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LES COULEURS

1. — Les couleurs s’ajoutent à la forme pour compléter la représentation des personnes et des choses. L’antiquité et le moyen âge ont eu, pour ainsi dire, la passion de la coloration. Comme ils n’ont employé que des couleurs franches, elles peuvent se réduire à onze.

Cependant, les couleurs premières ne sont qu’au nombre de quatre, qui se subdivisent ensuite en sept : blanc , noir, jaune , rouge , vert , pourpre et azur. Les nuances intermédiaires sont le gris , composé de noir et blanc ; l 'orange, de jaune et rouge; le vert , de jaune et bleu ; le violet , de rouge et bleu.

2. — La couleur est naturelle , c’est-à-dire analogue à celle qu'a assignée la nature, ou conventionnelle , ce qui signifie qu’elle procède d’un autre ordre d’idées, qui est généralement le symbolisme.

3. — Le blanc , dans la liturgie, est attribué au Christ, à l’Eucharistie sacrifice non sanglant, à la Vierge, aux confesseurs, aux vierges et aux saintes femmes. Au moyen âge, il fut au civil, une couleur de deuil: de là le nom de Blanche de Castille, donné à la mère de Saint Louis, à cause de son long veuvage; de là aussi l’usage en Poitou de porter des gants blancs aux enterrements,

En iconographie, le blanc exprime la joie, la gloire , Y innocence , la chasteté , le martyre . Dès les premiers siècles, les vêtements du Christ et des apôtres sont blancs. A la Transfiguration, le Sauveur paraît vêtu de blanc : « Vestimenta autem ejus facta sunt alba sicut nix » (S. Matth., xvit* 2); dans l’Apocalyse, il est assis sur un cheval blanc : « Et ecce equus albus » (xix, 11).

Les anges, à la Résurrection et à l’Ascension, sont en blanc:

« Et vidit duos angelos in albis » (S. Jocin ., xx, 12). « Cumque intuerentur in cœlum euntem ilium, ecce duo viri astiterunt juxta illos in vestibus albis » (Act. apost., i, 10).

Les martyrs, qui ont lavé leurs robes dans le sang de l’Agneau, se distinguent par le blanc: « Et datæ sunt illis singulæ stolæ albæ » (Apoc.j vi, 11). « Hi sunt qui venerunt de tribulatione magna et laverunt stolat suas et dealbaverunt eas in sanguine Agni » (vii, 14). Aussi le Te Deum contient-il ce verset : « Te martyrum candidatus laudat exercitus » et la liturgie ce répons au commun des martyrs : « Candidi facti sunt Nazaræi ejus, splendorem Deo dederunt, et sicut lac coagulati sunt ; candidiores nive, nitidiores lacté ».

La foi est vêtue de blanc, pour exprimer sa pureté qui n’admet aucune tache.

4. — Le bleu fut, au moyen âge, une couleur liturgique, affectée spécialement au Saint-Sacrement, à la Sainte Vierge et au deuil.

La couleur rappelle le firmament : aussi a-t-on peint en bleu les voûtes des églises du xme au xve siècle et les fonds des anciennes mosaïques sont-ils bleus, pour exprimer le ciel.

L’espérance, qui aspire au séjour des élus, porte un vêtement bleu, qui convient aussi à la personnification de l’air et de l’eau.

5. — Le cendré a fait partie des rites français, qui l’employèrent pour le jour des cendres et les fériés de carême. Il symbolise la pénitence: « In cilicio et cinere sedentes pœniterent » ( S . Luc., x, 13), et la mort. C’est pourquoi l’Eglise, en imposant les cendres sur le front des chrétiens, leur dit : « Memento, homo, quia pulvis' es et in pulverem reverteris ».

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