève reste isolée sur ses quatre faees, on peut l'evhaiisser .sans inconvénient Dans les localités marécageuses, l'élévation des demeures permet d'éviter en partie le danger des énianalîons. En général, on leur donnera plus de hauteur dans les plaines que dans les pays de montagnes, au voisinage des eam que sur un terrain sec, etc.
Le rez-de-chaussée, construit au-dessus du niveau des rues, snr des voûtes qui circonscrivent des caves bien aérées, communiquera i>ar de lar^^es ouvertures avec la voie pubtii[ue et avec des cours étendues. Il est h désirer t\ne l'emploi de la cHliuï hydraulique jusqu'au premier étage ren)plate celui du [ditre ; la diiïércnce du prix est minime {'2). Point d'enli-e-sol : ceux que nous
(1) Riipjnri sur la snlubnl'' lies hiibilalion' . par une coinmissioji composée île ■H. A. Petit, A. Trébucliel «t Rotiault, rupporteur. Parii, 13:iU. in-ît.
(2) Vojei ftappurts générmu: du eometi ife lalubrilé, fU:. Paris, lS5â, p. (90,
PHiTtE] DES HABITATIONS PRIVÉES ET DE L'AIR CONFINÉ. 55^
voyons à Paris sont pour la plupart trop bas, débordés sur la rue par Tavanoe des balcons, des corniches, des entablements des fenêtres supérieures ; de là privation de lumière et d'air. Un escalier étroit les. met en rapport a?ec lei magasins, de sorte qu'ils sont placés entre les effluves des ruisseaux et det égoûts dg la rue, et une atmosphère altérée par i*odeur des marchandises, des denrées, etc. Le nombre des étages une fois arrêté, distribuez par masses égales entre eux Tair que vous confinez entre les quatre murs fiMidamentaux ; sacrifier, comme on le fait, les étages supérieurs aux inférieurs, c'est infliger à leurs habitants des conditions très-diiïérentes de vie. La toiture ne reposera pas immédiatement sur les pièces d 'habitation les plus élevées; entre celles-ci et la couverture, un plafond doit limiter une couche d'air, comme font les caves entre le sol et le rez-de-chaussée ; les châssis vitrés, les fenêtres à tabatière, ne préservent pas complètement des intempéries; les pièces qui présentent cette disposition sont glaciales en hiver et torrides en été. La toiture sera construite avec des ardoises ou des tuiles. L'industrie fournit aujourd'hui des tuiles en losange et rectangulaires qui ne pèsent plus par mètre que UO kilogrammes au lieu de 90, poids des anciennes tuiles, et des dalles ^d'ardoise assez épaisses pour ne plus se rompre en débris sous les pieds des poseurs. Le toit de chaume sied mieux en poésie i]ue dans la vie réelle; il est déplacé même sur les chaumières qu'il expose trop aux chances de Tinceodie, quoi-^ qu'il abrite contre les pluies et qu'il soit mauvais conducteur du calorique. La couverture de planches est la plus mauvaise ; les planches finissent toujouA par se disjoindre et pourrir. On emploiera avec avantage les métaux peu oxydables à l'air, tels que le zinc, le plomb. Ce dernier peut céder aux eaux pluviales une certaine quantité d'oxyde qui compromet l'approvisionnenient des citernes (Berthollet, Deyeux, Vauquelin, Boutigny). 1^ couverture de zinc, grâce à son faible poids, n'exige qu'une charpente légère, et se répare plus facilement que celle d'ardoise ou de tuile ; mais les variations de température nuisent au zinc. Flachat a appliqué à la gare de l'Ouest, à Paris, une couver* ture de feuilles de tôle cannelées et courbées suivant un certain rayon; arrêtées aux extrémités, c'est-à-dire sur les murs, elles rendent la charpente du toit inutile. La forme n'est pas sans importance. Les toitures très-élevées et à pentes très-déclive, comme on en observe encore dans les vieilles villes, aug* mentent inutilement laN hauteur des maisons, attirent Télectricité de l'air, accélèrent la chute des eaux pluviales jusqu'à nipturer les tuyaux de conduite. Les toitures en terrasse plate exposent les appartements sous-jacents aux infll-^ trations d'eaux pluviales ; elles s'échauffent en été, et laissent s'accumuler eil hiver les neiges qui deviennent une cause de froidure et d'humidité ; notre climat repousse ce mode de couronnement des liabitations qui vient d'être appliqué fort mal à propos à Metz à une caserne du génie (18/i0). Le dôme, d'origine orientale, doit à la convexité de sa surface de réfléchir les rayons solaires, sous quelque angle d'incidence qu'il en soit atteint ; aussi, dans \èÉ climats méridionaux^ a-t-ii Tavantage de préserver les combles d'unr excès de
MO DES HODtnCATEURS. — CIRCOHPUSA. [nqta
chtleur. Nos maistHU exigent une couveitare d'inclinaison moyenoe, pra élevée, faite d'une matière non poreuse^ non liygromélrique, percée d'ooteAre pour la circulation de l'air, ne dépassant point les murs de iaçade afin de k pis leur porter ombre; un paratonnerre les défendra contre les déchniB électriques. Pour les r^les de construtiion de cet appareil préserratear, nm reDîoyoni aux traités de physique.
