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LIVRE TROISIEME

LA NATURE

l’emploie aussi pour les nimbes et on en rehausse les vêtements des saints, afin de symboliser l’état glorieux.

La beauté extérieure s’affirme par l’or : « Aurum quoque decoris tui » (Ezech., xxvm, 13). « Astitit regina a dextris tuis in vestitu deaurato » (Psalm. xliv, 10); mais alors elle n’est qu’un reflet de la beauté intérieure produite par la sainteté : « Omnis décor ejus ab intus ».

La loyauté du Christ a été symbolisée par l’or quand le premier des mages Gaspar l’offrit à l’enfant nouveau-né: « Aurum quippe Regicongruit... Eum ergo magi quem adorant etiam mysticis muneribus prædicant, auro Regem, thure Deum, myrrha mortalem » (S. Gregor., Homil. x inEvang.).

Le ciel ou plutôt la Jérusalem céleste est en or pur : « Civitas aurum mundum... plateacivitatis aurum mundum » (. Apocal ., xxi, 18, 21). L’or convient donc essentiellement aux châsses et aux reliquaires, où reposent les ossements des saints.

La divinité est figurée par l’or des vases sacrés, destinés à contenir le corps et le sang du Sauveur. Le trône du Christ est habituellement en or dans les miniatures, et l’Apocalypse indique cette matière pour l’autel, ainsi que l’a souvent pratiqué le moyen âge: « Altare aureum, quod est ante thronum Dei » (vin, 3).

L’Eglise applique aux martyrs, dans leur office, ce texte de la Sagesse: « Tanquam aurum in fornace probavit illos » (m, 6). Aussi leur récompense est-elle une couronne d’or, comme dit encore la liturgie : « Filiæ Jérusalem, venite et videte martyres cum coronis quibus coronavit eos Dominus in die solemnitatis et lætitiæ. Lætitia sempiterna super capita eorum. Corona aurea super caput ejus, expressa signo sanctitatis, gloria honoris et opus fortitudinis. Gloria et honore coronasti eum, Domine ».

L’or est encore la loi de Dieu, ce qui explique les couvertures des evangéliaires, au moyen âge: « Dissipaverunt legem tuam : ideo dilexi mandata tua, super aurum et topazion » {Psalm. cxvm, 126, 127), et la sagesse : « Per aurum vero sapientia designatur,

quia sicut aurum præemin et omnibus metallis, sic sapieutia clonis omnibus antecellit » (Innoc. m).

L'or monnayé est l’attribut de la Charité, de la Richesse, de l’Abondance et de l’Avarice.

3. — V argent est un symbole de la passion du Sauveur, du martyre, de la chasteté, de la parole de Dieu : « Eloquia Domini eloquia casta; argentum igné examiuatum, probatum terræ, purgatum septuplum » ( Psalm . xi, 7).

Les trente pièces d'argent, prix de la trahison de Judas, ont été prophétisées par Zacharie : Et appenderuut mercedem meam triginta argenteos » (xi, 12).

4. — Les métaux d’ordre inférieur sont le fer, le plomb et l’airain.

Le fer , par sa couleur sombre et sa rouille, signifie la malédiction : « Cœlum desuper sicut ferrum » ( Levitic ., xxix, 19) ; le combat: « Armabitur ferro » (II Reg.> xxm, 7); l’épreuve . « Ignis probat ferrum durum » (. Eccli ., xxxi, 31); le travail: « Fodit ferro rupem » ( Eccli ., xlviii, 19) ; la mort : «Ferrum pertransiit animam ejus » (Psalm, civ, 18).

Le plomb est le symbole de la mort: « Submersi sunt quasi plumbum in aquis vehementibus » ( Exod ., xv, 10), est-il écrit des Egyptiens poursuivant les Hébreux. C’est pourquoi les cercueils se faisaient en plomb.

L' airain est le symbole de la force : « Portas æreas conteram » {Isai,, xlv, 2), « Frons sua ærea » (Isai., xlviii, 4) ; du combat: « Galeæ æreæ in capitibus eorum » (I Machab ., vi, 35); de la durée: « Descripserunt in tabulis æreis » [1 Machab. , xiv, 27.

5. — Dieu, parlant d’Ezéchiel, compare son peuple à l’argent, à l’airain, à l’étain, au fer et au plomb, établissant entre les métaux une certaine hiérarchie proportionnée au plus ou moins de démérite des individus : « Et factum est verbum Domini ad me, dicens : Fili hominis, versa est mihi domus Israël in scoriam: omnes isti æs, et stannum et ferrum et plumbum in medio fornacis :

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