LIVRE QUATRIÈME. — L’HOMME
Une gravure allemande de Spitzel, exécutée d’après les tableaux de Kock (xvme siècle), leur donne des attributs qu’expliquent des distiques.
L’enfance, Ætaspuerilis , aime les fruits , joue du flageolet , s’amuse à apprivoiser un oiseau :
In tenera sobole hic cernis præludia vitæ ,
Exercet ludos indole quisque sua.
La jeunesse, Ætas juvenilis , est adossée à une bibliothèque et lit dans un livre , ce qui la montre studieuse, mais les dés et les cartes à jouer rappellent qu’elle recherche volontiers le plaisir:
Qui studet et cui sunt jam tempora blanda juventæ,
Huic Deus omnipotens tempora læta dabit.
L’âge viril, Ætas virilis, écrit sur un registre ses comptes et son inventaire :
Non est vir prudens , non est économies ille
Quinonquæ sua sunt cuncta notare solet.
La vieillesse, Ætas senilis, à barbe blanche, bonnet fourré et houppelande, s’appuie sur un bâton, demeure engourdie dans son fauteuil et regarde un sablier qui lui annonce sa fin prochaine :
Jam mihi deterior canis aspergitur annis
Namque vitæ meæ quismihi finis erit ?
Sur l'horloge de Strasbourg, l’enfant tient un thyrse, l’adolescent une flèche , l’homme, bardé de fer, un glaive et le vieillard une béquille.
4. — Un vitrail de la cathédrale de Cantorbéry met en parallèle les six urnes de Gana, les six âges du monde et les six âges de l’homme, ce qu’il commente par ces deux vers :
Hydria metretas capiens est quælibet ætas :
Lympha dat historiam, vinum notât allegoriam.
Les six âges de l’homme, sex hominis ætates , sont ainsi désignés : Infantia , Pueritia, Adolescentia, Juventus , Virilitas , Senectus.
Les six âges du monde, mundi sex ætates, sont figurés chacun par un personnage historique : Adam, qui bêche la terre, représente l’enfance ; Noé, qui construit l’arche, la puéritie , Abraham, l'adolescence; David, la jeunesse ; Salomon, la virilité ; Saint Jean Baptiste, la vieillesse. Le Christ se manifeste alors pour constituer un nouvel âge, qui est celui de la rénovation et ainsi Veau de l’ancienne loi se change au vin de la nouvelle.
5. — A la cathédrale de Sienne, au xive siècle, le pavé, de marbre noir avec incrustations de marbre blanc, personnifie les sept âges: Un enfant, infantia ; un enfant plus âgé, pueritia ; un adolescent, adolescentia ; un jeune homme, juventns ; un homme, virilitas ; un vieillard, senectus; un homme caduc, decrepitas.
6. — Au musée de Nuremberg, un verre à boire, fabriqué par Georges Schwanard et daté de 1665, explique en allemand les dix âges delà vie, superposés sur deux rangs dans dix compartiments : « 10 ans, l’enfance; 20 ans, la jeunesse ; 30 ans, l’homme ; 40 ans, la plénitude ; 50 ans, l’état stationnaire; 60 ans, le commencement de la vieillesse ; 70 ans, la vieillesse ; 80 ans, l’absence de la mémoire; 90 ans, la risée des enfants ; 100 ans, que Dieu fasse grâce ! »
7. — Les douze âges correspondent aux douze mois, ainsi que le constatent les quatrains français reproduits liv. II, ch. 3. Outre les travaux propres à chaque mois, les calendriers y ajoutent la mise en scène de chaque âge : ainsi, en janvier, les enfants jouent ; en février, ils sont à l’école et l’un d’eux reçoit le fouet ; en mars, on chasse à l’arc dans une forêt ; en avril, les amoureux se promènent sous la feuillée ; en mai, ils chevauchent dans les bois ; en juin, entourés de leur famille, ils reçoivent la bénédiction nuptiale ; en juillet, le père et la mère groupent autour d’eux leurs enfants ; en août, le maître paie les ouvriers qui viennent de faire la récolte du blé et des fourrages ; en septembre, les forces diminuant, on mendie ; en octobre, repas de famille ; en novembre, le médecin appelé près du lit d'un malade, examine attenti-
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