. Étant donnée une pièce d'babitation, il y a i considérer les a plancher, le plafond, les dimensions relatives à sa destination, les les portes, les escaliers qui y coiiduisi'm, tir. Que les imirailtes soient Opac*^ et sèches; quoi qu'on fasse, i>ii ubiieiitdifiîcilemeni c^^ résultat : au niveau di! sol. elles oQ'rent une huiuidiic constante due à la caiiillarité, cl à leareilr^ mité supérieure elles se laissent imprégner par les eaui météoriques ; luiguées par les brouillards, fDueUécs par la pluie, elles absorbent l'Iiumiiliit de l'air ambiant. En déposant entre les assises de pierres, et de dUtaoce en distance, une lame de plomb, une couclic de bitume ou de mastic hydnv fuge, on s'opposera aui elTeLs ascensionnels de la capillariié et aux eEtts déclives de l'infiliratiou pluviale. On complète ces mesures préscnatives de l'huuiidilé en donnant aux appariemcnis des parois de menuiserie, sépr^ des murs par une coucbe d'air interniédiaire en ménageant dans la inaçoanerie des espaces vides où l'air se renouvelle, en Taisant serpenter dans l'épaisseuf des murs des tuyaux calorifères, etc. Les boiseries, les armoires, serveui »a Même objet; mais la maiise' d'air qu'elles circonscrivent ne tarde point à s'altérer, si elle n'est fréquemment rénovée. Même utilité des tentures, des pafàers dont on a coutume de tapisser les parois des appartements ; ils ciigeoi. pour se conserver, l'interposition de lamelles métalliques ou d'une couclie d'air libre. Leur couleur inilue sur l'éclairage des pièces, sur la sensibilité oculaire, sur les impressions morales. I^ où la lumii^rc afDue, ménagez à l'œil des tous doux et moelleux ; corrigez par l'éclat du revêtement intérieur l'obscurité de certaines pièces ; les peintures contrastées, les dessins embrouillés, les papilk»t^es, agacent les yeux dispasés h l'iritis; une vue faible est ofTensée par li prodigalité des teintes rouges, pourprées. Qui n'a éprouvé ce qu'un appartement sombre, rembruni par une ornementation semi-lugubre, jette de tristesse dans les pensées de ses hôtes I Les papiers de tenture ont l'inconvënieDl de s'infecter de punaises ; une solution concentrée de li grammes de sublimé, associée ï la colle qui sert au collage du papier, est un moyen de destruction que la prudence ne pciinei pjs de vulgariser ; le lavage des murs avec la décoction d'absinthe et beaucoup d'autres agents, notamment la poudre de pyrèthrc, procurent le môme résultat. — On a essayé de faire concourir la peinture des murs ï l'assainissement des habitations ; faite è l'huile, elle a l'avantage de s'opposer à l'impK'gnaiion des murs par les matières organiques, d'assurer leur durée et de permettre les lavages. L'industrie de nos jours a proposé bien des enduits destinés à la faire adhérer ; mais aucun n'a soutenu les éloges de son inventeur. Les peintures à l'haile se fendillent, se desquament^ se déta-
privée] des habitations PHIVÉES £T DE L'AIR CONFINÉ. 50f
chent^ soulevées par les gouttelettes d*eau. Nous ne. blâmons pasPexcèsde précaution qui bannit de la composition des couleurs destinées aux mbrs, Tor piment, le vermillon, le minium et le blanc de céruse. La peinture au blanc de zinc a le double avantage de soustraire des classes nombreuses d'ouvriers à Fempoisonnement saturnin et de ne point brunir au contact des émanations diacide sulfhydrique et de sulfhydrate d'ammoniaque ; elle a pour elle la sanction d'une expérience de plus de quinze années ; elle seule résiste dans les locaux exposés aux fuites du gaz de houille, aux émanations des latrines, des bains sulfureux, etc. ; associé avec 1 d'indigo pour 100, le blanc de zinc donne la teinte d'azur, avec 1 de charbon le gris-perle, avec 2,5 de plomb le jaune-paille, avec 8 de bleu de Prusse le vert d'eau, et avec 10 de jaune de chrome le jaune d'or, etc'(l). Il est nécessaire de laver de temps à autre les chambres d'habitation peintes à l'huile, pour les débarrasser de la couche de matières organiques qui s'y attachent et s'y accumulent à la longue. Quant au lavage des murs à la chaux, ce moyen est à peu près aussi efficace contre l'humidité que le lavage au chlorure de chaux contre l'infection miasmatique des salles d'hôpital : l'un et l'autre sont d'une routine illusoire.
Le meilleur plancher consiste dans un parquet fait de bois dur et ciré ; les planchers de bois mou se défoncent, s'imbibent de toutes les matières liquides qui coulent sur eux, retiennent longtemps l'humidité des lavages. Moins froids que le dallage, les briques et la pierre, les parquets cirés n'absorbent aucun liquide ni miasme ; ils seront préservés de toute humidité au moyen d'une nappe d'air en circulation entre leur face înfbrieore et le sol ou la charpente; ce courant d'air sera alimenté par un appel à la dieminée, ou par l'opposition d'ouvertures pratiquées aux murs; les tambours du parquet doivent reposer sur des points d*appui isolés; on s'abstiendra de sceller en plâtre sur le remblai Le plafond est préférable même à la forme voûtée du plancher supérieur, forme d'une exécution assez difficile ; il présentera une surface unie, sans renfoncements ni saillies. Cette disposition qui caractérise d'anciennes constructions, et que remet à la mode le goût renaissant des sculptures sur bois, n'est bonne qu'à empêcher une aération complète et à retenir les miasmes qui adhèrent aux anfractuosités des plafonds à encoignures et à reliefe entrecroisés.
La capacité d'une chambre se proportionne au nombre d'individus qui l'habitent, et à la durée moyenne du séjour qu'ils y font pendant les vingtquatre heures de la révolution diurne. La pièce destinée aux enfants exige d'amples dimensions, à cause de l'activité respiratoire de cet âge; celle où nous restons le plus longtemps sans y rétablir d'aération active est la chambre à coucher. La stagnation nocturne de l'homme dans une atmosphère confinée mérite la plus grande attention : le sommeil cesse d'être une précieuse réparation de nos forces^ s'il est pris dans un air vicié. Nous entrerons plus bas dans le deuil de cette question ; contentons-nous d'insister ici sur la nécessité de dispenser largement k la famille le bienfait d'un air ppr, et sur les multiples
(1) Payen, Précis de chimie indwtr.^ 5« édition, 1867, t. I, p. 694. M. LivT. Hygiène, b^ tDiT. I. — 36
SBS DBS HODrnCATEims. — CIRCCMFUSA. '««
clrcoiutaDces d'imullation, de vie cniiiiniiiii-, eic , qui cnnirarieni li a*r tioif de cette régie. I.e nombre, le diairjèire el la disposition des oiiinM>> penveot lider beauconp; les portes et les fenOires sont des jnitrunir«iti Teodlation naturelle, efficaces seulemeni pendant la saisou chande, utM l«iourre qu'alors d'une minière permanente; encore Tatil-il que le tenp ■oit pM au calme plat, et que les onvrTiures, o[ipos^et« les une^ aiu aump' mettent aux cooraots de twlaycr le marais aérien de ta maison, en s'floqa' k tmera les appartements, et de se rmnpre eu suivant leur conrigantionfa rejeter au dehors le détritus gaieui du la ramille. Pratiquées i l'c^ipnnlf l* uDea des autres, te» feafitres occuperont les deux tiers de la lai|;;«tf mnra; [riai elles auront de hauteur, pins elles faciliteront fa prompt? rr*»»ikm de l'air ; elles devront atteindre ta corniche du plafond, afin ijflc li obe d'air sopérieare et les miasmes adhérents au plafond puissent 6tre n| nwBt balayés ; si elles laissent entre leur bord inférieur ei le pliocKr a< intvralle d'nn mètre et demi, il faudra étaMir au niveau du parv|i>a^natouSM munies d'opercules, d'one .'^cclion d'environ 15 à 20 cewoHm carrés; ces onrertures lanceront dus citirants d'air pur dans la lunlelw de l'tppaitement: leur otilité, constatée dnns les hôpitaux, iip sf>ra pas nom mUie dans les habitations privées, a^ec la précaution de ue les ouvrir qtn l'absence des habitants; mais ilestd^hirableque let{cr'<>i»éps ouvrent i5l)iFatimètres au plus au-dessus du plancher, et mieux vaut qu'elles s'ouvr«nl i dm battant* du parqnet au plafond. DaiiK les chambres ï cmcher, ies chiMis 4o ' CeoHm défraient être dtvisti m d«nx parties, dont la supérieure, plus ptW M bascaladt par on cliqaet, permettrait d'aérer de bonne heure sans incoat^ nient pour les personnes encore coui-liées. .Si t'uti ne peut établir deux nap opposés de fenêtres, on aura soiu de disposer la porte en face d'une croiaéf ou de la cheminée; elle fermera exactement pour prévenir les courants d'aii partielii ou veiils coulis, i.e» portes doubles ou munies du lanittours garanttaseai mieux contre le froid extérieur, mais elles sont un obstacle à la ventilatioii; celleN qui conduisent dans les cabinets de travail, dans les chambres à coocher, etc., doivent être percées de telle manière qu'elle» ne lancent pas en s'ouvranl un courant d'air sur des personnes au lit ou dans la station presqat immobile d'un travail sédentaire. Avec toutes ces dis)xisitions liavorables i \i rénovation de l'atmosphète domestiqne, il n'y a lieu de s'exagérer l'cllet de li ventilation naturelle ou spontanée par l'excès de la température des beux habités (en moyenne --|- 16° c.) sur celle du dehors : suJlisante eu hiver où l'on ouvre peu, elle ne l'est plus ni au printemps ni en été.
