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LA FIN DERNIÈRE

1. — L’âme, au sortir du corps, va, suivant son état spirituel, au ciel , dans le 'purgatoire ou en enfer , après l’épreuve du pèsement dans la balance de Saint Michel.

2. — Le ciel est à la droite du juge suprême. Un ange y conduit et remet en même temps une couronne , ou un vêtement d honneur ou encore la palme du triomphe. Du xme au xve siècle, il se résume dans le sein d Abraham, qui tient les âmes des élus dans son giron.

3. — Le purgatoire ne se rencontre pas, en iconographie, avant la lin du xve siècle. Les âmes ou plutôt les corps des défunts y brûlent au milieu des flammes que projette un rocher entr’ouvert : les sexes et les âges y sont très marqués. Les mains levées ou jointes en manière de supplication, les âmes disent à Dieu qui paraît au ciel : Constituas michi tempus in quo recorderis mei. Les Heures Nostre Dame à l’usaige de Poitiers (1525) y ajoutent ce quatrain :

Pour les péchez que commet l’homme Vivant en son mondain plaisir,

Convient qu’il soit purgé en somme,

Avant qu’il puisse ès cieulx venir.

Sur une miniature du xve siècle, et de style italien, à la bibliothèque Nationale, le purgatoire est représenté, à propos de ce chant de la Divine comédie , par ce quadruple motif : une jeune fille nue et étendue, dont les seins vont être sucés par deux belettes ; des pécheurs au milieu des flammes; des âmes dans une

piscine, où les plonge un évêque ; des anges recueillant les âmes purifiées.

4. — L’enfer est peuplé de démons qui amènent les damnés liés de chaînes, puis les torturent; aussi sont-ils armés de crocs et de fourches . Il est représenté par une chaudière embrasée où sont plongés les coupables, entièrement nus ou par la gueule d’un monstre vomissant des flammes et dévorant les réprouvés ; c’est l’iconographie la plus commune du xme au xve siècle. Le feu est motivé par Y Evangile : « Ite, maledicti, in ignem æternum. » (S. Matth ., xxv, 41). « Ignis non extinguitur » (S. Marc., ix, 43). La gueule du monstre est empruntée à la liturgie : « Liber eas de ore leonis, ne absorbeat eas tartarus ». On voit en enfer tous les ordres de la société, pape, cardinal, évêque, roi, reine, religieux, etc.

5. — En définitive, le purgatoire disparaissant, car il ne doit exister qu’un temps, il reste la vie ou la mort éternelle, rendues de deux façons. A Saint Georges de Boscherville, en Normandie, dans la salle capitulaire (xne s.), deux statues mutilées sont adossées à des colonnes: l’une, couronnée, déroule un phylactère où est écrit son nom, la vie bienheureuse : Vita beata vocor ; l’autre, les cheveux en désordre, se coupe le cou, deux couteaux sont aussi sur sa robe et on lit sur sa banderole : Ego mors homines jugulo , corripio.

A Trêves, au xne siècle et à la Chartreuse de Pavie, au xve, l’arbre de la science du bien et du mal, qui porte sur lui la vie ou la mort, est orné, en manière de fruits, de têtes d’anges et de têtes de mort, opposées et émergeant des feuillages.

Planche XI

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