‹ Traité d'iconographie chrétienneChapitre 140 sur 285 · CHAPITRE XII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XII

l’enterrement

1. — L’enterrement se voit souvent dans les miniatures des livres liturgiques, du xme au xvie siècle. 11 comporte quatre actes : le transport du corps , Y office funèbre, la sépulture, la tombe.

2. — Le corps est porté sur un brancard, recouvert d’un drap mortuaire , rouge dans le principe, puis bleu et enfin noir. On le pose dans la nef, entouré de cierges allumés et de pots à feu où brûle de l’encens, pour neutraliser la mauvaise odeur du cadavre. L’église est tendue, suivant la couleur du poêle : les ornements sacerdotaux sont aussi rouges, bleus ou noirs. Le deuil se groupe au. tour du corps : le vêtement de deuil consiste dans un ample manteau noir dont le capuchon est rabattu sur le visage [tom beaux des xve et xvie siècles,).

L’office comprend trois parties : les vigiles , qui se chantent au chœur ; la messe , qui se célèbre à l’autel ; Y absoute, qui se fait au catafalque. L’officiant porte alors la chape ou la chasuble et quelquefois seulement l’étole sur le surplis.

La sépulture a lieu soit dans Y église, soit dans le cimetière, où le clergé se rend processionnellement. Une fosse est creusée dans la terre, le fossoyeur prend le cadavre enveloppé de son linceul et l’y dépose. Le prêtre jette de l’eau bénite et récite les dernières priè¬

res.

3. — La tombe est surmontée d’une croix de bois. On y ajoute une pierre tumulaire.

Dans le principe, l’épitaphe est courte et accompagnée de symboles relatifs à la profession du défunt et à sa foi : c’est la période des catacombes.

Ensuite viennent les sarcophages historiés de scènes de l’Ancien et du Nouveau Testament et de l’effigie du défunt : c’est la période latine.

Les tombes mérovingiennes portent le chrisme, les trois croix allusives à la Trinité, les archanges et les évangélistes ( Martyrium de Poitiers, vie s.), des symboles divers, comme la colombe, Paigle, etc. (Musée de Poitiers).

Au moyen âge, le défunt est couché sur la dalle funéraire, gravé au trait ou en relief. 1) a le costume de son rang ou de son état, les pieds posés sur un animal symbolique. Le clergé fait la cérémonie des funérailles, les anges emportent l’âme dans le sein d’Abraham ou encensent ; les symboles des évangélistes, placés aux quatre angles, disent qu’il pratiqua la doctrine du Christ ; on y figure aussi les vertus théologales et cardinales, parfois encore les arts libéraux (tombeau de Sixte IV).

A la Renaissance, la statue prend vie, se dresse à demi, jusqu’à ce qu’elle s’agenouille (tombeaux des rois de France, à Saint-Denis).

Dès le xve siècle jusqu’à la fin du xvi% on voit le défunt gisant , représenté par son cadavre en décomposition et, au-dessus, la statue en priant.

Page 1