La condition première des e.scaliers est celle de toutes les autres parties de l'édiGce privé, savoir : la largeur de l'espace et la facilité de l'aération. Uio» les grandes villes, oiï le prix des loyers est trËs-élevé, la cupidité des propriétaires réduit aux dimensions les plus exigués les caiiies des escaliers; aussi soulelles le plus souvent privées de luniière, humilies, mal aérées. Uaus les maisons de peu de valeur, l'odeur des latriuess'y répand; l'infection est inév ilable quand
nasÉE] DES HABITATIONS PKIVÊKS ET DE L'AIR CONFINÉ. 563
sources d émanations fétides existent dans les parties inférieures, ia cage Hde Tescalier faisant alore l'office d*un tuyau d'appel. Que l'escalier occupe kk donc uu espace suffisant; que se$ diverses sections soient séparées par des 4| paliers qui augmentent la capacité atmosphérique de sa cage, et servent de ^ baltes dans le labeur de l'ascension; qu'il représente un plan modérément m iodiné, que sesmarcbes soient larges et peu élevées y plus il a de hauteur* moins il doit avoir de roideur et d'escarpement : l'action de monter géo^ l'abaissement du diaphragme et détermine de l'anhélation chez la plupart des individus, même quand ils ne sont point faibles ni obèses, ni affectés d'une lésion pulmonaire ou cardiaque. C'est donc un soulagement pour tout ie monde que d'adoucir la pente des noontées; celjes qui se contournent en spirales autour d'un point central et dont la cage forme une tour, occasionnent le plus de fatigue, et chez beaucoup de personnes une sensation de vertige. I<es escaliers intérieurs qui établissent une communication directe entre deux appartements situés l'un au-4essus de l'autre, ont pour effet de hâter dans l'un et l'autre la viciation de l'air, et de susciter alternativement, de haut en bas, ou de bas en haut, suivant la densité de l'air, un échange de méphitisme. Dans les maisons qui n'ont pas de cour, on arrive ordinairement aux escaliers par une allée : celle-ci ne reniplace que très-imparfaitement le moyen puissant de ventilation que fournit une cour spacieuse. Elle doit être dallée ou bituminée, car le pavage laisse des interstices cjui favorisent l'infiltration des eaux ménagères; celles-ci doivent avoir un écoulemort. facile, et les gargouilles, bien couvertes, auront des ouvertures opposées ID dehors du bâtiment, pour qu'il s'y établisse un courant d'air ; au besoin, Qn tnyau.d'évent, piqué sur lag^argouille, monterait au-dessus des toitn. Sans ces précautions, des exhakisons malsaines se développent dans les allées qui se transforment, dans les maisons de mince aloi, en véritables cloaques par le dépôt des ordures, par la diffusion des eaux ménagères sur le pavé, ou des caniveaux mal joints; ouvertes, elles servent d'urinoir public aux passants; fermées, elles envoient dans les appartements un air infect. Le dallage remédiera au mal, surtout si la maison est fermée par une porte à claire- voie qui laisse accès à l'air extérieur. £n général, les portes d'entrée sont un élément essentiel du système général de ventilation que toute maison réclame : leur ouverture doit offrir de grandes dimensions ; les portes en grillage de fer conviennent mieux que les portes massives qui, par leur fermeture, interceptent la circulation aérienne entre la maison et la voie publique. Sous la dénomination d'annexés, nous comprenons les cuisines, le système d'écoulement des eaux ménagères, les bains, les puisards, les latrines, les écuries, étables, etc. La construction des cuisines est, en général, négligée : mal situées, mal éclairées, mal ventilées, elles deviennent un ioyer d'insalubrité par la vapeur de charbon qui s'en dégage, par l'odeur des débris alimentaires, etc. D'Arcet a donné pour leur établissement un ensemble de règles dont l'autorité ferait sagement d'imposer l'exécution aux propriétaires. Il faut éloigner les cuisines des appartements, surtout des chambres k coucher^ leur
56& DES MODIFIGÀTEU RS . — aKOUMI^OSA . [wtfàH
proximité n*est passealement désagréable à cause desexhalaîsooscoiinaires, mais elle a causé plus d'nue asphyxie, tant parmi les maîtres que parmi les ciiisÎBien. Elles seront spacieuses, très-élevées, dallées, fréquemment netlofèes, ventiléa au niveau du plafond; les fourneaux seront placés sous une hotte ooairooiii' quant à celle du foyer principal, et dont l'ouverture soit H^alculée pour prodoire un courant d*airqui entraîne les émanations du charbon. On poarra lanaer un certain espace entre le foyer et les fourneaux, mais à condition qo'ibmeiit dos, et que la vapeur du charbon soit appelée dans un tuyau répondant à b cheminée. Les pierres d*éviers sont souvent une cause d'infection : on y remédie en passant au-dessus de Forifice une cloche à bords découpés, qui, plongeant dans une petite rainure remplie d*eau, ne s*oppose point an passage de ce liquide; de temps en temps on soulève cette cloche pour déterger le tnyan. Dans un grand nombre de maisons, notamment dans les hôteb do grandes villes, comme Paris, les cuisines sont reléguées dans les caves ou soussols. Pour recevoir cette destination, il faut quelles étages souterrains soient d'une grande étendue, très-secs et aérés par aspiration; encore la réonion de ces conditions ne snflBt^Ue point pour préserver ceux qui y traTaillent de l'étiolement et de douleurs rhumatismales. Les fourneaux à circulation de famée, généralement usités aujourd'hui, permettent d'établir à partir de leur foyer des tuyaux de circulation d'eau qui, ramifiés sur une certaine étendue dans la cheminée et revenant au foyer, comme dans les chauffages à l'eau chaude, déterminent un appel suflBsant. En Tabsence de ces appareils, si les cuisines sont éclairées au gaz, l'allumage d'un on de deux becs de gaz au bas de la cbemlnée, et près de son tuyau de fumée, sufiBt à produire cet appel pendant le temps de la préparation des aliments. Le général Morin (1) auquel nous empruntons ces conseils, a calculé qu'au prix actuel du gaz^ cet assainissement, répété deux fois par jour, ne coûterait pas plus de 26 fr. 28 cent, par an. Avec de grandes cuisines à larges hottes dont les fourneaux fonctionneraient plus longtemps et avec activité, il serait plus économique d'établir au bas du tuyau de fumée et sur le sommet de la hotte une grille alimentée de houille. Les habitations privées de l'aristocratie et de l'opulence sont seules en France pourvues de bains; en Angleterre, en Belgique, la famille simplement aisée, disposant d'une maison, y trouve celte précieuse ressource d'hygiène domestique; elle existe aussi dans un grand nombre de modestes résidences de campagne qui rappellent les cottages de nos voisins d'outre- M anche. Le général Morin fait valoir la circulation et les récipients d'eau chaude qu'il prescrit |X)ur l'évacuation des mauvaises odeurs des cuisines, ainsi qu'il vient d'être dit , comme le moyen économique d'y annexer des bains toujours prêts; de même la chaleur perdue des fourneaux de casernes et des fourneaux économiques qui servent à l'alimentation des pauvres, comporterait l'adjonction de bainsgratuits ou à prix réduit, établis d'après le même principe. Il n'est pas même besoin d'une circulation d'eau
(1) A. Morin, Manuel pratique du chauffage et de la ventilation, Paris, 1868, p. 107. — Études sur la ventilation^ 2 vol.
privée] des habitations PRIVÉES ET DE L'AIR CONFINÉ. 505
chaude ; les fourneaux ordinaires de cuisine à circulation d*air chaud se prêtent à cette installation : les ingénieuses combinaisons de la science inspirant Tinduslrie sont encore loin d*aToir produit tous leurs effets utiles pour le bienêtre des individus et des masses.
