‹ Traité d'iconographie chrétienneChapitre 126 sur 285 · LIVRE QUATRIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE QUATRIÈME

l’homme

bés, parce qu’ils supposent le tête à tête : aussi sont-ils, en général, l’attribut des amoureux et des luxurieux.

4. — Les danses religieuses sont connues: celle d’Epternach, entre autres, est célèbre. On dansait à l'occasion des fêtes sur la place de l’église, à l’issue des offices. Je trouve un souvenir de cette coutume dans les représentations figurées sur lefer ànieules du musée de Narbonne et les sculptures de la porte de l’église de la Couture au Mans, qui datent toutes deux du xvr siècle. Fra Angelico a représenté les élus joyeux, faisant une ronde dans les jardins du paradis.

Le manuscrit grec de Gosmas Indicopleustes, peint au vie siècle, représente la danse, OPXHCIC, sous la forme de deux jeunes filles, en courte robe glauque, qui dansent devant le trône où est assis Salomon, étendant sur leur tête un voile arrondi en arc.

5. — Le jeu populaire de l’oie a donné lieu à des jeux analogues, mais mystiques, à l’usage surtout des communautés religieuses et des personnes pieuses. En 1750, Hamel, curé de Mouv, fit imprimer à Paris « le divertissement des religieuses », « le divertissement studieux des religieuses Ursulines » , «le jeu des aveugles présenté aux mondains aveuglés par les péchés ».

La caricature s’est même emparée de la question du jansénisme et l’on a eu, en 1713, « le jeu de la constitution », visant la bulle Unigenitus du pape Clément XL

6. — A Guéret, sur un plafond du xvme siècle, les plaisirs de la vie sont ainsi figurés : Champs , fleurs, fruits, arbres ; Chasse, lion, cerf, lièvre; Guerre , canons, armes; Amour , arc et flèche.

7. — Un peintre lyonnais, Jacques Stella (1596-1657J, a conservé dans une suite de cinquante estampes le tableau, pris sur le vif, des jeux enfantins: LES IEUX et PLAISIRS DE U ENFANCE , inventez par IACQUES STELLA, et gravez par Claudine Bouzonnet STELLA, nièce de Fauteur, 1656-1657, in-4° oblong.

La suite des jeux se compose ainsi: «la carriole, le dada, le sabot (toupie à fouet,), la balançoire, le masque, les épingles, le traî-

neau, les bulles de savon, l’escarpolette, la course du pot, les petits feux, le colin maillard, le volant, la fossette aux noyaux, la marelle, le cerf-volant, la marelle à cloche-pie ou grammaire, la patte aux jetons (sorte de jeu de bouchon), les quilles, le palet, la toupie, le cheval fondu, la culebute (cul-mariot ou poirier fourchu), les petits canons (pistolets), la guerre, la paume, le frappemains (main chaude), l’assaut du château (le trône), la poire (Diable boiteux), le brelan, le bain, la glisserie, le pet en gueule l, la joute (le meunier), le court bâton, les dez, la poste (promenade au saut de mouton), le cercle, le bilboquet, la mouche, la crosse, le bâtonnet, la charrue, la fronde, les dards (flèches), l’arbalète, le pape gay (tir à l’oie), le ballon, l’escrime, la danse, la bataille. »

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