Dans les campagnes, les eaux ménagères, qui ne contiennent plus assez de substance nutritive pour être données aux bestiaux, sont répandues bors des habitations, et vont alimenter des mares qui, réduitesparFévaporation, exercent parfois la même influence que les marais, et plus souvent encore une influence typhique. Dans nos maisons, le système d'écoulement de ces eaux se compose d*éviers intérieurs, répondantà descuvettes placées au dehorsau niveau de chaque étage, et se continuant par des tuyaux qui descendent le long des murs de face dans la rue ou dans la cour. Les tuyaux s'engorgent de matières infectes, dont Todeur pénètre dans les habitations ; on évite cet inconvénient à Taidede siphons ou de couvercles hermétiques, et, à leur défaut, on interrompt la communication directe du tuyau principal et de Tévier intérieur, en disposant à Textérieur des cuvettes intermédiaires, qui permettent à l'air d'entrer dans Tembranchement, sans parcourir toute la longueur du tuyau {Rapport cité). La cuiller, qu'on place sous le tuyau, doit être large, disposée de manière à prévenir la détérioration du pied du mur. De la cuiller les eaux se déversent sur le pavé ou dans des gargouilles de pierre; quand celles-ci sont faites pour la traverse des bâtiments, les dalles qui les couvrent doivent être scellées à la pierre : sans cette précaution, ou avec des gai^uilles qui ont une simple couverture de planches, l'intérieur des maisons est exposé à l'humidité, aux émanations malsaines. Il y a avantage pour la salubrité et économie pour le propriétaire à conduire les eaux pluviales dans les conduits d'eaux ménagères, pour les laver. Des puisards sont destinés à recueillir et à débiter les eaux, quand leur écoulement ne peut avoir lieu sur la voie publique. Sans aucun inconvénient lorsqu'ils ne reçoivent que les eaux pluviales, ils acquièrent un haut degré d'insalubrité par l'addition des eaux ménagères'; celles-ci, en s'infiltrant dans le sol, vont corrompre l'eau des puits; elles laissent d'ailleurs sur les parois du puisard une vase qui en obstrue les pores; bientôt l'infiltration n'est plus possible ; les liquides s'accumulent, fermentent et donnent lieu à un dégagement d'efiluves putrides. Supprimer les puisards et rejeter les eaux ménagères loin des habitations est une règle importante d'hygiène domestique ; s'il y a nécessité de les conserver, il faut en fermer l'ouverture au moyen d'un siphon dans lequel l'eau qui s'éCoule sert elle-même d'obturateur; cette mesure suffit si le liquide s'infiltre dans les terres ; dans le cas contraire, il ne reste d'autre remède que le curage périodique des puisards. L'ordonnance de police du 20 juillet 1838 prescrit de construire les puisards en maçonnerie et de les fermer par une cuvette à siphon; l'ouverture d'extraction, correspondant à une cheminée de 1 mètre 50 centimètres au plus de hauteur, doit avoir moins de 1 mètre en longueur sur 65 centimètres de largeur; quand cette ouverture correspond à une cheminée excédant i roètue SOcentimètces
506 DKS M0DIPICATE0R8. — CfKCimraSA. [irote
de baotear, les dimensioiis des paisards wroot aogmcmécgi et roatoioR égalera lea deai tiers de la baoteor de la chemloée. A néon poisard, aocn pniu d'absoiptioo ne peut être établi sans une autorisation «pédale. Lei fui des puisards ne peuvent pas être écoulées dans les rnisseaax des roes ; fl «t procédé à leur Ttdaoge comme )i celle des fosses d'aisances.
La stmaare vicieuse des latrines est le fléau d'an grand nonibfv dliahîlations prîTées. On connaît le danger de leurs émanations ; les acddcnts qv*c0es prodolient ont été désignés sous le nom de plœnb et de miife. Geile-ci, die an vapeurs ammoniacales, donne lieu à des picotements, \ d*âcres cmne •01 yeux, k rinflammation du globe oculaire et de ses annexes, li Tendiifrè^ nement a?ec douleurs dans le fond et autour des orbites, à la pbotophobie, aooTent suirie d'une cécité de plusieurs jours : la guérison soirient par k bénéBee d'ime abondante sécrétion de larmes et de nincus nasal limpide; dV)ô la distinction que font les vidangeurs de la mitte en sèche et en hnoside oo grasse. Cette opbthalmie se répète sans porter atteinte à la vision ; la myopie, Tamaurose, ropbtbalmie chronique et persistante sont rares parmi les vidangeurs qui, avec le temps, finissent par accoutumer leurs yeux an contact de« émanadons ammoniacales. Les accidents du plomb sont de deux genres : dos à l'action d'une atmosphère presque entièrement privée d'oxygène, ils expriment les eilets d'asphyxie produits par l'azote et par l'acide carbonique, or dans quelques fosses l'analyse chimique a démontré qne l'air contenait 2 pour 100 d'oxygène, 9k d'azote et k d'acide carbonique ; la gène de la respiration et un afiaiblissenient progressif sont alors les symptômes que Ton observe et qui se dissipent par la simple exposition 1i l'air. Si le plomb est déterminé par la présence de l'acide sulfhydrique que l'analyse chimique a constaté dans les fosses aussi bien que le sulfhydrate d*ammoniaqne» les phénomènes sont ceux d*un vériiable empoisonnenioni : douleur vive à l'estomac et aux articulations, resserrement du gosier ; céphalalgie, nausées, défaillances, cris involontaires et quelquefois modulés ; délire, convulsions générales, rire sardonjque; refroidissement du corps; yeux clos, pupilles dilatées et fixes, face livide, lèvres violettes; battements tumultueux du cœur ; pouls petit et accéléré; écume blanche ou sanglante à la bouche, respiraiioi) courte et convulsive, etc. Ces terribles accidents peuvent ne se produire que plusieurs heur(»s après la sortie des fosses ; d'autres fois ils revêtent la forme délirante, et la mort est instantanée. Les premiers symptômes sont, chez quelqiies ouvriers, une loquacité insolite, des propos incohérents, une sorte de danse automatique : ordinairement la maladie dure de quelques minutes à vingt-quatre hem es, et généralement la connaissance revient aux malades avant le terme fatal. Outre ces diverses sortes d'effets, les médecins militaires savent bien que la dysenterie des camps a souvent son origine dans l'infection des fosses mal entretenues on rarement comblées qui reçoivent les déjections de masses d'hommes. Le méphitisme des latrines est plus fréquent pendant les chaleurs, dans les temps humides, dans les habitations collectives ; il augmente par le séjour prolongé
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des matières, la forme carrée et la profondeor de la fosse, par le maoTais état de ses parois, par le mélange avec les ortoes, Teaa de vaisselle, de lessife, de savon^ etc. L*extinction d'ane lumière introduite dans la fosse indique la pré«* dominance de Tazote et de Tacide carbonique; le snlfhydrate d'ammoniaque est fragrant; le gaz faydrosnifureux ne se dénote par aucun indice apprédfiMe. Le plus sûr moyen de prévenir le méphitisme consiste dans nue bonne construction des fosses et des latrines. L'ordonnance de police du 1** décembre 1853 en a fixé les conditions, ainsi que celles des vidanges. Les fosses placées sous le sol des caves doivent avoir une communication immédiate avec l'air extérieur; les caves et antres locaux où se trouvent les ouvertures d'extractioii des fosses auront au moins 2 mètres de hauteur et assez d'espace pour recevoir quatre travailleurs et leurs ustensiles. Les murs, la voûte et le fond seront entièrement construits eu pierres meulières maçonnées avec du mortier de chaux maigre et de sable de rivière bien lavé ; les parois de la fosse seront enduites de pareil mortier lissé à ia truelle ; on ne donnera pas moins de SO à 35 centimètres d^épaisseur aux voûtes, et moins de /!i5 à 50 centimètres aux massife et aux murs. Point de compartiments, de divisions dans les fosses, point de piliers, de chaînes ou d'arcs de pierres apparentes. Le fond sera en forme de cuvette concave ; tous les angles intérieurs seront effacés par den arrondissements de 25 centimètres de rayon. Autant que possible, on construira les fosses sur un plan circulaire, elliptique ou rectangulaire. Point de fosses à angles rentrants, hors le seul cas où la surface de la fosse serait an moins de U mètres de chaque côté de l'angle, et alors il sera pratiqué, de l'un et de Tauire côté, une ouverture d'extraction. Quelle que soit leur capacité, les fosses ne peuvent avoir moins de 2 mètres de hauteur sous clef ;^elles seront couvertes par une voûte en plein cintre, ou qui n'en différera que d'un tiers de rayon ; l'ouverture d'extraction des matières sera placée au milieu de la voûte; ia cheminée de cette ouverture ne doit point excéder 1 mètre 50 centimètres de hauteur, et l'ouverture elle-même ne pourra avoir moins de 1 mètre de long sur 65 centimèti-es de large. Que si la cheminée a plus de 1 mètre 50 centimètres de hauteur, on calculera les dimensions de l'ouvertnre pour que sa longueur on sa largeur égale les 2/3 de la hauteur de la cheminée. Le tuyau de chute doit toujours être vertical, d'un diamètre minimum de 25 centimètres, s'il est de lerre cuite, et de 20 centimètres, s'il est de fonte; il doit être immergé par sa partie inférieure, soit dans les matières de la fosse, soit mieux dans une cuvette de cuivre mobile ou fixe, dans laquelle il est utile, quand on le peut, de faire arriver, de temps à autre, de l'eau pour la laver. Parallèlement au tuyau de chute doit régner un tuyau d'évent qui sera conduit jus(|u'à la hauteur des souches de cheminées de la maison ou de celles des maisons contiguës, si elles sont plus élevées; ce tuyau d'évent aura un diamètre de 25 centimètres au moins. L'orifice inférieur des tuyaux de chute et d'évent ne pourra être descendu au-dessous des points les plus élevés de l'intrados de la voûta Le mauvais état des tuyaux de chute est une des causes les
5SS IISS MODIFICATEURS. — CIRCOlfFOSÀ. [iTCita
plus ordinaires de I*infectioii des lalrines; ils se font en poterie mA cuite dont les joints ne sont pas ajustés exactement; les plâtres qni les enveioppent s*iiih prignent d*une humidité fétide qui s'étend aux murs d*ado86(»iieiit: œax-d se dégradent ; leur mortier, leur plâtre surtout, se décomposent; les bois de charpente on de cloison pourrissent On substitue avantageasemeat à ces coqduils de poterie des tuyaux de fonte dont les joints sont bouchés avec do mastic: cette précaution ne suflBt pas pour empêcher les émanationa, ii fiant encore isoler le tuyau dans un coffre de plâtre, libre dans toute la hantenr dn bâtiment, ouvert en bas et au-dessus du toit seulement, de manière à laisser entre sa puce interne et le tuyau une couche d'air dont le courant entraine les exhalaisons. Les sièges des cabinets sont garnis de cuvettes hydrauliques mobiles, dite krapglaise, qui s'c4)posent à l'ascension des gaz. La cuvette dite appareil Rogicrâlothès, bascule, se vide par le seul poids des matières, et revient ensuite iermer à peu près cet orifice qui, s'il n'est pas clos hermétiquement, infecte le cabinet. Le système des fosses mobiles n'est pas une nouveauté : en 1 788, Gonriier avait proposé un appareil pour la séparation des matières solides et liquides. Parent-Oochâtelet préconise ce système : « Il peut s'appliquer partout; il ladlite l'enlèvement des matières, et permet de le faire sans odeur et sans ma!piopreté; il préserve les ouvriers des dangers de l'asphyxie; il empêche les dégradations de nos édifices et contribue à augmenter la masse disponible des engrais (1). » L'ordonnance de 1853 interdit le placement des appareils mobiles dans une fosse supprimée dans laquelle il reviendrait des eaux qudconques; elle exige qu'ils soient établis sur un sol rendu imperméable à 1 mètre de profondeur au moins, au pourtour des appareils disposés en forme de cuvette. Les caveaux à fosses mobiles seront constamment |X)urvu8 d'une échelle qui permette d'y descendre sans danger ; les trappes destinées à fermer l'ouverture de ces caveaux doivent être conslruiies solidement, et garnies d'un anneau de fer, pour en faciliter la levée; on évitera que les eaux pluviales ei ménagères ne pénètrent dans les caveaux. Tout appareil plein sera enlevé et remplacé avant que les matières débordent ; il sera formé un plan, luté et nettoyé avec soin avant d'être porté aux voilures. Défense de laisser dans les maisons d'autres appareils de fosses mobiles que ceux qui y sont en service, et de faire écouler les matières contenues dans des appareils à l'aide de cannelles ou de toute autre manière. Pour rétablissement des deux étages de ton> neauxdont se composent les fosses mobiles, il faut préférer les rez-de-chaussée munis de tuyaux d'évent aux caves profondes dont les marches se dégradent par le passage fréquent des tonneaux, et où la surveillance est difficile; il faut veiller à ce que les tuyaux ou cylindres qui font communiquer entre eux les deux rangées de tonneaux soient bien disposés, et à ce que les matières ne se déversent pas sur le sol. Quand ces précautions ne sont pas exactement observées, les fosses niobiles deviennent aussi une source d'infection: c'est ce que
(1) Parent Duchâtelet; Annales cThygiènp imbUque y 1835, t. \IV, p. 321.
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nous avons souvent constaté dans Thôpital du Val-de-Grâce, où ce système est adopté depuis fort longtemps. Mais il ne s'agit ici que des maisons particulières ; or, une expérience de plus de douze ans m*a démontré qu'un seul ton* neau inodore, suffisant aux excréta d'une iamille, s'il est remplacé en temps utile, disposé sur le sol de la cour sous un baiigar, et en bon état, ne donne lieu à aucun dégagement d'odeurs et laisse, sur deux étages^ aux cabinets d'aisance toute salubrité : voilà ce qui se voit aussi an Val-de-Grâce, mais en dehors de i'bôpital, dans le pavillon de la Direction. Une préférence raisonnée et expérimentale s'attache au système des fosses mobiles ; il exige, comme tout autre, soins et surveillance ; mais è ce prix, il n'en est pas de plus simple, de moias rebutant ni de plus expéditif ; il supprime l'affreux cloaque dit fo9se d'aisances, sur lequel l'bomme, la famille bâtit sa demeure; il supprime l'horrible opération de la vidange nocturne.
En Angleterre, on a renoncé apx fosses d'aisances : elles ont existé à Londres tant que les maisons sont restées sans jonction avec les égouts ; maïs vers 1820, les compagnies d'eaux ayant commencé leur service, qui dès 1850 procurait aux ménages particuliers une quantité d'eau de 260 000 mètres cubes, l'usage des water-closets se généralisa, les prescriptions qui fermaient les égouts tombèrent en désuétude, le drainage des malsons par la canalisation souterraine devint la règle et la fosse l'exception. Aujourd'hui un égout passe dans toutes les rues de Londres; de chaque maison particulière sort un tuyau de grès qui y décharge les 'eaux de la cuisine, des cabinets de toilette, du watercloset et de la cour; l'égout lui-même est de briques, à profil d'ceuf et se déverse dans l'ancien affluent de la Tamise, converti en égout de 2, 3 et (i mètres d'ouverture; là l'écoulemeht ne s'effectuant qu'à basse mer, les eaux chargées d'immondices stationnent six heures : les grandes artères deviennent ainsi, dans le bas, de véritables réservoirs avec tous les inconvénients de dépôt, de méphitisme- et d'inondation qu'un mode discontinu d'écoulement doit amener dès que surviennent des orages ou qu'on étend trop le bassin de l'égout (1). Aussi l'eau de la Tamise est-elle altérée par le mélange de tant de matières organiques : sous les ponts, elle est jaune et sale comme un bourbier, tandis qu'en la remontant jusqu'aux prairies d'Hampton-Court, on la trouve vive et limpide. Sur les 16 UOO maisons de la cité, AOOO à peine ne sont pas encore drainées. Des inspecteurs, qui, pour les travaux et la surveillance, relèvent d'un ingénieur, et qui, en même temps, rendent compte do l'hygiène au médecin en chef, sont répartis en dix sections sur le territoire de Londres; d'après leurs rapports, vérifiés sur place par ce fonctionnaire médical, injonction est faite aux propriétaires d'exécuter dans un délai fixe la jonction souterraine de leurs maisons avec l'égout public, de munir les water-closets de
(1) Mille, ingénieur des ponts et chaussées, Rapport sur le mode (tcusainissemen des villes en Angleterre et en Ecosse, 20 juillet 1854 (Annales tf hygiène, 2^ série, Paris iSôô, t. IV, p. 203).
S70 DIS MODinCATEORS. — CIRGUIIF08A. [trcitn
iermelares hermétiques et de la quantité d*eaii nécessaire pour emporter les tidanges; de perdre par la même voie souterraine les eaux des cours, écuries, cuisine;! et toitures; d'assurer aux habitants de la maison un approvisionnement suffisant de belle et bonne eau au moyen d'une citerne et d*uo appareil convenable; enfin de faire vider et comUer ensuite avec des remblais de bonne qualité les fosses actuellement existantes. Ainsi le système de latrines anglaises se lie à une circulation d*eau dans la maison par deux robinets au moins, Tun dans la cuisine et Taulre dans le water-closet; souvent il y en a uu troisième dans le cabinet de toilette avec baignoire. Le drainage ou la perte des eaux q«i ont été employées, est la conséquence forcée de cette installation. Toute habitation pourvue d*eau est une habitation drainée; le courant d*eaux pures nécessite un éconlement d*eanx infectes; de là ce réseau d*égouts et de conduits, sorte de système artériel placé dans le sous-sol de Londres et dont les veines sont partout
On a proposé pour Paris l'application du système qui consiste à faire circuler Teau dans toute la hauteur des maisons et à perdre les vidanges aux égouts. La construction d'égouts latéraux à la Seine et Tapplicaiion des liquides d*égout à la culture par le jeu des machines seraient deux conditions sans lesquelles on aurait k prévoir et la détérioration des eaux de la Seine, et une immense perte d'engrais nécessaires à Fagriculture. Une pareille combinaison de moyens d'assainissement rencontrera bien des difficultés, provenant des terrains et des localités, sans compter celle d'obtenir un fonctionnement régulier par Tensemble des chasses d'eau et des pentes d'égouis, etc. Quoi qu'il en soit, on ne peut s'empêcher de considérer comme un foyer d'infection toujours menaçant, le réceptacle des matières fécales placé sous le sol même de nos habitations. Les accumulations immondes tendent constamment à vaincre les obstacles qu'on oppose à l'expansion de leur atmosphère. I^es rejeter au loin, les perdre au fur et à mesure de leur formation semble une mesure aussi nécessaire que celle de l'inhumation des cadavres à une distance suffisante des habitations. Et quand on sait le nombre énorme de maisons empoisonnées par le méphitisme des fosses d'aisances, quand on |)eut s'assurer tous les jours dans Paris même que leur vidante, malgré le perfectionnement des méthodes de désinfection et la surveillance de la police, est restée une opération aussi dégoûtante |)our les ouvriers que pour les habitants, on ne peut qu'applaudir aut efforts qui auront pour résultat tout à la fois de donner l'eau aux habitations et d'en expulser incessamment le détritus humain. C'est une belle formule que celle du Bonrd of Health : « L'assainissement est l'accord de trois fonctions : distribution des eaux pures, perte immédiate des eaux infectes, et arrosement des cultures. »
Sur l'avis du conseil de salubrité, le préfet de police a adopté, dans son ordonnance du 29 novembre 1856, le principe de l'écoulement direct et permanent dans les égouts des e^iux vannes provenant des fosses d'aisances ; il suppose, dans les fosses fixes ou mobiles, la division des matières solides et
PRiTtE] DES HABrrinoilS PRiVÉKS et de L'AIR CONFINÉ. 671
liquides. La^ appareils difisears s'adaptent aux anciennes fosses; les nouvelles doivent comporter la séparation des matières. Les liquides, désinfectés rapi* dément et à peu de frais, pourront, à mesure de leur production, être évacués directement et d'une manière permanente dans les égouts, an moyen d'une conduite souterraine ; à défaut de cette circulation continue, les matières li-^ qnides désinfectées, provenant des fosses à proximité des égouts, ne pourront être écoulées dans ces égonts, lors de la vidange, qu'au moyen d'une conduite souterraine dont les conditions seront réglées par l'administration; là où cette conduite souterraine ne peut être établie, on permet l'écoulement des liquides infectés au moyen d'un tuyau aboutissant à la bouche de l'égout le plus voisin. Si l'éloignement de l'égout ou toute autre circonstance s'oppose h ce mode d'écoulement, les liquides seront déposés au dépotoir. On le volt, ces dispositions de police sanitaire sont un premier pas vers le système anglais; les fosses avec séparation des liquides et des matières solides sont, en France, le dernier progrès réalisé dans la construction des latrines.
La dispasition des cabinets d'aisances contribuera beaucoup à l'assainisse* ment des fosses. Qu'ils soient isolés, éloignés de l'appartement, surtout des chambres à coucher, largement aérés ; que les sièges, de bois dur et cirés, soient garnis à leurs ouvertures de cuvettes à l'anglaise, ferrtiées par une soupape à bascule et communiquant avec un réservoir d'eau. Que le tuyau de chute qui met la cuvette en communication avec la fosse soit de fonte on de tôle bituminée, et dans les conditions mentionnées plus haut. La ventilation des cabinets d'aisances a donné lieu h deux théories : d'après l'une, le siège seul doit être ventilé; dans l'antfe, le courant d'air, établi du siège au tuyau d'évent, passerait par la fosse. La première a prévalu par cette raison que le contact de l'air extérieur active la putréfaction dés matières fécales, tandis qu'elle est ralentie par une atmosphère immobile de gaz azote mêlé de carbonate et de sulfhydrate d'ammoniaque.
Pour s'opposer à la diffusion des émanations drs latrines dans l'intérieur des appartements, il convient d'i^^oler le* siège à 0",0/i ou 0",05 du bord supérieur de la cuvette, en laissant monter les faces de devant et des côtés jusqu'au siège et de mettre l'intervalle en communication avec un conduit d'évacuation des gaz qui s'élève jusqu'au-dessus du toit. Si ce conduit avoisine un foyer régulier de chaleur (tuyau de fumée d'une cuisine) ou si l'on y peut faire passer des tuyaux de circtilation d'eau chaude, il s'y produira un appel suffisant; mais cette ressource manque dans la plupart des maisons privées; le général IVforin conseille alors d'y établir un petit bec à gaz brûlant 30 à AO litres à Iheure qni, sous l'abri d'un vasistas, servira tout à la fois îi éclairer et à assainir le cabinet; une lampe ordinaire, consommant 15 à 20 grammes d'huile par heure, remplira le même office. Le conduit d'évacuation doit avoir entiron O^.OS à 0",04 de section; avec une dépense de 30 litres de gaz par heure, on obtiendra en moyenne uneévacuation de 30 mètres cubes d'air par heure, c'està-dire l'expulsion de tous les gaz piDvenant du siège et de son tuyau de des-
572 BIS MODIFICATEURS. ^CaCtÉTOSÂ. [itoéb
cente et le renouvellement plusieare fois par hewe de i*air do .eaUmiet aiec l'afflux de celui de» corridors voisins.
Dans les maisons où il n'existe pas de lieux d'aisances perTectioBDéSy il ta jeter tous les jours et même deux fois par jour, matin et soir, dans l'orifioedi tuyau de chute, un seau (environ 10 litres) de la solution suivante :
Sulfkte de fer 800 grammes.
Eau 10 Utres.
Acide phénique i i/iOO** 100 grammes.
£t on lavera les surfaces avec un mélange de 9 litres d'eau et de 500 graflunes de chlorure de chaux sec.
A l'exemple de Labarraque, on peut étendre sous les portes une trdiiéede chlorure de chaux sec, épaisse de 2 centimètres, et tendre derrière les porto, sur des cordes, un linge épais trempé dans du chlorure liquide. Le prix ékfé des chlorures ne permet guère leur emploi pour la désinfection des fosses et la préservation des vidangeurs qui y pénètrent ; mais on doit exiger, solvant i'aris de Labarraque, qu'une bouteille de chlorure d'oxyde de sodium HEisse partie de leurs équipages pour le secours des ouvriers asphyxiés, et que l'on fixe sons le nez et la bouche de ceux qui travaillent à l'intérieur des fosses^ des époQges imprégnées d'une solution du même produit.
On a proposé divers procédés pour désinfecter les matières fécales à moindres frais, en leur conservant en même temps leurs propriétés utiles pour l'agriculture, avantage que n'ont point les chlorures; ib répondent tous à cette double indication : saturer les gaz fétides et utiliser l'ammoniaque.
1® Procédé de Salmon. — C'est le mélange des matières stercorales avec le charbon très-divisé. Il a pour résultats leur désinfection instantanée et complète, et la formation d*un engrais solide, susceptible d'être transporté sans inconvénient et de servir immédiatement à l'agriculture; mais il répand une poussière noire dans les habitations, il salit les environs de la fasse, et ne sépare pas exactement les substances solides et les eaux vannes. Il est exploité avec succès dans la banlieue.
2° Procédé de d' A r cet ^ substituant la cendre de tourbe au noir animalisé.
y Procédé de Schattenmann, — Il a pour base l'emploi du protosulfale de fer, qui, agissant sur un mélange d'acide sulfhydrique, de carbonate, de sulfhydrate d'ammoniaque, et de quelques éléments organiques, Oxe l'ammoniaque à Télatde sulfate et le soufre à celui de sulfure ferreux. Les nouveaux produits ne dégagent plus qu'une faible odeur de fèces et de résidus végétaux qui s'y trouvent contenus en petite proportion ; irausportables à de plus grandes distances que le fumier, et délayés dans l'eau sur le terrain, ils constituent un opulent engrais.
/i° Procédé de Siret, — On délaye dans 2 kilogrammes d'eau 1 kilogramme de poudre composée de charbon, de sulfate de zinc et de fer; ce mélange est projeté sur les matières à désinfecter. Le sulfate de zinc ne vaut point le sulfate
PRIVÉE] DES HlBlTitlOilS PIUVÉES ET DE L'AIR CONFINÉ. 573^
ferrique ; les inconvénienta do charbon oot été indiqués; cette poudre est d*ailleurs plus dispendieuse que le moyen de Schattenwann.
5" Procédé de Kraff et SuqueU — Ils appliquent le protoxyde de fer hydraté à la désinfection des matières en séjour dans les fossés d*aisances et à la fabrication de sels ammoniacaux et de la poudrette; toutefois les produits solides ne sont désinfectés complètement (jb'après leur arrivée à rétablissement, où on les réduit en tourteaux solides, compactes et inodores; et c'est aussi là que sont traitées les eaux Tannes par la chaux hydratée, qui en dégage Tamnioniaque et précipite les matières animales tenues en suspension. Nous renvoyons, pour de plus amples détails sur ce procédé qui intéresse plus Thygiène publique et l'industrie que la salubrité des habitations privées, à la description qu*en a donnée Guérard (1); il permet d'établir en quelques heures la dessiccation parfaite des matières fécales solides, et leur conversion en poudrette inodore, infermentescible et d'un facile transport; tandis que la grossière méthode de Montfaucon, stratifiant les matières semi-fluides, développe une grande surface d'évaporaiion et de fermentation putrides, qui entraîne, en sus de l'insalubrité sur une grande échelle, le déchet des neuf dixièfnes des principes utiles de l'engrais.
ô'' Procédé de Domange (2) ou vidange atmosphérique. — Ce mode d'extraction a pour unique agent la pression de l'air extérieur : de puissantes pompes pneumatiques qui fonctionnent dans les ateliers de l'établissement, servent à opérer le vide dans des récipients hermétiquement fermés; dès qu'ils sont mis en communication avec les fosses au moyen de tuyaux de plomb, les matières y montent et etopiissent les récipients en moins de trois minutes.
La désinfection des matières dans les fosses, avant la vidange, est aujourd'hui obligatoire; les moyens ne manquent point; on a indiqué successivement, outre ceux déjà mentionnés : 1*^ parmi les substances solides, les chaux, le sable, les marnes, les cendres de houille, de bois et de mâchefer, la tourbe mêlée de sous-chlorure et de carbonate de cbaux^ le salpêtre, les plâtres et les plâtras, les vieux mortiers, les terres calcinées, la sciure de bois, les poussiers de mottes et de diverses écorces d'arbres, le tannin, les résidus des diverses opérations chimiques, tels que les chl(N*ures et les sulfates de soude, de fer et de magnésie, etc. ; 2" parmi les substances liquides, le lait de chaux, les lessives de cendres^ diverses dissolutions salines, les hypochlorates alcalins, le chlore, les acides sulfureux, sulfurique, chlorhydrique, acétique ou pyroligueux, les décoctions de plantes aromatiques, le goudron, les huiles de schiste et autres, etc. Le principe de la désinfection est l'absorption des gaz délétères, ce qni explique la multiplicité des agents employés : « en grand, toutefois, il est des difficultés qui ont retardé la mise en pratique des procédés réputés les
(1) Guérard, Annotes dhygiène, 18d4, t. 11X11, p. 326.
(2) yoyn Annalet d'hygiène^ 1846, t. IIIV, p. 77.
57â DES MÛDinGATËURS. — CIRCUHFDSA* [HTClÉn
plus économiques '»(!). Le plus généralement omté dans les fosses mêmes, lorsqu'un doit couler sur la voie publique et qu*il y a lieu d'éviter la coloration noire du sulfate de fer, consiste dans l'emploi du sulfate de zinc parfumé avec l'essence de romarin; s'il s'agit des fosses mobiles, on a recours au sulfate de fer et à l'acide pyroligneux impur, à l'aide de 1 kilogramme de chaque par tonne mobila
Éloignez de vos demeures les écuries, les élabies, les basses-cours : elles répandent des émanations qui sont au moins désagréables par leur odeur. Ces constructions, qui entrent dans le système de beaucoup d'habitations privées, tngenl d'ailleurs les mêmes conditions de salubrité : une capacité atmosphérique qui, pour le cheval, le mulet, le bœuf, etc. , doit être beaucoup plus gnnde que celle qui est nécessaire à l'homme ; des ouvertures suffisantes pour l'aocès de k lumière et la ventilation; des murs édifiés avec des matériaux secs; un sol disposé pour l'écoulement des hquides et pavé de manière à s'opposer à leur infiltration, etc.; des ruisseaux à pente, des lavages réguliers, contribueront à l'assainissement de ces lieux.
La première de ces conditions consiste dans la ration d'air proportionnée aux besoins des animaux. £n comparant les effets de la respiration humaine dans un lieu clos avec ceux de la respiration des chevaux dans des écurîes fermées, on trouve qu*un cheval exhale environ trois fois plus d'acide carbonique qu'un homme; Chevreol admet ce nombre comme exprimant le rapport des capacités pulmonaires. On pourrait s'étonner qu'un vétérinaire distingué, Leblanc, s'appuyani sur des expériences, ait fixé à 18 et 20 mètres cubes la ration d'air nécessaire par heure à un cheval dans une écurie close, si Péclet n'avait fixé à 6 mètres cubes par heure celle des enfants dans les écoles. Les règlements militaires ont déterminé la capacité des écuries à raison de 5 mètres cubes par tête d'animal, et de i"',/i5 environ pour largeur; c'était un progrès, et il a suffi pour procurer, de 1835 à 1858, une diminution de 51 sur 1000 chevaux dans la mortalité par la morve; dans la période décennale de i8â8 à 1858, l'ensemble de la mortalité des chevaux par toutes les maladies a subi une diminution de 90 sur lOOO. Des expériences poursuivies simultanément pendant plusieurs années dans des régiments de cavalerie, dans dos garnisons du nord, du midi et au centre de la France, ont prouvé que les chevaux ont plus de vigueur et de santé dans des écuries dont les \\ories et les fenêtres, en nombre suffisant, restent ouvertes en toute saison, de jour et de nuit, que lorsqu'on les tient fermées. Des observations concordantes ont été faites sur des étables pourvues d'un grand nombre de têtes de bétail, et l'on a noté ce fait iuattetidu, qu'elles ont fourni moins de ras de péripneumonie et d'autres affections épidémiques des organes respiratoires que dans la stabulation close. Les vétérinaires les plus autorisés rattachent l'étiologie de la morve chez les chevaux à leur séjour
(1) Hniiports généraux dus travaux du CouteUde talubtùié de Paris^ de 1846 à 1848 inclusiveitient, Paris, 1855, p. 125.
PEITÉE] DES EABITATIORS PRIYÉBS ET DE L'AIR CONFl^^É. 575
dans des écuries trop étroites, hamides, oà l'air a peu d*aceès ; les fûts de transmission de celte affreose nuladie à rbooime sont une raison de plos pour y dispenser largement Tair par. Si elles ne sont pas construites de manière à le recevoir sur toute leur longueur et par leurs deux faces opposées, le général Morin conseille de disposer, à partir du plafond, soit au milieu des allées, en cas qu'elles soient doubles, soit au-dessus du passage, en arrière des chevaux, des cheminées d'évacuation en briques ayant 0"^,07 à 0"b<!,08 par tête de cheval ; avec une diiïérence de température de 6 à 7 degrés centigrades entre Tair extérieur et l'air intérieur, elles auront une vitesse d'écoulement de l'air lie O^'JO par seconde, et procureront à chaque cheval 180 à 200 mètres cubes d'air par heure, car telle est la fixation actuelle er rationnelle de la ventilation des écuries. La plupart sont éclairées la nuit par des becs h gaz dont la chaleur peut être employée à activer la ventilation, ce qui permettra de réduire la section des tuyaux d'évacuation de l'air vicié.
En cas d'épizootie, il faut s'empresser de faire parquer les bestiaux. Les masses de matière animale et végétale qu'on laisse s'accuftinler près des écuries, sous forme de fumiers, couvrent le sol d'excréments et l'imprègnent d'urine; leur fermentation putride donne lieu à des émanations dont la nocuite a été contestée ; mais il est remah|uable que de nombreuses relations d'épidémies adressées tous les ans k l'Académie de médecine s'accordent à attribuer à la présence des fumiers l'influence la plus fâcheuse. Il sera certainement d*une bonne administration de défendre le séjour des fumiers au delà de deux jours à proximité des habitations. Les chenils, les poulaillers, les pigeonniers, les trous où l'on élève des lapins, ne sauraient être tolérés dans une demeure urbaine; ces réceptacles, dont le bon entretien exige des soins minutieux, et qui finissent toujours par répandre des exhalaisons malsaines, ne peuvent être établis que dans les habitations qui se développent sur une grande étendue de terrain.
$ 9. — De rmOaenee de* habitailoiifl.
Au point de vue de l'hygiène^ l'influence que l'habitation privée exerce sur Hionime et sur la lamille n'est autre que celle de l'atmosphère qu'elle circonscrit; or, l'air confiné agit par son humidité, par son volume, par ses altérations, par sa température, par le mode et le degré de son renouvellemeuL